Seigneur-Croc



VII – Le monde est condamné
25 août 2011

Cette histoire devait être la dernière. Mais ça ne fut pas le cas car d’autres idées affluaient. L’esprit humain peut-il être tari ?

 

 

Le monde est condamné

 

La menace aliénée

         La nuit était calme. Le vent soufflait faiblement sur les villages endormis. Le monde des rêves avait ouvert ses portes. La tranquillité régnait en maître. Toute vigilance était  abandonnée. Dans Trachéom, Sarasin se réveilla en sursaut et saisissant ses armes. Il demeura assis, immobile. Puis courut à la fenêtre. Il regarda les vastes plaines sombres, guettant le moindre mouvement, puis sortit de sa chambre et interpela une sentinelle.

« Toi ! Fais doubler la garde !

-Seigneur Sarasin !

-Pas de seigneur, c’est Sarasin.

-Mais pour quelle raison faire doubler la garde ?

-Je ne sais pas… Une sorte d’impression… Des prédateurs nocturnes rôdent, je le sens. Ils tentent de se cacher mais rien à y faire, je les sens. Ils sont fort, très fort. Très loin du niveau d’un général, mais je… Je ne sais pas, ils représentent un danger considérable. Comme… Je ne saurais l’expliquer. Fais doubler la garde, je veux être prévenu au moindre mouvement suspect, que les gardes n’hésitent pas à venir me chercher même s’il pense que le mouvement est du au vent ou à un animal. A la moindre trace de vie, humaine, animale ou végétale, je veux être prévenu.

-Dois-je prévenir l’empereur ?

-Inutile tant qu’ils ne sont pas repérés. Il n’y a pas besoin de force, je ne les pense pas fort, mais suffisamment pour tuer un homme armé.

-J’y cours. »

Le garde partit. Sarasin continua de se demander qui il avait sentit, et surtout comment il l’avait fait. Il était dénué de tout pouvoir magique si ce n’est la capacité de déchirer la nuit. C’était comme un frisson, comme lorsque l’on sent une présence derrière soi et qu’on se retourne, mais qu’on la sent toujours dans son angle mort. Il ne se sentait pas en sécurité. Ce qu’il avait sentit, ce n’était pas humain, c’était bestiale, mais intelligent. Il frissonnait. Il se sentait épié mais était convaincu qu’il ne serait pas vaincu par ces choses, partout, il était menacé. Il commença à suer de peur. Il se décida à aller voir la personne la plus apte à détecter quelqu’un : Dimention.

 

         Il toqua à la porte, puis l’enfonça sans réfléchir. Le démoniste se leva brutalement et lui mit sous la gorge une dague inondée de flammes malveillante.

« Sarasin ? Qu’est-ce qui te prend, tu es fou ?

-Je sens quelqu’un… Non, quelque chose. Un danger, ils sont partout, dehors, dans la nuit. Ils sont dangereux. Je ne sais pas… Je ne me sens pas en lieu sûr, mais je suis convaincu qu’ils ne me tueront jamais même s’ils étaient des millions à me frapper par surprise. Je ne sais pas ce que c’est, peut-être le sais-tu.

-Tu as bien fait de venir. Moi aussi je sens des choses. Mes rêves étaient perturbés. Je ne les sens pas, mais ils me gênent. Ecoute je peux sentir les démons, je n’en sens aucun sur le territoire.

-Je ne sais pas ce que c’est, mais ça représente un terrible danger. Fais quelque chose !

-Je ferais mon possible. Décris-moi comment tu les sens.

-Je ne comprends pas ta phrase.

-Tu les sens non ? Comment c’est ? Un frisson glacial ? Une chaleur ? Une impression ? Des visions ?

-Je sens de prédateurs. Des bêtes supérieures aux autres. Des animaux en somme, mais elles sont dotées d’intelligence, je le sens, mais je ne sais pas comment… Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai toujours l’impression que quelqu’un ou quelque chose se tient dans mon angle mort. C’est insupportable.

-Il n’y a personne derrière toi. Bon voila ce que nous allons faire. Tu es quelqu’un d’intelligent, de stupide mais intelligent. Tu ne te trompe probablement pas. Il faut attendre le levé du jour pour que…

-Non ! Je les sens, elles se tapissent des la pénombre…

-Elles ?

-Les créatures ! Elles se cachent dans la nuit, le jour, elles se volatiliseront.

-Trouves-en une et rapporte-la moi ! Il faut que tu tues une de ces créatures qu’on puisse l’identifier.

-Je vais voir ce que je peux faire. Si à l’aube je ne suis pas de retour, mettez-vous en état d’alerte maximale, le danger est gigantesque ! »

Il se mit dans l’ombre et déchira la nuit.

« J’y vais. »

Il ne put masquée sa peur et sauta dans la brèche qui se referma.

 

         Dehors, il frissonna encore plus. Il avait l’impression qu’à chaque fois qu’il regarderait l’horizon, il verrait une silhouette. Il se concentra, les créatures l’avaient fuit ! Elles avaient sentit sa présence ou l’avait entendu. Il se camoufla. Il se déplaça furtivement et s’éloigna peu à peu du château. Il se sentait de plus en plus épié et en danger, ce qui lui confirmait qu’il faisait bonne route. Un instant, une fraction de seconde, une ombre traversa un buisson. Il n’était pas repéré, Sarasin en était sur. Ces bêtes auraient détecté le Seigneur-Croc ou un tout autre puissant guerrier, mais pas un assassin de son calibre. Il resta immobile, comme une statue de marbre. Immobile comme un chêne, aucun humain normal n’y arriverais. La bête repassa, cherchant quelque chose. Il décida de savoir quoi avant de la tuer et de s’enfuir le plus vite possible. Il se déplaça très lentement sans le moindre bruit avec une extrême discrétion, la bête s’immobilisa et se tourna vers sa direction. Il se figea. La bête était immonde. Elle ressemblait à un lézard, mais plus grand, et avec une sorte de coque sur la tête. Ses pattes étaient puissantes et griffues. Il était recouvert d’une carapace et sa queue ne semblait n’être que des os sans chair. Sa mâchoire était à peu près normale, sans grands crocs, mais Sarasin ne doutait pas un instant de sa puissance. La bête reprit son chemin. Sarasin la laissa prendre un peu d’avance avant de la suivre sans être repéré. En peu de temps, il comprit ce que voulait la bête. Elle creusait le terre et la mangeait, elle mangeait les arbres en les croquant, elle mordait la pierre, elle inspectait ce nouveau lieu. Une analyse prouvant à la fois une grande intelligence et une bestialité rare. La chose rapprocha de lui sans s’en rendre compte. Elle passa à un pas de lui et s’arrêta. Elle se tourna vers lui et ouvrit lentement la mâchoire, puis poussa un léger grognement agressif et Sarasin comprit qu’il était repéré. Il sentit d’autres créatures lui foncer dessus sans discrétion avec une grande vivacité. Il paniqua et tua la bête en la décapitant, ainsi quelque soit l’anatomie de la créature, il était sur de l’avoir tué. Il fit face aux créatures.  Il en vit quatre, puis dix, puis des centaines. Une nuée de bêtes immondes et terrifiantes fondait sur lui. Il n’eut pas la présence d’esprit de déchirer la nuit pour s’enfuir, non, il paniquait comme un gosse. Il sentit une présence beaucoup plus humaine derrière lui et se retourna en tentant de la tuer mais fut paré, ce qui lui fit comprendre que ce qui se trouvait derrière lui en était capable et reconnut le Seigneur-Croc.

« T’aurais dut me prévenir que ces immondices étaient dans les parages.

-J’en étais pas sur. »

Le cœur de Sarasin semblait s’enflammer. Jamais la présence de son empereur ne l’avait tant rassuré. Il ne sentait pas moins seul, il se sentait en sécurité grâce à sa force époustouflante de son supérieur. Sa rage, sa volonté de tuer, tous ces sentiments humains que les créatures ne semblaient pas connaitre. Ils allaient combattre des hordes de créatures dont ils ignoraient tout quand un rayon de soleil perça l’horizon.  Les créatures s’enfuirent et dans l’esprit de Sarasin, elles disparaissaient purement et simplement dans un rayon de 50 mètres autour d’eux. Sans réfléchir, il saisit une pierre et la jeta vers une créature, lorsque celle-ci disparut, la pierre en fit autant. Il saisit le bras de l’empereur.

« Surtout, ne les suis pas. »

Le monarque acquiesça. Ils attendirent quelques secondes que toutes les créatures aient disparus avant de se détendre. L’esprit de Sarasin semblait être libéré d’un étau. Il regarda le cadavre à terre. Un flot de sang vert baignant l’informe dépouille.

« Quel étrange sang… Commença le Seigneur-Croc, tu penses que c’est du poison ?

-Non, je dirais que c’est du sang, répondit Sarasin soudain détendu comme à son habitude. Son anatomie est intéressante si nous devons lutter contre ces bestioles, mais nous devons d’abord savoir comment elles sont arrivées ici, je n’en ai jamais entendu parler. Il n’y a plus de ces machins dans tout le pays. Elles ne semblaient pas hostiles, mais agressives. Elles ne venaient pas tuer, mais rechercher quelque chose. Celle-là a mangé un peu de tout pour récolter des informations je pense.

-Ces choses, quelles qu’elles soient, représentent un danger pour ce pays. »

Il se tourna vers Sarasin et demanda d’un ton sérieux.

« Tu vas bien ?

-Oui, elles ne m’ont pas blessé.

-Je ne parle pas de ça. Quand je suis arrivé, j’ai vu sur ton visage une expression de peur panique que je n’avais encore jamais vu chez toi. Ces bêtes t’ont terrifié.

-Pas toi ?!

-Non, j’aurais affronté un ours ça aurait été pareil. Quoi, c’étaient des monstres ?

-Ces bestioles ne viennent pas d’Ethariane, c’est une certitude. Une technologie supérieure, une… Je ne sais pas.

-Elles ont disparut c’est bien ça ? Je ne peux pas faire face à une menace fantôme !

-Elle n’est pas fantôme… Elle est aliénée ! »

 

         Une fois rentré au château, L’empereur convoqua l’unité alpha, Ceta et les généraux.

« D’étranges créatures se baladent la nuit sur nos terres. D’après Sarasin, s’approcher d’elle sans être repéré relève d’un niveau de discrétion que seul lui atteint. Ils ne sont pas camouflés mais se déplacent et fuit les hommes. Pourtant s’ils venaient à un trouver un par hasard à coté d’eux, ils le tueraient. Il semblerait qu’elles soient venues pour effectuer des recherches, mais leurs forces et leur agressivité les placent en tant qu’ennemi. Nous allons d’abord dresser un bilan, s’il y a eu la moindre victime, alors les choses seront graves. Autrement, nous tenteront la diplomatie, même si ça me parait impossible.

-Avez-vous un portrait d’eux ? Un dessin… Une description.

-J’ai mieux, un cadavre soigneusement décapité. Apportez la dépouille. »

Des gardes apportèrent le corps saignant sur une planche et la déposèrent sur la table.

« Cette bestiole a repéré Sarasin à un pas de lui. C’est un exploit.

-Il faut le reconnaître. Et le bilan des victimes ?

-Une centaine de morts.

-Prévenez le Majab, cette nouvelle me terrifie. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’attaque venue d’ailleurs.

 

« Ces créatures doivent être éradiquées de la surface de cette planète ! Nous lancerons des recherches, nous les traquerons ! Nous les tuerons !

-Seigneur-Croc, le majab est arrivé… En grandes pompes… »

Sur la route de Trachéom, une foule dessinait un chemin parfaitement droit que trois personnes empruntaient. Un homme monta sur une estrade et cria :

« Arch, Archempereur, empereur des arches, major et 3e puissance mondiale ! »

La foule applaudit.

« Kriss, impératrice de Lehi, femme la plus belle au monde, 2e puissance mondiale !! »

La foule applaudit la silhouette voilée qui devait être Kriss.

« Drondus, roi suprême, major absolu, première puissance mondiale, concepteur de la potion de toute puissance, prophète des astres, grand vainqueur du dragon des neiges… »

L’homme continua de lire son parchemin qui semblait être la biographie du majab.

« Il va faire de l’ombre aux saintes écritures… Se moqua Sarasin.

-Il a repoussé les limites de la vantardise. Rajouta le Seigneur-Croc.

-Il peut gagner une partie de puissance 4 en trois coups.

-Il sait parler le braille !

-Il peut même claquer une porte fermée !

-On dit qu’un aigle peut lire un journal à 1400 mètres, lui il peut tourner la page.

-Il a compté jusqu’à l’infini… Deux fois.

-Il peut encercler ses ennemis… Seul !

-Les aveugles peuvent voir le majab, les amnésiques ne l’oublient jamais.

-Il peut monter en bas !

-Il peut casser trois pattes à un canard, et plus si nécessaire ! »

L’homme se tourna vers le groupe.

« Vous allez la fermer !

-Hé on t’a demandé l’heure à toi ? »

Le majab se dirigea vers eux.

« Il y a quelque chose de drôle on dirait, je peux le savoir ? J’aime rire.

-Non, non, fit l’empereur, rien du tout seigneur.

-Bien. »

Il se tourna vers l’homme.

« Continue.

« … Chevaucheur du dragon arc-en-ciel…

-Il peut te faire passer un sale quart d’heure en 8 minutes. »

Le majab saisit l’empereur par la gorge.

« Vous continuez de vous moquer de moi ?

-Je ne me moque pas de vous ! Je vous couvre d’éloges ! Par exemple on ne vous a pas donné la vie, vous l’avez prise.

-Et qu’en pense la prostituée qui te sert de femme ? »

Aussitôt l’empereur abattit ses épées sur le majab et fut paré par son père.

« Arch, je n’ai pas sollicité votre intervention.

-Je ne peux pas vous empêcher de le tuer, mais je peux l’empêcher de vous en donner une raison. Je vous prie d’excuser mon fils, il est très colérique quand on insulte sa femme…

-Il va falloir qu’il apprenne le respect.

-Hé, lança Escé, arrêtez de parler de moi comme si j’étais absent, et lâchez-moi.

-Vous ne réalisez pas à qui vous parler, Escé ! Lança le majab furieux.

-Personne ne peut m’appeler ainsi à part mes frères ! »

Il rejeta le majab et se tourna vers son père :

« J’ai du recourir à ma puissance dernièrement, un bête entraînement pur et simple, mais ces sceaux que tu m’as affligé me détruisent. »

Il brisa ses sceaux jusqu’au 4e.

« Vois ce que tu m’as fait !! »

Il brillait de puissance. Des cernes apparurent sous ses yeux et sa peau se rida.

« Si seulement j’avais droit à ma force ! Celle que je mérite ! »

Le majab se plaça devant lui.

« Votre insolence n’a que trop duré. Il y a peut-être une menace plus grande que ce que vous pouvez concevoir dans votre petite tête vide, alors vous allez devoir apprendre à obéir !

-Et qu… »

La première puissance mondiale frappa au ventre le Seigneur-Croc qui se courba, puis décrocha un coup de pied descendant d’une violence inouï sur son épaule qui s’arracha sous le choc, emportant la moitié de la cage thoracique, les côtes et les viscères, son bras et détruisant à moitié son bassin.

« Que ça vous serve de leçon, désormais. »

L’empereur se cabra de douleur, rapidement Inquisatus vient le soigner, mais même si ses blessures avaient totalement disparues en un temps record, le choc de s’être fait écraser de la sorte dans son apogée de puissance mettait le monarque au bord du gouffre. Ses exploits ne faisaient pas de lui un être respectés, il était juste plus fort, un peu plus fort, seulement. Le majab l’avait anéantit, plus psychologiquement que physiquement. Il décida de se remettre en question plus tard, une menace planait sur lui et son sa planète.

 

         « Nous avons-nous aussi repéré des aliens sur nos terres, commença le majab, mais nous n’en avons pas attrapé.

-Comme vous pouvez le voir sur cette dépouille, une queue tranchante, une mâchoire, des griffes… »

Un long silence s’installa.

« Ce n’est pas un combattant, c’est un éclaireur. Conclut le Seigneur-Croc.

-Il faut savoir qui les as envoyés ici et pour quelle raison !

-Nous savons qu’ils ont analysé le sol… Quel intérêt pour une guerre ? Je pense qu’ils veulent s’installer ici.

-Ils seront bien accueillis !

-N’oublions pas la diplomatie.

-Oui, mais si eux l’oublie, ils ne m’oublieront pas, moi !

-Nous avons tué plusieurs de leur envoyés, soit ils fuiront, soit ils enquêteront, soit ils prendront contact avec nous, soit ils attaqueront…

-Bonjour la précision !

-Saluez-la de ma part, je doute qu’ils prennent contact, ils considéreront sûrement cela comme une déclaration de guerre. Une enquête me parait possible, néanmoins leur envoyés étaient on ne peut plus furtifs, s’ils ont mieux, on ne le saura jamais…

-Donc soit ils fuient soit ils attaquent c’est bien ça ?

-C’est bien ça, préparons une contre-attaque.

-Vous penchez pour leur riposte ?

-Mieux vaut se préparer à combattre alors qu’ils fuient, que ne pas se préparer alors qu’ils attaquent !

-C’est logique. Qui veut la paix prépare la guerre.

-Comment les avez-vous repéré ?

-Je suis tombé dessus par hasard…

-Ils ne vous avaient pas vu arriver ?

-Je courrais trop vite pour être vu, j’en ai eut quelques-uns mais… Disons qu’ils étaient en mauvais état.

-Dites que vous les avez incinérés.

-J’aurais dit « atomiser » mais ce n’est pas important. Bon, envoyez ce cadavre en chirurgie pour une autopsie, nous devons connaître leur anatomie. »

Le majab partit sans saluer son hôte.  L’empereur repartit également voir Sarasin, il sortit du château d’un pas tranquille et lent quand un gigantesque engin de métal violet, rouge, vert et jaune apparut dans le ciel. Une sorte de rayon     laser traversa les airs et attira un soldat comme un aimant, puis le reposa. Le soldat s’enfuit, et l’empereur fut à son tour aspiré.

 

         Lorsqu’il atteignit le vaisseau, son premier reflexe fut de détruire la machine qui lui avait fait ça, et de se mettre en garde.

« Nous ne vous voulons aucun mal, lança une voix difforme, pour l’instant du moins.

-Qui êtes vous ?

-Je suis Vef.

-… Nom ? Prénom ? Grade ? Race ? Sexe ? Religion ?

-Ne posez pas tant de question à la fois.

-Je ne les ai pas posées à la fois mais l’une après l’autre… »

Il fut coupé par une sorte de rugissement hystérique.

« Oh, vous énervez pas ! On peut discuter !

-Ce n’est pas un signe de colère, c’est un rire !

-…Un rire ? Ce truc ?

-Graaawhg ! »

Il continua son bruit bestial.

« Vef, grade : Globale.

-Globale ?

-Quel est le titre du dirigeant de cette planète ?

-Il n’y a pas de dirigeant planétaire, les plus grand dirigeant n’ont qu’un territoire.

-Intéressant… Comment cela s’appelle-t-il ?

-Un souverain, il y a roi, empereur, mais ce ne sont que des détails.

-Qu’il y a-t-il en dessous ?

-Tout dépend du pays, en général…

-Qu’importe la généralité, c’est à vous que je parle, c’est à vous que je veux être compris. »

L’empereur comprit que malgré sa maîtrise de langue, il y avait des imperfections et il en déduisit que cet étrange créature humanoïde à l’aspect simple et inoffensif avait apprit cette langue, et qu’elle n’était pas de chez lui. Il reconnu là l’effort de préférer la diplomatie.

« Chez moi, il y a « généralissime. »

-Chez nous, c’est contre-dirigeant.

-En dessous il y a amiral ou maréchal, mais ce sont des titres de noblesse plus que des grades.

-Chez nous, il y a les 3 despotes.

-Puis il y a général, c’est un grade que beaucoup de gens peuvent obtenir et un général est très faible par rapport à un maréchal ou un amiral, ils ne sont néanmoins que 20 dans ma puissante armé, ils sont le grade le plus haut que l’ont puisse obtenir sans être hors du commun.

-Chez nous, c’est un Total.

-En dessous il y a officier.

-Nous, il y a Globale.

-Je vois, ça me donne une idée assez précise… C’est vous qui avez envoyé ces… Choses ?

-Ces choses, comme vous dites, sont des éclaireurs, nous sommes venus pour les récupérés quand nous avons remarqué qu’il en manquait… Vous n’auriez pas tué des soldats dont le but n’est pas de tuer mais d’apprendre ?

