Seigneur-Croc



VIII – La fureur divine
25 août 2011

Je n’ai pas pu résister à l’envie d’écrire une suite, c’était trop tendant. Et l’inspiration ne manquait pas. Les idées se bousculant au portillon, elle fut rédigée. Et elle est largement la meilleure écrite à ce jour. Vous allez me dire ‘Mais t’as que des bonnes histoires ?!’, d’accord je dis ça à chaque fois mais là c’est vrai. C’st ma référence question qualité. Peut-être que ‘Le lourd passé du Seigneur-Croc’ la frôle, mais la meilleure, c’est elle. Excellente lecture, j’espère que vous apprécierez.

 

 

VIII Le Seigneur-Croc et la fureur divine

 

Aventurier formidable, guerrier redoutable, d’une puissance colossale, d’une ambition sidérale,  personne impériale, d’une curiosité insaisissable, le bien et le mal. Le Seigneur-Croc regroupe tout ceci.  Sur toute Ethariane, dans tous les pays, qu’importe la nation, on vénère le Seigneur-Croc.  Et des dieux aux hommes, on le connait. Dans sa forteresse Trachéom, dans son pays Koljeizer. Armé du Fendium, arme donnée par la Lumière. Toujours à combattre, c’est sa nature. Irréprochable sur les champs de bataille, l’étant infiniment en société. Aimé et aimant. Ayant défait le maléfique Archinturcus, le monde est maintenant en paix. Sous sa tutelle, il pourrait devenir parfait. Impitoyable et terrifiant, le sauveur du monde. Pour sa planète et sa famille, il est prêt à recommencer. Mais maintenant, avec sa surpuissance sans égale, il devra faire face aux plus grandes forces existantes. Mais qu’importe sa force, il demeure humain…

 

Un silence oppressant régnait dans le château. Dans ce dédale de couloir calme et angoissant, un soldat marcher à la recherche de son empereur. Il ne l’avait pas trouvé dans sa chambre, ni dans la salle de trône ou de stratégie devenue inutile depuis longtemps. Résigné, il tourna à un angle et glissa sur de l’eau qu’un vase avait rependu en tombant pour une raison ou une autre. Il soupira, posa son hallebarde contre le mur et ouvrit le placard. Il entendit un sanglot, faible, presque inaudible. Il entra dans la pièce où trônait une étagère qui en cachait la moitié. Il regarda derrière et vit son empereur agenouillé, recroquevillé sur lui-même.

« Seigneur-Croc ? Vous pleurez ? »

Le guerrier disparut de sa vue en une fraction de seconde, passant derrière lui et pointant son Fendium sous sa gorge.

« Je n’étais pas ici, tu ne m’as jamais vu, et je n’ai jamais pleuré, suis-je clair ?

-O… Oui…

-Si cela se sait, je te tuerais. »

Il rejeta avec force le soldat en dehors de la pièce qui se releva en titubant d’effroi et repartit. Dans sa pièce sombre, seul, le Seigneur-Croc murmura :

« L’empereur ne doit pas pleurer. »

Ses sanglots résonnèrent dans la salle, comme un écho qui vous rappelle votre propre peine. Il regarda ses bras surpuissant, et son arme divine posée à coté de lui, puis pleura encore. Il s’étonna de ne pas voir ce mêle-tout de Sarasin. Il s’affligeait cette affliction depuis déjà plusieurs heures. Il se perdait dans les profondeurs insondables du chagrin et du désespoir quand une voix l’interpella :

« Seigneur-Croc ? »

C’était l’amirale Kiérol. Elle se tenait à la distance raisonnable de trois mètres de l’empereur.

« Partez. Ordonna l’homme.

-Sûrement pas ! »

L’empereur jeta son Fendium à coté de la tête de la femme pour tenter de l’effrayer.

« Vous êtes désarmé. »

L’amirale s’approcha de l’homme en larmes et s’accroupit à sa hauteur.

« Qu’est-ce qui ne va pas ?

-Ri… Rien.

-Ah ? Vous pleurez pour rien ?

-Foutez le camp, ou j’vous coupe en deux !!

-Au péril de ma vie, je resterais à vos cotés.

-Je ne veux pas.

-Je ne suis pas là pour vous donner ce que vous voulez, mais ce dont vous avez besoin.

-Vous ne comprenez pas ce que je ressens, cette sorte de… de…

-Vous ne comprenez pas non plus visiblement.

-Fichez le camp…

-Parfois quand j’ai de la peine, vous venez, et j’ai beau vous dire de partir, vous menacer… Vous restez. Même si je n’ai pas votre force, je resterais.

-La différence c’est que vous n’avez pas la force de m’expulser de votre chambre, et que j’ai le pouvoir de vous expulser de ce système solaire !

-La ferveur de l’amitié ne se mesure pas en puissance.

-M… Merci… »

Il se réfugia dans les bras de la femme.

« Qu’avez-vous ? Finit-elle par demander.

-Ce… Parfois ça arrive, je craque… La dernière fois, c’était après la guerre de l’outre-chaos… Vous savez, je porte un masque de neutralité, je ne laisse pas paraître mes sentiments… Sauf la colère…

-Oui…

-Parfois… Il cède un peu, alors je pleure… Vous savez, j’ai l’air d’un monstre, mais je regrette mes actes. C’est la… Troisième ou quatrième fois que ça m’arrive.

-Et que faites-vous en général ?

-Ce torrent de chagrin, cet océan de tristesse, ce flot de regrets…

-Arrêtez vos synonymes, vous me donnez envie de pleurer également.

-Pardonnez-moi… Ce… C’est Crystal qui le contient.

-Elle n’est pas là…

-Oui… C’est pour ça que je me suis isolé.

-Ne retenez pas vos larmes devant moi. Pleurez, vous irez mieux.

-Non… Je dois le contenir, je peux le faire.

-Vous craignez que vos hommes prennent ceci pour une marque de faiblesse, hein ?

-C’est cela.

-Moi, je ne trouve pas que c’est une marque de faiblesse… De votre part, c’est une marque d’humanité ! »

L’empereur vacilla un instant, puis s’effondra en larmes sur Kiérol, inondant sa chemise de larmes. La femme passa sa main dans les cheveux longs de son empereur.

« Kiérol… Parvint à dire le Seigneur-Croc entre deux sanglots. Ca va durer plusieurs jours vous savez. Si vous n’avez pas la patience de contenir mes larmes pendant tout ce temps, vous êtes libre de partir…

-Dans cette position, j’ai des crampes dans les jambes et des fourmis dans les bras, mais je supporterais tout pour rester auprès de vous.

-J’en suis navré…

-On… On devrait partir… »

Il s’effondra de nouveau en sanglot.

« Le masque est tombé…

-Et alors ?

-En quelques instants, vous pourrez voir sur mon visage plus d’émotion que je n’en laisse paraître en une journée. Largement plus. Et elles sont bien plus profondes… Mes larmes sont rares, vous savez, mais elles existent, personnes ne le sait à part Crystal et vous. »

Kiérol soupira, puis prit une grande respiration.

« Allons ailleurs.

-Pourquoi…

-On sera plus à l’aise.

-Mais où ? »

Elle tenta de soulever l’empereur sans y parvenir. Alors l’homme se leva à contrecœur.

« Qu’est-ce qu’une femme mariée a de plus large qu’une femme célibataire ?

-Cet aspect de la vie ne me réconfortera pas. »

Kiérol poussa un léger rire de triomphe.

« J’ai réussi à vous piéger ! La réponse était le lit. On va se coucher.

-Pourquoi…

-Mais mince à la fin ! »

Elle tira son empereur dans la pièce qu’elle avait désignée et le poussa d’un puissant sort sur le lit, puis s’allongea à coté de lui.

« Essayez de dormir.

-Plus qu’inutile, dans cet état mentale de désespoir, le sommeil n’est pas mon allié.

-Arrêtez de sortir des phrases à rallonge ! Répondit l’amirale avec un sourire angélique, vous allez vous décrocher la mâchoire ! »

L’empereur refondit en larmes.

« Kiérol, vous êtes admirable. Si seulement j’avais votre force.

-Ma… Ma force ? Vous ? Vous êtes de loin d’une plus grande force mentale.

-Avant qu’on rase mon village, j’étais gentil, affectif, pacifique. Après, je suis devenu noir. Dans l’infinité des ténèbres, je suis devenu le Seigneur-Croc dans une mer de sang et un abîme de mort. Pourtant comparé à vous, ma vie est un Eden. Vous avez eu un passé tellement lourd, et pourtant vous êtes si souriante, si enthousiaste ! Vous êtes digne d’admiration, ça oui. Vous êtes forte.

-Prenez ce que vous voulez… Mon cœur, vous l’avez… Prenez mes bras… »

Elle l’enlaça.

« Mes épaules… »

Elle mit la tête du Seigneur-Croc sur son épaule qui se mouilla de larmes lorsque l’empereur demanda en sanglot :

« Comment faites-vous…

-Inutile de comparer. »

Elle posa la tête de l’homme sur sa poitrine.

« Calmez-vous.

-Je vous avez dit que ça serait long. Je vais expier toutes mes erreurs et mes péchés dans la repentance. Les obscures profondeurs insondables du chagrin dans lesquels je suis plongé font naître en moi en terreur animale…

-Vous allez vous mordre la langue !

-Tuez un homme, vous serez un assassin, tuez en des milliers, vous serez un héro… J’en ai tué de millions, je suis quoi au juste ? Un dieu ? Pourquoi tout me semble si noir ?

-Taisez-vous… Dites-moi ce que vous ferez plaisir.

-Vous embrasser, vous enlacer de toutes mes forces… Mais je résisterais à la tentation.

-Le seul moyen de se débarrasser de la tentation, c’est d’y céder. Vous me faites souffrir à vous obstiner à porter une croix dont vous n’êtes pas responsable.

-On oublie le mal qu’on a souffert, jamais celui que l’ont fait.

-Il n’est pas bon d’être malheureux, mais bon de l’avoir été. Maintenant, calmez-vous… »

Elle le serra avec force. A ce moment, Crystal entra.

« Quoi ? Lui demanda l’empereur, tu m’as déjà surpris à faire pire que ça, non ? Le monstre aux yeux vert est mort… Déjà de retour ?

-C’est bien ce que je pensais, c’est Kiérol qui va contenir ta peine. Puis-je vous parler ?

-Moi ? Demanda l’amirale.

-Qui d’autre je vouvoie ? »

La femme se leva et vint à sa rencontre.

« Kiérol, comment estimez-vous la situation de mon mari ?

-Comme une dépression. Tout le monde y est vulnérable, c’est…

-Faux. Erreur sur toute la ligne. Il n’est ni déprimé, ni dans l’affliction comme il le dit. Il est dans un état de détresse absolue. Je compte sur vous. Aidez-le. Sans vous, il mourra de chagrin, suis-je clair sur ce point ? Il peut mourir ! Je mets entre vos mains la vie de l’homme que j’aime, et que vous aimez. S’il ne survit, car il est bien question de survie… S’il ne survit pas… Je ne vous le pardonnerais jamais !

-… Oui, oui bien sur.

-Inutile de vous l’ordonnez, vous le voulez autant que moi. »

Crystal partit sans un mot de plus. Kiérol alla se recoucher alors que le Seigneur-Croc s’enfonçait dans un abysse de chagrin sans fond. Elle s’allongea à coté de lui. Après plus d’une journée de larmes impériales, le sommeil finit par vaincre Kiérol.

 

Lorsqu’elle se réveilla, elle écarta les bras sans trouver quiconque à ses cotés. Elle soupira en regardant la place vide à coté d’elle.

« Je savais que quand j’ouvrirais les yeux, vous ne seriez plus là… »

Elle voulut se lever, mais une force la bloqua sur sa position horizontale.

« Nan j’veux rester couché… »

C’était le Seigneur-Croc, qui dormait la tête dans sa poitrine. Il demanda :

« Peut-être que cette position pour dormir vous dérange ?

-Euh… Non, mais… Vous ne pleurez plus ?

-Non, c’est passé. D’ailleurs à mon regard neutre et à mes phrases banales sans vocabulaire soutenu, on voit que le masque est remis.

-Je… »

Il embrassa la femme.

« Merci d’avoir été là.

-De… De rien. Fait-elle émue.

-Je vous suis infiniment reconnaissant. »

Il se leva à peine avant de se  recoucher sur la femme.

« Fatigué…

-Alors dormez.

-Quelle logique à toutes épreuves ! »

Il ne put sombrer dans le sommeil. Il attendit, mais rien à faire. Il sentait une impression déjà ressentie, mais pas avec Kiérol, avec sa femme. Malgré ses connaissances anatomiques et son caractère philosophique allant à l’encontre de toute morale, il ne put comprendre tout de suite. Il imagina ce que signifiait cette sensation, mais sans résultat. Il tenta de le calculer par des opérations incompréhensives, il procéda par élimination, tenta de le déduire comme un enquêteur, mais rien à faire. Il ne comprenait bêtement pas ce qu’il ressentait. Tentant vainement le qualifier, de quantifier et de justifier cet impression, il en oublia Kiérol qui regardait son visage marqué par la réflexion avec un air béta.

« Vous vous sentez bien ?

-Hein ?

-Vous me décevez, vous m’outragez même ! Vous êtes dans mon lit, dans mes bras, mais vous vous occupez encore de stratégies de guerre.

-Mais pas du tout !

-Cette tronche, vous la tirez devant vos cartes militaires. Toujours à penser au combat, vous êtes un guerrier, mais quand même !

-Aussi insolite que ça puisse vous paraître, je ne pense pas à la guerre.

-Insolite, c’est peu dire…

-Dans votre esprit, je ne pense qu’à la guerre ?

-Bah oui ! Rugit la femme, vous pensez toujours à vous mettre sur la gueule avec n’importe qui, vous pensez à la guerre, vous pensez à la baston, vous pensez à la guéguerre, vous pensez aux armes et vous pensez au sang ! »

Kiérol reprit son souffle.

« Et pour finir vous penser à trancher la chair et broyer les os à longueur de journée !

-C’est mal me connaître.

-Vous pensez tellement à la guerre que vous êtes armés, alors que vous êtes venu ici pour pleurer.

-Armé ? Mais non ! Mon Fendium est planté dans le mur du placard, d’ailleurs faut que j’aille le chercher, et Sarasin m’a encore piqué mes lames jumelles de l’Armageddon, cet enfoiré. Je suis désarmé ! D’ailleurs je ne supporte pas de l’être.

-Et c’est quoi cette barre de métal dans le lit ? C’est mon poignard ? »

Le Seigneur-Croc se concentra et la barre disparut.

« Il s’est passé quoi ? Demanda la femme partagée entre la colère et la curiosité.

-J’ai prit consciemment le contrôle de ma circulation sanguine… De façon à réorienté le sang ailleurs.

-Ailleurs que où ?

-Réfléchissez…

-Bon alors, c’est dur comme du métal quand c’est plein de sang, et quand y’en a pas… »

Kiérol rougit soudainement.

« Visiblement, vous avez compris. Commenta l’empereur en replongeant dans ses pensées mathématiques dont il venait d’élucider le mystère mais qu’il tentait stupidement de justifier et de quantifier.

-Vous… »

Elle laissa couler quelques larmes.

« C’était pas moi qui pleurait à la base ?

-Non, c’est la joie…

-La joie ?

-Je suis contente de savoir… Que je vous attire.

-Stop, je vous arrête. Je suis au regret de vous informer que, dans le but d’entretenir les vaisseaux sanguins…

-Je sais tout ça. Et ce n’est pas ça.

-… Je suis percé à jour.

-Vous voulez…

-Non. Je ne me sens pas prêt… Pas encore… »

Kiérol poussa un soupir de victoire et de résignation.

« Vous ne pouvez pas vous forcer ?

-Attention, vous abordez un terrain glissant. Le sexe ne doit être pratiqué que dans la mesure où le plaisir est partagé, en aucun cas il ne doit faire l’objet d’une obligation physique, morale, de cadeau ou de service. Je serais infiniment rigoureux sur ce point ! C’est clair ?

-Oui…

-Si vous veniez à insister, soyez sûr de perdre mon estime de façon…

-J’ai compris ! Comprenez qu’avec moi, l’obligation est la seule circonstance qui m’a poussé à l’acte.

-Vous allez me refaire pleurer.

-Je ne sais pas si vous allez accepter ça mais… Vous pouvez m’embrasser ?

-Bien sur… »

Il s’approcha de la femme lorsque soudain la porte s’ouvrit dans un grand fracas.

« Hep boss ! Ha, j’dérange ?

-Sarasin, hurla l’empereur, espèce d’abruti fini écervelé ! On frappe avant d’entrer !

-C’est ça, mon gars, c’est toi que j’vais frapper. Y’a ton Fendium à travers un mur, alors je t’ai cherché.

-Mais il le fait exprès ma parole ! »

Il se leva et chercha une arme dans la pièce qui en était dépourvue. Puis il regard ses lames jumelles de l’Armageddon dans les fourreaux de Sarasin.

« Rends-moi mes épées, que je t’éventre avec !

-N’y compte pas trop ! »

Une course poursuite s’engagea à travers tout le château. Kiérol se recoucha et soupira longuement.

« Pas un pour rattraper l’autre… »

 

 

Les bruits de métal résonnaient dans Trachéom. Pour la énième fois, Sarasin et le Seigneur-Croc se disputaient la possession des lames jumelles de l’Armageddon. Finalement, l’empereur percuta l’assassin d’une charge d’épaule et réussit à le mettre au tapis. Rubis entra en esquivant de peu l’assassin sonné.

« P’pa !

-Oui ?

-Y’a Kiérol qui veut te parler.

-Ok. Et toi, ça va ?

-Bien, très bien. »

Il fit à son père le récit de ses derniers progrès. Depuis que Rubis avait avoué à son père ses sentiments de jalousie, ce dernier avait changé son attitude de façon radicale. L’empereur alla donc à la rencontre de l’amirale. Il monta les escaliers qui montaient à sa chambre lorsqu’une masse se jeta à son cou et manqua de les faire tomber dans les escaliers.

« Kiérol, donne-moi une raison de ne pas m’énerver pour avoir tenté de me faire dévaler les marches ?

-Vous m’aimez !

-Raison valable. Tu voulais me voir ?

-Oui ! J’ai une bonne nouvelle ! Merveilleuse ! Fantastique !

-Bon, accouche !

-Vous avez devinez.

-Hein ?

-Je suis enceinte ! Et de vous, bien sur ! »

L’espace d’un instant, le Seigneur-Croc fut prit d’un vertige de surprise et tomba dans l’escalier en fracassant les marches de la lourde arme qu’il portait dans le dos.

« Prévisible… Finit par dire Kiérol.

-Je suis très heureux ! Lui répondit l’homme depuis l’étage inférieur, vraiment très heureux ! J’arrive, je fais le tour ! »

Il sauta par la fenêtre et se débrouilla pour parvenir à l’étage supérieur. Il revit Kiérol, qui discutait avec un homme qu’il n’avait jamais vu.

« Vous êtes ? Demanda-t-il.

-Ah ! Fit l’arrivant, Seigneur-Croc ! Je viens de la part de votre frère Essef…

-Mon frère est mort…

-Je continue, vous allez donc le rejoindre en enfer…

-Mon frère en enfer ? On parle bien du même Essef ?

-Vous allez arrêter de m’interrompre ! Vous allez donc aller en enfer rejoindre votre frère Essef pour aider à la résolution du cas de votre père, qui est assez ambigu.

-Ah je vois, et j’y vais comment ?

-Je vais vous faire un portail. Vous devez y être dans les dix minutes qui suivent.

-Précis… Bref. »

L’envoyé claqua des doigts et fait apparaître un portail magique.

« Ce machin restera jusqu’à quand ? Demanda Kiérol.

-Vous, vous n’avez pas le droit de venir ! A moins de mourir, bien sur. Mais avec ce barré que la Lumière a choisi pour sauver la planète, c’est pas une option. »

L’homme entra dans le portail. L’empereur s’étira.

« Il s’en passe des choses aujourd’hui.

-En effet, commenta la femme en plaçant instinctivement les bras sur son ventre.

-Bon, j’irais en temps voulu. »

Il embrassa la femme et l’enlaça.

« Je suis l’homme le plus heureux du monde.

-Je suis sur d’être encore plus heureuse que vous !

-On pari ? »

L’amirale pouffa de rire.

« J’ai hâte de savoir à quoi ça ressemble, l’enfer. Lança le Seigneur-Croc en regardant le portail.

-Vous verrez, vous verrez…

-Préviens les autres, moi vais le dire moi-même à ma femme. Ensuite j’irais.

-D’accord. »

 

Après de bref au revoir, l’empereur passa le portail. Il arriva directement dans un tribunal. Il n’y avait pas de juge, mais une balance, pesant un plume et un charbon en équilibre. Les jurés étaient visiblement les dieux. Une femme avec des ailes, un homme avec une fourche, et d’autres dieux mineurs.

« Y’a toutes la panoplie ! S’écria le Seigneur-Croc d’un air décontracté. Alors c’est eux les dieux ? »

Il regarda Arch, au milieu de la cour, puis son frère Essef, à la barre. Un gardien des enfers l’annonça :

« Escé, élu de la Lumière, vainqueur d’Archinturcus, Prophète-Roi, merci d’être présent !

-Ouais c’est ça. »

Il bondit en direction de son frère et lui tapa sur l’épaule.

« Comment ça va, frangin ?

-Bah super, j’suis toujours immortel !

-Et toi père, ça va ?

-Assez, oui…

-Dommage, j’aurais voulut que tu ailles mal…

-Tu me déshonores.

-L’honneur te sert à quelque chose dans la mort ? »

Un ange vint saisit le Prophète-Roi, comme ils l’appelaient tous, pour le ramener à l’ordre.

« Votre place est sur le banc des jurés.

-Avec les dieux ? Génial, ça. »

Il alla se placer avec insouciance. Il voulut s’assoir à coté de la Lumière, mais le diable mit sa fourche en travers de son chemin.

« Viens t’assoir à coté de moi, je veux te parler.

-Si ça vous chante. »

Il s’assit donc à ses cotés et le jugement débuta. Le gardien des enfers énonça les faits :

« Arch, empereur des arches et Archempereur. Vous êtes un paladin qui a défendu ses terres contre nombre de démon. »

La balance pencha du coté de la plume. Le Seigneur-Croc reconnut l’impartialité de cet objet non influençable.

« Vous avez aimé une femme et fondé une famille. »

La balance pencha encore plus du coté de la plume.

« Vous avez élevé le Seigneur-Croc à la guerre, rendant un fier service à la Lumière. »

La balance pencha tant du coté de la plume que le plateau touchait le support sur lequel elle était posé.

« En contrepartie, vous avez, vous et vos hommes, commis d’innombrables exactions à l’encontre des populations locales. Désirez-vous connaître les chiffres ?

-Non, répondit l’Archempereur.

-Moi j’les veux ! Hurla le Seigneur-Croc sans montrer la moindre gêne.

-Ah vous n’avez pas eu la fiche ? Remarqua le diable, prenez la mienne. »

Il lui passa le dossier. L’empereur le remercia et lu les nombres démesurés qui y étaient marqués.

« Ces chiffres sont justes ?

-C’est moi qui les ai consignés, lorsque ceux qu’ils ont massacrés de sont présentés devant moi.

-La vache…

-Je n’ai pas de cornes !

-Rien à voir ! »

Le gardien de l’enfer reprit alors que la balance pencha un peu plus vers le charbon :

« Vous êtes également coupables de tyrannie abusives envers vos fils de sang et votre fils adoptif, manquant de le tuer à la tâche, et mettant en péril les projets de la Lumière. De plus vous avez gravement entravé les progrès de son élu en scellant sa puissance. »

La balance reprit sa position initiale.