-Vous direz à vos soldats pacifiques de se faire les dents ailleurs que sur la gorge de mon peuple. »

L’alien réfléchit un instant pour comprendre la phrase.

« Pacifique… C’est quoi ? Ah oui pas violent… Se faire les dents ?

-Attaquer.

-Donc les soldats pas violents de pas attaquer le peuple ?

-Voila, ils ont tué des gens, ils ont été tué.

-C’est intolérable !

-Si mes éclaireurs avaient au passage tuer des civils de chez vous, qu’auriez-vous fait ? »

La créature resta sans voix.

« Que venez-vous cherchez ici ?

-Notre planète est rentré en collision avec une météorite, nous l’avons fuit et nous cherchons un refuge.

-Combien êtes-vous ?

-Chik Ka liom.

-… Je ne comprends pas vos nombre.

-Chik, la dizaine, ka, le millier, liom, la répétition du dernier chiffre.

-Dix millions ??

-Que signifie millions ?

-Notre planète devrait pouvoir vous accueillir. Vous mangez beaucoup ? »

Un technicien lui montra une image avec un alien, et de la nourriture entassé à coté pour signifier les vivres nécessaires. Un seul d’entre eux mangeait comme trois hommes en bonne santé. Il afficha le chiffre en langue Leilos : 20 millions. Visiblement l’empereur avait comprit de travers.

« Trouvez une autre planète, nous ne pouvons vous accueillir. C’est comme si 60 millions d’hommes arrivaient.

-Si vous ne nous donnez pas une place, nous la prendrons de force.

-Vous êtes un noble peuple. Vraiment. Vous connaissez la diplomatie, vous êtes civilisé mais vous connaissez les extrêmes. Je vais convoquer les autres dirigeants pour trouver une solution.

-Je vous laisse chik jour.

-Dix jours d’accord. Nous trouverons une solution. »

On lui proposa un moyen pour sortir, mais l’empereur préféra sauter.

« Quelle est cette sorte de lèpre que vous avez au visage ?

-Tous les nôtres sont contaminés, on ignore de quoi il s’agit. Mais nous n’avons vu aucun effet.

-… Méfiance. »

 

         Terrible dilemme. Les aliens représentaient un trop grand nombre pour être accueillit sur Etharian, mais les rejeter revenait à entrer en guerre avec un peuple au bord de l’extinction. La guerre était inévitable, à moi de trouver une autre solution. Il se tortura l’esprit pendant un moment avant de retourner au château.

 

         Deux femmes marchaient d’un pas maladroit près de Trachéom.

« Tu es sur que c’est ici ?

-C’est ici que les plus grandes puissances mondiales sont concentrées, il doit être là.

-Voila quelqu’un qui pourra nous renseigner ! Hé ! »

Elle interpella le majab qui marchait calmement.

« Oui ?

-Nous cherchons l’homme le plus puissant de cette planète, vous savez où il est ?

-Vous l’avez devant vous. »

La première femme regarda la deuxième.

« C’est lui ?

-Non, ce n’est pas lui qu’on cherche.

-Et qui cherchez-vous ? Demanda le majab.

-Le prophète-roi.

-’Connais pas. »

La seconde femme désigna Trachéom.

« Celui qui a gouverné ce château après Archéom.

-Le Seigneur-Croc ? Il le gouverne toujours.

-Ah oui c’était ça ! Il n’a pas agrandit son territoire avec sa force surhumaine ?

-Aussi fort soit-il, il est loin de mon niveau, très loin.

-Merci monsieur… Machin !

-Comment ? »

Les deux femmes partirent en courant maladroitement.

« Qui c’étaient celles là ? Pas foutues de marcher droit ! »

 

         Elles arrivèrent non sans mal et demandèrent aux gardes à voir l’empereur.

« Vous dites vouloir voir qui ?

-Le Prophète-Roi ! Le Seigneur-Croc quoi !

-Prophète-Roi ? Et je mets quoi dans la lettre que je lui fais porter ?

-Laissez-nous y aller !

-Surement pas ! J’ai ordre de le laisser personne sauf des militaires !

-Mais c’est urgent ! Laissez-nous passer !

-C’est toujours urgent. La loi est dure mais… »

La femme lui lança un regard doux et le soldat semblait envouté.

« Passez.

-Merci ! »

Elles passèrent, peu après, le garde se reprit.

« Qu…Où sont-elles ? »

 

         Elles croisèrent Emeraude dans les couloirs.

« Excusez-moi, où pourrais-je voir le Pro… Le Seigneur-Croc.

-Le pro… ?

-Prophète-Roi, ne cherchez pas à comprendre !

-Ah si au contraire ! Si il est prophète, il est y un problème car il ne fait rien pour ! L’image qu’il donne ne peut faire de lui un représentant d’une quelconque religion car les religions humaines naissent sur la peur de la mort ! La question de « Y’a quoi après la mort ? ». S’il représente un symbole, il a soit accomplit un acte héroïque dont il ne nous a pas parlé ce qui est possible car il n’est pas vantard, soit il se retrouve accommodé d’une tâche et là il s’est encore fourré dans un pétrin pas possible ce qui reste beaucoup plus probable, la question est : Pourquoi un homme violent et discret comme lui plutôt qu’un malade comme un… »

Les femmes se regardèrent d’une façon étonnée et dépassée.

« … Prenons l’exemple de Sarasin, il aime tuer ceux qui sont fort, il a très bien put libérer une région d’un joug d’une bête monstrueuse, il incarnerait une religion et sa le lui déplairait pas, mais prenons mon père, il…

-Votre père ?

-Ben, le Seigneur-Croc !

-On m’avait dit que la fille du Seigneur-Croc n’était pas guerrière, un puits de connaissances… Elle correspond à la description. C’est sa fille-enfant.

-Pourquoi fille-enfant ? Fille ça suffit.

-A cause du lien de filiation contrairement à… L’autre, là… Zut ! La blonde !

-Améthyste… Alors mon père c’est la porte juste au bout du couloir, il est dans sa chambre.

-Merci, fille-enfant du Prophète-Roi.

-Dans quelle galère mon père c’est encore fourré… »

Elle partit d’un air désinvolte. Les deux femmes entrèrent.

« On frappe avant d’entrer ! »

Un oreiller traversa la pièce et elles en furent éjectées tant la force de projection était puissante. La porte se referma.

« Kes’ vous m’voulez ? J’veux pioncer !

-Prophète-Roi, nous venons au nom de la lumière.

-Hein ? Comment vous m’avez appelé ?

-Prophète-Roi.

-Pourquoi ?

-Vous êtes désigné par la Lumière depuis votre naissance.

-Qu’est-ce qu’il faut pas entendre ! »

La première femme entra d’un pas maladroit.

« Soit vous sortez de votre plein gré, soit je vous arrache à votre lit ! »

Elle retira sa robe et déploya des ailes d’ange.

« Ah d’accord. Z’êtes des anges.

-Je vous ai sauvé la vie plusieurs fois. La première le jour où votre village fut rasé. D’après vous, qui a fait en sorte que vous tuiez vos ennemis sans que vous vous en rendiez compte ?

-Je croyais que c’était une force venu du plus profond de moi.

-Qui vous a sauvé lorsque vous êtes parti de l’Archempereur ? Lorsqu’il vous a sauté à la gorge, un bouclier vous a protégé ! C’était le mien !

-J’étais trop furieux pour m’en rendre compte, mais c’est vrai…

-Le jour du combat contre l’empereur otrajydien, votre femme aurait put mourir, pendant 7 secondes elle l’a été. Si elle vit encore, c’est encore grâce à moi.

-C’est vrai, je n’ai jamais compris mais…

-Et pour finir, qui vous avez indiqué l’emplacement du Fendium ?

-Une élémentaliste…

-Encore une fois, c’était moi. D’ailleurs il n’est pas auprès de vous, cette arme directement implanté dans le sol par la Lumière ? Où est Fendium le protecteur ?

-… Détruit lors du combat contre l’outre-chaos… J’ai perdu ma meilleure arme et mon ami. »

L’ange fit un geste de la main et fit apparaître le Fendium.

« Que… Comment ?

-Il n’y a rien d’impressionnant à ce qu’un don de la Lumière soit recréer l’identique par son envoyée.

-Et Okzim ?

-Il vit toujours dans cette arme.

-… Vous êtes réellement envoyé par la Lumière, mais vous ignoriez la perte du Fendium. Pourquoi êtes-vous venues ?

-Vous avez rencontré la raison de votre existence. Vous êtes le Prophète-Roi ! Vous êtes le défenseur d’Etharian ! Vous êtes celui qui sauvera le monde !

-Je suis très touché que la Lumière me voit en héros mais je suis parmi les hommes les plus cruels de cette planète et le majab est bien plus fort que moi !

-Pourquoi ? La lumière a fait naître une telle force…

-Mon père, Arch ! Il a scellé ma puissance…

-Il sera châtié pour ça ! Il mourra sur le champ !

-Hep ! Non ! Il a lié son âme à celle de mon frère et je ne lui veux aucun mal à lui. Cette protection l’a mit à l’abri de ma fureur.

-Enfin ! Vous vous estimez capable de vaincre quelqu’un de fort ! Ça me fait plaisir !

-Je ne peux affirmer le tuer, mais si je le pouvais, j’essaierais.

-La modestie ne faisait pas partie des qualités attribuées par la Lumière pourtant. Mais bref. Je pense qu’il est temps de passer aux révélations. La Lumière t’attend !

-Où ?

-Où vas-tu quand tu veux lui parler ?

-…A la cathédrale bien sûr… »

 

 

Il alla d’un pas pressé à la cathédrale, entra en repoussant Inquisatus et en s’excusant, puis se mit à genou devant l’autel.

« Lumière, force suprême de ce monde, incarnation de la bonté, toi qui es venue parmi les hommes répandre le bonheur, je t’implore, comment puis-je être le Prophète-Roi ? »

Les murs tremblaient et une ange apparue. Elle était en robe jaune, avait des cheveux châtain et faisait le geste de prière de ses mains. Elle parla d’une voix d’une douceur sans pareil :

« Mon serviteur, Prophète-Roi. Je suis venu te relever le sens de ton existence.

-Est-ce votre vrai visage ?

-Non, ce n’est qu’une représentation basée sur votre fondement théologique.

-Je vous écoute.

-Non, c’est toi qui poseras les questions. »

L’empereur réfléchit à l’ordre de ses requêtes, les classant du plus nécessaire à la pure curiosité.

« Comment récupérer ma force ?

-Ton sceau qui retient ta force ne s’ouvrira qu’au bon moment, il retient une immensité de ta force. Je peux repousser sa limite.

-Qui sont ses aliens qui risquent d’entrer en guerre contre nous ? Ils ne semblent pas maléfique, juste dans le besoin.

-Ils ne sont pas tes ennemis, tu découvriras qu’ils ne sont que les victimes, car tu devras lutter contre eux.

-Pourquoi m’avoir choisit ?

-Je reprendrais tes mots : « Il fallait bien que ça tombe sur quelqu’un. »

-Pourquoi suis-je cruel si je suis choisit par vous ?

-Je ne contrôle pas les humains. La vie est ma création, mais pas une chose que l’on contrôle. Pour me mettre à ton niveau…

-Sympa.

-Si je crée une tarte et que je la pose sur le rebord de la fenêtre, je ne la domine pas. Je ne peux pas l’empêcher de pourrir et d’être manger par un animal. Si elle pourrit et que je la mange, je tomberais malade, hors ce n’était pas le but de la vie de la tarte. Je peux la saupoudrer de sucre, choisit comment la manger, mais je ne la domine plus. Ta vie t’appartient, je ne suis responsable que de quelques rencontres. »

Le regard de l’empereur de fit plus dur.

« Est-ce vous qui avait conduit les bandits à mon village et fait mourir mes parents ?

-Montrer l’idéal, un exemple à reproduire, était ma volonté.

-Vous avez sacrifié mon village ?

-Non, j’ai fais survenir un événement. Peu importe la mort de tes parents, l’idéal était déchiré, tu savais comment le reproduire. Ce n’était pas voulut, vis avec.

-Tss… Est-ce vous qui m’avait fait adopté par les arches ?

-Oui, pour t’entraîner, mais sache que jamais je n’aurais cru l’Archempereur capable de pareilles immondices. Il me défend, mais il ne mérite même pas ma pitié. Pardonnes-moi pour ce qu’il t’a fait traverser. »

Elle ne mettait aucune conviction dans ses paroles.

« Et Crystal ? Je suis sur que vous êtes derrière son apparition.

-En effet, la force de  caractère qui a accompagné le traumatisme de la perte de ton village et d’un père que tu haïssais on fait naître en toi une grande cruauté et tu es devenu colérique, instable, voire dément. Crystal t’aime, car comme je l’ai dit, je ne contrôle pas la vie, je la crée juste, je l’ai juste fait te rencontrer. D’un point de vu objectif et froid, elle maîtrise tes pulsions de colère excessives. Mais j’ai juste prit Crystal comme un pion et je l’ai ‘mise là’ et je t’ai ‘mis à coté’ en espérant que cette rencontre donnerait quelques choses, comme une expérience.

-J’ai l’impression de vivre dans du faux, dans un schéma dessiné par un autre…

-Non, tu te trompe, je ne suis responsable que des concours de circonstances, Sarasin, Øxymor, Aomushni, Aoeste, Dimention, Inquisatus, si tu les connais, tu ne le dois qu’à toi. Crystal, Rubis, Emeraude, Améthyste, tu ne les as que parce que tu les aimes.

-Et Kiérol ?

-Egalement. La misère des hommes n’est pas de ma volonté… Elle est assez spéciale, tu sais.

-Je n’en ai jamais douté.

-C’est ton prédécesseur. Le deuxième, je l’ai crée pour sauver le monde, comme toi. Mais hélas, elle s’est fait piétiner par le genre humain… Ou inhumains… Je n’y suis pour rien. Je peux donner un coup de pouce de temps en temps, mais pas tout le temps intervenir.

-Qui était le premier ?

-Je ne te le diras pas.

-Ah d’accord.

-Il y a-t-il autre chose que tu veux savoir ? »

Un silence pesant d’installa.

« Dites-moi, Lumière, le monde est régit par trois force, la magie et la technologie qui s’oppose, et l’alchimie qui est neutre… Pouvez-vous me faire outrepasser ces règles ?

-Non, mais que veux-tu ?

-Je veux que ma fille adoptive Améthyste retrouve ses membres et organes pour qu’elle pratique la magie.

-Je le ferais moi-même. N’aie crainte.

-Une dernière chose… Pourquoi suis-je différent des autres ? Je ne suis qu’un être artificiel ? J’ai des origines différentes ? Ou suis-je simplement borné ?

-Tu es de caractère divin, et la société des hommes a fait un effet de contradiction en toi, voila pourquoi tu es ainsi, tu es insensible aux vices des hommes et à la suprématie divine. Tu es une chimère anthropothéologique… Tu es dieu et humain, tu es… Fondamentalement différent, mais tu reste un homme capable d’aimer comme d’haïr, capable du meilleur comme du pire… Comme chaque homme. Mais tu n’attache pas de plaisir aux loisirs vils tel que le viol, sans t’empêcher de tuer, tu ne fais jamais souffrir par plaisir, tu aimes sans condition et tu tentes toujours de quantifié tes sentiments, tu cherche sans arrêts à rendre heureux ceux qui t’entourent, tu veux toujours être meilleur pour défendre ceux qui te sont cher, tu es bon et tu le nie. Ta bonté d’origine divine a été étouffée, voila pourquoi tu n’es pas une incarnation du bien. C’est ce qui fait de toi un dieu, mais tu t’énerve, tu te venge, tu haïs, tu méprise… Voila ce qui te rabaisse, les vices des hommes rentrent dans les gravures divines de tes principes, ton incohérence est normale, tu ne peux lutter contre, c’est ce qui fait de toi ni un humain ni un dieu… Mais un sauveur ! Tu es insensible à la spiritualité divine et aux vices tels que le sexe de l’humain. Je parle bien sur d’abus.

-Je vois… Quand aurais-je ma force ?

-Tu ne penses pas réellement à ça…

-Remerciez l’ange qui a tant fait pour moi de ma part s’il vous plait. Dit l’empereur précipitamment.

-Tu n’as pas ça à l’esprit… Tu as une question que tu n’oses poser car elle te fait honte…

-Oui… Vous la devinez.

-Dis-le-moi.

-Si vous savez la question répondez-moi, je n’ose le dire.

-Assumer ses sentiments est le premier pas qu’il te faut faire…

-Bien alors… le fait d’aimer plusieurs femmes va-t-il à l’encontre des grandes écritures ?

-Sache que non, donne autant d’amour que tu peux, et plus encore, et considère que ce n’est pas prendre du plaisir mais aimer, et si ça peut te rassurer, ce n’est pas la même chose que d’aimer la première femme venue, Kiérol a beaucoup fait pour toi, bien plus que tu ne peux le croire, c’est elle qui a eut le plus d’influence sur toi après Arch et Crystal.

-Aoeste aussi en a eut, avant j’étais d’une cruauté sans bornes…

-Il a aussi eut une lourde influence, comme Sarasin qui t’as appris la légèreté, Dimention qui t’as fait comprendre la religion d’un autre angle qu’Inquisatus, Øxymor qui t’as fait aimer en tant qu’ami plus que tout avant… Chaque personne de ta vie a forgé ton caractère divin

-A en juger vos paroles, pour vous l’humain est un être méprisable qui ne sait qu’haïr.

-Non, l’homme sait aimer, mais il fait le mal comme le bien, l’homme est un être bien étrange, mais malgré tout, ils ne méritent pas que je les rappelle à moi, car tous sans exception, font à la fois le bien et le mal.

-Je… Je ne me considère même plus comme un humain, je n’aurais plus jamais le même regard sur les autres… J’ai l’impression de leur être supérieur. C’est horrible, je veux être comme eux.

-Tu es supérieur, mais la seul différence entre eux et toi, c’est que les principes ancrés aux plus profond de toi sont différent, c’est tout, tu es humain. Tu es le Prophète-Roi. »

 

La revanche Alpha

         Les montres avaient infestés l’empire Otrajyd qui était devenu la base de ce fléau. Les aliens venus en pacifique ont apporté avec eux une maladie qui les a rendu non-vivant. Ils attaquent sans relâche et malgré le chaos dans leur position et les techniques de combat bestiales, ils attaquaient des points précis et se pliaient à des stratégies.

 

         Du haut de la colline, le Prophète-Roi, en blanc immaculé, discutait avec l’ange que la Lumière avait envoyé pour l’assister.

« Pourquoi je dois porter du blanc ? Je préfère le noir !

-Arrêtez ! Répondit l’ange d’une manière très humaine et colérique, ce sont exactement vos vêtements,  mais au lieu d’être noirs ils sont blancs ! On va pas en faire un drame !

-Je suis le Seigneur-Croc, et Prophète-Roi ! Je peux choisir ce que je porte moi-même non ?

-Eh bien non ! Vous porterez ce blanc ! Il est très joli !

-Mais il se voit à des kilomètres ! Comment voulez-vous que je me batte avec des vêtements qui vont jusqu’à m’éblouir moi !

-Vous éblouirez vos adversaires avec ! C’est très bien tout ça ! »

Un soldat arriva en armure blanche.

« Et pourquoi changer le bleu koljeizerien en blanc ?

-Seigneur-Croc… Prophète-Roi… Je ne sais jamais ! Les aliens ont attaqués la tour sud, sur le plan, vous voyez qu’ils ont été repoussé, c’est du aux troupes des arches qui passaient pas là, celle du majab sont encore là et celle de Kriss… J’en ai pas la moindre idée !

-D’accord, et sache que tu dois m’appeler Seigneur-Croc.

-Non ! Intervint l’ange, tu l’appelleras Prophète-Roi !

-Seigneur-Croc est un titre emplit d’histoire ! C’est très bien !

-Prophète-Roi est le signe indiscutable que l’on est l’élu de la Lumière nom de nom ! C’est un titre sacro-saint ! »

Le soldat s’éloigna de l’interminable discussion.

« Seigneur Aoeste !

-Généralissime Aoeste. Le seul seigneur ici essaie de convaincre un ange d’un détail insignifiant.

-Vous faites pas mieux…

-Comment ?

-Euh rien. Oui généralissime Aoeste, donc, nous avons aperçu des mouvements de troupes ennemi au Sud.

-Envoyer trois bataillons par le flanc gauche et  deux sur le droit, faire un manœuvre contre versée et achevez-les avec une manœuvre rétro-planifiée, et si ils essayent de fuir vers le Sud, faites la technique sur l’horloge, c’est efficace.

-A vos ordres ! »

Le soldat partit.

« Hé Sarasin, t’en es à où dans ta collect’ d’épée ?

-J’ai trois paires ! Me manque celle du majab et celle de l’Archempereur.

-J’ai un brelan, je gagne ! »

Sarasin pointa l’horizon :

« Le Majab, justement. »

 

         Comme à son habitude, un tapis rouge avait été mit en place par le majab, ainsi qu’un homme qui énonçait ses exploits.

« Seigneur-Croc… Ou Prophète-Roi ?

-Seigneur-Croc.

-Qu’importe ! Je suis venu ici pour casser un peu d’alien, et j’ai pensé vous rendre visite.

-A d’autre, pas à moi.

-Oui, je suis venu sur injonction de Kriss.

-Elle a refait surface ? »

La femme approcha, voilée comme à son habitude.

« Prophète-Roooooooiiii ! »

Elle le dit sur un ton d’admiration exagérée.

« Quoi ?

-Je suis venu en pèlerinage voir l’élu de la Lumière, je n’aurais jamais cru que c’était vous…

-Et pourtant. »

Elle retira son voile, dévoilant une beauté sans limite. Jamais le Seigneur-Croc n’avait vu quelque chose d’aussi beau. Ses cheveux or lui faisaient penser aux flammes dorées du phénix qu’il avait vu avant. Son visage était doux et remplit de beauté. Sa douceur pouvait se lire dans sa chevelure et dans ses traits.

« Vous avez déjà pensé à faire de grandes choses ? Demanda-t-elle avec un grand sourire.

-Je que je suis est la preuve que oui.

-Mais je ne parle pas de ces choses-là… »

Sarasin s’interposa.

« Kriss, vous vous aventurez en terrain dangereux, si vous parlez de ça avec lui, vous allez vous retrouver sur un cours d’anatomie ou un discours de philosophie.

-J’ai l’habitude des hommes comme ça.

-Pas à ce niveau. »

Le Seigneur-Croc réfléchit un instant.

« Alors philosophie + anatomie… Vous voulez savoir pourquoi on associe l’âme au cœur ! Le cœur est un organe comme les autres mais contrairement au foie ou aux poumons…

-Non ça va.

-S’il arrête la mort est immédiate, l’âme est donc associé au cœur car…

-Stop !

-A peine cesse-t-il de battre l’âme rejoins les cieux, ce point de vu est intéressant car le symbole du cœur de représente pas un cœur humain, mai si on fait attention on peut voir dedans les deux oreillettes et les deux ventricules… »

L’assassin soupira.

« Vous voyez ?

-Hélas… »

Elle s’approcha de l’empereur qui continuait son cours d’anatomie, parti dans son délire, et rapprocha lentement sa main de son visage, puis dit d’un ton mielleux ce que tous les hommes d’Ethariane rêvent d’entendre à leur intention :

« M’accorderiez-vous un baiser ?

-Non. »

Toute l’assemblée retint son souffle.

« Comme je le disais avant cette stupide interruption sans intérêt, les poumons n’inspirent pas, c’est le diaphragme et les muscles intercostaux qui le font ! »

Kriss se mit face à lui et lui jeta un regard d’acier.

« Je ne vous plais pas ?

-Non. »

Un silence de marbre s’installa, froissé par le discours interminable de l’empereur qui s’attaquait maintenant aux reins.

« Les reins sont des stations d’épurations qui lavent le sang, c’est les organes qui consomme le plus d’eau, je rappelle H2O, pour… »

Elle l’obligea à lui faire face et déchira sa petite robe pour se retrouver en vêtements outrageux.

« A quoi pensez-vous ?

-Le froid a un impact considérable sur le corps humain, il peut engourdir les membres d’une personne des plus forte, vous avez froid non ? Donc passons aux réactions de l’organisme face au froid, le sang va se diriger vers les organes vitaux pour maintenant l’organisme en vie… »

Kriss manqua de tourner de l’œil.

« Un malaise peut être dut à un manque de sucre ou…

-C’est bon, elle dort. T’es vraiment fortiche pour ce qui est d’emmerder les sal…

-Moui, pas faux. »

Kriss fut emmenée rapidement.

« Je haïs les séductrices.

-Vous allez trop loin !! »

Le majab voulut frapper l’empereur d’un uppercut mais fut bloqué par une poigne d’acier. Une onde de choc balaya la pièce sous la puissance de l’impact.

« Calmez-vous ou c’est moi qui vous calme.

-Vous avez… »

Un calme absolu régnait sur la salle. Crystal rompit le silence en demandant à Sarasin :

« Mon mari, il…

-Oui… Il a fait force égale avec le majab. »

Le Prophète-Roi lâcha sa prise et se retourna vivement.

« Escé ! Hurla le majab.

-C’est « Seigneur-Croc » pour vous, ou « Prophète-Roi ».

-Vous avez peut-être plus de force qu’avant, mais je vous suis supérieur ! Vous me devez le respect !

-Vous avez mon respect, pas mon estime néanmoins.

-Quoi ? Mais…

-Silence.

-Je sais ce que vous cacher ! Mettez-vous à genou et je me tairais !

-Je resterais debout simplement pour savoir ce que je cache.

-Je sais que vous aimez une autre femme ! »

Un silence pesant s’abattit sur l’assemblée, l’amirale rougit et se cacha dans la foule alors que le Seigneur-Croc tentait désespérément de voir où était le secret.

« Tout le monde le sait.

-C’est faux !

-Sérieux ? Sont cons les gens, tout le monde sait ça…

-Même votre femme ?

-Bien sûr, vous pensez quoi ? Que je trompe ma femme ? Vous êtes encore plus con que vous en avez l’air.

-Comment osez-vous ?? »

L’empereur esquiva de peu un coup et riposta d’un grand crochet, mettant le Majab à terre. Celui-ci se redressa vivement et le frappa du pied en plein torse, l’envoyant valdinguer cotnre un mur de marbre qui explosa sous la pression.

« Vous êtes le Prophète-Roi, c’est bien, vous parez mes coups, c’est bien, mais comme vous, j’en garde en réserve. Vous n’êtes pas encore à ma hauteur !

-Quand vous aurez fini de vous jeter des fleurs, faites-moi signe. J’ai à faire, amusez-vous sans moi. »

Crystal vint à lui.

« Je tenais à te prévenir, je ne serais pas là de la semaine, avec toutes ces attaques, j’ai peur pour la vie d’une amie alors je vais lui proposer de venir ici.

-Fais comme bon te semble, elle est la bienvenue. Combien de temps seras-tu absente ?

-3 jours de voyage à l’aller, autant au retour… 8 jours, 9 si il y a un imprévu.

-Si Kiérol part je vais veiller plus d’une semaine… »

Aoeste arriva en courant, et annonça à bout de souffle :

« Des aliens attaquent !! Un bataillon, non une légion marche en direction de Trachéom !! C’est…

-Un défi à relever ! Unité Alpha, vous êtes sur le coup. Vous pourrez bien vous les faire ?

-Que… A nous 6 ? C’est pas sérieux !

-Tu penses en être incapable ?

-Mais… Mais ça va prendre un temps fou !

-Bien, on est parti. »

 

         La terre tremblait. Le temps ensoleillé éclairait ce qui deviendra bientôt un vaste génocide sanglant. Une tâche noire apparut à l’horizon.

« 5 K ! Lança Sarasin.

-Tu disais ?

-Ils sont 5 000. Y’en a pour la journée entière.

-Seule la victoire compte. Battez-vous ! »

Rapidement, la légion arriva. Au front, le maréchal, Aoeste, Sarasin, Øxymor. 0 l’arrière, l’amiral et Dimention.

« Moi je pense… Commença le champion mort

-Quoi ? »

Il retira son casque et le jeta à terre avant de le broyer sous son pied.

« J’en ai plus b’soin ! A mort !!! »

Il fondit sur les ennemis, déchirant encore et encore. Les autres combattants au corps à corps suivirent, couverts par les combattants à distance. Les ennemis volèrent, et des vagues de sort plus destructeurs les uns que les autres dévastait les rangs ennemis. Le chaos se sema. Le maréchal faisait face à des centaines de guerriers. Il levait et abaissait son épée sans relâche. Une flèche se planta dans son dos, il se retourna et jeta une hache sur l’archer et reprit le combat. Une lance lui traversa le corps, il en brisa les extrémités pour pouvoir combattre encore et tua l’auteur de cet acte. L’amirale lançait toujours plus de sorts pour maintenir ses ennemis à distance. Elle leva les mains pour faire apparaître une gigantesque boule de feu, et les descendit vers le sol pour le la sphère s’abatte tel une vague qui repoussa les ennemis les plus proches. La foudre commença à pleuvoir et un tsunami sortant d’on ne sait où engloutit les adversaires. Elle prit une flèche dans l’épaule, sans y faire attention, elle continua ses sorts. Toujours plus d’ennemis tombaient des mains armées de Sarasin, déchirant l’ombre, il aller en long en large et en travers de la légion semer chaos et désolation. Personne ne pouvait rivaliser avec sa vitesse. Il tuer du premier coup à chaque fois, la gorge, la nuque, le crâne ou la colonne vertébrale. Il tourbillonna et répandit la mort autour de lui. Une épée lui sortit de torse par surprise, quelque lui avait planté dans le dos, il la retira sans hésita et cautérisa sa blessures avec ses épées avant de redoubler d’agressivité. De son coté, Aoeste avait plusieurs couteau dans le dos et une épée à travers le bras gauche. Le contrecoup le rendant toujours plus fort, il tuer sans relâche avec de grands coups lents et monstrueux. Dimention avait déjà incinéré ou anéantit au moins 200 aliens et continuait. Il avait invoqué trois démons qui se battaient férocement. Les créatures de deux mètres difformes poussaient des hurlements terrifiant après chaque blessure reçue, mais jamais elles ne cédèrent. Le démoniste calcinait sans relâche avec un jet de flamme ou détruisait avec des traits d’ombres. Øxymor avait relevé par la nécromancie une centaine de morts-vivants qui répandait d’abominables maladies qui affaiblissaient les aliens et les tuer lentement. Les aliens commençaient à fuir dans une grande panique alors que les héros ravageaient sans pitié. Après une bataille d’une heure à peine, plus un alien ne vivait Sarasin félicita ses compagnons pour cette victoire.

« Bravo, unité Alpha. On a bien assuré ! On a assuré comme des pros ! Et on est mieux que des pros !

-Je vous félicite également, lança le Seigneur-Croc qui avait observé le combat sans y prendre part. Après des semaines passées à les supporter, vous avez éradiqué les aliens pour un bout de temps. Y’a des blessés ?

-Le maréchal à une lance dans la tronche et l’amirale à un ‘tit truc de rien du tout très grave pour une frêle femme comme elle.

-Tu sais ce qu’elle te dit la frêle femme ??

-Bref, coupa l’empereur, nous avons gagnés. Et en un temps record. »

 

         L’empereur arriva à sa chambre, désireux de dormir. Il scruta le lit vide et se rappela des paroles de sa femme.

« Toi ! Le garde ! Va cherche l’amirale Kiérol.

-A vos ordres ! »

Le soldat partit. L’empereur commença à se changer quand la porte s’ouvrit. Il jeta une épée pour la bloquer.

« Cinq secondes je vous prie.

-Déjà, lança l’amirale, vous me faites venir sans me dire pourquoi, et maintenant je dois attendre. »

Il ouvrit la porte, désormais changé.

« Sans vous dire… Ah oui. Ecoutez soyons objectif. Facteur A, ma femme n’est pas là, facteur B, j’ai sommeil, facteur C, on a un chien.

-Quel rapport avec le chien ?

-Aucun. On utilise jamais tout les facteurs dans une équation. »

Kiérol poussa un soupir d’amusement.

« Bon, vous demandez l’aide de la gardienne de sommeil c’est ça ?

-… Gardienne de sommeil ? Ah oui vous aviez dis ça. »

Kiérol prit les vêtements de nuit de Crystal dans la main.

« Je peux lui emprunter ?

-Oui oui, z’avez pas la peste, alors il ne devrait pas avoir de problème.

-Je ne veux pas que vous regardiez.

-Pas bien de mentir. »

Il se cacha sous les draps. Il attendit patiemment quand il sentit une bête dans le lit. Sachant Kiérol phobique des « petites bêtes » comme il le disait, il arracha la couette et écrasa une araignée avec dextérité. Puis il leva le regard et vit l’amirale à moitié nue. Mais au lieu de se retourner d’un air gêné, il la regarda avec une attention hors du commun.

« Quoi ?? Finit par demander la femme en se cachant la poitrine.

-Je suis pas sur… »

Il retira le bras de Kiérol pour voir son torse.

« Je crois… Vous avez un cancer du sein. Faites-vous soigner au plus vite, mais on est pas à une journée près. Les cellules dégénérescentes ne sont pas encore invasives. »

Kiérol était stupéfaite. Elle se coucha à coté du monarque.

« Comment l’avez-vous trouvé ?

-Le cancer ? Pas facile mais les plis de la peau…

-Pas le cancer.

-… Quoi alors ?

-Mon corps.

-En regardant sur une plage, près d’un navire, il y a bien longtemps, pourquoi ?

-Vous êtes stupide !

-Non, c’est vous qui l’êtes. »

Ces mots frappèrent Kiérol comme une gifle.

« Je n’aime pas parler de ça, à part pour le domaine médicale qui m’a toujours amusé. Alors il me suffit de détourner la conversation. »

Kiérol s’effondra. Elle n’avait rien vu, elle avait toujours prit son empereur pour quelqu’un d’idiot et de naïf, mais il avait juste bien caché son jeu.

« Vous ne… »

Elle plongea sa tête dans l’oreiller.

« Finissez vos phrases.

-J’aimerais juste que vous répondiez à ma question. Vraiment.

-… Magnifique. Il n’y a pas d’autres termes. Mais ne vous y trompez pas.

-Je comprends… »

Elle se cacha le visage de nouveau dans l’oreiller.

« Je ne suis pas sourd. J’entends vos pleurs.

-Ce sont des larmes de joie… Quel bonheur de savoir que je plais à l’homme que j’aime. »

L’empereur se blottit contre elle.

« Je crois que si je perdais un membre de l’unité Alpha, je m’en remettrais. Ce taré de Sarasin, le brave Aoeste, le bon vieux Øxymor, le fier maréchal… Mais pas vous. Si je devais vous perdre, ma fureur serait la même que si je perdais Crystal. »

C’était, et de loin, le plus beau compliment qu’un être aussi noir et barbare que le Seigneur-Croc puisse faire. Kiérol frémit. Elle sentit le monarque s’endormir sur elle, puis dormit à son tour.

 

         Désormais en paix depuis quelques mois, la tension était retombée sur Koljeizer comme à Enacy (territoire du majab) et à Lehi (territoire de Kriss). Elle est toujours à son comble à Wyrim (territoire de l’Archempereur.)

 

         Le Seigneur-Croc lisait tranquillement un rapport sur son trône alors que l’amirale regardait par la fenêtre. Le temps défilait lentement. Les vents tournèrent sans prévenir. Kiérol en fit la remarque :

« Je ne comprend pas, tout les vents se dirigent vers le même point.

-Qu’est-ce que vous me sortez ? Demanda l’empereur sans y prêté sérieusement attention.

-Tous les vents se dirigent vers les Terres Oubliées. Depuis peu, le vent ne change plus de direction.

-Et ça mérite une étude tout ça ?

-Je ne sais pas… Mais ça n’est pas normal. »

Les jours suivants, le vent ne changea pas de direction. Personne ne trouva cela étrange. Néanmoins, Sarasin réussit à se mettre en tête l’aller là où tous les vents de la planète convergeaient. Il alla jusqu’en Ondu, le pays du textile et du  cuir. Les vents allaient par delà la mer. Il fut évident qu’ils allaient dans l’autre continent, en revenant, il prit une carte sans prévenir et la mit sous le nez de son empereur.

« Les vents suivent ce parcours, je ne sais pas pourquoi, mais ils vont dans ce pays des terres oubliées. »

 

« Ils vont clairement a Artal. Je ne demande pas pourquoi mais de Ondu à Koljeizer, c’est du pareil au même. Il faut aller voir, ce n’est pas normal.

-Je sais ce qui se passe. »

Les deux guerriers se retournèrent et virent l’ange envoyé par la Lumière.

« C’est l’œuvre de celui qui tente d’unir la lumière et les ténèbres, celui qui fusionnent le feu et l’eau, celui qui peut geler le feu.

-Qui ?

-Tu ne sais pas ? Celui qui prend les pouvoirs sans les rendre. Celui qui prend le corps des autres.

-Je ne vois pas.

-Celui qui a soulevé ton peuple !!

-…J’ai déjà oublié son nom.

-Le nécro-démoniste.

-Archinturcus ?? Lui ?? Il faut aller le tuer sur le champ !

-Tu pars un peu vite, rétorqua Sarasin. Il est fort, et la Lumière seule sait à quel point.

-Qu’importe ! Il ne peut me surpasser.

-Ecoute moi bien pauvre cloche ! »

L’empereur se figea, que Sarasin l’insulte n’avait rien d’anormal, mais qu’il le fasse d’un ton si sérieux était terrifiant.

« Il n’a pas fusionné avec Aoeste et Dimention la dernière fois, il les a absorbé ! Et maintenant il a du absorber je ne sais combien de combattant !! Abruti !! Si on y va, c’est sérieux ! Je te paris tout l’or du monde que c’est lui qui est derrière ces aliens qui me font tant flipper !

-Il a raison, lança l’ange, il est sûrement très fort.

-Le tuer ne semble ni facile ni une priorité. Reprit Sarasin, ce qu’il faut, c’est…

-C’est une priorité, le coupa l’ange. Le défi qui nous attend là-bas surpasse tout ce qu’on peut imaginer. C’est important, mais dans l’immédiat nous avons à faire. Soyons plus clair, je sais par la Lumière elle-même que ces êtres corrompus ne sont plus qu’une poigné. L’unité Alpha a fait du bon travail. Désormais, il faut attendre les dernières tentatives de l’ennemi avant de contre-attaquer. »

 

 

 

 

 

La Grande chute

         A Archékelbézyn, l’Archempereur s’informait des dernières nouvelles. Il soupçonnait une attaque contre sa forteresse.

« Vers le Sud ?

-Oui, à environ 12 kilomètres, une sorte de fort volant. Enfin c’est pas un château, mais comme une grande plateforme à étage… Une construction insolite volante quoi.

-Très bien. Semblent-ils armés ?

-D’après nos éclaireurs, le « Despote de la haine » y règne. Il ne semble pas avoir d’autre membre à craindre.

-Despote ? C’est comme un archidruide en somme.

-Voila. Il y a 3 despotes : Haine, colère et peur.

-Je vois, il ne doit pas être facile à abattre. Prévenez mes arches, nous partons au combat demain. Plus on attendra, plus l’effet de surprise manquera de réussir.

-A vos ordres !! »

Le soldat repartit. L’archempereur réfléchit à ce qui l’attendait. Il y avait trois despotes, avec un de moins, la guerre allait fait un bon vers la victoire, mais le combat n’était pas encore gagné. Il se prépara mentalement jusqu’au lendemain et avec une légion d’arches, il alla à la rencontre du despote. Il avait confiance en lui, il n’était pas la 3e puissance mondiale pour rien.

 

         Une citadelle volante surplomber un gouffre qui semblait sans fond. Elle était verdâtre et mauve, et était complètement murée à l’exception d’un balcon. L’archempreur le désigna du doigt.

« Là-bas. Il faut attendre ce perchoir.

-C’est bien haut, comment faire ? Demanda l’archidruide.

-J’en fais mon affaire, répliqua l’archimage. »

Il leva la main, et un escalier de glace se matérialisa sous leur pied. Ils montèrent d’un pas lent et arrivèrent au balcon sans encombre.

« Arches, vous êtes l’élite. Formez deux groupes. J’irais seul.

-A vos ordres. »

Les arches se séparèrent et l’Archempereur alla droit devant lui, vers le centre de cet étrange endroit. Il arriva vite au centre de la citadelle vu sa petite taille et il recontra un cavalier armé d’une lance qui semblait l’attendre.

« Décline ton identité.

-C’est à vous de le faire, Archempereur.

-Je vois que ce n’est pas la peine vous connaissez mon nom. Vous êtes ?

-Total Koduivoduapsucduvupay.

-Hein ?

-J’au dis que j’étais le total Koduivoduapsucduvupay.