« Les faits sont dits, et la balance est équilibrée. Que chacun qui souhaite parler lève la main de façon à défendre, ou à l’inverse à attaquer, l’Archempereur. »

Escé bondit sur son siège et se mit à coté de son père :

« Que cette pourriture aille rejoindre les pires criminelles de l’histoire, en enfer !!

-Si tu n’argumentes pas, tes propos ne sont pas valables, combien de fois te l’ai-je dis, Escé ? Lui demanda l’Archempereur d’un regard égal.

-Tu as gâché ma jeunesse, tu as menacé Crystal de mort je ne sais combien de fois, tu m’as interdit de l’aimer ! »

Il dégaina son Fendium et donna un puissant coup à son père qui para l’attaque sans peine.

« L’enfer ne m’a pas retiré ma force.

-Si il ne t’en a rajouté, alors quoi ? »

Il frappa si violement qu’Arch fut tranché, puis se reconstitua comme Essef le faisait.

« On ne meurt qu’une fois, pas deux. Lui dis son père.

-J’en rêvais ! Ah ça, ça va me faire un bien fou, de te massacrer sans m’arrêter ! »

Un ange vint se mettre entre les deux personnes.

« Vous êtes dans un tribunal, pas sur un champ de bataille !

-Hors de mon chemin ! »

L’empereur voulut frapper l’ange de toute ses forces, mais il fut parer d’un geste de la main.

« Un ange qui se prétend supérieur à moi ? S’indigna-t-il.

-Un ange ? Non… Un archange, oui ! »

Il saisit le bras de l’empereur et le mis à terre dans un bruit sourd.

« Veuillez regagner votre place.

-Va mourir ! »

L’archange lui saisit le bras et se prépara à le lui briser.

« Michael ! Lança le diable d’un air décontracté. Tu ne vas pas t’en prendre à mon invité ? Lâche-le ou tu auras affaire à moi ! »

L’archange lâcha l’empereur.

« Et toi, Escé, assis-toi. »

Un sort noir le traina à son siège.

« Tu es chez les dieux, alors forcément… Il y a des règles, et il y a plus fort. »

Le procès continua un moment. La balance était désormais penchant vers la plume, mais très légèrement. A bout de nerf, le Seigneur-Croc se leva et alla à sa rencontre.

« Ils parlent de vertueux paladin ou de criminel sans cœur. Mais ni l’un, ni l’autre, n’adopterait un enfant au fort potentiel dans le but de l’utiliser comme arme, tout en scellant sa force pour ne pas être dépassé par le monstre qu’il engendre chaque jour ! Crystal m’a sauvé, sinon je serais probablement devenu un fou avide de sang avec une soif de pouvoir colossale comme vous, père ! Au fur et à mesure que je m’enfoncer sous votre influence, elle me tirer vers une lumière dorée qui brille désormais sans fin tout au bout du chemin ! Elle a combattu, puis vaincu votre influence, elle m’a sauvé de vos sales griffes ! Et moi, j’ai répandu son influence à mes frères, et ton plan fut un échec. »

L’Archempereur soupira longuement, puis répondit d’un ton calme et réfléchit :

« Elle t’a donné ce que tu voulais, moi ce dont tu avais besoin : La puissance ! Je t’ai donné la force ! Ensuite, tu as rencontré cette fille qui a endormit ton potentiel sans pareil, et cette influence s’est propagé comme un incendie à travers une solide forêt millénaire. Elle a défait mon œuvre, il est vrai, mais ce fut un tord. Si je n’avais pas été là, tu ne serais plus là pour en témoigner, ou me contredire. Je t’ai adopté. Je t’ai élevé à la guerre, je t’ai soutenu, et en retour, tu cherches à m’envoyer en enfer ?!? »

Le Seigneur-Croc affichait une expression de rage démente, mais il savait qu’il frappait l’eau à coup d’épée : Il avait tord. Il devait tout à cet être qu’il haïssait. Il se résigna et reprit sa place. Le procès se termina, et l’Archempereur fut acquitté. Il obtint l’accès au paradis Dégouté, mais sachant que c’était juste, l’empereur demanda une copie des textes de loi des tribunaux divins. Il partit avec. Il demanda à un ange de lui ouvrir un portail lorsque le diable l’aborda :

« J’ai à t’parler, fiston.

-Vous m’avez l’air sympathique, mais je vais aller ruminer ma défaite au procès sur mon trône.

-T’emballe pas, mon p’tit gars ! Je m’intéresse à toi depuis un bon moment, on peut parler ?

-D’accord. »

Le diable l’emmena à son bureau. Il avait forme humain, taille normale, moustachu avec une barbichette, et il était très ouvert. Il fut mené à une salle où une femme attendait sur un siège. Elle avait des lunettes et une queue de diable, mais pas de cornes. De plus, ces vêtements étaient outrageux.

« Ma secrétaire : Lucy.

-Enchanté, fit machinalement l’empereur.

-Vous avez nourrit la bêbête ? Demanda le diable.

-Bien sur ! Répondit la femme en montant d’un bond sur le bureau.

-Quelle bête ? Demanda le Seigneur-Croc.

-Jalousie. Viens mon brave. »

Une sorte d’immense lézard ressemblant vaguement à un tricératops rose avec une peau vieille et des yeux verts. Sa gueule ouverte laissait couler de la bave alors que la bête fixait l’empereur. Celui-ci dit au diable d’un regard avide.

« Vous avez une belle fourche… »

Il se tourna vers la créature et lui lança d’un ton hautain :

« Je plaisante. La jalousie est morte dans on cœur, doit-elle mourir dans les enfers ? »

La bête eut un mouvement de recul, puis partit.

« La jalousie ne m’atteint pas.

-C’est bien, très bien. Mais parlons affaire.

-Affaires ?

-Oui, vois-tu, je suis le diable, je suis un dieu donc, c’est logique. J’ai une grande puissance… Mais je suis las d’être le seigneur des enfers. Je chercher un successeur. Je t’observe depuis longtemps, tu es une force de la nature ! Enfin…

-Un envoyé de la Lumière plutôt.

-Oui, oui… Je te veux pour successeur !

-Un envoyé de la Lumière pour diriger l’enfer ?

-Tu penses avoir la bonté d’un ange ?

-Non !

-Tu penses être un monstre ?

-Oui.

-Bah voila. Bon on va faire le tour du domaine, que tu vois comment ça se passe.

-Je vous suis. »

La secrétaire se mit en tailleur sur le bureau et l’empereur en détourna le regard instantanément.

« On peut voir vos sous-vêtements, idiote.

-Je n’en porte pas.

-Hé Satan, c’est bien ça ?

-Oui.

-Je vais la garder, celle-là ?

-C’est pas au programme.

-Déjà ça de prit. Je ne veux pas d’une exhibitionniste dans mon bureau ! »

Satan pouffa de rire, puis fit signe à l’empereur de le suivre. Après lui avait fait visiter l’enfer, il demanda :

« Alors, tu veux être mon successeur ?

-Bof, pas trop. J’aime bien ma vie, pourquoi j’en changerais ? »

Le diable lui sourit.

« C’est bien la première fois qu’un homme refuse le pouvoir d’un dieu !

-Je suis déjà le meilleur là où je suis.

-Pas faux, pas faux…

-J’ai peine à croire que vous êtes le diable. Vous êtes d’une bien meilleure compagnie que la Lumière ! Et vous pouvez le lui dire. Déjà vous ne cherchez pas à me propre de haut, et c’est pas mal.

-Ah oui, la Lumière est tellement orgueilleuse !

-Je ne veux pas de votre place, mais je serais ravi de vous compter parmi mes amis.

-Le Prophète-Roi, ami avec le diable ! »

Il pouffa de rire.

« Vous êtes d’une grande sagesse pour ne pas me classer du coté du mal !

-J’en suis flatté. J’aurais aimé que ce soit vous qui m’ait envoyé. »

Lucy intervint en éjectant l’empereur d’une charge d’épaule démentielle compte tenu de sa carrure.

« Patron, lança-t-elle, Terreur vous demande.

-Dis-lui que j’arrive. »

Il aida le Seigneur-Croc à se relever alors que la secrétaire s’éloignait.

« Je me demandais, que penses-tu d’elle ?

-Forte pour sa corpulence, assez vive. Dévouée. Et elle porte un haut beaucoup trop décolleté pour sortir. »

Satan explosa de rire.

« Jamais un homme n’a dit ça. A chaque fois ils sont excités par Lucy, mais vous non. Vous êtes tout bonnement incroyable.

-Si vous le dites. Il est peut-être temps que je rentre.

-Oui, bien sûr. Pensez à mon offre, le pouvoir d’un dieu ! »

Le Seigneur-Croc parvint à retrouver la sortie et tombé comme par enchantement sur la plus haute tour de son château, après avoir loupé une marche et avoir dévalé les escaliers. Il se retourna et ne vit que le ciel.

« Pas banal. »

Il rentra dans sa citadelle.

 

Dans la salle d’entraînement, Améthyste s’entraînait à la magie avec son frère, Rubis.

« Boule de feu ! Cria-t-elle.

-Arrête d’annoncer tes sorts, ça m’aide à anticiper ! »

Il esquiva la grande flamme sans peine.

« Tu as des sorts basiques, du feufeu, des p’tits éclairs, et le « Aglagla »

-C’est pas « Aglagla » c’est le « en dessous de zéro », pour refroidir l’atmosphère.

-Tu peux faire attraper la mort à quelqu’un, il va pas réellement mourir. Il va chopper un rhume.

-Je sais.

-Aglagla.

-Meuh tais-toi ! »

Elle fit apparaître dans sa main une sphère violette lumineuse.

« C’est quoi ?

-J’ai oublié ! répondit Améthyste avec le sourire.

-Je vois… »

Il regarda la boule immobile dont il connaissait la nature.

« C’est un sort. Tous les sorts ont le même défaut. Ils ne se lancent qu’à distance, au corps à corps, c’est plus dur. »

Il passa derrière sa sœur avec vivacité.

« Paf, coup dans la nuque, t’es morte.

-Ah ouais ? »

Elle projeta le sort aux pieds de Rubis. Instantanément, l’enfant se jeta entre sa sœur et le sort qui explosa dans un puissant déferlement d’énergie. L’empereur, alerté par le bruit, arriva sur le champ.

« Qu’est-ce qui se passe ? »

Il remarqua sa fille adoptive à terre et l’aida à se relever.

« Tu vas bien ?

-Moi oui, mais… Rubis… »

Elle désigna le corps inerte de son frère à l’autre bout de la salle. L’enfant se releva avec peine, puis s’effondra. L’explosion l’avait terriblement mutilé.

« J’ai bouffé… Hyper cher…

-Tu m’étonnes ! Répondit son père déjà à ses côtés. Rah, j’vais faire venir Inquisatus, parce que là t’es gravement blessé. Bon sang Améthyste, c’était quoi cette explosion ?? »

Il partit au pas de course. La fille regarda son frère qui lui dit :

« Améthyste, je…

-Merci Rubis. Mais là, faut que j’y aille, j’ai rendez-vous avec un amie.

-S’il te plait… Reste…

-J’peux pas. »

Elle s’enfuit presque, laissant son frère allongé dans une flaque de sang, le visage mouillé de larmes de souffrance et de chagrin.

« Enf… Foirée… »

 

Le lendemain, Rubis put aller à l’école. Les élèves firent un véritable triomphe au héro qui s’est sacrifié pour sa sœur, mais pas elle. Elle resta à discuter avec son voisin. Rubis vint se mettre près du voisin d’Améthyste.

« Cette place est la mienne, dégage.

-Va chier ! Lui cracha sa sœur, il reste ! »

Rubis eut le souffle coupé. Hébété, il alla s’asseoir au fond de la classe. Il entendait mal le professeur donner sa leçon. Pendant une heure, il fixa d’un regard haineux sa sœur pour qui il avait risqué sa vie. Soudain, il s’empara d’un crayon et se dessina des moustaches, il se mit une étoffe de tissu en bandeau sur la tête et il se mit un cache-œil noir, lui donnait l’air d’un pirate. Il bondit sur sa table.

« A l’abordage ! Hurla-t-il, faites des prisonniers ! »

Il sauta de table en table et enfonça son maître d’arme d’une charge d’épaule, puis cria :

« Mutinerie !! »

Il prit des épées et fit semblant de ramer.

« Souquez, moussaillon ! »

Il fit la comédie un petit moment avant que la porte n’explose, laissant place à un père furieux.

« Rubis…

-J’arrive. »

L’enfant retira ses accessoires ridicules et sortit rejoindre son père. A l’abri des mauvais entendeurs, il lança franchement à son père :

« Ce que j’ai fait, j’ai eut raison de le faire !

-Gheuh ?

-C’est quoi cette réaction ?

-Raison de faire ça ? T’as joué les pirates en plein cours !

-J’ai eu raison de le faire. Vraiment. J’ai sauvé une vie.

-Mais…

-Papa !… Tu me fais confiance ?

-… Oui. Je passe pour cette fois. Je veux bien te croire.

-Merci. Mais dis à Améthyste d’aller se coucher, elle a la migraine.

-T’as bien eut raison de faire le mariole ! Ça n’a put qu’empirer ! »

Il retourna dans la classe chamboulée et croisa sa sœur, il lui murmura :

« La prochaine fois, évite de te droguer en cours, ça m’évitera de jouer les pirate pour détourner l’attention. »

Améthyste était interdite. Elle sortit d’un pas mal assuré.

« Rubis, qu’as-tu dis à ta sœur pour qu’une fasse cette tête ? On dirait qu’elle a vu un fantôme !

-Elle a vu un ange gardien…

-… Rien compris, m’enfin. »

Il posa la porte qu’il avait brisée à son emplacement et laissa sa fille adoptive regagner sa chambre. Rubis ne fut plus accepté en cours et alla rejoindre sa sœur dans sa chambre. Il arriva devant la porte entrouverte et vit avec stupéfaction Améthyste qui, encore une fois, se droguait à l’aide d’une seringue. Il commença à mesurer l’impact de son entrée s’il décider de la stopper lorsque soudain, il entendit les pas de son père. D’un reflexe vif, il alla à sa rencontre.

« Père…

-La ferme, Rubis ! Je t’ai vu ! Tu espionnais ta sœur !

-Mais…

-Reconnais-le ! »

L’enfant respira profondément, puis répondit :

« Je l’avoue…

-Bien. Tu vas aller présenter tes plus plates excuses à Améthyste. »

Le sang de Rubis ne fit qu’un tour. Il dégaina son épée et répondant en désespoir de cause :

« Non !

-Tu ne lèverais pas l’arme sur ton père ?

-S… Si ! »

L’empereur saisit son fils par le poignet et le traîna en direction de la chambre. Rubis bondit et blessa grièvement son père au bras. Une flaque de sang apparut sur le sol.

« Rubis… Tu as perdu la raison ?

-Je sais ce que je fais ! Hurla-t-il du plus fort qu’il put.

-Je vais t’apprendre ! »

Améthyste sortit de sa chambre pour voir la scène, attirée par le bruit. Rubis afficha un sourire soulagé et lâcha son arme.

« Rubis, lança l’empereur sans rengainer, tu deviens incohérent. Je ne te comprends pas.

-Disons que… Rien.

-Disons que quoi ?

-Rien. »

Furieux, le Seigneur-Croc frappa Rubis à l’estomac et l’envoya valser à l’autre bout de l’interminable couloir.

« Si je t’y reprend encore, tu vas manger très cher !! »

Il passa d’un air colérique devant sa fille, sans la remarquer. Puis il disparut à l’angle. Rubis se redressa maladroitement en prenant appuie sur le porte-torche au dessus de lui, puis partit à son tour.

 

L’empereur rentra dans sa chambre d’un pas outragé. Kiérol bondit de surprise.

« Le procès s’est mal pass…

-La ferme !! »

Il retira ses épaulières et jeta son arme gigantesque, puis hurla :

« Dégagez de ma chambre !!!

-O… Oui ! »

La femme s’enfuit. Crystal sortit du placard à vêtement avec une robe à la main.

« Qu’est-ce qui se passe ?

-La ferme !! »

L’empereur sauta par la fenêtre d’un bond furieux en emportant son arme. Il arriva, ou tomba, dans la touffue forêt qui recouvrait déjà plus de quart du territoire de son pays. Un homme sortit de derrière un arbre en lança :

« Fiston, je peux te parler ?

-Satan ? Même ici je ne suis pas au calme ?!? »

Il projeta avec fureur son Fendium qui frappa le diable à l’œil, sans même le faire reculer. L’arme tomba au pied de l’arrivant.

« Fiston, l’heure est grave.

-La ferme !!

-Importance vitale. C’est à propos de ta famille.

-Je ne veux pas en entendre parler ! J’ai beau faire maints effort, mon fils est toujours un délinquant ! »

Pour la première fois depuis que le Seigneur-Croc l’avait rencontré, Satan prit un air sévère.

« Ton fils est aussi protecteur que toi, voir plus, en faisant plus de sacrifice et ce de façon encore plus subtile. Il devrait faire ta fierté si ce n’était pas toi son ennemi. »

L’empereur eut le souffle coupé. Choqué, il hurla :

« Mon fils ?? Protecteur ??

-Il a sauvé sa sœur trois fois en deux jours. Deux fois aujourd’hui, et c’est de toi qu’il l’a sauvée. »

Il pointa sa fourche dans le vide et une sphère apparut. Un nuage de gaz tournait et fit apparaître une image passée. Dans la salle de classe de Rubis et Améthyste, tout semblait normal. Alors le point de vue du sort changea et s’approcha de la fille de l’empereur. La sphère grandit et fit deux mètres de diamètre avant de cesser de grandir. Le diable pointa sa fourche sur la seringue qu’Améthyste avait en main et l’image s’arrêta.

« Drogue. Héroïne pour être exact. J’ignore où elle l’a eue, enfin on s’en balance plutôt. Bref, elle s’est droguée en pleine classe. »

Il regarda le Seigneur-Croc interdit. La scène reprit son déroulement. Le diable commenta :

« Là, Rubis le remarque. Le prof s’approche d’elle d’un air suspicieux car elle tire une tronche abrutie. Ton fils, vif comme l’éclair, se déguise en pirate et lui rentre dedans d’une charge d’épaule. Il fait sa comédie pour qu’on le regarde lui. Tu entres, furieux. Il en prend plein la gueule et tu lui accordes le bénéfice du doute. »

L’empereur tomba à genou devant une telle découverte. La scène changea et fit place à la chambre d’Améthyste. Le diable reprit :

« Mais ta fille est conne ! Très conne ! Elle remet ça. Rubis la voit. Et là, tu arrives. Tu l’accuses d’espionner sa sœur. Il avoue une faute inexistante. Tu aurais enquêté. Tu veux l’obliger à aller voir sa sœur. Grave erreur, tu la verrais se droguer. Alors il refuse et finis par t’agresser. »

Il avança la scène.

« Rubis hurle, et Améthyste l’entend et cesse toutes activités illicites. Tu frappes ton fils avec force. Le pauvre. Tu ignores Améthyste. Et comme son but est de te maintenir dans cette ignorance, il ne dit rien. C’est un héro. Un vrai. Toi, tu n’en es pas un, même si tu es largement plus fort que lui. Son courage n’a rien à envier au tien. Tu n’es que terreur. Tu es un monstre ! Il te craint, toute la planète te crains, à l’exception des dieux, eux seuls. Pourtant il t’affronte pour protéger sa sœur.

-Mais… La protéger de quoi ? Je ne tuerais jamais ma fille !

-Ah ouais ? »

Il fit un retour en arrière et mit sous ses yeux le jour où il a attenté à la vie de sa fille Emeraude.

« C’est ce crétin de Sarasin qui l’a sauvée. Lança Satan

-Mais…

-On passe à Rubis ? »

Il mit la scène où l’empereur manqua de tuer son propre fils.

« Ce gosse a la vie sauve grâce à sa mère.

-Je ne les aurais jamais tués ! »

Satan passa nombre de scène de torture ou de fureur.

« Non, ils vivraient. Mais quelle agonie leur aurais-tu affligé ?

-Ce… Je…

-La ferme. »

Il revint à un moment présent. Rubis vomissait du sang, recroquevillé sur son lit.

« Va te mettre à plat ventre devant lui et implore son pardon, si tu es un père digne. Dis-lui ce que tu penses. Sauve ta fille adoptive. Fais-toi pardonner de ton fils… Et franchement, coupe-toi un peu les cheveux… »

Il passa soudain la scène où son masque avait cédé sous le poids du chagrin. La nuit où il pleura dans les bras de Kiérol.

« Si tu ne le fais pas, ça recommencera. Et tu n’y survivras probablement pas. Et si tu venais à y survivre, tu deviendrais si noir, si bestial, que les dieux s’accorderaient à prendre ta vie !! »

Il revint à la scène récente ou l’empereur avait agressé verbalement Kiérol et Crystal.

« Et tu leur dois également quelques excuses. »

Il fit apparaître Kiérol, leur de son immonde voyage en tant qu’esclave.

« Surtout elle, elle a beaucoup souffert. Les marins purgent encore leur peine dans mon royaume et ils en sortiront pas avant des siècles de douleur. »

Il passa au moment présent, Kiérol ne pleurait pas, mais des larmes silencieuses dévalaient ses joues.

« Ce… Dit l’empereur, ce pouvoir… Je le veux.

-Deviens le diable, et tu l’auras. »

Satan disparut dans en une épaisse fumée noire.

 

Rubis était couché sur son tapis. Il avait vomit trop de sang sur son lit pour y rester. Il tremblait encore de douleur. Des coups résonnèrent à la porte. Il n’eut pas la force de prononcer le moindre mot, alors il laissa s’échapper un grognement inintelligible. Son père entra. Il frissonna de peur et se jeta derrière son armoire. Il remarqua alors que l’empereur était suivit d’Inquisatus.

« Soigne-le. Ordonna le Seigneur-Croc.

-Si c’était vous le blessé, je vous aurais laissé agoniser encore un peu.

-Et vous auriez eu raison de le faire. »

Les blessures de Rubis se fermèrent. Inquisatus sortit et l’empereur posa un genou à terre.

« Je sais tout, Rubis. Tu es ma fierté pour avoir ainsi protégé ta sœur. Pardonne-moi. Mais le temps n’est pas aux excuses, nous devons aider ta sœur.

-Tu me fais peur. »

Un éclair de terreur traversa l’esprit du Seigneur-Croc. Il trembla légèrement, mais parvint à ne pas pleurer.

« Papa… Ne te fâche pas sur Améthyste… Je t’en supplie.

-Je suis là pour trouver une solution. Comment je peux la sauver… Dis-le-moi…

-Tu ne peux pas… Il faudrait être humain… Ne le prend pas mal.

-Le mal est déjà fait.

-Euh bref… Elle a trop peur de toi, on a tous peur de toi.

-« Tous » ?

-Moi, Améthyste, Emeraude, Kiérol aussi, tu lui as fait peur et elle a pleuré à sa fenêtre toute la journée.

-C’est vrai ?

-Maman est la seule à ne pas avoir peur. Sarasin peut-être, ou Dimention. Mais Aomushini, Aoeste… Tes colères… C’est des hécatombes qui se mesurent en kilomètres… Ne dis rien à Améthyste. Elle mourrait de terreur. Je vais l’aider, d’accord ?

-Oui… Oui…

-On fera ça demain. »

Il sortit de sa chambre, laissant son père accablé par le fardeau de ses révélations. L’empereur se releva et partit en direction de la chambre de Kiérol. Il frappa, puis entra.

« Am… Kié…

-Seigneur-Croc ?

-Je voulais m’excuser pour tout à l’heure. Je suis désolé, navré… Je regrette… Je ne trouve pas les mots. »

La femme lui jeta un dictionnaire à la figure.