-Quel nom à coucher dehors ! »

Il empala sans prévenir l’alien.

« Maintenant où est le despote ?

-Je ne ressens pas la douleur. Mais pour répondre à votre question, il est derrière la porte à votre gauche.

-Merci bien. »

L’Archempereur se retourna l’alien et ouvrit la porte, une explosion et jaillit, le surprenant. Il vit que derrière la porte, il n’est avait qu’une masse d’explosif usagés.

« Amusant. Mes cheveux sont couverts de poussière.

-T’es stupide !

-Tu le payeras.

-Et c’est cher ? »

L’Archempereur tenta de le trancher à la verticale mais fut paré sans que son adversaire montre le moindre signe d’effort.

« Pas mal.

-C’est pas cher en fait ! »

Le visage de l’Archempereur se crispa de colère et il trancha son ennemi avec une force largement plus grande que celle du coup précédant.

« Tu peux garder la monnaie ça me dérange pas. »

Le total tomba dans un fracas ensanglanté. L’Archempereur fracassa le mur et parcourut le bâtiment en brisant d’autres murs. Il finit par arriver dans une pièce suspendu au dessus du vide. Dessous un alien ressemblant à un centaure mais qui avait des griffe et non des sabots, ainsi que des écaille sur le corps, attendait.

« Vous êtes ?

-Je suis l’Archempereur.

-Je suis le despote de la haine.

-Je suis l’empereur des arches. Je suis content de ne pas avoir à te chercher plus longtemps. Il ne me reste plus qu’à prévenir la troupe d’élite qui m’a accompagnée.

-Oh ? C’était une troupe d’élite ? »

Il ouvrit une porte et les cadavres des meilleurs arches tombèrent.

 

 

 

         A Trachéom, le Seigneur-Croc regardait l’horizon avec tranquillité. Il tournait la tête de temps à autre et demandait :

« tu les vois ? »

Et Crystal répondait :

« Non. »

Puis soudain, l’empereur pointa du doigt deux points à l’horizon :

« Les voila ! »

Les deux points n’étaient autres que Essef et Esgey sur leurs chevaux. Ils arrivèrent rapidement devant e château et lancèrent :

« Hola frangin ! Quoi d’neuf ? »

 

 

         Le bruit de métal raisonna. Malgré sa carrure maladroite, le despote était agile et rapide, et comme sa carrure le supposait, très fort. Il contourna l’Archempereur qui se retourna juste à temps pour parer une attaque mortelle.

« C’est tout ce qu’un despote peut faire ?

-Je suis moi aussi déçu, j’attendais des sorts ou des attaques plus spéciales.

-Je n’en vois pas l’utilité. Je mène.

-Plus pour longtemps. »

Il commença à tourner sur lui-même les épées en avant et à sauter à travers la pièce.

« Les mille pointes de la haine. »

Il parvint à déjouer chaque parade de L’Archempereur et blessant encore et encore.

« Il suffit ! »

Il jeta son arme à terre et dégaina ses lames jumelles de l’ouragan.

« Que le vent t’emporte loin d’ici ! »

Il frappa le vide qui le séparait de son adversaire et créa un cyclone qui projeta l’alien contre le mur si fort qu’il passa au travers et amorça une gigantesque chute. L’Archempereur le suivit et lorsque l’alien toucha le sol, le choc le fit rebondit. Cette force de rebond s’ajouta à la force de gravité qui traînait l’Archempereur vers son adversaire, elle-même ajoutée à la force qu’il déployait. Un véritable gouffre s’ouvrit derrière le despote taillé.

« Cercle de haine… »

Un disque verdâtre se dessina autour d’eux et l’énergie se concentra sur dans la main du despote qui cria dans un dernier souffle :

« La lance haineuse ! »

Il traversa son ennemi d’un sort droit et s’effondra. L’Archempereur se releva et regarda sa plaie en dessous de l’épaule.

« Insuffisant. »

Il frappa du pied la tête du despote.

« Assassin de mes meilleurs hommes.

-Vous autres humain, séparez toujours vos meilleurs hommes.

-Tu vis encore ?

-Cette erreur… Nous ne la commettons pas… »

Il sentit une présence derrière lui et par reflexe il décapité le despote à terre avant d’être empalé sur une longue épée.

« Je suis le despote de la peur. »

 

         Essef était toujours à terre, une plaie béante dans le ventre.

« Merde qu’est-ce qu’il fout père ? Déjà l’épaule et maintenant ça ! Si il survit pas Essef va y passer !

-Escé il faut aller l’aider. »

-C’est trop loin ! »

Il fut coupé par un hurlement de douleur d’Essef qui ressentait les mêmes douleurs que son père au centuple.

« T’inquiète Essef père est fort ! Il… Il va pas mourir !

-Ah… Répondit Essef étouffé par la douleur, je ne crois pas aux contes de fées…

-Mais si ça va aller ! Je te le promets ! »

 

         L’Archempereur gémit douloureusement. Il lança un regard haineux à son adversaire et se redressa.

« Mon courroux sera ta perte.

-Même si je meurs, votre destin est scellé.

-Que dis-tu ? »

Sans attendre de réponse il joignit les mains et un cercle lumineux apparut autour de lui.

« Le sceau d’autorité. »

Un grand laser alla frapper l’adversaire et le plaqua contre le mur, maintenant par cette force destructrice.

« Je t’écoute maintenant, pourquoi notre destin est-il scellé ? C’est toi qui l’es pour le moment.

-Je peux bien te dire ça vu que tu es condamné.

-Raconte.

-Notre marche-ténèbres se dirige vers Trachéom. Votre « Prophète-Roi » ne peux rien contre ça. Il est plus grand que votre château, Trachéom, ce monstre de chair et de métal va vous anéantir !

-Merci pour l’info, mais maintenant je peux te dire que je ne suis pas condamné. Cette blessure ne me tuera pas.

-Je ne parlais pas d’elle. »

De nouveau il sentit une présence derrière lui, et se retourna et bloqua de justement la hache qui allait lui fendre de crâne.

« Je suis le despote… Commença l’alien d’un air triste.

-Trois despotes au même endroit… »

L’Archempereur décapité le despote de la peur.

« Tu as tué…

-Oui j’ai tué le despote de… La peur hein ? »

La peau de l’alien passa du mauve au rouge.

« Je suis le despote de la colère !!! »

Il fendit l’air encore et encore pour tuer l’Archempereur qui commençait à avoir le vertige à cause de la perte de sang.

« Les arches sont des combattants de la Lumière, les soins… On connait ! »

Il tendit la main devant lui et commença des incantations, mais rien ne se passa.

« La colère… Tue tout… Même la magie !!

-C’est pas vrai !

-Si !

-…Essef… »

 

         Essef perdait toujours plus de sang qui infiltrait la pierre de la salle à manger. Se recréant constamment, Essef n’en finissait plus de souffrir.

« Je veux que ça s’arrête ! Pleura-t-il.

-Tout dépend de père… Tout dépend de père…

-Escé… Aide-moi ! »

 Le Seigneur-Croc détourna le regard un instant, impuissant.

 

 

         L’Archempereur para un dernier coup avant d’encaisser de nouveau un déchirement dans le dos. Ce despote était plus fort que les deux autres. Il était bipède, lui, et n’avait pas d’yeux, ce qui ne l’empêcher pas pour autant de pleurer de rage. Il faisait constamment le même enchaînement de coup. L’Archempereur n’y voyait aucune faille, mais peut-être était-ce dut à son affaiblissement. Il tomba à genou, vaincu.

« Tu vas mourir.

-Laisse-moi un instant… Pour prier…

-Il n’en est pas question ! Je vais te tuer !

-Ici, on laisse une dernière volonté à un homme condamné à mort… Ou un alien.

-Soit ! Tu as trente secondes ! »

L’Archempereur dégaina une dague et tendit son bras, il inspira, serra les dents, et commença à écrire sur son bras en tranchant la peau.

« Est-ce votre façon de prier ?

-Hung… Oui. »

 

« Tiens bon Essef ! Arch va gagner ! T’inquiète ! Tout va bientôt finir ! Il peut se soigner, Arch, il va tuer son adversaire et ça sera fini !

-La ferme Escé ! Tu n’imagines pas ce que j’endure ! Cent fois la douleur d’être empaler sans pouvoir mourir ! Et… Aaarg ! Mon bras ! »

Escé le saisit par reflexe et vit les lettres, il lut :

« Un marche-ténèbres se dirige vers Trachéom, il sera là dans trois jours. Il est très fort. Attention. Pardonne-moi… Essef. »

 

         « Trente secondes se sont écoulées, tu vas mourir.

-A ta guise… J’ai fait le nécessaire. »

Il frappa le sol et un sceau discret s’y apposa, représentant un sablier et une tête de mort.

« Adieu, Archempereur, allez au ciel.

-Adieu, despote de la colère… VAS EN ENFER !!! »

L’épée s’abaissa, décapitant l’empereur des arches. Deux secondes plus tard, à l’instant ou la vie quitta le corps de ce dernier, le sceau explosa dans un nuage rouge. Toute la prairie fut rasée, même la citadelle volante 500 mètres au dessus. Ce nuage rouge, il signala aux arches l’égalité dans le combat.

 

         Le corps d’Essef n’avait pas explosé, après qu’il fut décapité, il tomba en poussière.

« Je ne le crois pas… Pleura l’empereur. Essef… »

Il frappa le sol si fort que la salle à manger de brisa intégralement et tout Trachéom faillit s’effondrer.

« ESSEF !!! »

 

 

 

 

Le monstre de fer

 

         Depuis trois jours, Essef était mort. Depuis trois jours la mer était agitée et la terre tremblait. Depuis trois jours… Le Seigneur-Croc répandait sa colère sur la mer.

« Essef !!! »

Une vaste explosion illumina le ciel noir. Prudemment, Sarasin s’approcha.

« Hep boss.

-La ferme !!! »

L’assassin esquiva un grand coup de Fendium.

« Calme-toi ! On a un marche-ténèbres qui se ramène on va pas l’attendre comme ça a rien faire ! Je suis désolé pour ton frère mais ressasser tout ça ne mènera à rien !

-Je sais… »

Il baissa la tête.

« Sarasin, je suis content de pouvoir compter sur toi pour me raisonner.

-J’ai beau être bien plus borné que toi, je suis plus terre à terre et objectif que toi.

-Oui… Il est fort le marche-ténèbre ?

-… Immensément. »

 

Deux jours avant. Les gens fuyaient à la vu de l’immense silhouette de fer et de chair. Il parcourra le continent d’un pas lent mais allongé. D’ici une semaine, il sera à Trachéom.

« C’est des rumeurs ?

-Non, c’est de source sur. En toute franchise, si toute l’unité Alpha s’y met, on a une chance…

-Il faut demander de l’aide au majab.

-A cette espèce d’hyper-vantard de moulin à vanité ?

-Il vante ses forces, il ne les exagère pas.

-Tu fais force égale avec lui.

-Il a pas mit le paquet. Moi non plus certes, mais il lui reste plus de réserve que moi.

-Ouais je vois, on lui envoie un message.

-Bien. Autre chose ?

-Ouais, arrête de t’en prendre à la mer, tu vas bouleverser tout l’écosystème. »

L’empereur se retourna et partit tristement vers sa forteresse. En arrivant, il vit Améthyste. Elle s’approcha de lui et il demanda :

« Tu vas bien ?

-Ouais… »

Elle fit apparaître une flamme dans sa main.

« Je pète le feu !

-Bien… »

Il s’éloigna, puis se figea.

« Tu…

-Je pète le feu ! »

Elle fit encore apparaître une flamme dans sa main.

« La magie…

-Oui ! La Lumière m’a… Sauvée !! J’ai appris la magie élémentaire auprès de l’amirale. C’est génial ! C’est…

-Vas prévenir ta mère et délivre lui le message suivant : « Si dans six jours je ne suis pas de retour, fuis. »

-Fuir ? Fuir quoi ?

-C’est long à expliquer

-Un combat ? C’est le moment de m’exercer !

-Je ne pense pas. Nous allons combattre une monstruosité ! Je ne pense même pas y arriver, moi, le majab, et toute l’unité Alpha. Y compris Inquisatus.

-Mais…

-Tu n’as pas intérêt à venir. »

Son regard devint sévère, noir, et assassin.

« Ne viens sous aucun prétexte, quel qu’il soit. »

Le Seigneur-Croc partit.

 

         Cinq jours plus tard, l’empereur se préparait à partir attaquer le marche-ténèbres.

« Ou est le majab ? Il a intérêt à se ramener ou on va se faire fumer !

-T’as bien raison, répondit Sarasin à l’empereur. Il nous rejoindra, si on l’attend trop… Pas la peine de faire un dessin.

-Je vais faire un résumé : Nous allons livrer un combat contre un être… Ou une chose surpuissante, bien plus fort que n’importe qui ici ! Si quelqu’un veut partir, je ne lui en voudrais pas. Que ceux qui me suivent fasse un pas en avant. »

Tous avancèrent d’un pas.

« Bien ! Inquisatus tu viens aussi j’espère ? Je ne commanderais pas un homme de foi, tu n’es pas militaire, mais on a besoin de toi. On a besoin d’un manieur de lumière.

-Moi je viens, mais le Prophète-Roi c’est toi. L’élu de la Lumière ce n’est pas moi. »

Le sourire malicieux et moqueur de l’archevêque confirma à l’empereur que son ami n’agissait pas par devoir mais par amitié.

« En route… On a dix minutes ?

-Hein ? Fit Sarasin d’un air abruti, oui mais… Franchement !

-Bah oui franchement. »

Il partit dans les couloirs de Trachéom. Il s’arrêta à une porte et toqua.

« Rubis, c’est moi. Ouvre.

-Non !

-Alors j’entre.

-Je te l’interdis !

-Ce n’est pas dans mes habitudes de contraindre ma famille, mais là c’est différent. »

Il entra et vit son fils, assis sur le canapé. Il lui tournait le dos pour se voiler la face.

« Rubis. Je pars en guerre et… Je ne pense même pas revenir. J’aimerais donc savoir pourquoi… Pourquoi tu me haïs tant ? Non, je ne voulais pas dire ça, pardonne-moi… Les abrutis j’en ai vu défiler, tu leur es bien supérieur. Dis-moi… Pourquoi tu te comportes comme eux ?

-Je n’ai pas à te répondre !

-Rubis, je t’aime. J’aime mon fils, et c’est normal. Si je ne dois pas revenir, j’aimerais savoir pourquoi tu ne me renvoie pas cette affection.

-Parce que… »

Un sanglot le coupa. Le Seigneur-Croc dut réprimer un sursaut. Il ne s’attendait pas à voir son fils pleurer. Absolument pas.

« Tu… Tu fais la guerre, tu surprotège maman et Emeraude, tu soutiens Améthyste… Tu aimes une autre femme que maman, Kiérol… comment j’suis sensé le prendre moi ??

-Pour Kiérol ? Je… Je n’y avais pas pensé mais… ça te dérange ?

-Non… Je l’aime bien, mais si on compte, la guerre, Emeraude, Améthyste, maman, Kiérol… Même Sarasin ! Tu t’amuses toujours avec lui !

-Oui… »

Il murmura en aparté :

« Même si on passe plus de temps à se mettre sur la gueule…

-Papa… »

Il se tourna vers lui, le visage trempé de larmes. 

« La guerre, la famille, les amis… J’suis où moi ? J’suis où ?? Tu m’oublies !! »

Il se calma.

« Je voulais juste que tu fasses attention à moi… Aussi… »

Un sentiment de terreur absolue prit l’empereur qui tenait à peine debout sous le poids colossal de la culpabilité. Il avait effectivement négligé son fils. Rubis était fort, mais son masque de fer venait de tomber dans un grand fracas. Le monarque enlaça son fils.

« Je suis désolé, si désolé… Tu ne peux même pas savoir à quel point. »

Il ne trouva plus ses mots. Il bafouilla quelque chose d’inintelligible, puis s’éloigna.

« Je reviendrais, je le jure et la Lumière m‘en soit témoin. Et je changerais tout quand cette foutue guerre sans intérêt, barbare et risible se sera arrêtée !!

-Papa…

-Oui ? »

Le fils ne reprit pas. L’empereur attendit patiemment.

« Tu es un dieu…

-Non. Et qu’importe.

-Mais… La morale… Comme ça te connais… »

Il fut coupé par un sanglot de honte.

« Je t’écoute.

-Je… Améthyste…

-Oui ?

-Je…

-Tu… ?

-Je… Je l’aime. Vraiment. C’est pas seulement de l’amour fraternel… Mais elle ne le sait pas. Donc ma question… C’est moral d’aimer une sœur pas de sang ?

-Je… Tu me pose une colle. Je pense que oui, c’est moral. »

Rubis hocha de la tête pour remercier son père qui parti alors. L’empereur jura, s’énerva contre lui-même et frappa dans un mur qui s’effondra en emportant la moitié de l’étage.

« Mille pardons… »

 

         L’imposante silhouette approchait à grand pas. D’ici vingt minutes, le monstre serait là. La grande machine infernale faisait sentir ses pas à plusieurs kilomètres de distance.

« Prenez position ! »

Le monstre approchait toujours et le Seigneur-Croc tentait désespérément d’ignorer les claquements de dents incessants de l’amirale. Le monstre de fer et de chair était presque là. Haut de plusieurs dizaines de mètres, cet être artificiel ne semblait pas avoir de conscience.

« Les dés sont jetés ! »

Le monstre abattit un violent coup de point vers les combattants corps à corps alors que Dimention, Kiérol et Inquisatus se concentraient pour lancer des sorts. L’empereur bloqua le coup de son arme et fut enfoncer dans la terre et il polya complètement sous la force inhumaine de cette chose. Sarain sautait d’un membre à l’autre de l’ennemi et frapper encore et encore sans sembler faire de dégâts significatifs. L’amirale lança :

« Je vais lancer le sceau élémentaire ! Il me faut du temps !

-D’accord, mais magnez ! Répondit l’empereur en frappant de toutes ses forces le bras du monstre pour tenter de le couper.

« Eau, toi qui submerge tout obstacle, tout qui emprisonne dans la glace, toi qui fuit en gaz, toi qui permet la vie à chaque  être, j’en appel à ta puissance ! »

Un cinquième de cercle bleu apparut aux pieds de la femme.

« Feu, toi qui ravage et consume, toi qui transforme la matière en énergie, toi qui réchauffe et chasse l’ombre, j’en appel à ta puissance ! »

Un autre cinquième de cercle se plaça à ses pieds, rouge cette fois. Øxymor encaissa de plein fouet en revers de main et s’écrasa sur une falaise proche. L’empereur fut de nouveau visé et il comprit qu’il était la cible prioritaire.

« Terre, toi qui soutient la vie, toi qui donne tes forces aux plantes, toi qui héberge l’eau, toi qui rend beau ce monde, j’en appel à ta puissance ! »

Un nouveau cinquième de cercle apparut, marron. Aoeste martela avec force la tête de la monstruosité pour tenter de la trancher, il parvint un ouvrir la peau et y enfonça avec force son épée. Il fut bloqué par un os.

« Saloperie !

-Air, toi qui emplit nos poumons à chaque instant, toi qui souffle sur nos terres, toi qui erre en toute liberté, toi qui permet de voler, j’en appel à ta puissance !

-Amirale ! Hurla le maréchal, y’en a pour encore longtemps ??

-Non ! »

Elle reprit :

« Foudre, toi qui va plus vite que le son, toi qui illumine la nuit, toi qui t’abat avec force, toi qui vient des cieux, j’en appel à ta puissance !! »

Le cercle était enfin complet. Elle cria :

« Sceau élémentaire !! »

Un rayon phénoménal partit et renversa le monstrueux golem qui semblait invincible. Il perdit l’équilibre et fut projeté sur trois fois sa taille, mais il se releva et repartit au combat, d’un pas moins sur. L’amirale s’effondra de fatigue. Dimention prit le relais :

« Je m’occupe de la suite !! »

Il cessa l’envoyer des vagues de flamme et récita :

« Soldats des enfers brûlant, donnez-moi un pouvoir ardent, créatures infestes, entendez mon appel funeste ! Que les abîmes s’ouvrent ! Que la puissance des enfers soit mienne ! A moi le feu, destructeur, ravageur, à moi les flammes cruelles et infâmes !! »

Une grande flamme brûlait autour de lui.

« Que les ombres m’entendent, elles qui ne cessent d’attendre, que les pouvoirs immortels, cachés aux êtres faibles, que s’éveille les ténèbres ! Que les ombres sorte de leur royaume ! Que la corruption me rejoigne dans ce combat !! Que la haine, la rancœur, la jalousie, et tristesse et la peur prennent mon parti !! »

Des ombres virevoltèrent autour de lui. L’empereur reçu un coup de pied en plein visage et fut sonné. La créature allait l’achever quand une lumière sembla le ralentir, très peu, mais assez pour que le maréchal s’interpose et protège l’empereur d’une mort certaine.

« Ici, la Lumière est avec nous !! »

Le maréchal repoussa avec force le monstre, et sombra dans le coma, trop blessé pour continuer. Aoeste avait déjà bien miné la nuque du monstre et Sarasin avait suffisamment lacéré ses membres pour le ralentir. Dimention acheva enfin.

« Vous qu’on appelle démon, accomplissez votre mission ! Vous qui venez des enfers, battez-vous par le feu et le fer ! A moi la puissance démoniaque ! A moi la force des autres mondes ! A moi, démons !!! »

Une énergie gangrenée le parcourrait. Il cria :

« Que la porte des enfers s’ouvre ! »

Un portail s’ouvrit devant lui, absorbant sa puissance, et créa un torrent de d’énergie dévastateur. La grande force bleu, vert et rouge sembla blesser le monstre et le brûler, mais il tint bon. Des hordes de démons vinrent se faire écraser par le monstre. Les ténèbres se refermèrent sur elles-même dans l’échec. Dimention s’effondra à son tour, Øxymor fut mit hors course à son tour, sa puissance nécromantique épuisée, ses « batteries à plat » en somme. Il ne restait plus que Sarasin, Aoeste, Saittham qui s’épuisait pour rien et le Seigneur-Croc. Inquisatus soignait toujours, mais bien qu’archevêque, bien que plus qu’excellent dans le domaine du soin, il ne parvenait pas à suivre le rythme imposé par ce monstre. S’il s’arrêtait pour lancer une puissante incantation à son tour, la défaite les attendra. Aoeste avait tranché de presque de moitié la nuque du monstre et Sarasin avait réussi à faire perdre à ses bras près de la moitié de leur force. Désormais le Seigneur-Croc pouvait contenir un coup. Une voix résonna :

« Il était temps que j’arrive. »

Le majab marchait droit vers le monstre, calme, serein, les mains dans le dos.

« C’est lui qui vous donne du fil à retordre ?

-Magnez-vous de nous aider !! Hurla l’empereur insupporté.

-Mais oui ça vient… Y’a pas le feu… Savez-vous pourquoi je suis si fort ?

-M’en fous ! »

L’empereur encaissa un autre coup du monstre. Le majab ricana et lança :

« Vous faites force égale avec moi, mais là vous déployez plus de puissance encore, je ne peux pas faire mieux… Pas sous cette forme. »

Il plaça ses mains sur son torse et poussa un cri de douleur.

« Qu’est-ce que vous foutez ? »

Le majab répondit une phrase inaudible d’une voix qui n’était pas la sienne, mais celle d’un monstre. Rapidement, le majab ressemblait comme deux gouttes d’eau à un loup garou.

« C’est quoi ce délire ??? Hurla Sarasin, plus surpris que jamais.

-Eloignez-vous… De moi ! »

Il voulut frapper Sarasin qui esquiva de justesse.

« Il contrôle pas entièrement ses actes ! Conclut l’assassin, il est violent ! Faut pas l’approcher !! »

Le majab, sous sa nouvelle forme, fit face au monstre qui frappa de toutes sa force, mais le majab leva la main, et sans même plier son bras sous une telle violence, arrêta le geste. Il leva sa patte griffue et trancha le golem avec une facilité déconcertante.

« C… Comment ? »

La bête se retourna et lui jeta un regard noir, remplit d’une violence non maîtrisée. Le majab sauta sur le monstre dans le ventre et le réduisit à néant. Tranchant, supprimant, dévastant, annihilant, il parvint en quelques secondes à faire que qui aurait prit des jours au Seigneur-Croc, oblitérer le marche ténèbres.

« En fait ça m’intéresse plus de savoir ! »

A ce moment, l’amirale se releva.

« Seign… Seign… Seigneur… Croc…

-Recouchez-vous ! Vous êtes encore sonnée !

-Où est le monstre ?

-Il l’a tué, la bestiole, là. L’espèce le loup. »

Elle s’approcha d’un pas maladroit.

« M… Merci ! Mer… »

L’homme-bête, d’un coup de griffe, la mis au-delà de tout espoir de guérison et de résurrection. D’un coup, il avait déchiqueté la pauvre femme. Le Seigneur-croc poussa un hurlement de surprise comme si c’était lui l’agressé. Lentement, le majab reprit forme humaine. Il regarda l’empereur pleurer amèrement devant de corps en lambeaux de l’amirale.

« Qu… Pourquoi ? Pourquoi ? »

Il reprit sa respiration et hurla si fort qu’on l’entendit jusqu’à Trachéom :

« POURQUOI ?!?

-Parce qu’elle m’a approché sous ma forme de bête ; elle n’aurait pas dut. Mon titre, je ne l’ai pas eu par hasard.

-Enfoiré ! Je vais vous tuer !

-Vous pensez ce que vous dites ? Vous avez vu ce dont je suis capable ? »

Il désigna le monstre, anéantit.

« Je vous tuerais… Un jour, oui, je vous tuerais ! Je ne l’oublierais jamais ! Jamais !!

-Silence. »

Il dégagea une sorte d’aura qui fit sombrer toutes les personnes présentes dans le coma. Elles étaient trop affaiblies.

 

 

 

 

L’empereur contre-attaque

 

         Le Seigneur-Croc se réveilla dans son lit. Il regarda autour de lui, il était seul.

« Un rêve… Ce n’était qu’un rêve ! »

Il se leva et sentit une vive douleur dans son bras. Il comprit alors qu’il s’agissait d’une des nombreuses blessures qu’il avait reçues de son combat, ce qui lui affirma que tout cela était la réalité. Il sortit de sa chambre, refusant la mort de Kiérol.

« Gardes ! »

Deux gardes se précipitèrent.

« Monseigneur ?

-L’amirale… Elle est…

-Je le crains…

-Morte ?

-Oui… »

Il partit en courant vers la salle du trône.

« Hé !

-Vous tombez mal. »

Un cercueil trônait au milieu de la salle. Il n’y avait pas de couvercle et dedans, il y avait des lambeaux de chair immondes. Sur le cercueil était marqué « Kiérol ».

« Vous auriez du rester coucher. Lança froidement le majab.

-Mais…

-La ferme ! Débarrassez-moi le plancher, incapable ! Si la Lumière vous a choisi, c’était en désespoir de cause !

-Vous avez assassiné l’amirale Kiérol ! Enfoiré !

-Elle n’aurait pas du s’approcher, cette poufiasse, voila tout !

-Comment osez-vous l’appeler ??

-Silence pauvre abruti ! Vous avez mobilisé votre plus puissante équipe et vous n’avez pas été foutu de défoncer un golem que j’ai anéanti sans difficulté ! Vous êtes un incapable ! Prophète-Roi ou Seigneur-Croc, ça ne change rien ! Je vais moi-même régler le problème vu que personne ne peut s’en charger! Quittez ce château ! Vous, votre famille, vos généraux et tous ceux qui ont un grade supérieur ! Je garde Trachéom comme base d’assaut. Je vous raye, vous et les autres, du classement mondial ! Tel est le prix de l’échec ! »

Il se retourna et conversa avec Kriss, puis se retourna de nouveau.

« Vous êtes encore là ? Quittez ce lieu qui n’est plus de votre ! Vous, votre équipe, et cet immonde tas de chair en cercueil à qui vous accorder encore le titre d’amirale ! »

L’empereur resta figé, puis s’agenouilla en signe de salut et sortit, suivi de l’unité Alpha. Il saisit à la gorge un garde :

« Vas me chercher vingt tentes sur le champ !

-Si vous pouviez… Cesser de m’étrangler… »

Il lâcha le garde qui partit d’un pas mal assuré.

« Nous camperons devant Trachéom.

-Et puis quoi encore ? Rétorqua Sarasin, tu n’es plus notre empereur, nous ne sommes plus des militaires, il n’y a plus rien. Moi, je m’en vais ! »

Il voulut partir quand l’empereur le frappa du poing avec une violence inouï, une force qu’il ne dégager que pour tuer à coup sur ses ennemis les plus féroces.

« Ce prétentieux de majab m’a chassé de ce château, pas de ce pays ! La guerre continue ! Il faut se rendre dans les terres oubliées, voir d’où provient ce vent étrange, on n’a pas mieux à faire, et j’ai besoin de toi !

-Avec un coup pareil, j’ai vachement envie d’obéir !

-On partira demain. »

Les tentes furent montées. Sarasin resta à l’écart. Il taillada un chêne pour sculpter un castor, puis une vache, puis un mouton, et il s’éloigna en soupirant. Il perçut un murmure, un gémissement, il se dirige vers la source du bruit d’un pas lent et aperçu l’empereur pleurer à chaudes larmes, et Crystal tenter vainement de le consoler alors qu’elle aussi était triste. Il répétait sans cesse :

« Pourquoi ai-je attendu si longtemps pour l’aimer ? Pourquoi ai-je attendu si longtemps pour lui renvoyer l’amour qu’elle me porter ? Dis-le moi ! Dis-le !

-je ne sais pas… »

Il pleura encore.

« J’aurais pu la sauver, j’aurais DU la sauver ! Le majab a raison, je suis un incapable, un fardeau cruel même pas humain qui fait tout à sa manière…

-Mais non… Répondait sans ces Crystal sans pouvoir argumenter.

-Un incapable dis-tu ? Lança Sarasin avec force. C’est pourtant pas à la portée de n’importe qui de rééditer tes exploits ! C’est pas un incapable qu’un dieu choisit, surtout lorsque ce dieu est complètement mégalo et qu’il se la joue « cool » !

-Si tu veux partir, tu peux.

-J’aimerais bien… Mais j’laisse pas un ami patauger dans la merde ! On va aller botter le cul à Archinturcus, on va gagner cette foutue « Sainte Guerre » et on va rentrer à Trachéom !

-Il est trop fort…

-Tu deviens défaitiste, enfoiré ! On en sait rien ! Et c’est pour ça qu’on va se préparer au lieu de ressasser l’irréparable ! »

Il posa son pied sur l’épaule de l’empereur en signe de domination.

« Pleure pas ! Nos vies ne sont pas foutues ! Faut pas qu’on s’habitude ! Debout, relève-toi ! Aller ! Tiens-toi droit ! Montre la force qui coule dans tes veines ! Soulève ton arme de cinq tonnes comme une brindille ! Réveille-toi pour l’amour du ciel ! On va pas tout recommencer ! On va leur montrer qu’on peut tout changer !

-La défaite est déjà inscrite dans l’histoire.

-Il rit des plaies celui qui n’a jamais souffert ! Et dans ce pays, personne ne rit. Le jour où tu as cru mourir dans ton village natal, tu t’es relevé ! Refais-le encore !

-Non… »

L’assassin passa le bras de son empereur par-dessus son épaule et le souleva contre son gré.

« Aller ! Les terres oubliées c’est pas la porte à côté ! »

Sarasin regroupa lui-même l’unité Alpha. Contrairement à d’habitude, l’unité Alpha était en ligne à l’exception de Sarasin qui les inspectait à la place du Seigneur-Croc qui lui faisait parti de la ligne, mine basse.

« Boss faut arrêter là !

-J’ai échoué…

-On s’en fout ! Rah c’est toi qui m’a secoué y’a même pas quinze minutes ! »

Il jura entre ses dents.

« La définition du courage ?

-L’absence de peur.

-Non ! Loin de là !!

-Hum… « Le courage n’est pas l’absence de peur » ça c’est la folie « mais la force de les conquérir. »

-Non ! « Le courage n’est pas l’absence de peur, cela est folie, le courage n’est pas mourir pour une noble cause, cela est dévotion. Le vrai courage est la force de se relever après chaque échecs, la force de le jamais abandonner. »

Il marcha devant la ligne comme un empereur pour encourager des troupes partantes au combat.

« Le courage, c’est la force mental d’encaisser les échecs, voila ce qu’est le courage ! On va aller aux terres oubliées ! On va réussir ! Mais avant, j’ai des projets à réaliser. »

Il regarda l’empereur, qui baissait toujours la tête. Il lui prit le menton pour lui redresser le visage.

« Kiérol te regarde sûrement de là-haut ! Elle ne voudrait pas que tu abandonnes et te prouverait par a+b qu’abandonner c’est mal ! Il faut défendre nos valeurs ! Alors j’espère que je peux compter sur toi pour faire l’une des plus grandes conneries de ma vie !! »

L’empereur réussit à sourire.

« Oui, tu peux !! Mais c’est quoi ?

-Qui a les épées de la terre ?

-J’en sais rien.

-Hé hé… Moi je sais. Et celles de l’ouragan ?

-Mon père.

-Le majab les a prit, tu sais que je les collectionne… »

Le Seigneur-Croc comprit.

« On a intérêt à courir vite ! »

 

         Le majab allait tranquillement à la chambre impériale, qui était la sienne désormais. Il vit les gardes immobiles. Il passa devant eux puis s’arrêta.

« On ne salut plus le majab ? »

Il n’eut pas de réponse.

« Hé ! »

Il donna un taquet à l’un d’entre eux qui s’effondra raide. Les gardes avaient une aiguille dans la nuque qui les paralysait. Il arracha l’aiguillon sans précaution quitte à les tuer.

« Qui ??

-Le Seigneur-Croc… Sarasin… Vos lames jumelles de la terre… »

Il s’effondra, mort.

« Je vais le tuer !! »

 

         L’empereur était déjà face à l’océan. Depuis les trois jours de voyage, ils étaient sur de ne pas être poursuivis.

« T’as quatre paires sur cinq sans les miennes, tu comptes faire quoi ?

-Secret…

-Raconte.

-Nan !

-C’moi l’empereur !

-C’toi l’déprimé ! »

L’empereur rit.

« C’est vrai que ça va mieux ! Alors tu la craches ta pastille ?

-Nan ! »

Sarasin déchira une ombre pour fuir la discussion.

« Franchement… »

Ils cherchaient un bateau depuis déjà des heures. Aucun ne paraissait assez solide pour les emmener de l’autre coté de l’océan.

« Celui là ? Demanda Aoeste.

-Nan, répliqua Sarasin, il a une mauvaise coque.

-Tu t’y connais !?

-Suffit d’aller de l’autre coté pour le voir.

-Ah bon… »

Il continua d’inspecter les navires. Tous finirent par renoncer.

« Inutile, conclut Sarasin, on y connait rien.

-Si l’amirale était là… Remarque c’est pas parce qu’elle est amirale qu’elle s’y connait en bateau… Elle est juste intelligente.

-Mais on va trouver ! »

Le maréchal s’écarta du groupe.

« Ou tu vas ?

-Par l’enfer !

-Quoi ?

-Le Majab ! »

Le chétif homme désigné vint se placer devant Sarasin et le fusilla du regard.

« Vous avez quelque chose qui m’appartient. »

L’empereur vint se mettre entre les deux avec une fureur sans précédent peinte sur le visage. Une colère telle qu’il faisait vibrer l’air sur des milliers de kilomètres. A ce stade de rage encore jamais atteint, rien de raisonnable de pouvait être anticipé.

« C’est le prix à payer pour avoir le droit de gouverner Trachéom.

-Vous n’avez pas à discuter les ordres.

-Je vous emmerde, vous et vos ordres à la con ! Vous êtes l’homme le plus puissant et cette planète et vous tuer vos propres alliés, et pire encore, vous tuer MES alliées ! MON amirale !

-Vous êtes rancunier vous ! Maintenant mes épées. »

Il pointa sa lame sous la gorge du Seigneur-Croc.

« Rendez-les-moi.

-Sarasin en a besoin pour défaire Archinturcus.

-Je vous interdis d’y aller. »

L’empereur saisit la pleine main l’épée et du sang en coula.

« Vous avez tué Kiérol, une femme que j’aimais, vous avez pris mon château, et maintenant vous m’empêcher d’aller tuer un être maléfique ?

-Exactement.

-Il n’y a qu’une seule façon de nous arrêter.

-Laquelle est-ce ? Que je l’utilise sans modération.

-C’est de tous nous tuer !! »

Son regard noir traversa l’esprit du majab comme une flèche.

« Vous pensez que je vous épargnerais ?

-Vous pensez pouvoir vaincre toutes les personnes présentes ici dans mon camp, maintenir votre réputation de bienfaiteur auprès des passant le tout sans vous transformer en homme-bête pour ne pas trahir le secret ? »

Le majab regarda autour de lui et frissonna.

« Si je décide de vous tuer, vous devrez utiliser votre métamorphose, et tout le monde saura que vous êtes un monstre ! Si vous tuez toutes les personnes ici, le carnage aura un responsable, et je m’assurerais personnellement qu’on vous démasque. Comprenez que vous n’êtes pas en mesure d’exiger quoi que ce soit. Rentrez chez vous, et dites-vous bien que je vous tuerais.

-Je vois… Allez là où bon vous semble, mais ne mourrez pas, vous me rendrez les épées. Il y a un bateau pas mal, un célèbre navire de guerre. Maréchal, vous connaissez non ? »

Le majab partit, exacerbé. Il désigna une embarcation gigantesque et s’en alla d’un pas léger et fureur.

« Ce navire ! Fit le vieil homme préparé au combat perdu d’avance, « Le revenant des cieux » ! Un des meilleurs navires au monde ! Et il est là ! Quelle chance !

-Tu sais faire naviguer ce machin ?

-Les marins le savent sûrement. »

Le maréchal alla à leur rencontre.

« Salutation, nobles marins.

-S’lut l’vieux !

-Hum… Bon. Nous cherchons un navire pour nous emmener aux terres oubliées, pourriez-vous nous y conduire ?

-Ben ça dépend, vous avez de quoi payer ? »

Le groupe demeura silencieux.

« On a pas prit d’argent !! Conclut Sarasin.

-Bon je vais les persuader. Répliqua l’empereur.

-Vous pouvez payer en nature. Bouffe, alcool…

-Et ça tombe bien ! C’est ce qui va se passer. »

Il se mit devant le marin et d’un geste fluide, il trancha une boîte vide plus loin, à six mètres.

« Je me présente, je suis le Seigneur-Croc. Je paye en nature, vous nous conduisez là où on veut, je vous laisse vivre. Bon marché non ?

-Le… Le Seign… Seigneur-Croc ? Vraiment ?

-Une démonstration ?

-Non ça ira ! »

Ils montèrent dans le bateau. Rapidement, ils se mirent chacun dans un coin et patientèrent. Le bateau quitta le port et peu après, une femme sortit de la cabine du capitaine, qui lui était au gouvernail.

« Je peux enfin sortir ! »

Les marins l’encerclèrent.

« Une passagère clandestine ! Jetons-la à la mer ! »

Ils furent mis à terre en un rien de temps.

« Je n’aime pas frapper, mais il le fallait bien. La violence ne résout rien !

-Alors tu ne tape pas assez fort. Rétorqua l’empereur.

-Et vous êtes ?

-Le Seigneur-Croc, et vous ? »

La femme fit un geste de recule.

« Quoi ? Vous ici ? Mais comment !

-J’ai la flemme de raconter. Nous, c’est-à-dire toute mon équipe d’élite, on va pas te faire la fête, mais laisse les marins nous emmener là où on veut. »

Sarasin arriva derrière la femme et la surprit.

« Salut toi !

-Ah ! Qui va là ?

-Sarasin, l’homme qui déchire la nuit. Vainqueur d’Eldric le suppresseur.

-C’est le seul exploit dont tu te vantes ? Lui lança l’empereur, toujours assis dans le coin où il était depuis le début, les bras croisés.

-T’aime pas quand je me vante ! Une femme… Et ouais que des hommes. Gang bang ?

-Déjà c’est « Big Bang », abruti, et il n’y a aucun rapport entre la supériorité numérique masculine de ce bateau et la théorie de la création de l’univers la plus répandu surtout qu’on n’a aucun moyen de vérifier la véracité de cette théorie qui, en plus, était une moquerie à la base ! »

Il se leva.

« En effet c’était lors de la 3e guerre, mais ça peu importe, un homme a fait cette théorie et il a conféré cette acte à une autre personne, mais ça s’est retourné contre lui, car sa théorie est devenu très célèbre…

-Et c’est reparti pour un cours… »

Sarasin soupira. Puis lança un regard neutre à la femme.