« C’est toujours pareil avec vous. Votre nature meurtrière prend le dessus et vous peinez tout le monde, puis vous venez vous excuser. Et nous, on passe. J’en ai assez de pardonner. Faites une démarche, cette fois. On récolte ce que l’on sème. Cherchez les mots que vous ne trouvez pas dans ce fichu bouquin ! »

Kiérol sortit le visage inondé de larmes. A nouveau seul, l’homme se sentait plus abandonné que jamais. Il était venu chercher du réconfort. Il voulait être pardonné. Mais d’abord il devait sauver sa fille, mais seul il ne pouvait pas. C’est ça, ne posséder que le pouvoir de la destruction. Il donnerait tout pour celui de la guérison. Il sortit à son tour et entra dans la chambre d’Emeraude.

« Papa ? Demanda-t-elle.

-Je… Tu peux m’aider s’il te plait ?

-T’aider ?

-Oui… J’ai mal agi, et je regrette… J’aimerais l’exprimer… Je suis seul.

-Va pleurer dans les bras de quelqu’un d’autres. Les actions valent mieux que les mots, alors agit. Les actes c’est pas chez moi. Adresse-toi à la concurrence.

-Mais…

-Maintenant, sors. »

Son père obtempéra. Il sortit en larmes. Il retourna dans sa chambre et s’assit.

« Affliction… Affliction… Je ne connais que ce mot !! »

Il pointa la mer d’un geste et une immense explosion apparut.

« Je suis un monstre. Je veux changer… Merde !! »

D’autres explosions repoussèrent les flots.

« Finalement… Je ne mérite pas de vivre. J’ai sauvé le monde, et alors ? Je vais sauver ma fille, après… Après on verra bien. »

 

Les veines gonflaient de pression sur le front de l’empereur endormi. Ses membres vibraient de puissance et il serrait les dents. Toute personne présente s’était éloigné de lui par prudence. Les cheveux du Seigneur-Croc virevoltaient d’énergie. Il ouvrit les yeux et prit un air calme.

« Où je suis ?

-En bas de la falaise, lui répondit sa femme. Ici, on est tranquille.

-Ah… »

Il se leva calmement, puis frappa de toute sa force le sol, provoquant un séisme qui repoussa la mer sur des centaines de mètres.

« Ça va mieux ? Lui chuchota Crystal.

-Oui…

-Tu l’as remarquée ?

-Qui ça ?

-Elle se cache un peu.

-Hein ?

-Kiérol. »

Il se retourna et vit l’amirale, à moitié cachée derrière les rochers.

« Elle te juge.

-C’est stupide.

-Hein ? Stupide ?

-Pas besoin de me juger… »

Il se recroquevilla sur lui-même.

« J’ai tord, inutile de… »

Crystal l’embrassa sans prévenir, le faisant taire.

« Arrête de te tourmenter.

-Tu as raison, il faut trouver une solution pour Améthyste.

-J’ai une petite idée. Si on les envoyés chez les dragons ? Simple et efficace. Ils veilleront pendant que nos enfants dormiront sous le même toit. Si on parvient à leur coller une chambre commune, Améthyste ne pourra pas échapper à la vigilance de Rubis, exerçant une influence de complicité ou créant une atmosphère de confiance.

-C’est… Une excellente idée ! Brillante même !

-Il faut aller leur annoncer.

-Oui… »

Il se frotta les yeux.

« Tu es encore fatigué ?

-Je tiendrais. T’inquiète pas…

-Repose-toi. J’y tiens.

-Tu es si gentille… »

Il s’allongea sur le sol et posa la tête sur les jambes de sa femme. Kiérol fit son entrée.

« Peuh ! Cracha-t-elle. Vous le prenez encore en pitié ! Comment pouvez-vous rester ainsi face à un homme que j’ai réconforté moi-même d’un terrible chagrin et qui m’a agressé sans raison ?

-Il fallait s’attendre à ça le jour où vous êtes tombé amoureuse de moi… Répondit l’homme. Je suis comme ça.

-Je vous aimerais toujours, mais parfois vous m’insupportez ! Vous êtes une machine à tuer, pourtant vous ne supportez pas la peine et il vous faut vous raccrocher à quelqu’un, moi j’en ai marre ! Vous passez votre temps à répandre le sang et nous, on doit pardonner. Je ne peux le tolérer !

-C’est pour cette raison que je ne vous aimerais jamais autant que Crystal. »

Kiérol pâlit à cette remarque.

« Vous pouvez disposer, amirale. »

Le titre résonna dans la tête de la femme. Elle partit.

« J’ai été trop dur ? Demanda-t-il.

-Non. C’est une drôle d’affaire, mais elle a besoin de se sentir un peu mise à l’écart… Un peu jalouse…

-Tant que la jalousie vivra dans son cœur, je ne pourrais lui donner tout mon amour.

-Tu te contredis. Définir le rapport sexuel sous contraceptif de l’homme.

-Concrétisation physique de l’amour porté à son paroxysme.

-Définir paroxysme.

-Plus haut degré d’un sentiment, d’une sensation.

-Voila. Tu aimes déjà cette femme de tout ton cœur. Il ne lui manque que l’estime… Sous ton visage ferme et ta froideur dans le ton, il y a un cœur qui bat. Sous son visage doux et sa voix fâchée, il y a deux cœurs. Le sien… Et celui de ton fils. »

Elle regarda son mari fixait les vagues de la mer.

« A quoi penses-tu ?

-Je suis constitué de six aspects.

-Comment ?

-Je suis puissance, guerre, magie, noirceur, amour, affliction…

-ça t’arrive de ne pas avoir de pensées négatives ?

-Rarement, et uniquement entre tes bras, ou ceux de Kiérol. Lorsque rien ne me pèse.

-Tu vas te faire une crampe de la langue, c’est hyper douloureux !

-Ton vil mensonge ne prendra pas face au tourment de… »

Il fit semblant de se mordre la langue.

« Aoutch !

-T’es bête… »

Ils s’enlacèrent.

 

Rubis était assis sur sa fenêtre. Pensif, il regardait le soleil disparaître à l’horizon. La porte s’ouvrit sans qu’il s’en rende compte. Une main se posa sur son épaule et le fit sursauter.

« Rubis, je peux te parler ?

-Ah Améthyste. Salut.

-Oui, salut. Tu me permets d’être franche ?

-Bien sûr.

-J’ai vu que t’as m’a sauvé du prof…

-S’il n’y avait que le prof…

-Hein ?

-Rien, oublie.

-Ecoute, j’apprécie ton geste, mais mêle-toi de tes affaires et fous-moi la paix, oublie tout ce que tu sais d’illicite sur moi, oublie-moi complètement, je n’existe plus pour toi. Fous-moi la paix !! »

Rubis glissa de sa position instable et se rattrapa de justesse.

« Aller salut ! Lui dit sa sœur. Laisse-moi mes plaisirs intenses.

-Tu veux savoir ce qui est intense ? Demande à notre père ce qu’est la peur et la souffrance. Là tu le sauras. Et sache que jamais ne j’aurais de cesse de veiller sur toi. »

Améthyste posa sa main sur celle de Rubis et incanta un puissant sort de feu pour le faire lâcher prise.

« Disparais de ma vie !! »

Le jeune garçon retira sa main sous l’effet de la douleur et tomba du haut de la forteresse jusqu’à un balcon bien plus bas. A peine blessé, encastré dans le sol, il murmura :

« Abominable garce…

-Rubis ? Mékestufouhissi ?

-Tiens, Sarasin. C’est une longue histoire.

-Ton père te cherche depuis une heure… Ou 5 minutes, j’en sais rien, il vient de passer.

-Je ferais mieux de remonter dans ma chambre.

-Je t’y propulse ?

-Pas la peine. »

Il sauta sur la paroi de la citadelle et grimpa la surface en y plantant ses épées. Il arriva rapidement à sa chambre et y entra. Son père l’y attendait, et à coté de lui, Améthyste.

« Rubis, j’ai une nouvelle à t’annoncer.

-Un ordre à lui donner plutôt, marmonna la fille.

-Donc, tu vas aller t’entraîner chez mes amis les dragons. Ils me connaissent, pas besoin de répondre aux énigmes.

-Mais pourquoi un « ordre » ? Demanda le fils.

-Parce qu’elle ne veut pas, et je ne lui laisse pas le choix.

-Tu ne devrais pas la forcer à faire ce qu’elle ne veut pas. »

Il jeta un regard par la fenêtre.

« Si elle ne veut pas, laisse tomber. »

Il sentit le regard insistant de son père.

« Rubis… Je sais ce que je fais, j’ai raison de le faire. »

Le fil sourit en comprenant.

« Soit ! Quand partons-nous ?

-Demain, à l’aube.

-En plein été ? C’est super tôt !

-Bon, disons vers 10h. »

 

Le voyage fut court. Améthyste bouda tout le long du trajet alors que Rubis cherchait inlassablement les dragons par la fenêtre du carrosse. Il fut donc le premier à crier :

« Un dragon !! »

En effet, un dragon d’or vint les accueillir. Fils de héro, ils ne furent pas contraints aux énigmes, mais le dragon les accompagnant leur en proposèrent néanmoins pour passer le temps.

« Combien d’œuf pouvez-vous manger à jeun ?

-Je ne sais pas, répondit Rubis, je dirais une dizaine.

-Un seul, car après vous n’êtes plus à jeun !

-Ah oui, bien vu.

-Un homme peut-il épouser la sœur de sa veuve ?

-Euh… Bah oui.

-Non, puisqu’il est mort !

-La vache, pas facile !

-Un homme fut décapité et un autre eu la tête tranchée. Mais pourtant un seul homme est mort. Pourquoi ?

-Y’en a un qui est décapité, l’autre qui a eu la tête tranchée, on lui a filé la tête !

-Enfin une réponse ! Une autre…

-Hep ! A mon tour. Que font deux Guides de Lumière lorsqu’ils se croisent ?

-Ils se bénissent ?

-Nan, y’en qu’un seul Guide de Lumière !

-Ah oui, effectivement…

-On arrive quand ?

-Vous, les humains, êtes toujours pressés. »

Ils entrèrent dans la ville des dragons. Ils furent conduits par un jeune dragon vert à leur logement. Il s’agissait bêtement d’un toit et quatre murs. Il n’y avait qu’une seule pièce et deux lits.

« Hep ! S’insurgea Améthyste, j’dors pas dans la même pièce que mon frère !

-Bah quoi ? Demanda Rubis, je te pose un problème ?

-Je veux que tu m’oublies ! Sors de ma vie ! Je ne veux plus jamais te revoir !

-T’as pas besoin de voir ton ange gardien pour qu’il veille sur toi.

-T’as un complexe de supériorité ma parole ! T’as pas un ange, t’es qu’un fouille-merde !

-Reste calme. Tu me dois la vie trois fois et tu me dis d’aller me faire voir, c’est pas un peu abusé ça ? Tu pourrais au moins me dire « merci » !

-Merci ! Voila c’est dis ! Si tu veux tant que ça me faire plaisir, va dormir dehors !

-D’accord. »

Il prit son matelas d’une main et son sac de l’autre puis se dirigea vers la sortie. Le dragon s’interposa.

« Je crains que votre père ne nous massacre si on vous laisse dormir à l’extérieur, mais si vous y tenez, je peux trouver un autre endroit.

-Je vois que ça. Je veux aider ma sœur, pas la contraindre.

-C’est vous qui voyez. Chez nous, les dragons, les liens de sang sont sacrés. Mais en aucun cas il ne doit faire la différence entre deux dragons. Seuls les meilleurs doivent survivre.

-Si les meilleurs survivaient, elle serait morte depuis longtemps. De toute façon face à mon père, personne ne devrait vivre. Seuls les dieux ne sont pas à genou devant lui.

-Nous allons commencer l’entraînement. Posez vos effets personnels, je vais m’en occuper.

-Merci.

-Mais vous devez nous dire dans quel sens vous voulez progresser. Je ne parle pas de la combinaison force/vitesse/précision/magie, mais des techniques que vous souhaitez apprendre.

-J’ai déjà ma petite idée… »

 

Rubis virevoltait sur le ring en échappant aux puissantes mâchoires du dragon vert. Il para un coup de queue et tenta sans y parvenir de transpercer l’écaille de son ennemi.

« Il suffit, j’en ai assez. Protesta l’enfant. Impossible de vous battre ! Z’êtes en acier sérieux ! Vous êtes immortels ?

-Immortels, non, nous sommes éternels.

-Euh c’est-à-dire ?

-Le temps n’a pas d’emprise sur nous. Seules les blessures ont raison de nous, nous vivons éternellement.

-Comme des elfes ?

-Exactement. D’ailleurs, les dragons et les elfes ont des ancêtres communs.

-Les dragons et les elfes ??

-En effet.

-Y’a rien à voir entre un humain aux longues oreilles et des reptiles ailés gigantesques !!

-C’est là une preuve indéniable que tu manques de sagesse. Les humains ne comprennent jamais que la taille ou l’apparence sont sans importance. »

Rubis pointa sont épée devant lui et elle s’enflamma.

« Les serres du phénix… C’est mon père qui me l’a appris, et c’est vous qui lui avez enseigné. J‘aimerais me perfectionner sur ce point également.

-Une chose à la fois. Il  faut continuer ce qu’on entreprend. »

Une gigantesque explosion retentit dans le terrain d’entraînement voisin.

« Votre sœur vint de faire un bond en avant. »

Une nouvelle explosion retentit.

« Déjà une deuxième ? Remarqua le dragon. Aurait-elle… »

Il s’envola et Rubis s’accrocha instinctivement à son dos. Une nouvelle explosion retendit, puis fut balayée par le souffle surpuissant du dragon.

« C’était quoi ? Demanda le garçon.

-Une nouvelle école de magie… Un truc de fou ! Viens te battre !

-Comme tu veux. »

Il n’eut pas le temps de dégainer que sa sœur fit exploser l’air autour d’elle et le déstabilisa.

« Chez les trolls pour les mauvais coups, ils ont le vaudou. Cette magie vaut de l’or, et je vais le prouver. »

Elle désigna son frère du doigt et il se tordit de douleur interne.

« Rituel de souffrance, composé de violence et de longue agonie, cette magie de démence, de douleur infinie. Cette puissance coule dans mes veines ! »

Rubis sentait son sang bouillir dans ses veines sous la force du sort. Ses veines ressortaient sur son front et sur sa gorge. Ses yeux étaient gonflés de sang. Il avait l’impression d’étouffé, comme si on l’étranglait. Dans une étincelle de fureur, il se jeta sur la fille l’arme à la main et tenta de mettre fin à sa souffrance, mais un bras sortit du sol et le stoppa.

« Puissant sortilège, n’est-ce pas ? Commenta Améthyste sans attendre de réponse.

-Ouais… Tu peux arrêter ? J’ai super mal.

-C’est le but même du sort. « Plaie de l’agonie ». Les ingrédients sont mêmes faciles à obtenir.

-Des… Ingrédients ?

-Une oreille découpée, un cœur arraché, un œil écrasé ou un bras broyé. Facile à obtenir.

-Tu me fais penser à un démoniste… Extrêmement mauvais… Arrête ! Tu vois bien que j’ai perdu… Relâche ton foutu sort.

-Pourquoi ?

-Bon sang je suis ton frère !

-Et ? »

Une amplification de la douleur fit se courber Rubis.

« Je ne relâcherais ce sort que lorsque tu seras inconscient.

-Monstre… »

Dans un sursaut de désespoir, il ramassa son épée et trancha les jambes de la fille, surprise. Il lui ouvrit la carotide et pointa sa lame sur son œil.

« Arrête ce sort, ou tu ne verras plus jamais la lumière du jour ! »

Le sort de dissipa. Rubis regarda le visage marqué par la peur de sa sœur, puis hurla :

« Des secours d’urgence ! Vite ! Hémorragie importante à la carotide !! Chevilles tranchées ! »

Un souffle de lumière frappa la fille et la soigna en un temps record. Même Inquisatus n’était pas capable d’une telle prouesse. La fille se releva, puis gifla son frère.

« T’es malade ? T’aurais put me tuer !

-Toi aussi. Tu sais ce que c’est cette souffrance ? Le vaudou ! Franchement ! T’as rien à envier à Archinturcus ! Moi qui te pensais au plus bas, tu touches le fond et tu continues de creuser. Tu me dégoutes en fait. »

Il s’éloigna.

« J’ai vraiment du boulot pour te remettre sur le droit chemin.

-Je ne t’ai rien demandé !

-Moi non plus, et surtout pas ton avis ! »

Il rentra à sa loge. Finalement, ses affaires étaient sur le lit initial, à coté de celui de sa sœur. Il s’assit et remarqua une plume dorée qui brûlait sans fin sur le sol. Il sortit prendre l’air. Il devait être le milieu de l’après-midi. Il remarqua alors que sa sœur furieuse se diriger vers lui. Il décida alors de partir. Il prit la direction du temple draconien sans vraiment y prêter attention. Il regarda le sol défiler sous ses pieds avec un air abattu. Il veillait sur sa sœur avec une attention presque divine, et elle l’avait rejeté. Elle l’avait torturé par son vaudou. Il ne savait plus quoi faire, sinon la soumettre à sa volonté pour la protéger, et il n’en était pas question. Si elle ne s’ouvrait pas à lui, il ne rester plus qu’à forcer l’entrée, autrement elle s’enfoncerait sans cesse. Il parvint jusqu’au temple et le remarqua au sol de pierre, et non de terre.

« C’est quoi ce… Bah, peu importe. J’vais me changer les idées. »

Il passa les immenses portes et ne put s’empêcher d’admirer les magnifiques statues de marbre finement ouvragées qui ornaient la salle illuminé par le soleil au travers d’un vitrail. Puis son attention se porta vers une gigantesque stèle faite d’or qui semblait ne pas faire parti du mur, mais plutôt y être raccroché. Dessus, quatre textes étaient gravés en plusieurs langues. Une phrase de stupéfaction échappa aux lèvres de l’enfant :

« Ça en jette grave ! »

Il devina sans peine que le texte était le même en plusieurs langues. Il vit que l’un était en Leilos. Il parvint à reconnaître un caractère démonique qu’il avait vu chez Dimention, sur un parchemin qui traînait par terre. Il reconnut également un caractère draconien, mais le dernier, il ne connaissait pas la langue. Il lut :

« Ici repose les cendres du Phénix, vainqueur du Grand Basilic. Il sauva le monde… »

Il sauta quelques lignes.

« Paix à son âme. Paix au monde des dragons et des hommes. »

Il passa dans la salle suivante et remarqua une épée posée sur une tombe. Une épée d’homme. Il voulut la prendre et fut surpris par le poids démentiel de l’arme. Elle était plus lourde que le Fendium. Elle devait bien peser une dizaine de tonnes.

« Y’en a pour se battre avec des machins pareils ? »

Il continua et vit une armure de dragon orné de joyaux. Elle était d’or et de diamant.

« C’est solide ça ? »

Il jeta son épée dessus et la fissura.

« Oh mince ! J’espère que y’a personne ! »

Il s’approcha de son épée lorsqu’il et entendit une sorte de sifflement obsédant. Il se boucha instinctivement les oreilles sans résultat. Il s’éloigna, puis entendit une voix semblable un chuintement :

« Ruuubiiiiiiiiis

-Hein ? Qui va là ? »

Il n’eut pas de réponse. Il voulut sortir lorsqu’il perçu de nouveau le sifflement. Cette fois, il avait l’impression que le son provenait d’une salle. Il était clair que le danger guettait et que lui, qui n’était pas un dragon, n’avait pas à se trouver là. Pourtant, il voulut continuer, comme si un désir lui brûlait le cœur. Il pénétra dans la pièce. Le sifflement était de plus en plus obsédant. Il ne remarqua pas qu’il se trouvait dans un endroit sombre, il vit sans peine un statue pour le moins banale de dragon. La sculpture de bronze avait la gueule ouverte, montrant ses effroyables crocs. Au premier coup d’œil, il ne vit rien, mais en regardant de plus près, un croc était différent. Il n’était pas en bronze, mais en ivoire.

« TOUCHE-LE !! »

Sans pouvoir s’en retenir, il porta la main au croc… Et le regretta amèrement. Une explosion de souffrance traversa son corps de part en part. La douleur ne semblait ne pas avoir de fin. L’agonie sans pareille le sonna soudain d’un coup, puis il se sentit s’effondrer sur le sol et perdre connaissance.

 

Lorsqu’il se réveilla, se lever lui semblait une épreuve insurmontable, un véritable supplice. Il avait mal dans tout le corps, à l’exception de la main droite. Ce contraste le poussa à regarder son bras comme si c’était la seule partie de son corps qui était anormale. Il sortit du temple en rampant de son seul bras et vit le soleil se coucher. Il soupira et pensa ramper jusqu’au village. Alors il se rendit compte que se lever lui semblait impossible, mais ramper d’un bras sur plusieurs centaines de mètres tout à fait plausible. Une force qui ne demandait qu’à être utiliser emplissait son bras. Il continua de ramper lorsqu’un dragon vert lui cacha le soleil un instant avant de se poser devant lui.

« Tu n’es pas venu dormir à ton logis, ou étais-tu ?

-Tu pourrais pas plutôt me demander comment je vais ? Je rampe, je te signale !

-Au moins, tu as l’air en forme.

-En forme ? J’ai mal partout sauf à mon tatouage… Mon tatouage ? »

Il regarda son bras, effectivement tatoué, puis pâlit.

« Mon père va m’tuer…

-Quel est ce tatouage ?

-J’en sais rien ! C’était pas là hier !

-Qu’as-tu donc fait ?

-Eh bien en fait… Tu vas rire !

-Raconte.

-Bah… »

Il tentait d’ordonner ses pensées lorsqu’il entendit :

« Ruuubiiiiiiiiis… »

Le garçon se releva d’un bond de surprise, puis s’effondra d’épuisement.

« Rien… Rien du tout ! Laisse tomber !

-Comme tu voudras. Je vais aller rassurer les autres. Besoin d’aide ?

-Non, ça ira. Merci… Euh ?

-Azurekaronirass.

-Azu quoi ?

-Apelle-moi Azurek. »

Le dragon vert s’envola vers la cité.

« Qui me parle ? »

Il n’eut pas de réponse. Il attendit, puis hurla :

« J’aurais du partir avec le dragon !! »

Il réunit assez de force pour se lever et se maintenir debout, puis il partit.

 

Il arriva à son logis. Il vit sa sœur dormir, s’étala sur son lit puis murmura :

« J’viens pas de me réveiller y’a même pas une demi-heure ? La vache, j’suis crevé… »

Il s’endormit.

 

Alors que l’esprit du jeune fils de l’empereur s’égarait dans le monde des songes, il se vit au bord d’une fontaine. Il regarda son reflet qui se troubla, et fit à son visage, avec une langue fourchue dépassant de la bouche ornée de crocs. La couleur de ses yeux lui donnait un air reptilien. Son regard était vicieux, agressif et intimidant.

« Ruuubiiiiiiiiis … Mon enfaaaant…

-Qui es-tu, ou plutôt qu’est-ce que tu es exactement ? Un dragon ??

-Non… Ne m’inssssulte pas… Ma race est sssssupérieure à ces bâtards ailés… Mes frèèères les Basilics ont été massssssacrés par jalousie par nos voisins les dragons… Non pas par jalousie, par PEUR !! Csssses lâches m’ont tendu un piège car ils me craignaient, et une fois que je fus enfermé, ils ont sauvagement extermiiiiinés mes semblables en me croyant mort… Mais ils avaient toooooord !! Je ne mourrais jamais pour si peu… Tu m’as libéré de mon tourment éteeeeeernel… Je t’en remerciiii infiiiiiniment… Pour ta récompense, je ferais tien mon pouvoiiiiiir… Le pouvoir du Grand Basilic !! Mais en échange… J’aimerais que tu accomplisssssse ma vengeance… »

Rubis passa sa main devint sa bouche par s’assurer qu’il n’avait pas une langue fourchue ou des crocs, puis répondit :

« Ce n’est pas exactement la version que je connais… Tu n’as pas été défait par…

-Siiiiilence ! Calomnie dragonne… Les dragons sont aussi pervertis que ta sœur… Oooooh, ta propre sœur est bien bas… Tu aimerais l’aider ? Non… Tu aimerais qu’elle t’aime ! Je peux t’aider… Les femmes aiment les gens qui ont une grande… Puissance ! Tu es impuissant toi… Sans jeu de mots.

-Ce… Ce n’est pas ça, c’est fraternel.

-Mensooooooonges !! Tu ne peux rien me cacher… Mais puisque tu ne veux pas de moi…

-Non attends ! »

Son reflet sourit.

« Tu veux ssssson amour…

-Non, je veux avant tout l’aider.

-Si elle t’aime, elle fera touuuut pour te mériter… Si elle t’aime, tu la sauveras… Elle sera libérée de la drogue… Puis tu l’amèneras dans ton lit pour…

-Arrête !

-Alors je pars.

-Non !

-Tu me rejette, je le vois dans tes yeux.

-Tout ce que tu peux voir… C’est la peur… Je ne te rejetterais pas. Je le jure.

-Tes serments sont ssssans valeur… Seul un pacte pour t’accorder ma confiiiiiance… Seul le pacte pourra te donner mes pouvoirs immémoriaux !!

-Quel est ce pacte ?

-Ouvre-toi les veines au niveau de mon tatouage… N’ait crainte, mes pouvoirs refermeront la plaie.

-Ce n’est pas ce genre de plaie… Que je crains. »

Il saisit son épée et la posa sur son poignet.

« C’est tout ?

-Csssest tout…

-Mais… Ce n’est pas un rêve ?

-Les rêves… Sont la concrétisation de tes pensées… Pour preuve, regardes la Lune de ton royaume des songes, Améthyste y est gravée, avec un cœur…

-Euh ouais, c’est bon…

-Tu l’aimes… Dans le plus puuuuuur des amours… Cet amour n’a rien à envier celui de ton père envers sa femme… Oooooh mais je vois qu’il en a deux… Tu fais mine de t’en moquer mais…

-Arrête, c’est pas mes affaires…

-Mon pouvoir est trèèèès affaiblit… Maudits dragons. Je ne peux te parler qu’ainsi car le pacte n’est pas scéééélé… »

Rubis s’ouvrit les veines sans la moindre grimace de douleur.

« Enfin… Aaaaaaah… On se reverra à ton réveil… BONNE NUIT »

Le reflet jaillit de l’eau et disparut dans le ciel.

 

Améthyste se réveilla la première. Elle vit son frère et se renfrogna. D’un geste fluide, elle se leva et se mit face à lui.

« Rubis, sale enfoiré, pourquoi t’es pas venu hier ? C’est pas que tu m’as manqué, loin de là ! Mais j’exige des explications ! »

Le garçon ne se réveilla pas.

« Rubis ! »

Elle n’eut pas de réponse. Elle saisit sa table de nuit pour frapper son frère lorsque celui-ci murmura dans ses songes :

« Améthyste… Arrête Améthyste… J’ai mal… Arrête… »

Des larmes perlèrent aux coins des yeux de l’enfant endormi.

« Améthyste… Non Améthyste… Pas la drogue Améthyste… Si seulement tu savais… Je veux t’aid… »

Elle le frappa avec force.

« Je t’interdis de rêver de moi !! »

Il se réveilla en sursaut.

« Hein ? Quoi ? Où est le basilic ?

-Quoi ?! Dans tes rêves, je suis un reptile !

-Toi et mes rêves ? J’ai rêvé de toi ?

-Et tout haut ! »

Elle le frappa de nouveau, mais Rubis saisit la table et la brisa sans peine de sa main droite.

« Rah ! Tu es allé te faire tatouer !!

-Hein ? »

Améthyste saisit des composants dans son tiroir brisé.

« Plaie d’agonie ! »

Rubis fit un geste de la main devant lui et balaya le sort. Il ne le remarqua pas, Améthyste non plus, mais son tatouage venait de s’allonger très légèrement le long du bras.

« Qu… Quoi ? Fit la fille.

-On se reverra. »

Rubis ouvrit la porte d’un coup de pied et disparut.

 

Il se dirigea immédiatement vers le terrain d’entraînement et y trouva Yruha, le dragon qui devait superviser son entraînement et qui était un très bon ami du Seigneur-Croc. Instinctivement, Rubis mit les bras dans le dos pour cacher son tatouage.

« Salut Yharu !

-C’est Yruha.

-Autant pour moi.

-Où étais-tu passé hier ?

-Euh… C’est personnel.

-Je vois… Avec un dragon ?

-Mais qu’est-ce tu vas inventer !

-Bon, on va reprendre l’entraînement. »

Rubis s’éloigna sur l’aire de combat en murmurant :

« Pas futé, le dragon millénaire ! »

Il commença à s’échauffer, puis sa sœur arriva een lui hurla :

« Rubis !!!!!

-Améthyste !!!!!

-Pourquoi tu me gueules dessus ?

-Bah, t’en fais autant !

-Mais je vais te… Rah ! »

Elle ne prit pas le temps de s’échauffer et se mit en garde. Rubis n’en prit pas la peine, il chargea.

« Une attaque de front ? Risible ! »

Elle ouvrit son sac et en sortit une bouteille de sang, une dent de furet, une nageoire de truite argenté et des tripes de chauve-souris. Elle les jeta en l’air et jeta un sort dessus, une vive lumière illumina le terrain et fusa tel une boule de feu ardente vers Rubis. Le garçon croisa les bras, le bras droit au dessus, et dissipa le sort en une épaisse fumée. Améthyste fut aveuglée et ne put voir qu’un poing s’écraser sur sa mâchoire. Elle fut éjectée de la fumée et le dragon la rattrapa. Rubis affichait toujours un air sévère et combatif, gardant sa position de frappe. Améthyste, elle, s’était recroquevillée dans la patte du dragon en tremblant comme une feuille morte. Yruha la soigna sans peine, mais ne put résorber la totalité de la blessure, et laissa un hématome noir.

« On m’avait précédemment dit que ta sœur t’avais maîtrisé lors de votre dernier affrontement, visiblement tu as progressé ou mis en place une nouvelle technique. Aurais-tu disparut pour t’entraîner ? Mais peu importe. Seul le résultat compte.

-Seul le résultat compte ? Hurla la fille. Il m’a terriblement blessé !

-Tu t’es pas gêné la dernière fois ! Répondit Rubis sous l’emprise de la colère. Moi, je ne t’ai pas foutu une plaie d’agonie ou je ne sais quel rituel de souffrance ! Je t’ai juste foutu un pain dans la mâchoire et toi t’es incapable de contenir un coup si banal ! Tu es faible !

-J’suis une fille, et je suis ta sœur !

-Et l’égalité des sexes ? Et si t’es ma sœur je suis ton frère, ça t’as pas empêché de me torturer hier ! »

La rage se peignait de façon de plus en plus expressive sur le visage d’Améthyste, mais elle savait qu’elle était en tord. Elle se dégagea de la patte du dragon et s’enfuit.

« Qu’on me trouve un adversaire un peu plus tenace ! Hurla Rubis suffisamment fort pour que sa sœur l’entende.

-On va te trouver ça, répondit Yruha. Ce sera contre moi.

-Euh… Pas fou, non ?

-Bon, on va se débrouiller… »

 

Elle quitta Drak’thoeur pour aller au village humain le plus proche. Elle trouva une ville qui était un carrefour de commerce entre les dragons et les humains. Elle s’assit sur un puits et regarda à l’intérieur. Elle récita une formule et enflamma les eaux grâce aux quelques composants qui flottaient dedans. Elle s’éloigna sous les regards intrigués. Elle se dirigea instinctivement vers les coins sombres de la ville en recherche de divertissement extrêmes, de drogue. Elle entra dans un établissement s’assit au comptoir.

« Qu’est-ce que je vous sers ?

-Drogue forte. »

Le barman fit tomber un verre sous la surprise, puis sourit.

« Précisez votre idée ?

-Ce qu’il y a de mieux. »

Il alla à l’arrière boutique, puis revint. Il vit alors qu’elle fouillait dans la poubelle et qu’elle posait sur le comptoir des éléments sanglants.

« Vous faites quoi là ?

-J’me calme. »

Elle enflamma le poisson éventré, l’os brisé et le fond de sang, et bien sûr la moitié du comptoir.

« Vous êtes folle ? Mon comptoir !! »

Le feu disparut d’un geste de la main de la fille.

« Je sais ce que je fais. »

Le tavernier posa la drogue devant la fille, puis repartit. Il alla chuchoter à un homme un peu plus loin :

« J’en ai trouvé une.

-Forte ?

-T’es myope ? Très. »

Il revint. Améthyste s’était déjà injecter la totalité de la marchandise.

« T’en veux plus ?

-Bien sûr.

-Alors viens. »

Elle se leva et changea la coupe de vin de son voisin en sang. Ils allèrent derrière la boutique, dans une sorte de sous-sol et sortit une boîte de cigarette.

« Fume ça.

-C’est quoi ?

-De la dracoïne. »

Elle le mit en bouche, puis demanda :

« T’as du feu ?

-Tu peux pas en faire ?

-Y’a pas les ingrédients ici, bouffon. »

Elle enflamma sa main et alluma la cigarette.

« Je croyais que y’avait pas les ingrédients ?

-Magie élémentaire, crétin. Le vaudou, ça défoule, mais je me contenterais de ça. Je préfère voir des flammes vertes et brûlantes plutôt que cette flamme ridicule et rouge, mais tant que ça marche… »

Elle jeta un regard blasé au tavernier et inspira profondément. Elle écarquilla les yeux et laissa tomber sa cigarette. Elle la rattrapa au vol et la remit, et inspira de nouveau. Elle ressentit une sorte d’extase suprême, un  plaisir si intense que son cœur battait à une vitesse non-viable pour un Homme normal. L’affliction qu’elle avait ressentit venait de se transformer en bien-être fantastique. Tout était merveilleux, puis elle perdit la raison.

 

Trois dragons verts avaient déjà été défaits par Rubis, et c’est maintenant un dragon d’or centenaire qu’il combattait. Il esquiva un coup de croc, para la patte griffue, passa sous le ventre de la bête et lui enfonça son épée entre les côtes. Le dragon s’envola et regarda la blessure négligeable qu’il venait de subir.

« Pas mal, tu as put percer mes écailles. Mes félicitations. L’entraînement est fini pour aujourd’hui.

-Ok. Où est passé ce monstre qui me sert de sœur ?

-Je ne sais pas. On m’a rapporté qu’elle est partie vers le Nord.

-Je ferais mieux d’aller voir ce qu’elle magouille.

-Elle ne s’est pas mêler de tes affaires lorsque tu as disparu.

-Hé ! Je suis un ange gardien, peu importe si elle m’aime ou me haï, je serais toujours là pour veiller sur elle ! J’ai pas besoin qu’on veille sur moi.

-Tu la sous-estime, elle est très forte.

-ça ne change rien à son caractère. J’y vais pour qu’elle ne provoque pas un nouveau cataclysme ! »

Il partit vers le Nord lorsque son tatouage le brûla.

« Tu ne veux plus… Te battre ?

-J’vais pas me laisser dicter ma conduite ! »

 

Dans le sous-sol, on donna à Améthyste un parchemin d’incantation et des composants par dizaines, et on lui ordonna de lancer le sort. Sous l’influence de la drogue, elle obéit avec le plus grand des plaisirs. Des éclairs fendirent la salle au fur et à mesure que le rituel avançait.

« Il faut un sacrifice ! »

Il pointa du doigt au hasard un des membres de la secte et il mourut dans d’atroces souffrances. Le rituel continua et une forme ressemblant vaguement à un serpent apparut. Un autre membre s’effondra et des ailes apparurent à la forme. Le flou partit, dévoilant un serpent à plume ailé. Les plumes tombèrent, laissant place au Grand Rakkah.

« Enfin liiiiiiiiiibre ! »

Améthyste sourit et tira de nouveau sur la cigarette avant de tomber à genou sous l’effet de la drogue. Elle ne sentait pas la douleur inhumaine, ce n’était plus que du plaisir.

« Je suis… Revenu ! Merci à vous, insignifiants mortels. Améthyste, toi qui m’a invoqué, relève-toi ! Je t’épargne dans ma grande bonté… Je te tuerais en dernière. »

La fille se remit debout et lui sourit. Rakkah hurla et chaque membre de la secte tomba un à un. Il regarda la fille et la drogue déserta le corps d’Améthyste, une peur sans nom l’envahit. Elle recula, puis s’enfuit sous l’effet de cette terreur animale, primitive, le simple instinct de survie. Il était plus qu’évident qu’elle ne pouvait pas s’opposé à ce qu’elle avait invoqué sans le savoir. Elle ne se souvenait de rien, juste d’avoir fumé.

 

Seul le chef de la secte était encore debout. Il se mit à plat ventre en hurlant :

« Maître ! Vous nous aviez promis de nous épargner ! Vous nous aviez promis puissance et richesse !

-J’ai menti ! »

Il se tordit de douleur dans une flaque écarlate, puis la vie quitta son corps. Rakkah regarda autour de lui et vit Améthyste fuir. Il se jeta à sa poursuite. La fille était une bonne magicienne, mais ses performances physiques étaient plus que limitées. Il lui était impossible de fuir la surpuissance qui la pourchassait. Une lumière verdâtre illuminait l’horizon. Rakkah cria :

« Je te tieeeens ma peti… »

Un coup monstrueusement puissant le dévia et sa trajectoire et sauva de justesse la vie de la fille qui continuait de courir. La lumière se dissipa, faisant place à Rubis. Son tatouage avait progressé et lui recouvrait déjà le bras jusqu’à l’épaule.

« Tin Améthyste qu’est t’as foutu encore ? Déjà qu’avant t’étais pas brillante, on atteint des profondeurs abyssales ! Basilic, t’es toujours là ?

-Où veux-tu que je soiiiiis ?

-Bien, il est temps de m’aider. »

Il se jeta sur Rakkah et esquiva ses griffes aiguisées. Il passa derrière lui et para un coup de queue, il planta son épée dans le dos et Rakkah hurla de douleur, il se retourna et lui mit un terrible uppercut.

« Merde, c’est pas suffisant !

-Besoin… De plus d’aide ?

-Ouais !!

-Ouvre-toi à moi. »

Le tatouage progressa jusqu’à son cœur et déborda sur son visage. Il se mit à quatre pattes, ses yeux étaient reptilien, il avait des crocs et une langue fourchu, tel le reflet qu’il avait vu. Une queue poussa dans le bas du dos.

« 2e round, go ! »

 

Améthyste courait toujours dans sa peur. Elle ne s’était même pas retourné pour voir son frère lui sauver la vie. Elle se cogna sur une masse qui résonna en un bruit sourd, un dragon.

« Où vas-tu, fille ?

-Je… Je m’casse !

-Tu dois y retourner.

-Jamais ! T’as pas vu la monstruosité qu’il y a là-bas ?? Comment il est arrivé là ?

-C’est toi qui l’a invoqué. Tu as commis l’erreur stupide de consommer de la dracoïne, mais peut importe. Ce Rakkah n’est rien, tu peux le vaincre. L’important est : Où est Rubis ?

-Il est là-bas, il le combat.

-Alors tu dois vraiment y retourner, pour sauver ton frère.

-Je n’ai aucune chance face à ce monstre !

-Le monstre ? Ce n’est qu’un gêneur, tu dois sauver Rubis de lui-même.

-Kesturakonte ?

-J’ai fait des recherches, le tatouage est la marque du Grand Basilic. J’ignore comment il est arrivé là, mais il faut sauver Rubis de son emprise. La puissance ne sera pas de mise, seul Rubis doit lutter. Néanmoins, il aura besoin de tout le soutien moral que tu pourras lui apporté.

-Mais pourquoi moi ? Je passe mon temps à le rejeter ! Vas-y, toi !

-Je ne suis ni son frère, ni l’élu de son cœur. C’est à toi que reviens cette tâche. Retournes-y, autrement, le Grand Basilic reviendra semer la terreur et l’affliction.

-Mais…

-Retournes-y, ou plus personne à des kilomètres à la ronde ne verra de lendemain. »

La fille recula de peur. Le dragon venait de lui demander l’irréalisable. Elle n’avait pas le courage de retourner assister à ce combat. Elle entendit un cri animal et vit Rubis malmener Rakkah dans une position qui lui rappela un serpent. Elle inspira profondément, puis partit dans sa direction.

 

Rakkah peinait à suivre les mouvements de Rubis. L’enfant d’une quinzaine d’années lui barrait la route après des siècles d’errances et d’attente.

« Sale gosse ! Tu vas mourir !

-Il faut se battre correctement pour ça ! »

Rubis le chargea et lui arracha un bras. Rakkah hurla de douleur. Dans une tentative désespérée, il tenta de faucher Rubis qui lui saisit la queue et tira dans sa direction, amenant le monstre vers lui et le décapita dans une fontaine de sang. Le corps de Rakkah s’effondra dans un grand bruit. Améthyste arriva et vit son frère de dos.

« Rubis ! »

Il se retourna et dévoila son visage animal à moitié recouvert de tatouage. De la bave franchissait ses lèvres bordées de crocs.

« Améthyste…

-Elle n’est rien ! Elle te rejettera toujours ! Tu es un monstre à ses yeux ! Elle doit… Mourir ! Tue-la !

-Améthyste… Meurs ! »

Il se jeta sur elle lorsqu’une boule de feu ardente le repoussa. Un cri perçant couvrit le hurlement bestial de Rubis. La boule de feu se calma et laissa place à un immense oiseau enflammé : Le phénix. Les flammes qui l’entouraient grandirent pour intimider la bête en Rubis. Les yeux du phénix n’avaient pas de pupille et inspirent à Améthyste un nouveau sentiment de terreur.

« Basilic !

-Phéniiiiiiix ! Tu étais mort !

-Le phénix renait de ses cendres, je viens apporter mon soutien à ce jeune garçon que tu corromps !

-Je ne corromps persssssssonne, Rubis s’est rallié à ma cause.

-Ne me prend pas pour un idiot, le phénix est omni conscient.

-Tu es également bien vaniteuuuuuux, même un dieu n’est pas omni conscieeeeeent.

-Qu’importe, être perfide, relâche ton étreinte maléfique sur le jeune homme !

-Pourquoi aides-tu ssssssscet enfant ? Qu’est-il pour toi ?

-Je vois les hommes. Je les vois s’entretuer à petit feu. Mais il y a des hommes droits comme lui pour relever les autres. Il aide sa sœur en sachant très bien qu’elle le rejettera éternellement, mais peu lui importe, même s’il n’obtient que malheur, il continuera de la protéger sans faute. Je ne te laisserais pas corrompre un tel homme ! L’amour pur qu’il éprouve pour cette garce qui lui sert de sœur est au-delà de la compréhension humaine !

-Tu trouveraiiiiiiiiis de l’humanité à n’importe qui, même au Sssssssssseigneur-Croc, tu es bien trop booooon pour correctement juger les hommes. Ssssssssseul moi, je suis juge, ssssseul un être aussi puissant que moi peut savoir ce qu’est le mal et le bien, et je faiiiiiis le bien ! Toi, tu n’es qu’un être surpuissant qui se croit maître du monde et de la bonté !

-Il est temps de voir qui a raison. Relâche ce jeune homme et viens m’affronter !

-Tu ssssssssssais que je ne peux même pas, mais viens donc tuer le garçon que tu semble tant estimer !

-Puisque c’est ça, j’arrive ! »

Il disparut dans une grande flamme et entra dans Rubis par la voix orale. Aussitôt, des ailes de feu lui apparurent dans le dos alors que le tatouage gagnait du terrain. Les crocs se firent plus gros et la langue plus longue, et du feu franchit ses lèvres. Les yeux de Rubis reprirent une forme humaine. Ils se remplirent de larmes de douleur. Améthyste ne mit pas longtemps à comprendre que même si le phénix aidait Rubis, sa puissance le consumait de l’intérieur tant elle était grande. Elle réunit des composants restants de sa précédente invocation et tenta de soigner Rubis, terrain de lutte entre deux surpuissances. Contre-blessure, guérison mineure, sortilège anti-feu, mais bien qu’elle retarde les blessures, elle ne pouvait suivre cette vitesse de combustion. Prise de panique, elle hurla :

« Rubis ! Je t’en supplie meurs pas ! Ne me laisse pas !

-Silence ! Répondit son frère de sa voix corrompue, disparais, objet de mon malheur ! Tu n’es que… »

Il se plia de souffrance, puis reprit d’une voix saine mais agonisante :

« Non… Reste, je t’en supplie, continue… »

Du feu lui coupa la parole en lui traversant la bouche. La quantité de composants s’amenuisait. Les crocs se fissurèrent, puis tombèrent. Le tatouage rebroussa chemin et les ailes de feu furent plus grandes. Les os de Rubis étaient maintenant visible tant il brûlait. Sa peau était noire. Il hurla soudainement et une immense colonne de flammes vertes s’éleva dans le ciel et perça les nuages. Une pluie torrentielle commença. Le tatouage disparut entièrement, et le hurlement cessa. Rubis s’effondra tout en brûlant, malgré la disparition du Basilic, le phénix était toujours en lui. La pluie sembla calmer les brûlures. Améthyste lui prit la main qui tomba à moitié en cendre.

« Rubis ? Rubis !! Tu es toujours là ? Rubis ! Je regrette Rubis ! Ne meurs pas ! Ne meurs pas ou j’te tue !

-Améthyste… Je sais que c’est fini… Il faut que tu saches… Je… Je…

-Ne parle pas ! Rubis !

-Il faut que tu saches…

-Silence ou je te gifle !

-Je… »

Il s’évanouit. Améthyste fondit en larmes alors que les dragons arrivaient du plus vite qu’ils pouvaient. Ils se posèrent en un grand fracas, mais la fille ne les entendit pas, elle regardait fixement le visage inerte de son frère qui continuait de brûler. Un dragon d’or si puissant qu’il était incrusté de joyaux le soigna d’un souffle doré. Les brûlures disparurent, quel magie que ce pouvoir de guérison. Le dragon lança :

« Phénix…

-Je suis là.

-Sors vite ou tu vas le tuer !

-… Je suis coincé. »

Le dragon resta interdit.

« Scelle ma puissance ou il est condamné, et moi avec. »

Le dragon opina, puis hurla des ordres en dragon. Des dragons d’or l’entourèrent. Le dragon posa une patte griffue sur le ventre de Rubis pendant que les autres dragons l’entouraient en chantant on ne sait quelle formule magique. La douleur commença a reflué du cops de Rubis, pour se centrer uniquement à l’endroit ou la patte du dragon était. Au fur et à mesure que la souffrance se faisait moins forte, les marques d’un sceau ressemblant à celui de son père apparaissaient. Puis il n’y eu plus rien.

 

Il ouvrit les yeux, plus de douleur, il détecta la présence d’une personne à sa droite.

« Il est réveillé ! Rubis sa va ? Comment tu te sens ? Tu m’as fait super peur hier ! »

Rubis était complètement sonné. Il se cacha sous les draps par reflexe et voulut s’endormir. Améthyste lui arracha la couverture et se pencha sur lui.

« Hé ho !

-Hum… J’veux dormir…

-J’veux bien croire que t’as pas mal bouffé en peu de temps, mais tu dors depuis déjà 14 heures !

-Combien ?!

-14 ! T’es toujours avec moi ?

-Oui, oui, je suis là. J’dors pas.

-Non, c’est pas ma question. Tu es toujours de mon coté ?

-Hein ?

-Bon… Tu me haïs, je sais, je l’ai mérité, mais tu…

-T’es vraiment stupide… J’ai risqué ma peau un nombre de fois pas possible pour te protéger, j’aurais jamais fait ça si je te détestais !

-Je le mériterais, tu devrais me haïr.

-Aussi con que ça puisse paraître, je t’aime toujours… En-en tant que frère !

-C’est pas ce que le phénix a dit.