« Essaie seulement de t’approcher de moi ! Cracha-t-elle presque.

-Je tiens à la vie.

-Je ne pensais pas que tu renoncerais si facilement, tu parles d’un assassin !

-Avec un empereur aussi coincé c’est du suicide pur et simple. Sinon qu’est-ce que tu fais là ?

-Je comptais aller là où je voulais, mais avec vous à bord tout foire.

-C’est triste ! Railla Sarasin. Hé boss bouclez-la un peu !

-… Théorie qui repose sur… Quoi ? Je n’ai pas à t’obéir.

-Je vais donc donner un cours sur les relations…

-D’accord ! J’arrête mais fais-en autant ! »

La femme soupira.

« Je vais échouer.

-Echouer à quoi ?

-Je vais dans le village de Rhutar.

-Et c’est où ?

-A Artal.

-Bon tout va bien c’est là qu’on va.

-Mais pourquoi allez-vous là-bas ?

-C’est un peu compliqué. Et surtout ça ne te regarde pas !

-Mais c’est une terre désolée, il n’y a rien à voir là-bas.

-Alors pourquoi tu y vas ?

-Je retourne à mon village natal. L’un des rares lieux de vie de ce pays.

-Je me demande pourquoi je pose toujours des questions dont je me fous de la réponse ! Enfin bon. Hé toi ! Le marin ! On arrive quand ?

-Dans quinze jours.

-Quinze jours ??

-Vous êtes pressés ?

-Et bien non, on n’a pas de date à respecter mais plus vite on sera arrivé, mieux ce sera.

-Vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer !

-Pourquoi ça ?

-Une… Une tempête ! Tous à vos postes ! »

En entendant cela, l’empereur décida de refermer le hamac dans lequel il était pour être sur de ne pas en tomber dans son sommeil. Aoeste proposa son aide.

« Borde le phoque !

-Quel phoque ?

-Choque la grand voile !

-La choquer ?

-Fous-moi l’camp si tu sais pas naviguer !

-Hé du calme ! J’ai jamais foutu les pieds sur un bateau dans toute ma vie !

-Tire la corde à droite de toutes tes forces ! »

Aoeste saisir l’écoute de phoque et tira fermement, le phoque se tendit tellement qu’il cru le déchirer.

« T’es balaise mon p’tit !

-… « Mon p’tit » ?

-Et toi le pervers ! »

Sarasin se retourna.

« Moi ?

-Meuh non pas toi ! Le marin ! Tu sais naviguer, toi ?

-Non.

-Alors fous le camp. »

Sarasin regarda les nuages.

« Hep boss !

-« Seigneur-Croc ». Répondit l’empereur sans ouvrir les yeux.

-Prophète-Roi ! Reprit l’assassin pour ne pas se plier à l’autorité.

-Quoi ?

-Tu peux calmer la tempête ?

-Bah ça dépend, on perd du temps à cause d’elle ?

-Ouaip ! »

L’empereur sortit de son hamac, s’étira calmement malgré le chaos des vagues, puis écarta les bras.

« Silence ! »

Une vague de puissance déferlante balaya la tempête et éclaircit le ciel.

« Pas mal. Commenta l’assassin.

-Ouais, la Lumière m’a bien aidé. Je suis le Prophète-Roi. »

Sarasin applaudit sans conviction.

 

         Ils arrivèrent à Artal rapidement. A peine eut-il posé le pied à terre, l’empereur leva la main et lança :

« L’unité Alpha me suit. Toi la gonzesse, salut !

-Vous allez partir comme ça ?

-Oui !

-Vous connaissez même pas le coin !

-Je m’en tape ! »

La troupe suivit. La femme se retourna vers le bateau et le vit partir.

« Bon. »

 

 

         L’unité Alpha arriva en haut d’une colline. La terre grise était déserte de toute vie. Un village abandonné était en aval de la colline. Sarasin jeta un regard sur le cimetière et vit des vautours creuser la terre pour déterrer les cadavres. Il lança :

« Boss.

-Plus tard. »

Il inspecta un bâtiment qui tombait en ruine.

« Seigneur-Croc !

-Y’a un progrès mais je suis occupé. »

Il fracassa le mur fissuré et regarda l’intérieur.

« Seigneur-Croc !!!

-Roh QUOI ??

-Y’a un gros zombie qui me court après, je le bute ou vous voulez l’inspecter lui aussi ?

-Ah je sais pas…

-Bon alors ? »

L’empereur le saisit et le souleva par la gorge.

« C’est pas un zombie ! C’est un homme vivant… Enfin si on peut dire ça… Il a pas l’air frais.

-Maladie de toute évidence. Lança Dimention.

-Raconte-moi ça.

-Hum… Corruption virulente non-mortelle asservissante.

-C’est-à-dire ?

-Il est fou. A moitié asservit. Il n’y a pas de retour en arrière possible. »

L’empereur décapita de malheureux. A ce moment une chauve-souris sortit du hangar qu’il avait détruit. Une fille en sortit et cria :

« Papaaaaaa !

-Une gamine ? Comme si c’était le moment.

-Elle est malade, lança le démoniste, mais on peut la sauver. Le truc c’est que sans prêtre… Inquisatus, jamais là quand il faut.

-Ah je suis pas d’accord il m’a déjà sorti du pétrin plus d’une fois.

-Bref, elle va mourir. Moi je peux rien n’y faire.

-Bah autant l’achever. Lança le Seigneur-Croc.

-Et ça s’dire Prophète-Roi ! Non mais la Lumière, tout ça… C’est magnifique !

-Je suis peut-être l’élu de la lumière mais… Je suis quelqu’un de mauvais… »

Il trancha la  jeune fille.

« Très mauvais ! »

La jeune fille, tranché au niveau de la taille, pleurait ses dernières larmes de douleur alors que l’hémorragie l’emportait. Sans y prêter la moindre intention, l’empereur reprit ses fouilles.

« Y’a du sang sur le sol. Remarqua Aoeste.

-Exact, et il est pas vieux. Confirma Sarasin.

-Hé ! Fit le généralissime, le pendu dans la cour, là-bas, il était là quand on est arrivé ?

-Je ne sais pas ce que se passe ici… Et je m’en tape ! Le vent nous indique la direction, on y va ! »

La troupe reprit son chemin, ignorant les cris de douleur de la fille, condamnée.

 

 

Ils arrivèrent devant un immense château noir au dessus duquel un cyclone tournoyer dans un grand sifflement.

« Il faut que cesse ce sifflement incessant ! Lança Sarasin.

-S’tu l’dis ! Répliqua l’empereur.

-En route ! »

Ils furent confrontés à un premier problème. Un grand vide les séparés de la porte.

« C’est à 20 mètres tout au plus, on saute !

-T’es pas bien ? Y’a pas de truc pour qu’on s’y accroche, si la porte est spécial, c’est la chute !

-Sans Kiérol pour nous faire un pont de glace…

-Tais-toi Sarasin ! Je ne veux pas me rappeler de ça !

-D’accord, boss, d’accord. »

Dimention décida de lancer un sort, au diable la discrétion.

« Eclair d’ombre !

-Y’a un nom pour chacun de tes sorts ?

-La ferme Sarasin ! »

Le sort explosa sur la porte, qui ne cilla pas.

« Génial…

-Inutile d’insister je pense, cette porte est indestructible. »

Dimention leva les bras en croix et hurla un mot en langue démonique, une vague déferlante d’ombre s’abattit sur le château. La porte tint bon, mais les murs s’écroulèrent.

« On passera pas par la porte.

-Sacrée porte tout de même. »

Ils sautèrent le précipice. A l’intérieur, si on peut considérer un bâtiment auquel il manque une façade comme « un intérieur », ils brisèrent les murs un à un pour trouver Archinturcus.

« Te voila enfin ! Prophète-Roi !

-Ah ! L’élémentaliste ange de la dernière fois !

-Salut. Je t’accompagne. Ne me demande pas ce que je fais ici.

-Qu’est-ce que tu… D’accord. »

Ils reprirent leur chemin comme si de rien n’était. Ils arrivèrent dans une salle obscure dont les murs écarlates étaient remplient de livre à couverture rouge et d’instrument de guerre effroyable. Au bout de la salle, un escalier et un trône sur lequel Archinturcus lisait tranquillement.

« Te voila enfin…

-Archinturcus ! Tu as comploté pour me détrôné !

-Non, j’ai envoyé quelqu’un le faire.

-Tu as… »

Il murmura à ses équipiers.

« Il a fait quoi d’autre déjà ?

-Euh… Disons que c’est suspect qu’il maîtrise le vent planétaire.

-Voila ! »

Il reprit à voix haute.

« Tu as…

-J’ai entendu. J’ai fait quoi ? Ah oui, j’ai influencé Sarasin qui qu’il vous attaque. J’ai pousser l’empire Otrajyd à vous attaquer. J’ai déclenché les vagues de morts-vivants. J’ai fait courir la rumeur que votre fille n’était plus vierge, j’ai assassiné votre mère en prétextant une maladie, j’ai filer l’outre-ténèbres à Aoeste, j’ai envoyer un républicain pour vous éjecter du trône de Koljeizer… Ah, les aliens aussi, c’est moi.

-Qu… Quoi ?! »

Il ferma son livre et le posa sur une table à coté de lui.

« Vous pensez pouvoir me battre ?

-Oui ! Sinon je ne serais pas venu.

-Ici, la Lumière ne fait pas son œuvre !

-Je lui ai rien demandé à celle-là, je vais te démolir, c’est tout ! Je ressemble de plus en plus à Sarasin, c’en est flippant…

-Kestudi ?!? S’insurgea l’assassin.

-Bon j’ai encore de la marge. »

Archinturcus prit un autre livre et pendant qu’il cherchait une page en particulier, il dit :

« Calmez-vous donc.

-Je vous trouve moins borné qu’avant !

-J’ai absorbé pas mal de monde… Ah voila ! Demi-Dieu ! Mi-homme mi-dieu, généralement caractérisé par une force colossal, cet être mythologique est un croisement entre un dieu et un être humain. On dit que « celui qui est plusieurs seul est demi-dieu ».

-Et ?

-Je suis plusieurs puisque j’ai absorbé des tas de gens ! »

Son visage devint gris et se fissura comme une terre desséchée.

« Être un demi-dieu, c’est pas banal !

-A ce compte là, j’en suis un aussi. Je suis un être envoyé par la Lumière elle-même, je suis, contrairement à un demi-dieu, une chimère anthropothéo-truc, mon âme divine a été émiettée par le vice des hommes, mais les plus bas vices comme la dépravation de m’atteignent pas. Je suis spécial, je l’ai toujours dit, mais je suis choisis d’un dieu, je ne suis pas un gros tas de combattant réunit dans un même corps.

-Je le sais… D’après vous, pourquoi j’ai toujours cherché à vous tuer par n’importe quel moyen ? Mais visiblement, seule la force vous abattra. Il est tant de combattre pour savoir lequel est le meilleur !

-Tu crois vraiment te battre seul à seul avec moi ? Si j’ai ramené toute l’équipe, il y a une raison… Je veux la victoire à n’importe quel prix, aujourd’hui tu vas mourir, l’honneur ne tient plus dans ce combat, après tout, nous sommes plusieurs, toi aussi, non ? »

Une barrière de foudre se dressa autour d’Archinturcus.

« Je vois, mais bon. Il n’y a pas de limite à ma PUISSANCE !!! »

Il rugit et des éclairs foudroyant traversèrent la salle, puis des flammes jaillirent et de l’eau apparut. La terre trembla et le vent affûta les flammes, et fit des vagues à l’eau.

« Elémentaliste ? Il suffit de savoir s’y faire… »

L’eau se gela en parti.

« Le feu fait fondre la glace ! »

Il déferla un puissant vent qui fit courber les flammes sur la surface immobile et froide de l’eau.

« L’eau éteint le feu ! »

Il frappa de son Fendium l’eau qui éclaboussa les flammes.

« La terre absorbe l’eau ! »

Il projeta l’eau vers les colonnes de terre qui se dressaient dans la salle.

« La terre absorbe également la foudre ! »

Il utilisa la terre pour se protéger des éclairs.

« Le vent érode la terre ! »

Il amplifia le vent qui emporta les colonnes dans son souffle titanesque.

« Quant à la tempête… Elle revient à celui qui sème le vent ! »

Il se jeta sur le bouclier d’Archinturcus en même tout que toute l’équipe. La salle fut balayée d’ombre.

« A moi les démons ! »

7 démons sortirent du sol. Aussitôt, chaque membre de l’unité Alpha disparut.

« Qu’as-tu fais, monstre ? »

Il voulut frappe son ennemi, mais fut figé dans le temps.

« Faisons un pari. Si 4 de tes combattants reviennent, tu seras libéré. »

Il posa un sceau sur le sol.

« Tu es protégé de toute attaque. »

 

         Le maréchal était dans un cratère volcanique, sur une plateforme entourait d’un gouffre. En bas de celui-ci, des flammes cachaient le fond.

« Un gouffre. Hum, où mène-t-il ?

-Tu n’as pas à t’en occuper pour le moment. »

Un démon deux fois plus grand que lui faisait face au maréchal. Sa peau était rouge et il avait deux armes à doubles lames. Le maréchal regarda autour de lui et ne vit aucune issue.

« Comment sortir d’ici ?

-En me tuant.

-J’apprécie ta sincérité. »

Il se jeta sur son ennemi, il para les deux armes d’un coup, passa outre sa garde et planta son épée de le ventre du démon. L’être infernal ne cilla pas, il leva ses armes et les planta dans le dos du maréchal qui hurla d’une douleur étrange.

« Après ce combat, tu ne seras plus que l’ombre de toi-même. »

Il parvint à entaillé le bras du militaire avant qu’il ne reprenne sa garde. Malgré l’unique effort qu’il avait fournit et son endurance hors norme, le maréchal avait le souffle court.

« Tu as compris n’est-ce pas ?

-En vérité ? Non.

-Ton endurance ne te sauvera pas, ses armes s’attaquent directement à ton âme. Elle est forte, elle aussi, mais si tu meurs normalement, tu iras rejoindre la Lumière, alors que si ton âme meurt… Tu disparaîtras pour toujours et ton corps seras dominé par le premier nécromancien venu ! »

Le maréchal ne répondit pas, essoufflé. Il leva son épée qui lui parut d’un poids gigantesque.

« Magnifique chose qu’est l’espoir n’est-ce pas ?

-L’espoir n’est qu’une illusion… »

Jamais le maréchal n’avait prononcé ces mots jusqu’à maintenant.

« Ton âme est décidément trop faible.

-… Oui, l’espoir ne change rien si ce n’est qu’une chose… Il active la force qui est en chacun de nous… »

Il tomba à genou.

« Tu parles beaucoup, mais tu es déjà à moitié vaincu par un seul coup…

-… Cette force, celle de l’âme… C’est elle qui me permettra de te vaincre !! »

Il se releva, surprenant le démon, qui lui asséna un coup ascendant sur le torse et le visage.

« C’est force… C’est la volonté ! C’est cette force qui nous fait relever après chaque échec, c’est cette force qui est à la base de loyauté, de courage, d’héroïsme !! »

Il enchaîna de violents coups et le démon fut projeté au bord du gouffre.

« Tu surpasses ce que je pensais… Avoua le démon. Mais qu’importe… »

Il pointa son arme vers son propre cou.

« Je préfère mourir de ma main… »

Le maréchal hocha de la tête. Les veines du bras du démon ressortirent et il frappa l’homme de toute sa force.

« Tu es décidément trop stupide ! Tu n’aurais pas du avoir la VOLONTÉ de céder à ma dernière VOLONTÉ ! »

Le maréchal souffrait le martyr. Il sentait sa force intérieure défaillir. Il perdit toute envie de continuer de lutter. Il allait accepter son cruel destin quand il se souvient, au moment où le démon allait le tuer, d’un phrase qu’un jour, le Seigneur-Croc lui avait dit.

« Qu’est-ce qui fait de nous des héros ? La bonté n’a rien à voir là-dedans. Un héros, c’est celui qui n’hésite pas à se sacrifier pour les autres, et qui n’abandonne jamais, car aucune cause n’est perdue tant qu’un pauvre fou est là pour la défendre. »

Sans n’en avoir aucune envie, le maréchal se releva et tenta de transpercer le démon déstabilisé.

« Comment peux-tu tenir ? Toute ta volonté c’est effondré ! Tu ne devrais plus avoir envie de te battre !

-Volonté… Non, devoir ! »

Il pointa son arme vers son ennemi.

« Retourne d’où tu viens, démon !

-C’est toi qui va y aller ! Pauvre fou !

-Exactement, pauvre fou, c’est le terme exact. »

Il se jeta à corps perdu sur l’adversaire. Il prit pointa son épée vers l’avant et fonça droit devant. Il s’empala contre le démon, et lui transperça la gorge.

« Maintenant, je n’ai ni l’envie de continuer… Ni le devoir, car j’ai gagné… »

Il s’écroula, le sourire aux lèvres.

 

         Aoeste était dans un lieu similaire à celui du maréchal. Face à lui, une démone d’une beauté à couper le souffle.

« Ne crois pas que je serais indulgent envers une femme, ou une démone.

-Ne crois pas que mon sexe est un quelconque rapport avec ma force. »

Aoeste analysa la situation. Aucun moyen de partir. Il tuerait donc la démone, puis chercherait à sortir. Il la regarda. Mignone, de petite taille, pas un trait de cruauté sur le visage, la démone ne semblait pas hostile. Mais il la tuerait, impitoyablement. Pour vaincre Archinturcus, il ne fallait pas prendre le risque d’épargner quelqu’un.

« Qui que tu sois, je ne t’épargnerais pas. »

Il fonça sur elle, avec une rapidité extrême, il tourna sur lui-même pour éviter les épées de la démone et lui transperça la poitrine. Elle tomba à terre.

« Déjà ? »

La démone se releva sans trace de douleur, de colère ou de mécontentement sur le visage. Elle passa dans son dos avec une si grande vitesse qu’il ne la vit pas se déplacer.

« Comme l’homme est faible, il touche une fois sans mal, et ça y est, son ennemi est trop faible pour le vaincre ! »

Elle lui envoya une décharge de foudre noire, puis tenta de le trancher en deux, mais sa lame resta coincée dans les cotes de l’homme.

« Que les démones sont faibles, dès qu’elles sont dans le dos de leur ennemi, elles pensent avoir gagné ! »

Il maintint la lame dans la plaie et lui creva un œil.

« Loupé ! »

La démone recula, mais malgré son œil en moins, elle était toujours souriante et sa beauté semblait éclatait encore plus. Elle jeta son arme.

« Tu es le plus fort, ne me tues pas, je me rends. »

Elle mit les mains derrière la tête, puis s’agenouilla.

« Je ferais tout ce que tu veux. »

Aoeste réfléchit rapidement, puis se décida. Autant soutirer des informations.

« Comment on sort d’ici ?

-Tu ne veux pas me demander… Autre chose ?

-Je, beuh, hum, euh…

-Je vais prend soin de toi… »

Aoeste se laissa faire. Elle se raprochement sensuellement de lui. Soudain, l’image du Seigneur-Croc apparut devant lui, comme si sa conscience le rappeler à l’ordre. Il la décapita.

« Pour avoir soutenu Archinturcus, je te condamne à mort. Le Seigneur-Croc m’a démontré que ce genre d’activé n’avait jamais lieu d’être ailleurs que dans un abysse d’amour, et surement pas sur un champ de bataille.

 

         Sarasin était confronté, lui, à une démone qui n’était que beauté. Son magnifique visage illuminait la pièce morbide à lui tout seul tant il était beau.

« Si Archin t’as choisis en pensant que ta beauté m’empêcherais de frapper, il a eu tord.

-Rien à voir, il m’a pris pour ma force.

-C’est ça, et la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu !

-… Pardon ?

-Cherche pas. »

Il regarda la démone, ces dagues impliquaient un combat très rapproché, ce qui nécessitait une grande vitesse.

« Inutile d’attendre d’avantage. »

Il se jeta sur la démone, esquiva chacun de ses coups la blessa gravement à la gorge puis recula. Il jeta une bombe fumigène et déchira l’ombre qu’elle produisit. Il passa dans le dos de l’ennemi et trancha la colonne vertébrale.

« Trop faible ! »

Il la décapita.

« Ce n’est pas fini.

-Je me disais bien que c’était trop simple. »

La démone remit sa tête en place. Elle s’arracha la main droite et la remplaça par une seringue géante.

« C’est quoi ce machin ?

-Si je te touche avec, si je t’effleure seulement, tu es fini.

-Sympa ça. Ma dague aussi était empoisonnée. Pourquoi je tombe toujours sur des ennemis qui sont insensible au poison ? »

Il dégaina ses lames brûlantes. La démone pointa l’aiguille vers lui. Sarasin sembla se téléporter devant la démone.

« C’en est fini de toi. »

Elle ne put réagir à temps et fut tranchée. Elle se releva encore. Sarasin reprit ses assauts incessants. Elle ne parvenait pas à suivre ses mouvements. A terre pour la énième fois, elle se releva encore.

« Combien de temps cela devra-t-il durer ?

-J’en ai assez fait… »

Elle fondit sur lui et le transperça de son aiguille.

« Qu… Quoi ?

-Tu t’es monté à la tête, tu aurais du te douter que je ne dévoilais pas tout mon jeu. Bonne agonie. »

Elle s’assit. Sarasin était atterré de douleur. Du liquide verdâtre coulait de sa bouche.

« Tu vas payer ça… »

Il se releva avec vivacité. Il trancha la démone avec une telle célrité qu’il la réduisit à l’état de poudre de chair tant il allait vite. En fouillant à grand coups de lames, il parvint à trouver un joyau caché dans sa jambe. Il le brisa.

« Prévisible. »

Il s’effondra.

 

         Dimention faisait face, lui, à un nécromancien en robe noir. Chacun avait déjà invoqué une légion de démon et de morts-vivants. La terre était déjà ravagée par nombre de sort. Les deux mages noirs se tenaient face à face, immobile.

« Il sera dur de nous départager.

-Exact, je n’ai pas la prétention de vous écraser, mais je ferais tout pour vous vaincre.

-Pourquoi aidez-vous Archinturcus ?

-Hein ? Mais ce sont mes… »

Il encaissa un sort d’ombre.

« Lâche !

-Lâche ? Je suis un démoniste, pas un curé. T’es bien nécromancien. »

Il lança d’autres sorts qui s’entrechoquèrent avec ceux du nécromancien.

« Portail démoniaque !

-Armée des morts ! »

Ils invoquèrent tout deux des légions qui s’écrasèrent l’une sur l’autre. Ne pouvant se départager, ils continuèrent de lancer des sorts sans s’arrêter. Les sorts partaient les un après les autres. Les sorts noirs, rouges, bleus, violets étaient sans cesse incantés. Après avoir passé depuis longtemps le cap de l’épuisement, Dimention tomba à genou.

« Il est temps de sortir le grand jeu. Je ne voulais pas y recourir. »

Des runes violettes tournèrent autour de lui de plus en plus vite. Le nécromancien lança un sort qui s’écrasa sur un bouclier inexpliqué. Une lumière noire s’abattit sur le démoniste. Ses vêtements se déchirèrent de puissance.

« J’en appelle aux édificateurs des enfers !

-Les édificateurs des enfers ?

-Brillante civilisions qui n’a pas laisser d’écriture, mais de lourd flux astronomique. »

Une vive lumière le transperça de toute part alors qu’il était prit d’un rire de folie. La corruption coulait à plein flot dans ses veines. Que c’est bon d’être le démoniste le plus puissant du monde. Le nécromancien vit, l’espace d’un instant, un grand démon derrière Dimention.

« C’est… Le…

-Oui !! Hurla le démoniste, à moi mon SERVITEUR ! Maintenant viens, écoute bien son nom, il se nomme Sokatoah le répandeur de mort !! »

Le légendaire démon suprême sortit de son royaume qu’est l’enfer. Il rugit bestialement et frappa des poings sur le sol. Une vague de flamme réduisit le nécromancien à l’état de cendre.

« On raconte que Sokatoah a déjà rasé un pays d’un coup, avec ce sort ! Et ce pays, c’est Koljeizer. Voila pourquoi ses cotes sont si droites… »

Le démon disparut. Dimention s’assit pour reprendre son souffle.

« Je vais jamais m’en remettre. »

 

         Øxymor, lui, faisait face à un cavalier mort-vivant. Le duel de deux êtres sans vie. Sans chercher de réponse, Øxymor s’approcha du cavalier.

« Hors de mon chemin. »

Il donna un coup circulaire au cheval qui se cabra pour éviter.

« Malgré ton impolitesse, je vais me présenter, je suis le baron Vozpagn. J’ai ordre de te tuer. »

Il prit du recule et chargea le champion mort.

« Tu n’es rien face à moi !! »

Øxymor l’évita sans peine.

« Ce n’est pas parce que tu es baron que tu m’es supérieur.

-Tu n’es que poussière sous mes pieds. »

Il chargea de nouveau et Øxymor brisa la lance à main nue.

« Je suis peut-être pas l’assassin qui sait se fondre dans le décor, j’ai pas l’âme du mage qui étudie sans relâche, j’ai pas l’art du chaman qui sait voir les esprits, j’ai pas l’art du paladin qui a la foi dans son cœur, mais j’ai l’âme du héro qui est prêt à mourir pour les autres. Je suis le bourrin qui fera tout pour gagner. »

Le baron chargea de nouveau. Øxymor se baissa et trancha de cheval squelettique.

« Pour frapper le cavalier, tue d’abord la monture. C’est ton tour. »

Il para un coup, en esquiva un autre.

« Non ! Tu ne peux pas me battre ! Seul le Seigneur-Croc, Sarasin est Dimention le peuvent !

-J’ai le même niveau que Sarasin. Dimention, j’en sais trop rien. Mais Aoeste doit me valoir. »

Il décapita le baron.

« Tu devais être le plus faible… »

 

         Dernier combat. Dernière arène. L’ange envoyé par la Lumière contre un terrible cerbère.

« Peuh ! Fit-elle. C’est pas un clebs qui va me faire quelque chose ! Je suis une invocatrice ! »

Elle invoqua un élémentaire de terre qui fut broyé par la créature infernale.

« Quoi ? »

Le cerbère la mordit et lui arracha un bras. Désormais incapable de lancer un sort, le destin de l’ange était scellé.

« Sale bête ! Alors voyons cela.»

Le cerbère se jeta sur elle.

« Me faire battre si vite… »

 

         Le Seigneur-Croc était toujours immobilisé. Une lumière fit apparaître l’équipe de l’empereur.

« Voyons les scores, lança calmement Archinturcus. Aoeste a gagné, Sarasin a gagné, Aomushni a gagné, Øxymor a gagné, Dimention a gagné… Et l’autre élémentaliste a perdu. »

Il regarda le corps inerte de l’ange.

« Seigneur-Croc, vous avez gagné… Mais Dimention et Aomushni sont épuisé, quant à Sarasin, il est condamné. Et bien ? Faites quelque chose ! Ah oui, le sort ! »

Il dissipa le sort d’un geste de la main. L’empereur se précipita vers Sarasin et lorsqu’il arriva à sa hauteur, l’assassin lui mit un grand coup de pied et s’empara de ses lames jumelles du tonnerre.

« Sarasin qu’est-ce tu fous ?? »

Sarasin ne répondit pas, il disposa les cinq paires en pentacle et récita :

« Le vent souffle, le feu brûle… »

Il étouffa un gémissement de douleur.

« … La foudre électrise, l’eau mouille, la terre… »

Il récita d’autres incantations.

« Les cinq éléments forment l’arma… L’arma… »

Il s’effondra.

« L’arma…

-L’armaggedon ? »

A ses mots que l’empereur venait de prononcer, le pentacle s’illumina et tous les tomes magiques d’Archinturcus émirent un éclair qui frappa les armes. Les épées fondirent en une seule paire. La vie déserta le corps de l’assassin, qui mourut le sourire aux lèvres.

 

         Retour à Koljeizer, cathédrale d’Inquisatus. L’homme en question titubait dans les couloirs, en sueur. Il murmurait des prières et se dirigeait vers la sortie.

« Le mal… Est maintenant général… Majab ! Au secours ! »

Il continua de prier et prit la direction de Trachéom en marchant d’un pas lent, maladroit et mal assuré. Il coupa par la forêt touffue. Des arbres vieux et croulant lui barraient constamment la route, mais le temps pressait. A bout de souffle sans avoir fait pourtant le moindre effort, il s’agenouilla et pria. Puis il se releva et reprit son chemin. Lorsqu’il arriva sur la route, il marchait d’un pas sur inspirant la puissance et la force. Il croisa une patrouille de garde. Il cria :

« Archéom est libéré ! Allez prévenir le majab ! Vite !!! »

Il continua de marcher d’un pas vif. Un des soldats partit en courant pendant de l’autre restait immobile, perplexe. L’homme arriva à son niveau, posa violement sa main sur le visage du garde et un éclair d’ombre draina son âme en moins d’une seconde, un exploit que Dimention ne pouvait réaliser.

 

         L’homme se dirigea droit vers Trachéom. Il exterminait tout sur son passage. Il brûlait les plaines, incendiait les forêts, et tuer toutes formes de vie. Il arriva devant le château et les gardes s’effondrèrent. Il se dirigea vers la salle du trône en ligne droite, balaya les murs et menaçant de faire s’écrouler toutes la citadelle. Le majab arriva sur le champ.

« Garde, répétez ce qu’Inquisatus a dit exactement.

-Que… Que Archeom arrivait !

-Au mot près !

-Euh… « Archéom est libéré » ?

-Libéré ? Malheur ! Archeom n’est pas un ombremage, c’est une force de la nature ! Inquisatus lutte toujours, même quand Archéom a le dessus, et il limite grandement cette puissance. Si Archéom a un contrôle total, il passe carrément… »

Trachéom s’effondra dans une gigantesque explosion.

« … Aussi fort que moi ! 

-C’est une erreur de croire que je n’ai pas progressé, lança l’intéressé, Majab ! Aujourd’hui, je vous surpasse !

-Il faut lancer le maximum dès de début, que tout le monde évacue le pays tout entier ! »

Il commença sa métamorphose alors qu’Archéom regardait les soldats fuirent.

« Je ne vous laisserais pas partir ! »

D’un regard, ils s’effondrèrent. Kriss arriva.

« J’vais t’aider !

-Non… Kriss, va à ma chambre… Mon épée verte… »

Il fut coupé par sa métamorphose qui se finalisait. Il cria avec un dernier soupir d’humanité :

« Brise cette épée !! »

Il se jeta sur l’ombremage qui déchira le ciel d’un grand éclair noir semblable à une immense foudre. Le tonnerre balaya Kriss. Le combat faisait rage lorsqu’elle arriva à l’épée en question. Elle posa un genou à terre et tenta de la briser dessus.

« Saleté ! Casse-toi ! »

Elle entendit un hurlement de douleur animal. Elle força d’avantage et se brisa la rotule. Elle contint la douleur, et en utilisant la force de reflexe dégagée par la douleur, elle serra l’épée avec force dans ses mains qui s’ensanglantèrent et parvint à la fendre. Une tornade violette en sortit.

« Je suis libre ? »

L’homme apparu vit le combat titanesque.

« Pff… Pfffoua ha ha ha ha !! Libre, enfin !! Majab, je vous ferais tant souffrir que même les enfers auront pitié de vous ! »

Il reconnu Archéom.

« Hum, il va falloir le tuer, sinon la planète entière va y passer. Quel intérêt de détruire Ethariane ? Je vais tuer Archéom, puis le majab, lentement, très lentement… »

Il se joignit au combat. Kriss resta là où elle était. Dans un combat tel, elle gênerait ses partenaires, c’est tout. 2e puissance mondiale ou pas. Quant à fuir, le monde était condamné si le majab et l’homme perdait.

 

Le Seigneur-Croc regardez avec assurance Archinturcus. Les épées jumelles de l’Armageddon en main. Ses armes mythiques, légendaires, suprême !

« Ah ! Mais vous avez de bien belles armes Seigneur-Croc !

-Archinturcus, aujourd’hui, tu vas mourir !

-Et qui va me tuer ? V… »

Il s’interrompit.

« Un problème ?

-Oh non, trois boulets se chamaillent à Trachéom, non dans les ruines de Trachéom. Quoique, je parle un peu vite, y’en a un qui possède tellement de force que… C’est moins di dixième de son potentiel.

-Qui a détruit mon château ! S’indigna l’empereur.

-Archéom, libéré. Le majab et Netal.

-Je ne connais pas le dernier.

-Pour te donner une idée, faire appel à lui représente un crime contre l’humanité. Mais ils nous sont inférieurs. Enfin, vous restez à leur niveau pour le moment, mais il est temps de vous battre à votre maximum.

-Je donne tout, déjà. »

Archinturcus parut déçu.

« Vous n’imaginez pas le potentiel illimité dont vous disposez. La Lumière a envoyé trois personnes sur terre. En premier lieu, Netal. Il n’a pas rempli ses objectifs et la Lumière l’a abandonné. Puis elle a envoyé une femme. Dix ans plus tard, cette femme était une esclave.

-Stop ! Kiérol ?

-Oui. Alors elle vous a envoyé, vous. Il faut croire que vous avez satisfait ses objectifs. Comprenez : La Lumière est la clé du 5e sceau, mais ici, la Lumière n’a pas lieu d’être ! Ici, vous êtes inférieur au majab ! Et c’est une insulte.

-Le majab est la plus grande puissance planétaire. »

Archinturcus fut pris d’un fou rire hystérique.

« Le majab ! La première puissance mondiale, c’est moi. Puis Nétal, Archéom et l’autre abruti de majab. Vous, avec votre puissance actuelle, êtes loin derrière. Vous n’avez aucune chance de me vaincre ici !

-Je ne suis pas seul. »

Il désigna son équipe, le maréchal Aomushni, le généralissime Aoeste Okrepin, le champion Øxymor et le grand démoniste Dimention.

« L’espoir est une chose magnifique ! Aomushni tire sa force de sa grande expérience, j’ai l’expérience de centaines de vies !! Aoeste ? Ce gamin né dans la rue est fort car c’est un bâtard du majab ! Øxymor n’est plus qu’un cadavre exténuer qui est arrivé au bout de la puissance nécromantique qui lui permettait de tenir debout ! Quant à ce démoniste de pacotille, il est épuisé par son combat. Vous êtes seul ! »

La terre trembla et la forteresse se fendit. Tout tomba dans un vide inexpliqué. L’équipe de l’empereur rayonna et disparut. Un grand nuage de poussière s’éleva. Archinturcus flottait au dessus de cette fosse.

« C’était quoi ça ?

-Mon œuvre… »

Il vit un visage lumineux apparaître.

« Lumière… Vous aidez encore votre champion ?

-Non… Je le laisse faire… »

Elle disparut. Une ombre monta dans le ciel.

« Je t’ai manqué ? »

Le Seigneur-Croc chevauchait un magnifique pégase, jamais un artiste ne saurait en peindre un plus beau, jamais un homme pourrait en concevoir un plus pur.

« La bête de pureté, et l’homme incohérent qui joue les justiciers. Drôle d’équipe que vous avez là. »

L’empereur se mit debout sur l’animal et se jeta sur l’ombremage, lorsqu’il eut dépassé et qu’il commença à tomber, le pégase le rattrapa. La puissance ruisselait dans l’arme qu’il tenait.

« Vous n’utilisez pas l’arme donné par la Lumière, le Fendium ?

-La Lumière m’a donné ce pégase, les temps passés m’ont donné cette arme. Un bon équilibre. »

Il fondit sur l’ombremage qui déchaîna sa puissance. Les éléments, de la glace au feu en passant par la terre et le vent, l’ombre, l’arcane, chaque force qui régit le monde est appelée.

« Peuh ! Lança le Prophète-Roi, il manque la Lumière.

-Vous êtes risible ! »

L’homme s’enfonça dans ce tourbillon de surpuissance.

 

L’équipe de l’empereur tomba dans les ruines de Trachéom.

« Qu’est-ce qu’on fait là ? »

Ils virent Archéom, Netal et le majab livrer un combat titanesque. Ils brillèrent.

« Vous devez les aider…

-La Lumière… ? »

Ils se sentirent d’une grande force, ils foncèrent en user contre l’immense ombremage, qui avait tant gagné en taille qu’il était plus grand que Trachéom.

« Vous ?? Lança le majab furieux, foutez-moi le camp c’est pas pour les gamins !

-Salut papa ! Lança Aoeste, t’aurais put me le dire non ? »

Le majab ne cilla pas.

« Pourquoi m’avez-vous abandonné ?

-Tu es né dans la rue en prenant la vie de la femme qui aurait du être ta mère. Je te haïs, je te méprise ! Soit heureux de vivre encore ! »

Archéom lança un rayon dévastateur sur les héros.

« Mourrez tous dans les enfers !! »

Aoeste, choqué par les propos de son père, n’eut pas le reflexe d’éviter l’attaque.

« Aoeste est touché ! S’inquiéta le Maréchal. »

En effet le généralissime avait encaissé le rayon et gisait à moitié mort.

« Se faire sortir dès le début… Quelle honte. »

 

L’empereur restait imperturbable. Il était mutilé de toute part, mais restait immobile sur son pégase, l’épée pointée vers Archinturcus, indemne.

« Seigneur-Croc, la Lumière put agir, pourquoi ne vous libère-t-elle pas ? Elle vous a abandonné ! »

Il ne répondit pas. Il se jeta en avant de nouveau.

« Inutile. »

La tornade se déchaîna de nouveau. Cette fois, ni le Seigneur-Croc, ni le pégase, semblait avoir survécu.

« Enfin… Le dernier envoyé de la Lumière est vaincu !

-Je ne le serais jamais ! »

Il apparut derrière Archinturcus et le trancha en deux de l’épaule droite au rein gauche. Le demi-dieu se reconstitua.

« Vous m’avez enfin porté un coup ! Magnifique !! »

La blessure gangrena.

« Que ?

-J’y laisserais un bras. »

Un sceau y apparut et commença à le ronger.

« Technique interdite, frappe de la gangrène, j’avais promis à me père de ne pas y recourir, mais ça valait le coup. »

Son bras se détacha et tomba dans le vide.

« Je suis bien handicapé.

-Je suis indemne ! »

Archinturcus posa la main sur la blessure et dissipa le sort.

« Ce fut un grand sacrifice, grandement inutile !

-Ferme ta grande gueule ! »

Il tenta de la trancher de nouveau mais il avait perdu toute son agilité.

« Si la Lumière est un dieu bon, qu’elle te soigne ! Railla le demi-dieu.

-Je te tuerais qu… »

Un faisceau lumineux lui restaura le bras qu’il lui manquait.

« … Merci Archin ! »

Il lui fondit dessus à nouveau.

« Technique interdite, le marteau vulcain ! »

Archinturcus crut prendre un coup de marteau de plusieurs millions de mégatonnes, mais il se releva.

« Quelle force… Je vous ai sous-estimé !

-Technique interdite, la griffe draconienne ! »

Il trancha Archinturcus, une fois, mais des milliers d’entailles le déchirèrent. Il se reconstitua, à bout de souffle. Il jeta des éclairs noirs sur le guerrier qui se courba de douleur.

« A genou devant plus fort que toi ! Tu es paralysé !

-Frappe d’insoumission ! »

L’empereur concentra son handicap dans la pointe de son épée et relâcha ce fardeau  sur le mage ténébreux.

« Comment peux-tu me résister sans libérer le 5e sceau ??

-Qui te dis qu’il n’est pas libéré ? »

Il eut un rictus.

« Il est libéré depuis que ton château s’est effondré !

-Fourbe ! Tu m’as trompé !

-Je n’ai jamais prétendu de pas l’avoir détruit. Maintenant, admire ma puissance ! »

D’immense tornade, aussi grande que celle d’Archinturcus, se formèrent.

« C’est une bataille entre deux demi-dieux ! Une bataille entre un homme qui en plusieurs seul, et un homme à âme divine ! »

Archinturcus résorba ses sorts.

« Tu es le meilleur, je le crains.

-Tu n’es pas sérieux, ça se lis dans ton regard !

-Je vais… »

Sa peau devint grise, ses yeux complètement rouge, et il se désagrégea lentement.

« Je vais détruire cette planète, et j’irais ailleurs ! »

L’empereur sauta du pégase et se jeta sur lui.

« Je t’en empêcherais ! »

Les deux combattants disparurent.

 

Archéom gagnerais toujours en force. Il avait ravagé déjà plus de la moitié du pays. Le majab et Netal luttaient toujours en vain. Archéom concentra une immense boule noire dans le creux de ses mains.

« Je vais vous exterminer ! »

L’empereur apparut avec Archinturcus.

« Escé tu…

-Pas ce nom !

-Tu es à la place parfaite pour admire ce qui va suivre ! »

Archéom jeta sa sphère noire.