-Qu… L’enfoiré ! Il est où que je lui explique ? »

Améthyste désigna le sceau sur le ventre de Rubis.

« Ici.

-Si je le chope…

-Tu feras quoi ?

-Hein ? C’est le phénix ?

-C’est ce que j’ai dit ! Répondit sa sœur.

-Bah, laisse tomber.

-Donc pour revenir à me question. Tu m’aimes toujours ?

-Bien sûr. Je t’aimerais touj… »

Un dragon entra.

« Il faut… Ah j’dérange ? Je repasserais ! Améthyste n’oublie pas ta brosse à dents avant de partir ! »

Il repartit. Un silence gêné s’installa.

« On part ? Demanda Rubis.

-Oui. »

Il se recoucha. Il saisit par reflexe son traversin et posa la tête dessus. Aussitôt, sa sœur lui arracha. Elle s’assit sur le lit et embrassa son frère sur la joue.

« Faut vraiment partir.

-J’veux encore dormir… »

 

Le carrosse dans lequel voyageaient Rubis et Améthyste était parti depuis moins d’une heure. Il leur restait une demi-journée de trajet encore. Rubis, à moitié endormit à coté de sa sœur, regardait par la fenêtre pour tuer le temps. Il s’énervait contre lui-même, ses pensées étaient englouties de sang et d’affliction, de souffrances ou de cataclysmes. Il cherchait à se changer les idées sans y parvenir. Alors il regarda Améthyste. Elle aussi le fixait d’un air absent. Ses pensées, elles, étaient remplies de chagrin et de regret. Des larmes apparaissaient occasionnellement aux coins de ses yeux. Après plusieurs heures de route, à bout de nerf, il demanda :

« Améthyste ? »

L’intéressée mit un instant à sortir de ses pensées.

« Oui ?

-Je… Tu peux… Enfin je…

-Quoi ?

-C’est assez gênant…

-Tu veux me sauter ?

-Mais pas du tout !!

-Alors c’est forcément trop peu pour me choquer. Je ne suis pas aussi pure que toi…

-Je… Je peux te serrer dans mes bras ? »

Elle se jeta à son cou.

« Pas la peine de demander. »

Il l’enlaça.

« Je t’aime, Améthyste.

-Je sais. Puisqu’on n’est pas lié par le sang.

-En toute franchise, même avec des liens de sang, je t’aimerais.

-C’est de l’inceste ! Répliqua la fille en masquant un rire.

-Papa serait bien foutu de défendre l’inceste, c’est même pas illégal. »

Il la serra encore plus fort. Le temps parut moins long. Les minutes qui lui paraissaient des heures devinrent des secondes. Après de long moment d’hésitation, il relâcha son étreinte et l’embrassa. A ce moment, le carrosse s’arrêta et la porte s’entrouvrit. Le Seigneur-Croc entra.

« Salut les enf… fanyéçudézoley… »

Il ferma la porte. Les deux amants se regardèrent et entendirent Crystal demander :

« Qu’est-ce qui se passe ? »

Le Seigneur-Croc fit des gestes de mains désordonnés en prononçant des mots incompréhensibles. Rubis embrassa brièvement sa sœur et sortit.

« J’suis là.

-Je sais, répondit Crystal, je me doute que tu ne t’es pas envolé. Comment c’est passé ton séjour ?

-Mouvementé ! Entre le vaudou, le Basilic et le phénix… Riches en évènement.

-Les dragons m’ont parlé de tout ça, reprit le père, et sache que je suis plus fier de toi que jamais. Ta bienveillance sera récompensée.

-Elle… Elle l’est déjà… Dit Rubis en rougissant.

-Ah oui ? Fit Crystal.

-Euh ce n’est pas ce que je voulais dire ! Ce… »

Améthyste sortit et fit semblant de tomber sur son frère pour le jeter à terre. Elle lui murmura :

« Tu piques un phare, comédien du dimanche ! »

Elle se releva :

« Les dragons lui ont fait un cadeau, il a une nouvelle épée regardez ça ! »

Elle dégaina l’épée de son frère. Elle n’avait rien d’exceptionnel à part le joyau dans le manche.

« C’est pas beau ça ? Bon j’ai faim ! »

La conversation complètement détourné avec une habilité hors du commun, Améthyste fit un clin d’œil à Rubis.

 

Au ciel, la Lumière regardait le monde depuis son paradis, au coté de Satan.

« Ton serviteur ne semble pas très obéissant, lança le diable.

-Il est vrai que c’est un crétin, répondit la déesse, mais il est fort.

-Il ne te sert pas, il n’en fait qu’à sa tête. Tu es sur qu’il ferais n’importe quoi pour toi ?

-Bien sur, c’est un crétin, mais tous se plieraient face à un dieu.

-Pas lui, je pense. Pas entièrement, du moins.

-Tu veux parier ? Je vais lui demander de tuer son fils, je l’en empêcherais au dernier moment bien sur, mais s’il le fait, j’ai gagné.

-J’accepte, mais que veux-tu parier ?

-Qu’importe. Je gagnerais.

-Ah j’en doute, mais va pour un pari d’ami. »

La Lumière joignit les mains.

 

Dans la salle du trône, le Seigneur-Croc tentais sans y parvenir de saisir les propos de l’amirale Kiérol.

« … C’est pourquoi ce flux disfractionnel de niveau 6 est instable en raison de la présence de cette déformation spatiale sous hyper-tension magico-phyisionomique à extrapôle magnétique…

-Houla… Et si on tape dedans ?

-Ne tapez pas dedans, sinon, voila ce qui va se passer ! La continuité temporelle de…

-Hé on va pas tout se retaper !!

-Mais comprenez que dans la mesure où l’espace spatio-temporel devient… »

Un rayon de soleil perça le plafond comme s’il n’existait pas. Une représentation de la Lumière illumina la salle.

« Seigneur-Croc.

-Ah, mon sauveur !

-Ton sauveur ?

-Tu m’as sauvé d’une terrible migraine. »

Kiérol sauta sur place d’indignation.

« C’est pas si compliqué !

-Silence ! Lui ordonna la Lumière, tu n’es qu’un échec !

-Hep ! Intervint l’empereur en retrouvant son sérieux, là on va pas s’entendre !

-Qu’importe, j’ai une mission divine à te donner. Tu vas, avec ton fils, gravir le mont Tsérêve.

-C’est tout ?

-Oui.

-Tu crois qu’j’ai qu’ça à faire ? Tu me prends pour ton chien ?!

-Comment oses-tu ! Je suis ton dieu !

-C’est ça, j’vais le faire, ton truc, mais franchement t’as pas plus constructif à demander ? J’sais pas, sauver le monde, protéger la veuve et l’orphelin, ce genre de truc…

-Tu feras ce que je t’ordonne ! »

La Lumière disparut. Le Seigneur-Croc frappa du pied et mit son Fendium sur son épaule. Il soupira et ordonna à un garde d’aller chercher son fils.

« J’espère qu’elle a une bonne raison. »

Peu après, Rubis arriva. Il était en vêtement de nuit et semblait endormit.

« Tu dors en plein après-midi ? Lui demanda son père.

-Ouais…

-La Lumière nous demande.

-Pourquoi ?

-Je sais pas.

-Je retourne me coucher…

-Aller, courage, on a un voyage pas possible à faire. Qu’ça à faire… »

 

Au ciel, Satan était écroulé de rire. La Lumière peinait à rester calme.

« Ton serviteur accorde beaucoup d’estime à tes ordres ! Lança le diable entre deux crises de rire.

-Silence !

-Il est encore plus insubordonné qu’un démon !

-Il obéit, n’était-ce pas l’objet de notre pari ?

-Il est vrai, il est vrai… Mais tout de même ! Tu crois toujours qu’il va buter son fils pour toi ?

-Il rechignera, mais il le fera. Personne ne reste debout face à un dieu, tous sont à genou devant moi.

-Je viens de le constater ! »

Il pouffa de rire à nouveau.

 

Après un jour de voyage, et une escalade aisée, le Seigneur-Croc et Rubis arrivèrent au sommet du mont Tsérêve où trônait un temple dédié à la Lumière. Cette dernière apparut dans un halo lumineux.

« Prophète-Roi. Je te demande un sacrifice.

-Ok, tu m’as venir ici, dans un désert complet, et j’dois trouver quelqu’un à buter ? Et mon fils dans tout ça ?

-Justement. Je veux qu’il vienne s’assoir à ma droite. Prophète-Roi, envoie-moi ton fils.

-Et comment ?

-Tue-le. »

Un vent tonitruant balaya la zone.

« Tu te prends pour qui ?? Aussi divine sois-tu, je refuse de tuer mon propre fils pour toi !

-Je ne te laisse pas le choix.

-Va te faire mettre ! »

Au paradis, Satan riait toujours plus fort en pointa la Lumière du doigt. Elle serrait les poings. Elle désigna son premier serviteur d’un geste et il se courba sous sa force mentale.

« Je t’ai crée, je te détruirais ! »

L’empereur se releva.

« Va mourir ! Viens te battre s’il le faut !! Je défendrais mon fils de ma vie !! Dieu ou démon, humain et animal, surpuissance ou poussière négligeable, jamais je ne prendrais la vie d’un membre de ma famille !

-Ton dieu, celui pour lequel tu luttes, te l’ordonne ! Fais-le !! »

Le Seigneur-Croc posa sa main sur l’épaule de Rubis.

« Inutile de rester, elle a pété un câble, on rentre. »

Ils firent demi-tour. Le visage de l’empereur affichait une colère retenue ni par la crainte, ni par le respect, mais par la pitié. Il avait pitié de ce dieu qui lui demandait l’impossible et l’inhumain, il lui demandait de commettre le pire crime, le genre de comportement contre lequel ce dieu doit lutter sans cesse.

« Tu oses me tourner le dos ?! Lui hurla l’apparition. A moi ? Moi qui jette la première pierre ?

-Tu n’es pas sans faute, déjà, et toi qui condamne sans procès, sache que d’autre dieu tel que Satan lui-même sont miséricordieux. Le diable ne pardonne qu’une fois, et toi, pas une fois. Tu m’aurais demandé de te décrocher la Lune, je l’aurais fait. Mais là, l’impossible est demandé.

-Sache pour ta gouverne, qu’il ne s’agissait que d’un test pour connaître ta servitude.

-Je ne suis pas ton serviteur, mais ton envoyé ! Je ne serais jamais à genou devant toi par crainte, je le serais pas respect et admiration. Je suis à genou devant Satan ! Lui est sympathique, lui ne me prend pas de haut, lui est divin ! Tu es plus bas que le très-bas ! »

L’halo disparut, laissant place à un homme ailé en armure. Il était armé d’une épée et d’un bouclier.

« Je suis l’archange Leïc, je viens venger l’affront que tu as osé faire à la Lumière. Tu as déjà constaté la puissance d’un de mes pairs. Mets-toi à plat ventre et peut-être que je t’épargnerais.

-Je suis le Seigneur-Croc, et je renie mon titre de Prophète-Roi si je dois servir ce dieu de misère !

-Un dieu a ses caprices. La guerre et la haine, voila ce que tu rends en échange que l’amour suprême que la Lumière vous donne.

-Viens te battre Leïc ! »

L’archange se jeta sur lui et le frappa si fort et si vite que l’empereur fut jeté à terre sur la violence du choc. Il extirpa sa tête du sol de roche et cracha du sang.

« C’est tout ? »

L’archange fit une grimace de surprise, puis dégaina avant de se jeter à sa gorge. Instantanément, le Fendium vint se mettre en travers de son chemin et brisa le métal divin avant d’être bloquer par le bouclier. L’archange tendit le bras et une lance apparut dans sa main. Les yeux du Seigneur-Croc se couvrirent de glyphes. Un torrent de puissance secoua la montagne. L’empereur trancha la lance sans peine et mit à terre l’archange. Il rengaina.

« Abandonne. Fuis pour ta vie. Tu n’es pas de taille. »

Son adversaire se releva et invoqua une grande hache à deux mains.

« Il est donc temps de me battre vraiment. »

Une aura lumineuse l’entoura. Il fendit l’air et passa derrière le Seigneur-Croc, puis soupira.

« Tel est ton châtiment. »

Du sang gicla à flot du corps de l’empereur dans un hurlement de souffrance. Il comprit alors qu’un archange était un adversaire invincible. Il regarda celui qui l’avait vaincu, puis son regard se déposa sur Rubis.

« Ce n’est pas fini ! Cria-t-il en se relevant.

-Alors subis le courroux divin. »

Un poussa un hurlement assourdissant en jetant ses dernières forces dans la bataille.

« Tu aurais dut obéir et rester chez toi à chanter des chansons d’amour. Un dieu ne se contredit pas.

-Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter ? »

Ils s’affrontèrent une dernière fois. Une onde de choc balaya la montagne et elle se fissura. L’empereur s’effondra.

« Merde… Lança-t-il à moitié mort. C’est balaise… Un archange…

-Ah ouais ? T’es stupide hein. J’ai cru que l’enfer s’était ouvert sous mes pieds… »

Son adversaire s’effondra à son tour. Cette fois, Satan ne riait plus. Il se rapprocha de la Lumière.

« Ce type est décidément surpuissant ! Il a vaincu un archange !

-Ce n’était pas mon meilleur, et ce n’est qu’un match nul.

-Il a fait force égale avec un archange !! Ce type a étalé Leïc !!

-Est-ce le chaos qui c’est incarné en lui ? Il détourne ses yeux du dieu éternel.

-Ce n’est pas le chaos ! C’est un successeur ! Il a la force que tu avais il y a 3 000 ans !! Si un jour tu épuises tes forces, il pourra te vaincre !

-D’où l’intérêt des archanges.

-A la vitesse où il progresse, il nous discréditera. Il faut intervenir ! Il faut créer des avatars pour répandre le respect et la crainte parmi les hommes ! Un avatar, ça va le calmer ! On s‘incarne sur Ethariane et on va voir s’il fait toujours le malin. »

-Satan, tu as constamment de bonnes idées. Nous ferons régner l’ordre. »

 

Le Seigneur-Croc dormait dans son lit. Ses blessures n’étaient ni démoniaques, ni ténébreuses, elles étaient angéliques. Rubis l’avait ramené à Trachéom, mais seule la force de son corps pouvait le régénérer à présent. Inquisatus ne pouvait rien faire. Sarasin fit son entré habituelle en fracassant presque la porte d’un grand coup de pied.

« C’est-ti que t’as battu un archange ?

-C’est-ti possible que tu frappes avant d’entrer ??

-J’ai fais des recherches… Non je plaisante, je le savais déjà. J’ai un vague classement des archanges. Le meilleur, c’est Michaël. Après, c’est Raphaël, ensuite… Bah j’en sais rien. Mais Leïc, c’est pas le meilleur. Te montes pas à la tête.

-Je sais où est ma place.

-Tu t’es foutu un dieu à dos !! Tu n’imagine pas leur pouvoir absolu !

-Absolu ?

-Oui ! Enfin non, leur pouvoir reste limité, mais on ne peut rien contre eux !

-Qu’est-ce t’en sais ?

-C’est peut-être pas un dieu qui m’a protéger le long d’ma vie, mais je connais leur puissance. J’ai eu un ami qui a fait le terrible affront de tenter de brûler le grand palais de Lumière Aralykalav ! Il s’est fait mettre en pièce sous mes yeux ! Au passage c’est un nom à coucher dehors. »

Un garde entra.

« Seigneur-Croc, une femme veut vous voir.

-J’suis occupé.

-Elle se prétend être la Lumière.

-Si la Lumière voulait me parler, elle ferait une apparition comme la dernière fois. Renvoie-la.

-Eh bien c’est-à-dire… On a essayé.

-« Essayer » ?

-Elle a envoyé valdinguer sans problème Øxymor.

-Quoi ?? J’arrive ! »

Il se leva et tomba face contre le sol.

« J’suis vraiment crevé… Dis-lui de venir. »

Il s’assit sur une chaise en prenant appuie sur son épée. Peu après, la femme en question entra. Elle était vêtu d’une robe simple, jaune très clair.

« T’es mignonne ! S’exclama Sarasin. Tu me donnes envie de… »

Il disparut un instant et la robe se taillada, exhibant le corps magnifique de la femme, mais étrangement, elle ne possédait pas de vagin. L’instant d’après, Sarasin avait traversé plusieurs murs d’un coup. La robe était indemne.

« Seigneur-Croc, veillez déjà à ce que ce pervers soit plus respectueux envers un DIEU !! »

L’empereur était scié. Bien que son ami ne se soit pas préparé au combat, le terrasser ainsi nécessitait une force monstrueuse.

« Je suis venu te rappeler à l’ordre ! Continua la femme. Je suis l’avatar de la Lumière, je suis la Lumière par interposition.

-Par inter-quoi ?

-Interposition, crétin ! Mets-toi à genou !

-Si je fais ça, je pourrais pas me relever. Il est super fort Leïc !

-Rah, ne me rappelle pas cet affront si tu tiens encore à la vie !

-Si j’tiens à la vie ! Elle est bien bonne ! Si tu voulais me tuer, tu l’aurais déjà fait, ce qui inclut deux possibilités, soit t’es trop gentille, peu probable, soit tu n’es pas la Lumière, bien plus probable ça.

-Comment te prouver ma divinité ? Je dois nous plonger dans un bain de sang ?

-Non, ça j’en suis capable et j’suis pas un dieu, et franchement la Lumière ne doit-elle pas protéger la vie au lieu de l’écraser pour faire place à son égo ? »

La femme frappa du pied et le château vibra.

« Tu continues de blasphémer !

-Je bla-truc pas du tout ! Tu es la Lumière, vendu à la gonzesse au fond de la salle, mais pourquoi tu fais un avatar ?

-Tu es décidément trop stupide ! Tu verras. Demande donc à Kiérol, elle t’expliquera, elle est largement plus intelligente que toi.

-Pas compliqué ça, il sera plus dur d’être plus fort que moi, mais plus futé, bof. »

La femme disparut. Sarasin revint en passant par le creux dans le mur.

« C’était qui ?

-La Lumière y parait.

-Sérieux ? Pas d’apparition, etc. ?

-Avatar il parait. Mais bon comme je l’ai dis, parait, parait, je suis sur de rien. Va me chercher Kiérol déjà.

-C’est quoi le mot magique ?

-Un adjectif qualificatif. Fais ce que je te dis, c’est un ordre.

-Non !

-… S’te plait !

-J’y vais. »

L’assassin partit. Le Seigneur-Croc réfléchissait à l’intérêt de créer un avatar. Cela lui paraissait totalement dénué de sens. L’amirale vint à son tour.

« Quoi ? Dit-elle en posa ses mains sur son ventre.

-Quel intérêt aurait la Lumière à créer un avatar ?

-Dans le genre direct, on fait pas mieux. Je suis enceinte, vous pourriez me proposez de m’assoir non ?

-Assis !

-Très drôle. Soit « x » la puissance de la Lumière et soit « y » la puissance de son avatar.

-Hein ?

-y multiplié par z = x.

-Hé stop !

-Il faut donc définir x, y ou z.

-Stop !

-Bon, x c’est la puissance de la Lumière.

-Ok.

-Y la puissance de l’avatar.

-Je vois.

-Et « z » le nombre de fois que l’avatar est inférieur à la Lumière. Donc si on multiplie la puissance de l’avatar par le nombre de fois où il est inférieur à la Lumière, donc y fois z, on a x la puissance de la Lumière.

-Je ferais remarquer que ce n’est pas la question que je t’ai posé.

-Répétez la question.

-Quel intérêt la Lumière a-t-elle de créer un avatar.

-Vu que l’avatar est plus faible qu’elle, le seul intérêt qu’il y aurait serait de faire régner l’ordre et de rassurer les hommes de l’existence de la Lumière… Mais son serviteur le plus puissant qu’il soit, c’est vous.

-Je ne la sers plus. Elle m’a terriblement déçu. J’ai même battu un archange ! J’suis trop fier. Blague à part, sinon comme je ne la sers plus, elle veut un dictateur, une surpuissance pour gouverner les hommes. J’ai la migraine là…

-Petite nature…

-J’vais buter quelqu’un, ça va me calmer.

-Monstre !

-J’ai plus besoin de tes conseils, tu peux disposer.

-Je veux bien rester moi. On pourrait…

-Là non, j’vais aller voir ce qu’elle magouille. Et ce, dès que je suis rétabli. »

Il s’allongea.

« Le temps va être long…

-On pourrait au moins discuter.

-De quoi ?

-A la dernière campagne, des rumeurs ont circulés, je suis sur que c’est faux mais… Il parait que certains de vos soldats se sont livrés au viol des victimes !

-Oui, c’est vrai. Complètement vrai.

-Quoi ?!

-Ben oui, quoi, c’est fait j’y peux plus rien ! J’les ai fait supplicier, les victimes vont bien mais sont un peu sous le choc, pis les autres soldats se tiennent à carreau.

-Méthodes radicales…

-Faut ce qu’il faut.

-Vous pouvez pas changer seul la nature du genre masculin.

-A cœur vaillant rien d’impossible. A destructeur rien de refusé. Bon et pour l’aut’ femme soi-disant Lumière ?

-Envoyez Sarasin, c’est un bon espion.

-Ouais… Saraz’ !! »

L’assassin entra, décrocha la porte et l’envoya sur son empereur.

« M’appelle pas comme ça !

-Tu m’appelles pas « Seigneur-Croc », tu trouves toujours un dérivé. Simple vengeance.

-D’accord Escé. Tu veux quoi ?

-Pas ce nom !

-Escé ? J’ai pas dit Escé ! Je t’appellerais jamais Escé ! D’ailleurs, Escé, je t’ai jamais appelle Escé ! Déjà parce que Escé, bah c’est Escé et ça colle pas ! Si je t’ai appelle…

-Merde !!

-D’accord Escé, alors tu veux quoi ?

-Va savoir ce que fout cette femme.

-Je m’approche pas d’elle ! T’es bien d’accord Escé ?

-Rah ! Va l’espionner !

-Si j’veux ! Escé.

-Seul Esgey et feu Essef peuvent m’appeler ainsi.

-Feu Essef, ça lui colle bien à la peau. Bon je ferais mieux de partir avant de me faire couper en deux.

-Excellente idée ! J’en ai assez de ta présence »

L’assassin prit ses jambes à son coup.

 

Dans une place publique d’Uniphy, Rubis et Améthyste discutait de choses et d’autres. Les gens passaient et trouvaient normal qu’un frère et une sœur parlent entre eux sans imaginer un instant le lien qui les unissait.

« … C’est pourquoi le vaudou est une puissance supérieure à la magie tout en étant plus limité.

-Tu sais Améthyste, répondit Rubis, je t’ai juste demandé si tu voulais boire quelque chose.

-T’es stupide, tu sais à quel point c’est puissant ?

-Et le phénix, c’est pas puissant ?

-Bien sur.

-Tu remarqueras que je t’ai épargné le cours sur le phénix.

-Rubis… J’ai envie d’un baiser.

-Améthyste, nous sommes en public, les gens sont cons, ils nous croient liés par le sang, et même si nous ne sont pas réellement frère et sœur, ils penseront que…

-Tais-toi et embrasse-moi plutôt. »

Le garçon obéit et embrassa sa sœur. En face d’eux, à une table, des adolescents se levèrent. L’un d’eux s’approcha d’Améthyste.

« Tiens, une nouvelle conquête ? Ton propre frère ?

-On est pas du même sang. D’ailleurs fiche le camp, notre relation s’arrête là. »

L’arrivant recula de surprise.

« Mais tu es…

-J’arrête la polygamie. Mon frère réunit toutes les caractéristiques que je demande à mes amoureux. Tu feras passer le message.

-Mais… Tu as dis que…

-J’ai menti. Toi, t’es à peine bon au lit, ne parlons pas du reste. Aller, ouste. »

Rubis n’en revenait pas. Il porta sa main à sa tête pour vérifier s’il n’avait pas une fièvre lui provoquant des hallucinations.

« Je ne te savais pas polygame. Fini-t-il par dire.

-Tu sais peu de chose de moi. Mais je me contenterais d’un garçon et d’une fille. »

Rubis tomba du banc.

« D’une fille ??

-Tu ne sais pas que je suis bis ? Tu sais quelque chose sur moi au moins ?

-Tes affaires ne me regardent pas, du moins pas avant. Mais là, je suis assez surpris.

-J’ai besoin de la force d’un garçon et de la délicatesse d’une fille. Ne cherche pas plus loin.

-Tu me crois indélicat ? »

Il se leva et éleva la voix.

« Je ne suis pas un barbare comme notre père ! Je suis doté d’une raison, moi ! Je sais aussi respectueux qu’Inquisatus ou Kiérol !

-Tu ne peux pas comprendre, tu es un garçon.

-Mais… »

Il se retourna pour masquer une grimace. Il se sentait rabaissé. Il lança :

« J’ai à faire. A plus.

-A plus mon chou. »

Rubis partit en direction de l’infirmerie. Il trouva son père parlé sans fin avec Dimention.

« Papa, je peux te parler ?

-Bien sûr.

-En privé.

-Passe une bonne journée Dimention… Aller, salut !… Bon casse-toi. »

Le démoniste grommela, puis partit.

« Papa… C’est horrible.

-Quoi donc ? Demanda l’empereur en saisissant ses armes.

-C’est à propos d’Améthyste.

-Raconte-moi ça.

-Elle est… Polygame et bis.

-Je ne savais pas, mais ce n’est pas mes affaires. Ça te dérange ?

-Non… C’est son comportement et sa façon de l’être qui me dérange. Parfois, elle me dégoute. Pourtant je l’aime de tout mon être. Elle me fait rêver, mais elle… Là, elle a gravement insulté un garçon qui l’aimait et qui croyait l’être en retour. Mais il… Il n’était que son jouet… ça me dégoute. Elle… Surtout, elle veut un garçon et une fille en même temps… Elle considère qu’un garçon est force et une fille délicate.

-C’est à toi de lui prouver le contraire.

-Papa… Je la veux pour moi seul… Je suis pas comme toi… Je suis jaloux. »

L’empereur enlaça son fils.

« Bien sur que tu n’es pas comme moi, et c’est une chance. Tu aimerais me ressembler ? Je passe pour un monstre assoiffé de sang. Et il est vrai que l’horreur et l’affliction reste mes spécialités.

-Elle est immonde envers d’autre… Est-ce le mal qui s’est incarné en elle… Elle a détourné ses yeux du dieu éternel. Elle m’empêche de regarder vers le ciel. Je l’aime, mais je voudrais qu’elle change.

-N’essaie pas de porter à toi seul le fardeau de l’humanité. Tu n’es pas la source de tout mal ou toutes perversités. Elle est ainsi, c’est tout. Tu l’aimes, si elle t’aime autant, elle changera pour toi.

-Elle est parfois tellement immorale… c’est terrible de ne pas estimer celle que l’on aime. La désirer fait-il de moi un être aussi bas qu’elle ?

-Ne dis jamais qu’elle est bas. Elle ne l’est pas, elle est différente, voila tout. »

Rubis hésitait dans ses propos. Enfin, il se calma et s’assit sur la chaise. L’empereur ordonna à un garde d’aller chercher sa fille. Améthyste arriva peu après, accompagnait d’une autre fille d’une beauté sans pareille.

« Je veux te parler seul, que ton amie parte.

-Attends-moi dehors Angelia. »

Le garde ferma la porte.

« Améthyste, tu aimes Rubis ?

-Bah oui ! ‘Tin qu’est-ce t’es allé lui raconter ?

-Du calme. Intervint l’empereur.

-Balancer des conneries c’est le meilleur moyen de perdre mon amour.

-Ce n’est pas ça…

-Si j’te dégoute, casse-toi !

-La ferme !! Hurla l’empereur en fracassant le sol. »

Elle se raidit.

« Si c’est ainsi que tu parles à celui que tu prétends aimer, c’est pas de l’amour, c’est du désir charnel. Je m’oppose clairement à une union dénuée de sentiments.

-Tu compte buter combien de personne ?

-Aucunes, j’ai pas besoin de tuer pour changer les choses, mais ça peut se faire. »

Rubis passa derrière sa sœur en dégainant son épée, puis rengaina.

« Rubis, sale enfoiré !

-Je te protège.

-Qu’as-tu fait ? Demanda l’empereur.

-Mieux vaut que tu saches pas.

-Dis-moi.

-Disons que j’ai mit sur off un machin plastique qu’elle avait entre les jambes en coupant l’alimentation.

-Je… Je vois… »

Le Seigneur-Croc réunit ses forces et saisit sa fille par le col avant de la soulever de tout son long. A plus de deux mètres du sol et frôlant le plafond, Améthyste hurla :

« Rubis si je meurs, tout es ta faute !

-Assez ! Répondit le père. Si tu aimes ton frère, si tu l’aimes vraiment, tu dois écouter ton cœur.

-C’est à lui de s’adapter à moi, pas l’inverse ! Sinon, il peut postuler chez une autre ! »

Rubis posa sa main sur l’arme de son père.

« Pas touche. C’est pas ça qui changera quelque chose.

-Je sais… Améthyste, si tu écoutes ton cœur autant qu’il écoute le sien, alors tu connaîtras le plus grand des bonheurs, l’amour suprême. Celui qui m’unit, moi et Crystal, ou moi et Kiérol.

-Je suis différente. Qu’il l’accepte.

-Je vois… »

Il posa sa fille et ouvrit la porte.

« Angélia c’est bien ça ? Entre je te prie. »

La fille s’exécuta. A peine eu-elle franchit la porte que l’empereur lui planta son Fendium à travers le buste.

« Alors Améthyste, à quoi penses-tu ?

-Qu’avec tes conneries, je vais devoir me trouver une autre fille !

-C’est pire que ce que je pensais. »

La fille remarqua que les pupilles de son père étaient blanches. L’illusion se dissipa. Angélia n’était jamais entrée et personne n’avait été tué.

« Dehors…

-Tu crois que ta morale me…

-Dégage d’ici ou un dieu ne pourra pas te sauver de ma fureur !! »

Immédiatement, Rubis saisit sa sœur et la propulsa hors de l’infirmerie.

« J’en ai assez de cette gamine… Elle est tout ce que je combats. J’en ai assez.

-Elle ne m’accordera jamais d’importance. Laisse tomber. Un ange gardien ne…

-Tu me gonfles avec ton ange gardien ! Moi, j’ai défoncé un archange y’a deux jours et la Lumière a pas tellement apprécié, alors les anges c’est bien beau deux secondes, mais faut arrêter le délire ! Un ange, c’est un homme ! Ça saigne, ça se blesse, ça se tue ! Si elle ne te renvoie rien en échange de ta protection, un jour tu te lasseras. Et tu auras raison.

-Je sais. Mais je continuerais jusqu’à ma mort. »

Il fit apparaître les ailes enflammées du phénix.

« Je suis l’ange de feu. Je n’abandonne jamais.

-Tu deviens mégalo. Ce que tu fais, c’est rester un martyr. »

 

La rumeur se répandait. Cette femme qui se prétendait être l’incarnation de la Lumière s’était rendue à la cathédrale d’Inquisatus. Elle avait réunit des fidèles et s’était proclamée impératrice de la Lumière, un nouveau titre au dessus de Guide de Lumière. L’empereur ne mit pas longtemps à vouloir intervenir. Il alla à la cathédrale et les gens s’écartaient sur son chemin à la vu de son visage marqué par la colère. La femme était en haut des escaliers qui menaient à l’entrée du lieu saint. Il monta à son niveau et lui jeta un regard égal.

« De quel droit oses-tu te prétendre dieu ?

-Du fait que je le suis. Pourquoi la religion t’intéresse soudain ? Retourne broyer des crânes dans ton château inondé de sang.

-Tu es peut-être la Lumière, mais pourquoi viens-tu parmi les hommes alors que tu m’as laissé seul face à Archinturcus ?

-Je voulais croire en l’homme, en ses capacités. Mais malgré mes interventions divines, tu as toujours, tu es toujours, et tu seras toujours noir. Je te retire mon privilège. »

Un torrent de flammes brilla dans les cieux. Rubis, ailés de feu, arriva devant la femme. Il n’avait pas de pupille et un souffle brûlant sortait de sa bouche. Ses cheveux virevoltaient de puissance. Sa cape brûlait sans se consumer et son visage exprimait clairement qu’il était possédé.

« Lumière ! Lança-t-il. Je connais tes craintes. Tu as peur ! Tu as peur que ce qui est arrivé à Sordna recommence avec le Seigneur-Croc.

-Phénix ! Je ne t’ai pas demandé ton avis !

-Tu as crée un avatar dans le seul but de maintenir les hommes dans le creux de ta main. Tu veux toujours tout dominer. Maintenant que tu as crée cet homme surpuissant, tu as peur de lui et tu veux le contenir, sinon le tuer !

-Paroles d’Antiquité ! Vous jalousez toujours les Dieux Universels ! Les temps originels sont révolus depuis l’Universalisation.

-Zeus était un bien meilleur dieu que toi ! Satan vaut mieux que toi ! Je regrette le temps des Dieux Originels ! Si Hadès était encore là, tu ne serais plus que poussière.

-Je suis plus puissante que Zeus ! Je suis plus puissante qu’Hadès !

-Exact, mais eux ont une puissance fixe. Chaque prière qui vient te renforcer…

-Stop !! Hurla l’empereur. Je ne comprends plus rien ! C’est quoi cette histoire de dieux originels ?

-Je vais te raconter l’histoire du monde… Répondit le phénix à travers Rubis. Je vais tout te raconter… Tu connais surement l’histoire de Zeus, Poséidon et Hadès, les trois dieux supérieurs de l’Olympe.

-Oui.

-Bien. Un jour, les dieux passèrent le flambeau. La Lumière prit la place de Zeus, Satan celle de Hadès. Mais les anciens dieux, les Dieux Originels, avaient crée les Antiquités. Le kraken, le phénix, les lames jumelles de l’Armageddon, tout ces surpuissances. Les Dieux Universels avait une puissance délimitées, pas les Dieux Universels, à savoir Satan et la Lumière… De son vrai nom… »

L’empereur ne parvint pas à entendre le nom original de la Lumière.

« Chaque prière les renforce, chaque acte divin les affaiblit. C’est pourquoi ils n’interviennent jamais directement !! Ils détestent puiser dans cette force. Les nouveaux dieux ont crée la Magie. Sordna est le plus puissant des mages qui fut. Il parvint à asservir un dieu mineur. La Lumière le tua et depuis ce jour, les dieux craignent qu’un homme vienne les détrôner. La Lumière, Satan, tous les dieux ont peur de toi ! Ils ont donc envoyé un avatar pour te réduire au silence. Hors, il n’est pas question que cela soit ! Je veux me battre pour que les Dieux Originels reviennent !

-Belles paroles, phénix ! Répondit l’avatar de la Lumière. Mais personne ne peut m’égaler ! Et surtout pas un homme. Même toi, qui es l’une des plus puissantes Antiquités, n’est rien comparé à moi.

-Je comprends… Murmura l’empereur. Vous n’avez pas à vous en faire. Il n’y pas de raison, je ne veux pas vous détrôner. Je ne veux pas de la place d’un dieu. Je veux que les hommes soient gouvernés par des hommes, comme ce fut toujours !

-Le monde vit grâce à l’intervention des dieux ! Répondit la Lumière. Si Lucy n’était pas allé implorer Satan de lui accorder un terrible pouvoir, l’âge des ténèbres ne se serait jamais fini ! »

L’empereur sursauta. L’Âges des ténèbres était la plus obscure période qui soi. Une guerre mondiale ayant réduit la population planétaire de 7 milliards à un milliard. Il l’avait vu, Lucy était la secrétaire du diable. Le phénix répondit :

« L’homme a ses mérites. Terreur, l’ombremage le plus puissant qui soit, a défait le kraken ! Il est maintenant le sous-chef des enfers, assis à la droite de Satan !

-Cet homme que l’on nomme Seigneur-Croc, hurla la Lumière, n’est que le chaos ! Il détruit tout ! Il n’illuminera jamais l’Histoire, il la tâchera de sang. Il me doit tout, et il refuse de me servir !!! Je ne veux pas d’un prophète désobéissant ! Il est temps pour moi de prendre directement les choses en main… Et d’anéantir une Antiquité gênant ! »

Un éclair apparut dans la main de la femme et elle le lança vers Rubis. Le Seigneur-Croc le balaya d’un coup de Fendium.

« Tes problèmes avec le phénix, je m’en tape, mais pas touche à mon fils ! Le phénix est piégé en lui, je t’interdis de l’approcher !

-Tu interdis un dieu ! Moi qui croyais avoir tout entendu en des milliers d’années d’existence ! Ecarte-toi, que mon courroux divin s’abatte sur cette Antiquité !

-Plutôt mourir !

-Comme il te plaira. »

La femme claqua des doigts et le Fendium s’effaça entre les mains de l’empereur.

« Que… Quoi ??

-Je reprend ce que je t’ai donné. Cette arme, mais je ne t’ai pas donné que cela, je t’ai donné une âme ! »

Elle claqua à nouveau des doigts. Le Seigneur-Croc hurla d’une douleur inconnue sous les regards de la foule toujours présente. Il sembla résister à une force impalpable et s’en libéra.

« Je suis maître de mon être !! »

La femme fit un mouvement de recul. Son attaque était un échec, elle n’arrivait pas à prendre la vie du Seigneur-Croc. Elle vit apparaître un autre éclair qui se transforma en épée. Peu à peu, le Fendium revint. Il le souspesa, il était léger comme une plume. Fissuré, mais en pleine reconstruction. Il le planta derrière lui.

« Tu n’as pas crée ce Fendium. Lança la femme. C’est mon arme, la mienne ! Ce sera par la force des armes que je te mettrais à genou devant le dieu suprême !!

-Et ce sera par la puissance d’une Antiquités que tu mourras sur Ethariane !! »

L’empereur dégaina ses lames jumelles de l’Armageddon. Le phénix voulut intervenir mais le Seigneur-Croc l’en empêcha.

« Ce combat est le mien !! »

Les coups passèrent sans attendre le mur du son. Chaque échange, chaque attaque, chaque choc de métal était couvert par un assourdissant bang sonique. Personne, à l’exception du phénix, ne les voyait distinctement. La femme perçu une faille dans le jeu de l’empereur et d’un coup net, elle lui perfora le ventre. Aussitôt, le Seigneur-Croc lui trancha la main comme s’il l’avait toujours prévu.

« Un sacrifice utile. »

Il retira l’épée et regarda la main de la femme se reconstituer sous ses yeux. Un nouvel éclair apparut, et il devint une massue à pointes. La lourdeur des coups fut impossible à contenir pour l’homme blessé. Il encaissa un terrible coup directement sur la tempe et vola à travers le mur du saint bâtiment. Il se releva sonné et prit d’autres coups dévastateurs. L’arme devint une claymore gigantesque.

« Que tous regardent la faiblesse d’un guerrier incapable de soigner ses blessures ! »

Il parvint à esquiver de justesse le coup et échappa un instant à la vue de la femme. Il lui trancha la colonne vertébrale qui se soigna rapidement. Il enchaîna les coups dans son dos à une vitesse ahurissante. Il frappait si vite que les pouvoir divine de la femme ne parvenaient pas à la soigner suffisamment vite. Il vida la boite crânienne d’un coup surpuissant et étala sur les escaliers de la cathédrale une immense flaque écarlate. La femme se releva.

« Comme Essef ? Immortel ?

-Oui !! Je suis… Un dieu !!

-Nul n’est sans faille ! »

Ses yeux se couvrirent d’encore plus de glyphes et il enfonça son Fendium dans le cœur de son adversaire. Sa puissance délirante coula à flot dans son arme et dans l’avatar divin qui cria d’une agonie enfin humaine. Elle se dégagea et étala l’empereur d’un coup surpuissant sur l’épaule. Il retint un hurlement de souffrance et gela la place.

« Je suis un homme, et je vais te vaincre !! »

La foule s’enfuit. Sa puissance se faisait sentir. L’herbe se courbait, les arbres se déracinaient et la mer reculait au-delà de l’horizon. La terre tremblait sous ses pieds. La femme écarta les bras et une aura lumineuse envahit l’air à sur des centaines de kilomètres. Les nuages tournaient dans le ciel et la foudre s’abattait sans s’arrêter. Des flammes émergèrent du sol à torrent pour inonder l’empereur, mais le phénix les aspira sans peine.

« Le feu des enfers n’a rien à voir dans ce combat. Si Satan t’aide, j’aiderais le Seigneur-Croc. »

La femme lui jeta un regard noir, et les éléments se déchainèrent. La température tomba en chute libre. En quelques secondes, le zéro absolu était atteint. Mais aucun des combattants ne cillait. Ils se jetèrent l’un contre l’autre et une lumière ahurissante illumina le pays. Depuis la lune, cette lumière était visible. Ce faisceau lumineux cessa, et la femme s’effondra, inerte, puis disparut dans une explosion titanesque. L’empereur leva son arme vers le ciel et cria :

« J’ai gagné !!! »

La Lumière elle-même fit son entré. Un spectre apparut dans le ciel.

« Tu viens d’anéantir 700 ans de prière !!

-Et alors ? Tu vas faire quoi ? Me tuer ? Viens te battre ! Descend toi-même affronter la puissance d’un seul homme !! Je ne suis ni une Antiquité, ni un Dieu Originel ! Je suis un homme ! Et ton avatar n’est plus !! »

Le spectre disparut.

 

 

La Lumière apparut dans le bureau de Satan. Il sursauta en laissa tomber des documents.

« Un problème ?

-Le Seigneur-Croc a vaincu mon avatar… Il l’a détruit !!

-Ton avatar ?? Quelle force lui avais-tu donné ?

-3 400 Unités ! C’est 700 ans de prière !!

-Il l’a vaincu… Quel prodige…

-Ils nous ont servit, et avec efficacité. Il est temps de faire de nouveau appel à eux !

-Qui ça ?

-Les quatre cavaliers… Il faut les envoyer détruire ce… Ce  monstre !!

-Envoie un archange, les quatre cavaliers sont dangereux. Ils sont… Une attaque de zone un peu.

-S’il a vaincu un avatar de 3 400 Unités, ce n’est pas un archange de 4 250 Unités qui changera quelque chose !! Et seul Mickael possède 4 250 Unités ! Il faut une bien plus grande puissance ! On a besoin de la puissance inquantifiable des quatre cavaliers !

-Au vu de la puissance du Seigneur-Croc, je pense que c’est une bonne idée. Aussi fort soit-il… Il n’est rien face à eux. Ils sont surpuissants !

-Mon avatar l’était aussi !

-Tu as pu le constater. »

Il fit un geste de tête affirmatif à Lucy qui partit alors.

« Allons les chercher. »

 

L’empereur savourait sa victoire dans sa chambre. Il regardait distraitement par la fenêtre la vaste étendue d’eau. Il déporta son intention sur les nuages d’où perçait quelques rayons de soleil, puis sourit. La porte s’ouvrit et il se retourna, il vit alors Améthyste, l’air à moitié abattue, à moitié énervée.

« Qu’est-ce qui se passe ?

-Rien !!!

-Oui bon d’accord… »

Sa fille continua pour aller voir sa mère.

-M’man… Pourquoi Rubis m’estime pas ?

-Dé quoi ?? Il t’adore !

-Je sais… Mais j’ai l’impression que je ne suis pas faite pour lui.

-Aller, racontes-moi tout ça.

-Je… Tout à l’heure, je lui ai dit que j’étais bis.

-Bisexuel ?

-O… Oui.

-Et ?

-Et… Il est… Il a pas eu l’air d’apprécier… Je sais pas quoi faire pour être à son niveau. »

Elle frappa du poing sur le mur et ne parvint qu’à se faire mal.

« Il veut quoi à la fin ?? Que je lui décroche un titre militaire ?? Que je me fasse greffer des ailes d’anges ?? Il ne m’accepte pas…

-Ah bon ? Ça m’étonne de sa part…

-Je sais plus vraiment quoi faire… Il est pas tolérant…

-On parle bien du même ?

-Papa, toi et Kiérol l’adorez… Mais il ferme et…

-Il n’est pas ferme voyons, il est… Impulsif. C’est un enfant tu sais.

-Un enfant qui peut faire des génocides en quinze minutes !

-Certes. Mais ?

-Oui… Mais vous le tolérez, vous acceptez ses défauts… Moi, il accepte pas les miens.

-Certaines personnes sont assez stupide pour être choqué lorsqu’un proche lui apprend qu’il est homosexuel ou bisexuel. Tout le monde pense que les hétéros sont supérieurs aux autres… Les gens sont cons.

-Oui… Mais Rubis n’est pas con !! Il accepte pas que je sois bis, il accepte pas que je sois polygame…

-Ah mais c’est ça !

-Quoi ?

-La polygamie, c’est ça le problème.

-Euh pourquoi ? T’es aussi polygame je te rappelle, enfin papa l’est et tu l’acceptes.

-C’est pas toi qui a un problème, c’est lui. Il est jaloux. »

Elle sourit.

« C’est une preuve d’amour non ?

-Je sais pas… Je sais pas comment l’aimer ! Apprends-moi à aimer !

-Aimer ne s’apprend pas.

-Aimer, c’est inné. Lança l’empereur en entrant dans la chambre. La preuve est que tu l’aimes. Aimer correctement, ça oui ça s’apprend.

-Mais non ! Répondit Crystal. Il n’y a pas de truc.

-Si, bien sur que si. Moi aussi j’en ai un.

-Tu penses que je ne l’aurais pas vu ?

-Et ça marche ? Demanda Améthyste.

-En tout cas, ça marche avec Crystal et Kiérol.

-Et c’est quoi ?

-Pour bien aimer quelqu’un, aimes-le comme s’il devait mourir demain. Vit chaque jour avec lui comme si c’était le dernier. Mais n’oublie pas, entre le désir et l’action, il y a une place pour le respect. Et profiter du moment présent ne revient pas à sacrifier le moment suivant. Le « Carpe diem » n’est qu’une farce. L’anticipation est la clé du succès.

-Mais je l’aime déjà de tout mon cœur.

-Je n’en doute pas. Mais promets-moi juste une chose… Tu vas ressortir et trouver ton frère. Tu vas te convaincre que demain, il va mourir. Persuades-t-en !

-Et après ?

-Si tu as besoin de la notice pour la suite, abandonne, tu ne l’aimes pas vraiment alors. Mais je pense que tes sentiments sont bien plus que la fraternité. Maintenant, vas le retr… Crystal pourquoi tu mets la robe rouge ? Tu me demande mon avis, je dis bleue, et tu prend rouge ! »

Améthyste sortit de la pièce, pensive. Elle regarda la torche brûler pour éclairer le couloir, puis alla dans sa chambre. Peu après, Rubis entra à son tour voir sa mère.

« M’man.

-Tiens, t’as pas croiser ta frangine ?

-Emeraude ? Bah non…

-Nan l’autre.

-Non… Enfin, c’est pour elle que je viens ?

-Pardon ?

-J’arrive pas à… J’arrive pas à lui montrer mon amour… »

Le Seigneur-Croc sortit furieusement.

« Mais c’est pas sérieux !!

-Dire que je pensais que tu m’aiderais…

-Mais elle vient de passer pour me demander le même genre de conseil ! Pour l’amour du ciel, va la voir et dis-lui ! Vous vous aimer l’un l’autre mais vous empruntez les chemins les plus tortueux ! C’est quand même épique comme histoire d’amour ! J’ai l’impression d’assister à un duel de novice, où deux types se regardent dans les yeux sans oser bouger ! L’un avances, l’autre recule ! C’est plus de la maladresse c’est de la mauvaise volonté !