« Disparaissez tous !

-Tu gênes ! Rétorqua l’empereur. »

Il leva les bras :

« D’après toi, pourquoi ai-je accumulé, de jour en jour, les armes des villageois ? »

Toutes les armes volèrent vers l’ombremage.

« Chaque arme forgé contient une parcelle de l’âme de son créateur. Maintenant, meurs ! »

Les armes le traversèrent comme s’il n’était rien. Archéom s’effondra, définitivement éradiqué.

« Pardonne-moi, Inquisatus. »

Archinturcus balaya le corps de l’ombremage d’un grand sort de feu.

« Tu es finis Escé !

-Rah Archinturucs pas ce nom !

-Jupiter, la plus grosse planète du système solaire, va venir s’écraser ici !! »

Il disparut en poussière.

« Il est sérieux ?

-Seigneur ! Lança le Maréchal, Aoeste est gravement touché !

-Comment ?? »

Il courra au corps d’Aoeste.

« Hé généralissime ! Debout ! Me lâche pas Aoeste ! C’est pas juste ! T’aime ça la justice hein ? T’adore ça même ! Je vais faire justice ! T’inquiète pas !

-Quelle est… La différence entre un soldat et un meurtrier… Si ce n’est l’endroit où ils tuent ?

-Hein ? Qu’est-ce que tu racontes ?

-Quelle est la différence entre… Un assassin et héro… Si ce n’est ceux qu’ils combattent ?

-Je… Je ne sais pas.

-Alors vous ne pourrez différencier… Justice et vengeance… Vengez-moi. »

L’ange envoyé par la Lumière arriva.

« Il est mort ! Il faut aller de l’avant !

-Je sais mais… Rah ! Et la planète ? Vous étiez pas morte vous ?

-Il n’y a qu’un moyen de le savoir. »

Elle se mit le Fendium sous la gorge.

« Mais que faites-vous ?

-Le don de la Lumière… »

Elle se trancha la gorge et disparut, pour laisser place à Kiérol, sonnée.

« Kiérol ??

-Netal ??

-Vous vous connaissez ? »

Netal s’effondra.

« Tu étais morte ?

-Tu es vivant ? Répondit la femme.

-Touchantes retrouvailles. Kiérol je reste votre empereur, parlez-moi de Jupiter à l’heure qu’il est.

-Jupiter est une planète…

-Je veux sa position exacte. »

Elle fit apparaître une fenêtre magique comme un écran tactile.

« Elle se dirige vers Ethariane… A la vitesse de la lumière ?!

-L’énergie dégagée va dévaster la planète et le soleil aussi ! »

Netal leva la main et devint flou.

« Que fais-tu ?

-Je vais sacrifier 2 milliards d’âmes pour tenter d’arrêter cette planète !

-Mais c’est la quasi-population mondiale ! Si tu fais ça il n’y aura plus rien à sauver ! »

L’empereur le frappa mais passa au travers comme de la fumée.

« Arrête tu va détruire la planète à la place d’Archinturcus !

-Je vous sauverez vous… Et Kiérol. »

Kiérol se mit devant lui et écarta les bras.

« Je t’en supplie arrête ! Il y a forcément une autre solution !

-Il n’y en a pas ! »

L’empereur se tourna vers le ciel. Un point lumineux commençait à apparaître.

« Je vais tenter une dernière chose. »

Il se débarrassa de ses armes.

« Kiérol arrête-le !

-Il ne m’écoute pas !

-Si, toi il t’écoute ! »

Ses yeux se couvrirent de glyphes.

« Chaque parole le déstabilise. Je peux le lire dans ses pulsions. »

Kiérol regarda Netal qui faisait une grimace de colère.

« Je dois le faire pour sauver quelque chose !

-Je t’en supplie Netal ! Tu m’as soutenu toute ma vie ! Sans toi, je ne serais plus qu’un squelette jeté au fond de l’océan ! Je te demande une dernière chose ! Je t’en supplie ! »

Elle se mit à genou devant lui.

« Arrête, laisse l’homme que j’aime tenter sa chance. »

Il baissa lentement le bras, imperturbable, mais le Seigneur-Croc le voyait détruit par cette dernière phrase. Son âme venait d’être atteinte. Il ne chercha pas à comprendre.

« Kiérol… Lança le Prophète-Roi. Dites à ma femme et ma famille que je les aime. Vous aussi, je vous aime. Veillez sur eux, c’est la dernière chose que je vous demanderais, car je ne compte pas survivre. »

Il se concentra. La réalité semblait se distordre autour de lui. Il sentit une énergie sans limites l’envahir. Il sauta d’un bond dans cet océan de puissance. De la lumière à vous rendre aveugle illumina le ciel jusqu’aux planètes les plus proches. Il laissa cette force prendre le dessus. Il sentit son âme déchirée par cette puissance. Un rayon lumineux émana de lui. Il faisait exactement sa carrure de diamètre, mais à peine eut-il franchit l’atmosphère qu’il devint plus gros qu’Ethariane. Tel un barrage qui s’effondre sur la vallée, ce terrible rayonnement de puissance s’abattit sur Jupiter.

 

La planète ne céda pas, toujours aussi rapide. La puissance d’un homme était comparée à la puissance inimaginable d’une géante gazeuse qui file aussi vite que la lumière. Jupiter avait perdu la totalité de son atmosphère et commençait à se désagréger. L’empereur ne renonça pas. Comme des millions d’épées, des déferlement de puissance firent exploser sa face avant du corps, doublant la force monstrueuse de ce rayon. L’âme de Seigneur-Croc commença à vaciller, mais tint bon. Oui, cette âme n’était pas humaine, elle était divine. Et c’est cette divinité qui explosait de toute sa force pour sauver une misérable planète, perdue dans le cosmos.

 

Ici les règles ont changé. Le Seigneur-Croc ne savait pas utiliser cette puissance. Il tomba à genou. Il crut qu’il avait tout donné. La puissance du rayon diminuait sans cesse. Il avait perdu. Jupiter se rapprochait encore. Tout était fini. Soudain, il se souvint d’un jour, où son père biologique lui avait parlé. Il se souvint des paroles. Il venait de vaincre quelqu’un au combat et l’avait blessé. Il se souvint : « Un jour, tu verras. La noblesse au cœur d’un combat. Un jour enfin du comprendra les forces qui sommeillent en toi. Ce jour, alors tu verras. Ce jour est une évidence, sans peur, et sans regret. Le combat n’est pas la guerre, bien plus humain que ça. Va plus loin, plus haut, soit plus fort. Le combat peut desserrer tout les étaux. »

 

Une vague de puissance raviva le rayon. Le Seigneur-Croc se releva. Il continua de penser à ce que son père avait dit sur le combat. Mais peu à peu, ses pensées se déportèrent sur la guerre, ce qui l’amena à méditer sur le vice des hommes. « A quoi bon ? » Se dit-il. « Pourquoi sauver ceux qui s’entretue ? » Le rayon relâcha sa puissance de façon dramatique. Il céda. Le rayon disparut presque. Crystal paniqua. Elle s’approcha du rayon et Netal l’en empêcha.

« N’y va pas ! Cette puissance te déchirerait ! »

Sans l’écouter, Crystal s’approcha de son mari. Les vents cinglant lui lacérèrent la peau et les cheveux. Ses vêtements cédèrent et la puissance la priva de ses yeux. Elle ne put parler tant la douleur l’étouffait. Un rayon lumineux descendit sur elle. Tel son mari, des glyphes apparurent sur ses yeux reconstitués. Elle perça l’âme de l’empereur et comprit.

« Escé !!! »

Il se retourna vers elle.

« N’abandonne pas ! Tu peux le faire !

-A quoi bon ?

-Cesse de te poser des questions ! Si le doute s’empare de toi… »

L’empereur la regarda avec faiblesse.

« … A force de lutter ici-bas… Je serais le souffle de ta voix !

-Trop souvent j’ai vu mon destin s’échapper, ramené sur le droit chemin par la Lumière. Je ne suis qu’un outil. Tout cela est vain… Le ciel se voile. Mon cœur n’est qu’une pierre de charbon consumée.

-Il y a toujours une force, une voix, qui résonne les jours où tu n’as plus d’espoir. N’ais pas peur… Laissez les milliers d’étoiles en toi exploser !

-Tant de fois j’ai tenté de changer. A me détruire, pour qu’une main se tende. Mais personne ne m’a entendu. »

Crystal plonger sa main dans le rayon, sans être blessée.

« Je ne compte pas ? Il y a toujours une histoire qui commence. Un nouveau départ t’attend comme une évidence ! Il y a toujours un espoir. On ne peut pas te prendre ton droit d’exister. Va plus haut. Laisse la flamme dans tes yeux s’envoler.

-Qu’y trouverais-je ?

-Je ne sais pas. Je suis déjà ici, en bas. Que demandes-tu de plus ? Laisse l’espoir te guider. Laisse mes mots t’emporter. »

Elle murmura simplement :

« Je t’aime ».

Le rayon prit une envergure démentielle. Crystal recula. La faiblesse mentale du Seigneur-Croc venait d’être éradiquée.

 

Chaque personne le savait, instinctivement, toute vie dépendait d’un seul homme. Une vaste explosion émana de l’empereur qui réussit à la canaliser dans son ultime attaque. La planète se brisa. Mais ce n’était pas fini. Les immense débris continuaient leur course folle.

 

         A coté de ce rayon. Un immense démon sortit de terre.

« Archinturcus m’a donné pour mission… De tuer le Seigneur-Croc. »

Le majab se jeta sur lui mais fut repoussé par une barrière invisible.

« Kiérol… Commença Netal. Il faut des envoyés de la Lumière. Montre-moi tes progrès. »

Kiérol leva les mains.

« Donne-moi trente secondes. »

Netal concentra sa propre âme dans sa main.

« Je n’ai jamais vu de démon si fort. J’espère pouvoir compter sur toi.

-Tu peux. »

Les nuages se rassemblaient autour d’eux. Netal se jeta sur le monstre immense et perfora sa peau en faisant tourbillonner son sort. Il fut éjecté d’un geste. Le démon l’écrasa. Une aura bleu émana de l’homme qui souleva la patte de démon et le renversa. Le démon le désigna du doigt et de nombreuse épine le transpercèrent de toutes parts. Il ne céda pas.

« Kiérol c’est bientôt fini ?

-Non… »

Il se rapprocha d’elle par mesure de sécurité, mais ce fut une erreur. Kiérol était concentrée sur son sort. Le démon les désigna encore du doigt et des épines fondirent dans leur direction. Si Netal s’écartait, Kiérol serait tuée. Mais les encaisser était déjà difficile, tous les bloquer… Il écarta les bras et un bouclier bleu azur arrêta les pointes.

« C’était quoi ? S’inquiéta Kiérol.

-Mon… Âme… »

Il s’effondra. Le démon sourit et commença à courir vers Kiérol.

« c’est pas fini… Murmura-t-elle.

-Magne alors ! »

Netal se releva et bloqua la charge du monstre avec la sienne.

« C’est prêt ! »

Les nuages de toute la planète étaient réunis au dessus d’eux.

« Des nuages ? C’est tout ? S’emporta Netal. Un élément sur cinq ! Je n’aurais jamais dut te faire confiance !

-Sur quoi tu marches ?

-Hein ? La terre ? »

Les nuages noirs firent s’abattre la foudre sur les environs, enflammant tout sur son passage. Un vent tonitruant, comme une tornade, soufflait sur le monstre.

« Tu n’en vois qu’un ? J’en vois cinq ! »

Les nuages foudroyèrent le monstre, puis une pluie, comme un déluge, comme un enfer d’eau, noyèrent le monstre. La terre s’ouvrit en grand pour faire tomber le monstre tailladé par le vent tranchant. Le feu se jeta sur ses yeux comme s’il possédait une volonté. Aveugle, le démon bascula dans la crevasse, poussé par l’eau et le vent. La foudre tomba une dernière fois dans l’eau, mais plus puissante que tout ce qu’elle avait fait, et le monstre tomba pour de bon. La terre se referma sur le monstre dans un gémissement d’agonie. L& crevasse se referma. Les éléments se calmèrent. Kiérol s’effondra, exténuée.

« Tu as bien travaillé. Commenta Netal.

-Merci… »

Des épées tranchantes sortirent de la terre et tentèrent de rouvrirent la crevasse.

« C’est quoi ce bruit ? Demanda la femme à terre.

-Ce n’est rien. »

Netal se jeta dans la crevasse. Un tourbillon bleu apparut dans le ciel.

« Mon âme… Pour le dieu de la mort… »

Un faucheur, gigantesque, apparut dans le ciel. Il abattit sa faux sur Netal et le monstre.

« J’espère qu’il était… Assez… Affaiblit… »

 

 

A travers ce rayon lumineux, deux être étaient comme en connexion. Archinturcus, et le Seigneur-Croc.

« Seigneur-Croc, pourquoi défendez-vous cette planète ? Tous vous craindront après ça ! Tous vous regarderont en monstre ! Ils ne le méritent pas ! C’est une erreur de faire ça !

-Cette erreur porte un nom : L’humanité. »

Le rayon implosa, des millions d’étoiles filantes filèrent à travers le ciel sur chaque débris qui se brisait en plus de débris plus petit. Comme si les éléments lui étaient favorables, un fort vent cosmique soufflait sur les débris qui passaient à coté d’Ethariane pour les plus petits. Le rayon s’éteignit. Les débris passèrent à coté, lentement, en direction du soleil. Victoire.

 

Sur Ethariane il n’y avait plus personne pour triompher. Le Seigneur-Croc avait disparu. Les autres personnes étaient tétanisées.

« Il a réussi. »

Un visage se dessina sur le ciel bleu pour tout le monde, le miracle était à la vu de tous. Il fit un signe de tête affirmatif. Mais personne ne vit le Seigneur-Croc. Personne ne savait où il était.

« Il est mort… Commença Crystal.

-Je le crains. Répondit le majab. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Finalité

 

Le Fendium avait été retrouvé. Dernier vestige du Seigneur-Croc. Sa mort et son héroïsme furent annoncés dans tous les pays. Chaque personne, évêque, prêtre, citoyen, brigand, détenu, quel qu’elle soit, elle pria la Lumière et l’âme du Seigneur-Croc.

 

Sur un tombeau vide, la cérémonie avait lieu. Des millions de personnes l’entouraient. Le majab, sur son estrade habituelle, faisait un discours interminable.

« … Ici repose donc le dernier vestige du Seigneur-Croc, le Fendium, don de la Lumière. Le Seigneur-Croc, alias Sézirien, Escé, et Prophète-Roi, empereur de Koljeizer, a vaincu le mal suprême… »

Le discours dont tout le monde se fichait continuait encore. Tous étaient là en symbole. Le majab n’était qu’un crétin arrogant qui pensait que son hommage avait plus de valeur que les autres.

 

Sur le tombeau, agenouillé dessus, Crystal pleurait toutes les larmes de son corps. Kiérol, la mine basse, regardait tristement le tombeau. Des larmes coulaient sur ses joues. Emeraude ne tenait plus sur ses pieds, elle tremblait de tristesse. Rubis gardait un être neutre, mais il était déchiré. Améthyste pleurait également, accoudée sur un ornement du tombeau. Øxymor s’était effondré à la nouvelle. Il n’avait selon lui plus de raison de restait en ce monde. Dimention n’était pas présent, il cherchait sans cesse ce qu’était devenu l’âme du Seigneur-Croc. Inquisatus, mort en même temps que le maléfique Archéom, manquait à la cérémonie. Le guilde de Lumière en personne, autorité suprême des croyants de la Lumière, ne valait pas un vieil ami du Seigneur-Croc.

 

Malgré ça, le sentiment général n’était pas la tristesse, mais la joie, et la reconnaissance. Le Seigneur-Croc avait sauvé sa planète, seul. Il avait écrasé Archéom, il avait repoussé les aliens, il avait tout fait. A l’heure qu’il était, des livres d’histoires étaient renouvelé, pour y intégré un long chapitre « Seigneur-Croc, le rédempteur ». Pourtant il ne l’était pas, il ne l’avait jamais était. Il n’était qu’un empereur cruel et incohérent, qui avait choisit son destin.

 

Les glorieuses funérailles touchaient à leur fin. Des milliers de richesse, joyaux, or, métaux précieux, tous les objets riches auquel le Seigneur-Croc n’avait jamais prêté attention, était déposé sur le tombeau. Le discours se termina enfin :

« … gloire au Seigneur-Croc, qui a gagné l’ultime guerre en mourant pour son pays et s… »

Le Fendium fendit l’air au dessus de l’assemblé et fut arrêté net par le majab.

« Qui ose m’interrompre ? Qui ose dérober le plus grand vestige du Seigneur-Croc ? Qui que ce soit, il va mourir !

-Personne n’a gagné de guerre en mourant pour son pays, mais en s’assurant que ceux d’en face meurent pour le leur. Maintenant rendez-moi le dernier vestige de moi-même, j’y tiens. »

Le Seigneur-Croc bondit et atterrit sur l’estrade.

« Je suis de retour, d’ailleurs je ne suis jamais parti. »

La foule retint son souffle. Le majab décrocha sa médaille qui lui accotait son statut.

« Moi, Drondus Okrepin, je vous offre le titre de major absolu, vous êtes le majab. »

L’empereur gifla la main du majab pour lui faire perdre la médaille, puis la piétina d’un coup ferme.

« On a des compte à régler. »

Il saisit de majab de toute sa force et l’étrangla.

« Arg… Pourquoi ?

-Vous avez tué Kiérol, vous allez mourir ! »

Le majab entama sa métamorphose, le monarque attendit patiemment la fin.

« Que tous le sache, cet homme est un monstre pire que moi.

-Vous vous êtes épuisé il y a moins d’une journée, vous êtes à mon niveau !

-Je ne suis pas la rétribution, ni la rédemption. Peu m’importe les bénédictions, mes coups partent plus vite que le son. Plus solide que l’acier, maître affirmé de la destruction, aucune faiblesse dans ma protection. Je suis l’envoyé de la Lumière. Je suis au summum de la perfection. Vous êtes loin de moi. »

La bête voulut, dans toute son hostilité bestiale, se jeter à la gorge de l’empereur, et il fut mit en morceaux.

« C’en est fini de vous. »

Il se tourna vers la foule.

« Vous en faites une tête. On dirait que vous avez vu un fantôme ! »

Des hurlements d’acclamation rugirent à travers tout le pays, et bientôt toute la planète.

« Lumière, j’ai droit à un cadeau non ? »

Une vive lumière apparut.

« Sézirien, Escé, Seigneur-Croc et Prophète-Roi. Appelé pour sauver le monde ; tu as accomplit ta tâche… Que désires-tu ?

-Aoeste, Sarasin, Oxyor et Inquisatus ramène-les à la vie.

-Ce sera fait.

-… Netal aussi.

-C’est impossible… Il a sacrifié son âme pour te donner la victoire. Il n’est plus sur terre, ni au ciel, ni en enfer… Il n’existe tout simplement plus. »

Kiérol s’effondra en sanglots.

« Nous n’oublierons jamais son sacrifice.

-Si… répondit la Lumière. Son art ne doit jamais être appris par un autre. Il faut qu’on l’oublie… »

La lumière disparut, laissant place aux ressuscités. Sarasin s’approcha de l’empereur et dit :

« File-moi les épées jumelles de l’Armageddon. »

La dispute commença directement. Derrière un arbre, à plusieurs kilomètres, une silhouette :

« Oui, vous devez m’oublier. »

2 réactions sur “VII – Le monde est condamné”

  • Par exemple, les grands magasins de musique tels que iTunes ne sont pas disponibles en Asie et aux États-Unis réseaux de télévision qui permettent aux téléspectateurs voir les programmes sur leur site internet ne font pas de tels programmes offerts aux téléspectateurs en dehors des États-Unis. Il s’agit, même si les gens sont prêts à payer pour télécharger ou voir le contenu .. N’est-ce pas une boutique en ligne ou un canal où le contenu est légitimement distribués dans le monde possible?. Si le gouvernement est responsable de restreindre la distribution, dont le gouvernement est-il question? Le gouvernement du pays dans lequel le contenu est produit ou le gouvernement du pays dans lequel le contenu doit être importé?.

    • Dahns dit :

      Woh woh woh, de quoi tu parles d’iTunes ? Je bosse pas avec eux, je bosse avec personne. Ce livre, c’est moi qui l’ai écrit, j’en fais ce que je veux. Les problématiques économiques, c’est un casse-tête pour les politiciens, pas pour les écrivains (surtout amateurs)

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