-Tu… Sale type ! »

Il sortit en brisant la porte sous la force de son pied.

« Rubis !!

-Quoi ?!

-Regarde la torche sur le mur.

-Et bah ?

-Elle brûle, elle disparait.

-Et alors ?

-Tout est éphémère. Aimes-la pendant que tu peux encore le faire. Ne vit pas que de désirs, profite avant que s’éteigne la lumière ! »

Il ramassa les copeaux de la porte et soupira. Une flèche de glace passa à coté de lui. Kiérol lui mit la main sur l’épaule.

« J’vais aller lui parler. »

 

Rubis s’énervait seul devant son bureau. Devant lui, des dessins étranges, représentant des scènes de guerre, des armes surprenantes et un jeu d’ombre illogique. L’amirale entra et esquiva les objets trainant par terre. Elle ouvrit la bouche mais l’enfant la devança :

« Je ressemble de plus en plus à mon père. Je suis mégalomane, je rejette ce que je juge indigne, je tente de quantifier les sentiments… Je suis comme lui.

-… Absolument pas.

-Tss… Je suis comme lui.

-Je pense le connaître mieux que toi, je l’ai connu avant.

-T’es surtout son amirale-et-plus-avec-affinité.

-La différence entre toi et lui, c’est qu’à l’affliction, il répond par la destruction, et tu réponds par la guérison. A la misère il répond par la guerre, et toi, par la lumière. Aux larmes, ils réponds par les armes, et toi par ton haute âme… Désolée pas trouvé mieux comme rime. Tu es… Mieux que lui sur ce plan… Tu es héroïque.

-Alors pourquoi lui a-t-il deux femmes absolument formidables, deux femmes qu’il aime et dont il est aimé, et que l’une d’elle il n’a fait que croiser et fréquenter, et de l’autre fut son amirale, alors que moi je n’arrive pas à séduire la fille qui vit sous le même toit que moi.

-Elle t’aime. Serais-tu aveugle à ce point ? Elèves-toi, élèves-la, l’amour donne des ailes, et monte jusqu’au sommet de l’amour. »

Rubis fit apparaître ses ailes de feu.

« Je serais toujours plus haut qu’elle, et jamais elle ne me rattrapera.

-As-tu à ce point besoin d’estimer Améthyste pour l’aimer ?

-… Oui.

-Je vois…

-J’ai l’impression que je suis trop vieux pour trouver l’amour.

-T’es même pas majeur ! Moi et ton père, on avait la quarantaine.

-Tu peux parler, avec ton corps de 17 ans perpétuel et l’air juvénile de mon père parce qu’il passe son temps à se battre, vous n’avez pas ce problème… La jeunesse éternelle, tu es vraiment la plus chanceuse de toutes femmes. Même Crystal doit envier ta vie. T’as vraiment la belle v…

-Silence !! »

Rubis fut estomaquer, il n’avait jamais vu Kiérol s’énerver vraiment.

« Ma vie… Ma vie n’est pas enviable. Tu ne sais pas ce que j’ai vécu !

-Ça doit pas être pire que moi…

-Tais-toi ! J’ai été piégée par mes amis et mise en prison à 8 ans, j’ai été esclave jusqu’à 13 ans, séparée de ma sœur unique, et j’ai passé 15 ans, jusqu’à mes 27 ans, à être… A être… »

Il invoqua une barrière de glace pour cacher ses larmes.

« Après, j’ai passé 20 ans à séduire le Seigneur-Croc… 20 ans… Et quand j’ai réussi, je me suis fait tuer pour la troisième fois de ma vie… »

Rubis décroisa les bras et regarda la femme d’un air ahuri.

« Je… Je ne savais pas…

-Quand on sait pas, on se tait !! »

La femme sortit, furieuse, et mit fin à la conversation en lançant :

« Il faut vraiment être égoïste pour croire qu’on est le seul à souffrir. »

Elle partit. Rubis était atterré. Il vit dans le couloir le maréchal courir chez l’empereur.

 

Aomushni entra en défonçant la porte, le Seigneur-Croc  bondit de sa chaise.

« Maréchal, vous piquez le rôle de Sarasin ?

-Seigneur ! C’est atroce ! Les dieux nous ont envoyé un ennemi ravageur !

-Hein ? Mais qui ?

-La Méduse !

-… Sans blague ?

-Faites quelque chose !

-J’sais bien, j’vais aller la découper, ça va être vite vu… « Un ennemi ravageur » quoi…

-N’oubliez pas qu’elle pétrifie ceux qui la regardent dans les yeux. »

L’empereur posa sa main sur l’épaule du grand homme.

« Soyez pas stupide, cette malédiction n’est pas assez puissante pour nous tuer. »

Il partit d’un pas décontracté, son Fendium sur l’épaule.

 

Une femme entra dans le château sous les regards terrifiés des gardes. Elle portait des lunettes de soleil est un turban sur la tête. Un homme lui barra la route et lui adressa un sourire.

« Comment une aussi belle femme que vous peut-elle oser se cacher à moitié ainsi ?

-Hors de mon chemin.

-Allons… Une femme avec un si beau visage ne va tout ne même pas m’attaquer ? »

La femme fit un geste de recul, puis retira son couvre-chef. L’homme sauta en arrière de surprise, mais revint à la charge.

« Je suis Sarasin, l’assassin au service de l’empereur.

-Moi, je suis Méduse.

-Je l’avais remarqué, merci.

-Je ne suis plus désirable depuis qu’Athéna m’a jeté cette malédiction.

-Hein ? Pas désirable ? Une aussi jolie femme que vous ? »

Méduse sembla sidérée. Sarasin caressa tendrement la joue de la femme surprise.

« Montrez-moi vos yeux, ils doivent être magnifiques.

-Ils vous tueront.

-Meuh non… »

Il retira les lunettes de soleil, puis se pétrifia lentement. Son visage devint de pierre, puis sa tête, et la malédiction descendit sur ses épaules. Mais alors que les gardes le croyaient perdu, la pierre fit machine arrière et l’assassin se libéra du sort.

« Pouah ! Fit-il. Plus fort que je l’aurais cru. Mais maintenant que je peu regarder sans crainte vos yeux que pas un homme n’a plus voir… Vous deviez être une beauté à l’époque d’avant la malédiction.

-Comment… Comment pouvez-vous vivre encore ?

-Je ne peux pas rester de marbre devant une si belle femme.

-Je… Je n’y crois pas. »

Sarasin passa ses doigts dans les serpents sur la tête de Méduse et les caressa un à un.

« Ceci mit à part, vous être largement désirable. Faut arrêter de vous croire la femme la plus malheureuse du monde.

-Un homme… Ne m’a jamais dit cela avant… Tous s’enfuient devant ma laideur…

-Ta laideur ?? S’écria l’assassin en passant inconsciemment au tutoiement, Vous mériteriez des claques ! Nombre de fille aimerais avoir votre beau visage ! Vous êtes… Aussi belle que Kriss ! Même Kiérol pourrait vous envier ! Vous la connaissez ? Elle est super belle ! Bon c’est une trouillarde, mais elle est sympa et… »

Il dégaina son épée soudainement et une lame d’acier s’arrêta juste devant le visage de la femme. Une lame immense, lourde, le Fendium.

« Boss, laissez-la tranquille, elle est pas méchante.

-De quoi ? C’est…

-Toi la ferme, t’es trop stupide. On juge pas un livre d’après sa couverture.

-Je… J’suis scié là ! Enfin si elle ne représente pas de menace, j’ai pas de raison de la tuer. Ciao ! »

Il partit d’un pas tranquille. La femme déclara d’une voix basse sous le choc de la surprise :

« Vous m’avez sauvé…

-Quelle immense perte pour le monde que de se défaire d’une telle beauté.

-Non… J’ai renoncé à l’amour.

-Je suis médusé ! »

Il lui fit un sourire.

« Il te faut juste un compagnon balaise pour résister à ce foutu sort. Comme par exemple… Moi ? »

Des larmes perlèrent aux coins des yeux de Méduse.

« Je n’y crois pas… Fit-elle. Jamais je le croirais.

-Ne crois que ce que tu vois. »

Il la regarda dans le fond des yeux.

« Tu me vois, et je te vois. »

Il la prit dans ses bras.

« Remets tes lunettes quand même, les gardes sont pas à mon niveau. »

Il accompagna la femme jusqu’à la salle du trône où le Seigneur-Croc plaisantait à haute voix avec l’amirale qui fit un bond à la vue de Méduse. Il acheva sa blague et lança :

« Sarasin, t’es un vrai dragueur hein ? Enfin moi je dis pas de mal.

-Je… Commença Méduse, j’ai un message à délivrer.

-J’écoute. Tu comptes pas repartir après rassures-moi ?

-Les dieux vont vous envoyer leur plus grand fléau. Rendez-vous, sinon vous êtes condamnés… Je m’en fichais avant… Mais maintenant, je ne veux pas perdre le seul homme qui n’a pas tenté de fuir ou ne me tuer à ma vue ! »

Elle serra Sarasin avec force.

« C’est quoi ces fléaux ?

-Les quatre cavaliers… La mort, la Peste, la Guerre et la Famine.

-Jamais entendu parler. C’est des sorts, des…

-Non, ce sont des entités anthropomorphiques. Ils sont là, devant vous, ils se battent tel des hommes. Et… Ils sont surpuissants.

-Si j’ai battu l’avatar de la Lumière tu sais, je…

-Un cavalier est plus fort qu’un archange ou qu’un avatar, bien plus. Leurs origines sont un mystère. Vous ne pouvez pas lutter contre eux.

-Rien ne le prouve. Qu’importe.

-Non, ravalez votre orgueil. Ils sont… Comment je pourrais les décrire… Terrifiants… Plus que vous.

-Ah ouais quand même. Mais du coup on va faire quoi ?

-Il faut… »

Une apparition lumineuse fit son apparition, la Lumière.

« Silence, Méduse ! Si je t’ai envoyé, c’était pour répandre la terreur, pas l’espoir !

-Hep hep hep ! Fit l’empereur toujours décontracté, t’es plus la bienvenue chez moi, du balai !

-Comment oses-tu me parler ?!

-Refais-toi un avatar qu’on s’explique, ou envoie Léïc, qu’on se marre un peu. Dire que je pensais Méduse du coté des dieux… Tu es faible !

-Faible de rien du tout ! S’insurgea Sarasin.

-Pas elle !

-Je vais vous envoyer quelqu’un d’autre alors…

-Ah oui ? Demande la Seigneur-Croc, et quoi donc ? Un minotaure ? Un centaure ? Une nymphe ? Une licorne ? Un satyre ? Un demi-dieu ?! Il faut que je décime toute la mythologie pour que tu comprennes ma puissance ?

-La mythologie, c’était l’ancien temps. De nos jours, les dieux n’envoient personne tuer quelqu’un, il tue eux-mêmes ! »

Une sphère jaune apparut au dessus de la Méduse. Elle soupira :

« J’aurais aimé rester plus longtemps avec le seul homme qui n’a pas tenté de fuir ou ne me tuer à ma vue… J’aurais même voulut l’embrasser… Mais je n’aurais même pas le temps d’en profiter. Adieu, cher Sarasin.

-Tu l’embrasseras quand tu le voudras, répliqua l’empereur, t’as toute ta vie devant toi. »

Il leva son Fendium.

« Tu m’as toujours pas reprit mon arme, j’en déduis que ce n’est pas ta création, mais une Antiquité… Voyons si elle mérite ses éloges. »

Il déversa à torrent toute sa puissance et la canalisa dans son arme. La sphère jaune abattit un terrible rayon sur Méduse et le Seigneur-Croc parvint à le bloquer. Il encaissa l’attaque sans grande peine et la dissipa.

« Lumière, tu n’es pas de taille à me tuer !!! »

Un flash illumina la salle du trône et un homme y apparut.

« Je suis l’archange Mickael. Je suis le plus puissant des archanges. Je suis bien plus fort que Léïc. Les quatre cavaliers feront leur œuvre, mais je ne peux retenir ma fureur face à une telle prétention !

-Et tu penses être plus fort que moi, Sarasin, Dimention, Øxymor… Bref toute l’équipe ! »

L’archange hésita, puis disparut.

« C’est bien ce qu’il me semblait… Nous sommes plus forts que les Dieux Universels !!

-Arrêtez ! Cria la Méduse. Ecoutez… Jamais je ne pourrais vous remercier assez pour ce que vous avez fait, et au passage… »

Elle saisit fermement Sarasin et embrassa l’homme surpris.

« Ceci étant fait, sachez que les dieux vous sont supérieurs, ils ne veulent juste pas dépenser leur puissance pour prendre votre vie… »

Elle embrassa de nouveau Sarasin et le garda dans ses bras.

« Pour les quatre cavaliers, vous devez empêcher leur retour. Ils sont…

-Qu’importe, nous triompherons.

-Mettez votre orgueil au placard !

-Vous savez qui je suis ? Vous savez qui nous sommes, nous, l’unité Alpha ? En toute modestie… Nous sommes la fierté d’Ethariane, nous avons défendu notre planète, les ennemis tremblent face à notre emblème. Nous avons banni les plus obscurs ténèbres, relevé les plus grands défis, engendré les plus puissants guerriers. Nous avons terrassé les plus sombres abominations… Atteint les sommets de la puissance… Nous ne sommes pas les meilleurs, justes les seuls… Nous nous sommes dressés face aux dieux, et nous leur résistons vaillamment ! Je ne tremblerais pas devant leur dernier atout.

-Je vous en supplie à genou s’il le faut, empêcher leur invocation… Vous n’imaginez pas leur puissance, et moi non plus.

-D’accord, d’accord, j’y vais… Mais c’est où ? »

 

Le Seigneur-Croc partit donc à leur rencontre, à Jyz, au beau milieu de la guerre civile qui durait depuis plus d’un demi-siècle, personne ne l’avait accompagné, il était seul. Pour la première fois de sa vie, l’orgueil avait surpassé sa prudence. Confiant, il alla à l’endroit indiqué, une grotte tout ce qu’il y a de plus banal. Il arriva devant et dégaina son Fendium avant de le poser sur son épaule.

« Bon, alors c’est là hein ? Aller j’entre, je casse tout, et je retourne à Trachéom. »

Il passa l’entrée sans crainte et remarqua que des torches repoussaient les ombres pour lui permettre de voir sans problème. Il continua son chemin qui descendit dans la caverne toujours plus profond dans le seul. Alors que les pierres brutes étaient taillées par des pioches, il arriva devant une porte de roche magnifiquement gravée. Il la fracassa en chantonnant et se retrouva dans une salle rectangulaire lui rappelant fortement les ornements de la cathédrale de Notre-Dame de Trachéom. Il vit une femme habillée de jaune devant quatre statues représentant des cavaliers sur leurs montures.

« Vous arrivez au bon moment, lança-t-elle.

-Moi je pense que j’arrive un peu trop tôt, qui que tu sois. »

Il se jeta sur elle avec la ferme attention de l’anéantir mais elle se retourna et bloqua l’attaque sans peine de sa main nue.

« Avant, ils étaient bons, maintenant ils sont le mal à l’état pur. Levez-vous, mes cavaliers ! »

Elle retira d’un geste rapide sa robe. Outre le fait qu’elle ne portait aucun sous-vêtement et qu’elle était asexuée, cette silhouette était celle de la Lumière. Un rayon de puissance sacrée balaya la salle et les statues commencèrent à bouger.

« Bon retour parmi nous, cavaliers ! Lança la femme. Vous êtes là pour liquider le Seigneur-Croc, mais qu’ils sachent d’abord qui vous êtes… »

L’empereur n’eut pas besoin de présentations. Le premier cavalier n’était pas sur un cheval, mais sur un vrai mastodonte, il était armé d’un fléau à chaîne et d’une claymore dans le dos. La Guerre.

Le deuxième cavalier était sur un cheval rachitique, maigre à faire horreur. Le cavalier lui-même ne respirait pas la force, il était mince malgré sa taille respectable. La Famine.

Le troisième était monté sur un cheval malade et fort, ses yeux luisaient d’un pouvoir maléfique. De la suinte verdâtre coulait de ses plaies. Le cavalier n’était pas armé, mais fixait l’empereur d’un air furieux et cruel. La Peste.

Le quatrième était monté sur un cheval squelettique. Il était armé d’une faux et regardait autour de lui d’un air distrait. La Mort. Il lança le premier :

« Mais quel est cet endroit ?

-La ferme !! Lui cracha la Peste.

-La ferme-meuté ! Ha ha ! Relança la Famine.

-Gné ? Acheva la Guerre.

-C’est qui ses branquignoles ? Laissa échappa l’empereur, c’est eux… Les fameux cavaliers ? »

La Lumière le regarda d’un air menaça et ordonna en le désigna du doigt :

« Tuez-le !

-Ah ouais ?? Essayez juste de… »

Il sentit soudain une force oppressante, il se sentait comme écrasé. Il se rendit compte que la Mort le pointait du doigt.

« La mort pour toi. »

Le Seigneur-Croc fut soudain pris d’une violente douleur au cœur qui remonta le long de la colonne vertébrale et explosa dans son cerveau. Il s’effondra alors que le sort remontait jusqu’à son âme. Il se releva et hurla :

« Mais bon sang ça fait hyper mal !! »

Toutes les personnes présentes furent estomaquées, à l’exception de la Lumière qui lança :

« Son âme et divine, ce n’est pas si simple… Mais je ne pense pas que vous aurez du mal à le défaire. »

Elle disparut. La Mort se rapprocha de lui et prit un air songeur. De son coté, la Peste jurait, injurait et parjurait alors que la Guerre regardait dans le vide sous le regard moqueur de la Famine.

« Ton âme est divine ? Demanda la Mort, vraiment ? Et ça t’apporte quoi en fait ?

-Pardon ? »

Il se mit en garde.

« Non, je ne te ferais pas de mal. »

Une voix tonitruante s’éleva, celle de la Lumière :

« Bien sûr que si tu vas lui faire du mal ! Tue-le !

-Très peu pour moi, répondit le cavalier. Tu n’as pas d’ordre à me donner.

-Comment oses-tu… »

La Mort claqua des doigts et brouilla la voix un court instant.

« Dieu ou non, pas envie de t’écouter. Trouve un autre pigeon. »

Il salua brièvement l’empereur et partit tranquillement.

« Guerre, élimine le Seigneur-Croc ! »

L’intéressé désigna l’empereur du doigt en haussant les épaules.

« Oui, lui ! »

Il dégaina ses armes et sauta de son cheval. Aussitôt, la Peste cracha :

« Retourne chez ta mère, sale abruti ! Laisse-moi plutôt faire ! »

Changeant de camp, la Guerre fondit sur la Peste en poussa un hurlement de rage. Il fut repoussé d’une vague verdâtre magique. La Peste leva les bras et forma une terrible sphère de puissance qu’elle jeta sur le Seigneur-Croc. Il voulut parer mais la force l’emporta tant elle était grande. Il se releva et vit la Famine.

« Tu es à terre, mais tu peux quand même parler ! »

Ce jeu de mot ridicule ne l’empêcha pas de tenter de tuer l’empereur. Ce dernier esquiva de justesse. Se rendant compte que seul il n’avait aucune chance, il décida de fuir, mais il ne voyait pas comment. Il regarda les deux cavaliers se battre entre eux et compris leur point faible. Il s’écria soudain :

« Oh la vache ! J’aurais pas aimé !

-Gné ? Répondit la Guerre.

-Il a traité ta mère ! »

Aussitôt en excellent berserk, il fondit sur la Famine en emportant la Peste. Le Seigneur-Croc se concentra, ses pupilles se couvrirent de runes et il s’élança à toute allure vers la sortie. Comme s’il avait calculé tout son chemin, comme s’il l’avait répété des milliers de fois, il s’enfuit avec une précision absolue et ne put être rattrapé.

 

 

 

 

Le nouveau défi

L’empereur arriva au château essoufflé. Il réunit ses troupes d’élites à savoir son unité et les généraux.

« Ces cavaliers possèdent une force inouïe, mais sont soit stupides, soit égoïstes à en crever, soit insoumis. Je les rappelle : La Mort, il est neutre, rejette les ordres de la Lumière et n’en fait qu’à sa tête. Il n’a pas l’air agressif, mais méfiance. La Famine, outre le fait qu’il sort des jeux de mots risibles, il est un combattant de corps à corps, mais j’ignore ses pouvoirs magiques. La Peste a si mauvais caractère qu’il a insulté ses coéquipiers d’entrée. Il est magicien, c’est chose. Mais ni démoniste, ni ombremage, ni nécromancien… La Guerre est débile à un point jamais vu. Il croit tout ce qu’on lui dit, il frappe tout ce qui bouge y compris ses équipiers, se vexe et c’est un corps à corps évident.

-Attendez, interrompit un général. Au début vous aviez dit que vous aviez été vaincu, mais vous nous faites un portrait de faiblards.

-Vous trouvez que Sarasin à l’air sérieux ? Vous pensez le battre ?

-En gros y’a quatre boulets, dont un qui se barrent, donc trois, arrivent et vous agressent. Et face à ses caricatures ambulantes vous avez préféré fuir ?

-En gros, quatre forces de la nature, non, de la divinité, m’ont mit en déroute. J’ai réussi à fuir non sans mal, et je suis prêt à y retourner !

-J’admire la vaillance. Mais vous…

-Encore une critiques stérile dans le même genre et je vous décapité c’est clair ??

-Très clair…

-Bon. La première chose à faire est bien sur de les retrouver. Unité alpha, parcourrez le pays pour les chercher. Qu’on fouille les villages et qu’on y bâtisse des murailles de fortune. C’est pas ça qui les arrêtera mais ils sont trop bourrins pour passer discrètement. Recensez la population. Renvoyez les soldats chez eux, ils ne seront d’aucunes utilité à part comme vigile. Exécution ! »

Les troupes commencèrent à se dispenser.

« Amiraaaaaale ! Z’allez où ?

-Bah, fouiller le pays comme vous l’avez dit.

-J’envoie pas une femme enceinte en première ligne.

-Mais je peux très bien…

-Le chef c’est moi !

-Vous n’êtes pas pour l’égalité des sexes ?

-Si, mais je suis pour la supériorité de l’empereur sur son amiral !

-Mais…

-Au fait pour quand l’accouchement ?

-Environ un mois. »

Le Seigneur-Croc partit. Les combats à venir le faisaient frémir.

 

Il n’y avait pas de cavalier ou autre surpuissance dans Koljeizer, mais la guerre civile de Jyz prit fin soudainement. L’empire venait d’écraser la rébellion. D’après la rumeur, un homme en armure lourde et armé d’un fléau avait à lui seul terrassé 700 000 personnes en deux jours. Personne ne l’avait blessé. Personne ne l’avait vu manger, boire, uriner ou faire une pause. Cet exploit, le Seigneur-Croc n’y serait pas arrivé, il aurait été contraint de faire une pause pour se soulager. Une seule conclusion : C’était un cavalier, la Guerre.

 

Une peste surpuissance avait ravagé le royaume de Kriss. Elle n’avait rien put faire. 4 millions de mort et 11 millions d’infectés minimum en trois jours. A un rythme pareil, Ethariane serait  anéantit en un mois. La Peste…

 

Personne n’avait entendu parler de la Mort. La Famine, lui, avait apparemment massacré les habitants d’un château pour s’y installer et n’en est toujours pas sorti. Un exploit bien peu impressionnant par rapport à ses équipiers.

 

Le plus proche était la Guerre. N’hésitant pas une seule seconde, il réunit son unité, il ne fallait pas lésiner, mais il laissa quelques personne en garde. Dans son équipe : Lui-même, Sarasin, Aoeste, Øxymor. Rubis tint à faire parti du voyage :

« Ne soit pas stupide, Rubis ! Tu n’es pas de taille face à une telle monstruosité.

-Qu’importe ! C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour en mettre plein la vue à Améthyste ! Et même je veux voir de quoi le phénix est vraimetn capable !

-Simplement hors de quest… Kiérol retournez dans le château ! Vous ne venez non plus ! Rubis reviens ! C’est pas possible ! Vous n’êtes pas de taille, tout les deux ! Restez ici ! »

Il tourna les talons. Personne de cher ne doit être blesser lors de ce combat.

 

Il ne fut pas compliqué de le retrouvé. Il fallait suivre les cadavres. Aoeste était dégouté. Øxymor et Sarasin ne cillèrent pas. Les morts recouvraient le sol qu’on ne voyait plus. Il fallait désormais escalader des dépouilles. Un hurlement bestial retentit au loin. Une masse noire passa devant la vue de l’empereur, puis un cri d’agonie. Aoeste venait d’encaisser une charge titanesque. A moitié déchiré, démembré, il n’eut mal que quelques secondes. Ce fut tout, voila la triste fin d’Aoeste. Un coup, il était mort. C’en était fini. Le Seigneur-Croc hurla de rage et se lança à la poursuite que l’agresseur qui avait chargé si vite et si fort qu’il n’était pas parvenu à s’arrêté. L’empereur le frappa de toutes ses forces. Une onde de choc balaya la zone et fit s’envoler la terre. Mais la rage ne l’aveugla pas longtemps. La Guerre se retourna comme si de rien n’était, et le monarque était seul. Il s’était mit lui-même dans un face à face impossible.

« Finalement, dit-il, je ne suis pas plus futé que toi.

-Grah tu n’as aucune sance !

-Aucune « sance » ? Bien sûr.

-Frappe d’anéantissement. »

L’empereur para, mais fut éjecté tant l’attaque était violente. Il était sidéré.

« Frappe guerrière ! »

Le Seigneur-Croc esquiva. Ces deux attaques avait la même force, juste différentes dans la manière de frapper.

« Frappe fléautique !

-Fléautique ! C’est pas banal comme mot ! »

La frappe était bien moins puissante, mais étrangement, alors qu’il avait frappé avec une claymore, l’empereur ressentit trois chocs séparé à une demi-seconde d’intervalle.

« Comment t’as fait ça ?

-Frappe de la destruction ! »

 

Sarasin avait foncé droit devant pour rattrapper son empereur, mais avait fait la rencontre la plus inattendu :

« Bonjour.

-T’es qui toi ??

-Je suis… La Mort. Et vous ?

-La Mort ! Tu es un des quatre cavaliers de je ne sais plus quoi !

-En effet. Mais vous ne vous êtes toujours pas présenté. »

L’équipier de l’assassin arriva à leur tour.

« Je suis Sarasin, l’assassin du Seigneur-Croc. Et voici le champion Øxymor. »

Il se mit en position de combat.

« Je ne suis pas là pour vous affronter.

-Hein ? Tu n’es pas au service de la Lumière ?

-Je l’ai été, et vu comme elle m’a remercié… Sans moi. Je suis juste curieux du monde.

-Je vois… Bon, je n’ai pas de raison de tenter de t’éliminer, je vais poursuivre ma route.

-Non… Je voudrais qu’on discute un peu.

-J’ai pas le temps. »

La Mort pointa l’assassin du doigt. Ce dernier sentit un sentiment de terreur absolue.

« Si, tu as tout ton temps. »

 

 

« Frappe de destruction. »

L’empereur para sans peine. L’attaque était particulièrement faible. S’il devait le chiffrer, elle serait trois fois moins forte que les autres.

« A mon tour, marteau vulcain !

-Frappe de la destruction supérieure ! »

L’attaque doubla en force. L’assaut du Seigneur-Croc fut repoussé.

« Que…

-Frappe de la destruction sans pareille ! »

L’attaque doubla de nouveau. L’empereur para mais il cru un instant que son arme allait se fendre sous tant de puissance. Comment peut-on déverser tant de force en une attaque directe qui semble si simple ? Pas de temps de chargement, pas d’incantation, pas condition particulière.

« Soit ! »

Les yeux de l’empereur se couvrirent de runes.

« Frappe d’insoumission !

-Frappe de la destruction sans fin ! »

Le Seigneur-Croc eut l’excellente idée d’esquive plutôt que de vouloir frapper. Il ne fut par toucher, mais le simple vent le propulser à plusieurs mètres, lui, la première puissance mondiale, et les 5 tonnes de son arme. L’attaque avait de nouveau doublé en force. Non, elle n’avait pas doublé. Il imagina de tête un tableau :

Frappe de destruction 1
Frappe de destruction supérieure 2
Frappe de destruction sans pareille 3
Frappe de destruction sans fin 4

Voila. Quatre niveaux de puissance. Le seconde niveau était déjà surpuissant, le troisième plus qu’impressionnant, mais le quatrième…

« Frappe de la destruction ! »

L’empereur para sans peine. Immédiatement, il se dit :

« Voila la faille, le cycle se répète ! Il faut profiter du début et fuir la fin ! »

Il frappa de toutes ses forces la Guerre qui contrattaqua :

« Frappe de la destruction supérieure ! »

Il para, mais fut stupéfait. Il ne s’en était pas rendu compte, mais la « simple » avait prit la puissance de la « supérieure » et la « supérieure » la force de la « sans pareille ». Il paniqua et déchaîna toute sa puissance. De la glace se forma sur le sol dévasté.

« Frappe suprême !

-Frappe de la destruction sans pareille ! »

Il fut repoussé. Comme il s’y attendait, la « sans pareille » venait de prendre la force de la « sans fin ». Il n’y vit aucune faille. C’était peut-être son dernier combat.

« Frappe de la destruction sans fin ! »

La force de l’attaque était inimaginable. Le Seigneur-Croc renonça à parer et choisit l’esquive ou la fuite.

« Frappe de la destruction ! »

Cette frappe avait la puissance de la « sans pareille » du premier cycle et de la « supérieure ».

    Sans fin Sans pareille
  Sans fin Sans pareille Supérieure
Sans fin Sans pareille Supérieure Simple
Sans pareille Supérieure Simple  
Supérieure Simple    
Simple      

« Cette attaque… A réellement… Une puissance sans fin.

-Frappe de la destruction supérieure ! »

Niveau de la « sans fin » du premier cycle. Il l’encaissa tant bien que mal et fut projeté. Il s’éleva dans les airs et lança :

« C’est Trachéom que je vois là-bas ? »

Il atterrit sans mal. La Guerre le rattrapa et il esquiva sa charge démentielle.

« Frappe de la destruction sans pareille !

-C’est pas vrai… »

Il fuit. Il n’esquiva pas, il dut réellement fuir. Cette attaque avait une bonne allonge, une puissance ahurissante, une vitesse de frappe tout à fait respectable. La Guerre est stupide, ne l’oublions pas. Le Seigneur-Croc désigna du doigt derrière son ennemi.

« Regarde ! Un aigle ! »

Son adversaire se retourna. L’empereur le frappa de toutes ses forces, mais c’était loin d’être suffisant. La Guerre le repoussa d’un coup de pied sur le torse.

« Frappe de la destruction sans fin ! »

Une flèche de feu vint lui exploser dessus, l’aveuglant un instant et le faisant manquer son attaque.

« Amirale ! Qu’est-ce vous foutez là ?!

-Quelle gratitude ! »

Elle invoqua les éléments et déclencha une fureur magique inégalable. La Guerre encaissa chaque sort sans ployer sous leur force. Son armure commençait à peine à s’éroder.

« Seigneur-Croc, je vais invoquer mon plus puissant sort ! Occupez-le juste une minute !

-On a plus que ça à tenter, mais vu ce qu’il me met, je promets rien !

-Frappe de la destruction ! »

Elle avait la puissance de la « sans fin » du premier cycle. L’empereur esquiva. Etrangement, la précision augmentait au fur et à mesure du cycle, mais elle était « réinitialisée » à chaque cycle, ce qui lui permettait d’esquiver à peu près sans mal le début. Une faille bien peu suffisante. Un halo lumineux apparut autour de Kiérol.

« Kiérol, vous en avez pour longtemps ?

-Je… J’ai encore rien fait… »

La Lumière fut une apparition.

« Je n’aurais jamais dû te créer, misérable échec. Tu n’interviendras pas.

-Peu importe ce que vous m’infligez, je ferais tout ce que je peux pour… »

Un spasme la secoua et la coupa. Elle tomba à genou.

« Non…

-Ne sous-estime pas le pouvoir d’un dieu. Pendant que l’homme que tu aimes se fait peu à peu anéantir, toi, tu accoucheras dans la douleur, et ce à une vitesse que tu n’imagine pas, cela durera moins de 10 minutes. »

Elle disparut.

« Frappe de la destruction supérieure !

-La ferme ! »

Il para et fut emporté par le choc. La Guerre para quelques attaques avant de relancer :

« Frappe de la destruction sans pareille ! »

L’empereur parvint à esquiver dans un reflexe de survie primitif.

« Tu vas mourir. Frappe de la destruction sans fin. »

Il chargea pour donner encore plus de force à son assaut. Passant au travers de la garde du Seigneur-Croc, il le frappa en plein poitrail. L’empereur s’écroula, vaincu. Du sang giclait à flot de sa blessure mortelle. La Guerre s’approcha de Kiérol qui ne put qu’hurler de peur. Il la plaqua au sol en la bloquant de son pied et leva son arme. L’empereur entendit le hurlement de douleur de la femme, puis celui de son fils. Il ouvrit les yeux et se releva d’un bond, la Guerre n’avait pas encore frappé. L’instant d’après, il était derrière lui. Une onde de choc balaya le continent tout entier, changeant la direction des vents les plus forts. L’espace d’un instant, il s’est déplacé plus vite que la lumière sur une distance de 100 mètres. La Guerre vola au loin, invaincu, mais enfin blessée. Son armure s’était fissurée mais tenait bon. Le Seigneur-Croc tomba à genou.

« Je ne peux plus faire grand-chose de plus. Je peux encore me battre mais… Je n’ai aucune chance de victoire.

-Vous renoncez trop bien, lança une voix derrière lui. »

La Guerre revint en chargeant. Un flot de puissance bleu le repoussa et illumina le ciel comme un deuxième soleil à son zénith.

« Quel magicien peut lancer une telle attaque… »

Le lanceur de sort se jeta à la gorge de la Guerre et le frappa à mains nues tout en donnant l’impression d’avoir une efficacité aussi grande que le Fendium.

« … Et se battre au corps à corps… »

Il cessa de réfléchir et se joignit à la bataille. A deux, ils parvinrent enfin à défaire la Guerre, déjà bien affaiblit par son combat contre le Seigneur-Croc. Il s’effondra et se dissipa, ne laissant derrière lui que son armure à moitié détruire.

« Je te croyais mort…

-La mort n’est pas une excuse suffisante pour ne par intervenir. »

Kiérol voyait mal, et elle ne put reconnaître l’arrivant. La Lumière revint :

« Comment ?? Vous avez défait un des quatre cavaliers ! Comment est-ce possible ? Pourquoi vous ai-je créer ? J’aurais du les envoyé directement face à Archinturcus plutôt que d’engendré de telles forces ! Vous avez vaincu un de mes champions, mais les trois autres demeurent ! Je me vengerais ! Je détruirais mes trois créations ! »

Elle disparut. Kiérol murmura :

« Trois créations ? »

Elle n’eut pas de réponse. L’arrivant se mit devant elle.

« Salut.

-Non… Netal c’est vraiment toi ?

-Et oui. Maintenant pas bouger. »

Il regarda le nourrisson commençait à sortir et annonça :

« Il est mort-né.

-Quoi ?? Lança la femme.

-Je ne vous ai pas parlé de la raison de mon retour. Je vais tuer la Mort, car il a détruit… La Mort d’antan… La Lumière a sacrifié la Faucheuse pour créer la Mort, et la Faucheuse, je la connaissais bien. Une femme très gentille, Elisabeth. Maintenant qu’elle ne fait plus son travail, tous les morts ne peuvent monter au ciel, ils errent jusqu’à ce que quelqu’un fasse le boulot de la Faucheuse. Je vais venger mon amie.

-Et l’enfant ??

-La seule autre personne à pouvoir faire cela, c’est moi. »

Il parvint à extraire le cadavre enfantin sans mal et absorba son âme.

« Je peux l’envoyé au Paradis, mais je vais plutôt… Le renvoyer dans son corps. »

Il remit l’âme dans le corps du nouveau-né qui lança un faible pleur de naissance.

« C’est une fille. »

Netal se releva et s’approcha de l’armure de la Guerre. Il leva la main au dessus et absorba avec de grandes difficultés l’âme du cavalier.

« Tu fais quoi ? Lança l’empereur toujours à terre.

-J’absorbe sa puissance. La Mort est largement supérieur aux les trois autres. La Guerre est peut-être le plus fort, mais il est stupide et n’a que peu de technique. A coté, la Peste fait frémir. Je vous concède que la Famine est au niveau de la Guerre. En fait, le plus fort c’est Mort, puis la Peste, et la Famine/Guerre. Mais la Guerre est plus orienté force brute, la Famine technique.

-Attend attend ! Reprit l’empereur, tu nous racontes que la Peste est pire ?

-Bien pire. Tellement pire. La Mort n’est pas hostile et c’est une chance. Je vais maintenant tuer la Famine, puis la Peste, et enfin j’aurais ma vengeance et le tuant aussi… Je serais Netal, l’assassin de la Mort ! Lui vaincu, la Faucheuse reviendra. »

 

Kiérol parvint à convaincre Netal de les accompagner à Trachéom. A peine Sarasin eut-il entendu une rumeur sur l’arrivé de Netal qu’il tint à l’affronter. Il fut balayé et mit à la frontière de la mort d’un seul coup. Pour le moment, Netal était plus puissant que le Seigneur-Croc.

 

Crystal lisait un livre dans la bibliothèque. Dimention passa et la salua, puis se décida à s’assoir à coté d’elle.

« Comment va votre mari ?

-Bah, il tient toujours. L’immortel est dans la place. Il est génial mais faudrait qu’il arrête de se mettre à dos des ennemis de plus en plus balaises.

-C’est vrai. Et… Psychiquement ?

-Il va bien. Depuis quand vous vous intéressez à sa santé mentale ?

-C’est pour anticiper un éventuel cataclysme… En fait avec l’arrivé de Netal, vu ce qu’il a fait à Kiérol, ça risque de péter.

-Netal est plus fort qu’Escé. Et dites pas à mon mari que je l’appelle comme ça.

-Ah, Kiérol… Kiérol est beaucoup plus forte que moi, avant c’était l’inverse et j’passe au second plan. J’ai vraiment l’impression de servir à rien…

-Attends c’est à moi que tu dis ça ? Tu te fous de moi ?

-Bah…

-C’est mon mari la plus grande puissance planétaire, ma fille est mille fois plus intelligente que moi, mon fils peut me broyer d’un geste, ma fille adoptive capte tout l’attention avec son vaudou, Kiérol la maîtresse de mon mari à l’air plus douce que moi ! Et même Sarasin fait un meilleur café que moi ! Alors à part sourire comme une cruche et remonter le moral à mon mari quand ça va pas, je sers pas à grand-chose alors arrêtez de vous plaindre !

-Euh oui, oui… »

 

 

Entre le Seigneur-Croc et Netal, la tension montait irrévocablement.

« Si j’avais pas besoin de ton aide pour venir à bout des quatre cavaliers, je t’aurais déjà anéantit !

-Taisez-vous donc ou je vous atomise. Vous n’êtes pas aussi fort que moi ! Répondit Netal à l’empereur

-Vous avez laissé Kiérol se faire violer 15 ans durant ! Je ne vous le pardonnerais jamais !

-Mais il m’a sauvé de ce triste destin ! Défendit Kiérol. Il m’a permit d’obtenir une grande force magique ! Il m’a déjà sauvé nombre de fois y comprit il y a moins de deux jours !

-Il aurait dû supprimer tous ces enfoirés de marins au lieu de vous aider à survivre pour que vous souffriez plus longtemps ! »

Netal frappa le mur dans un grand bruit sourd pour tenter de faire taire le Seigneur-Croc.

« Je suis l’être le plus noir, le plus solitaire, le plus infâme qui existe ! Comment auriez-vous réagit à ma place ? Vous êtes responsable de milliers de meurtres ! Vous avez tué vos parents dès la naissance ! On vous a toujours chassé ! On vous a toujours traité de monstre, et vous êtes un monstre ! Vous avez vu périr nombre d’esclaves dans d’atroces souffrances ! Des filles de même pas 10 ans, mortes sur leur lit, violées ! Et voila qu’une gosse arrive et vous n’arrivez pas à comprendre pourquoi elle vous attire, vous l’aimez comme un père ! Comment pouvez-vous supporter de voir ressurgir des sentiments morts depuis longtemps !

-Tu me dégoutes de plus en plus, Netal !

-J’ai plus de 150 ans et vous, vous avez la quarantaine. Pourtant vous avez déjà tué deux fois plus de personnes que moi parce que vous êtes pas foutus de contrôler vos émotions !

-J’ai tué plus de monde parce que je suis plus héroïque que toi, même si j’ai rien d’un héro ! Toi tu tues pour être tranquille, moi pour le bien !

-Alors là, j’ai tout entendu ! Vous, lutter pour le bien ? Et que savez-vous de moi au fond ?

-Je vais… »

Kiérol saisit l’empereur et l’embrassa pour le faire taire, unique moyen efficace qu’elle connaisse.

« Arrêtez vous deux ! Lança-t-elle. On a trop d’ennuis avec les trois cavaliers restants pour se permettre de se faire la guerre entre nous. Avec l’aide de Netal, on peut vaincre la Famine, pour la Peste, on verra. On sait où il est, on a plus qu’à monter à l’assaut !

-Kiérol, reprit Netal, je veux un allié fiable, pas un hystérique qui en veut à ma peau !

-Pour l’amour du ciel !

-L’amour du ciel, on s’en passerait bien ! »

Sarasin entra avec des béquilles. Il lança un regard blasé à Netal, et déclara :

« Amis du noir, bon-noir. Je vous apprends que la Mort se balade dans la cour du château. »

Netal alla prestement à la fenêtre. Dehors, il y avait bien la Mort. La colère monta en lui et il hurla :

« Hé toi !! »

L’intéressé leva le regard :

« Quoi ? »

Netal sauta et atterrit sans amortir sa chute, fracassant le sol.

« Tu as tué mon amie ! Elle a été sacrifiée pour ta venue ! Rends-la-moi ! Rends-moi la Faucheuse ! Rends-moi mon amie !

-Euh… Va mourir. »

La Mort le pointa du doigt.

« La mort pour toi. »

Netal ne broncha même pas. Il claqua des doigts et des flammes bleues recouvrirent ses poings. Sa puissance d’âmes qu’on appelle la puissance « âmique » se répandait dans l’atmosphère.

« C’est toi qui va mourir ! Je vais tuer la Mort ! »

Il avança vers lui d’un pas décidé et lent. Sa puissance de pugilat impliquait un combat très rapproché. La Mort leva les paumes vers le ciel en signe de reddition.

« Ecoute mon gars, t’es pas au niveau. Renonce pour aujourd’hui. »

Il fit demi-tour. Insulté au plus profond de lui-même, Netal poussa un hurlement de rage et se jeta sur lui. Il brandit les poings dans sa direction et lui asséna un grand coup par derrière, sur le crâne. Il enchaîna en lui mettant un grand uppercut en plein plexus solaire et frappa les abdominaux avec rage. La Mort répliqua enfin et dégaina sa faux et para chacune de ses attaques. Après un léger temps, il se décida à riposter et planta sa lame à travers le cœur de Netal.

« Je t’avais prévenu.

-Il en faudra bien plus ! »

Il se dégagea et frappa de toutes ses forces la Mort à la gorge en déversant un torrent de puissance âmique, si puissant qu’il illumina le ciel comme un deuxième soleil. Il leva la main et plusieurs gardes s’effondrèrent. Leurs âmes venaient d’être aspirées par Netal qui les utilisa pour porter une puissante attaque que la Mort para sans peine. Peu importe la force que Netal mettait dans ses attaques, la Mort n’était même pas inquiété. Le Seigneur-Croc fit son entrée.

« Netal !! Je t’interdis de tuer mes hommes pour ton combat !!

-Tais-toi !! »

Le premier envoyé de la Lumière se jeta sur le troisième qui para tant bien que mal l’attaque. Netal lui asséna un coup sur l’épaule et la lui déboîta, lui retourna le genou et l’acheva avec un grand coup en pleine figure. Il reprit son combat perdu d’avance avec la Mort alors que l’empereur se relevait. Ce dernier se remit l’épaule en place, analysa son genou et recasa les os à leur position initiale. Il dégaina son Fendium qui lui donnait un avantage d’allonge décisif sur Netal. Kiérol invoqua une grande sphère de feu qu’elle abattit sur la cour pour capter l’attention des combattants.

« Arrêtez de vous battre ! Seigneur-Croc, je vous en supplie, ne répondez pas à sa provocation ! Netal, arrête, tu n’as aucunes chances pour le moment !

-Tais-toi ! Répondit Netal. Si je dois mourir, alors je mourrais ici ! »

L’empereur attaqua Netal dans le dos, ignorant la Mort qui était pourtant leur ennemi capital. Kiérol disparut un instant, et revint son fils à la main. Elle cria :

« Escé !! »

Puis elle jeta le bébé par la fenêtre. Sans même réfléchir, le Seigneur-Croc et Netal cessèrent toutes activités guerrières et le rattrapèrent.

« Mais t’es malade !! Hurla l’empereur !

-C’était le seule moyen de vous arrêter !

-Kiérol, laisse les hommes faire la guerre et retourne à tes tâches de femme ! »

L’empereur le saisit par le col :

« C’est quoi cette réplique de machiste ? »

Le cavalier s’interposa.

« On m’oublie ? C’est que j’aimerais savoir si je vous tue ou non ! »

La tension tomba. Netal se dégagea et l’empereur renonça à se battre contre lui. Soudain, un cri juvénile retentit. Rubis se jeta sur la Mort en hurla :

« Je vous prouverais à tous ma force ! »

Un énorme phénix de flamme se matérialisa autour de lui, déchainant toute la force de l’antiquité. La Mort leva sa faux et ne fut même pas déstabiliser pour la plus puissante attaque du jeune homme. Puis, d’un coup de manche dans l’estomac, il l’envoya valser. Rubis fut réceptionné de justesse par son père. Le cavalier s’en alla alors, sans état d’âme.

« Rubis ! Lança le Seigneur-Croc, t’es malade ??

-Je veux montrer à Améthyste… Que je suis le meilleur ! »

L’empereur retint à peine une colère, puis déclara :

« On va aller se faire la Famine, alors en route !!

-Vous ne vous êtes pas remit de votre dernier combat, lui répondit Netal. La Famine, bien que moins forte que la Guerre, possède un éventail de technique très varié.

-Nous irons tous !

-Non, j’en sais assez sur la Famine pour vous dire qu’être en surnombre se retourne toujours à son avantage. Il faut envoyer une élite, deux personnes tout au plus. La Famine n’est jamais agressif, c’est un expert de la riposte et de la contre-attaque. Il ne frappe jamais le premier, mais passer sa garde relève de l’exploit. Et ce qui fait sa légende, c’est qu’avec l’attaque de l’un il frappe l’autre. Il évite toujours de se salir les mains. De plus, il est quasiment insensible à la magie projetée, c’est-à-dire aux sorts. Enchanter son arme par la magie semble le seul moyen réaliste que nous ayons. Je serais moins efficace.

-Tu es en train de me dire que si on perd et qu’on décide de partir… On pourra partir ?

-Il n’est pas du genre à attaquer de lui-même, mais si vous voulez fuir, ça me parait difficile.

-Netal… Où est passé Rubis ?

-Quoi ? »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rubis, l’ange de feu

 

 

Rubis avait invoqué autour de lui des flammes qui prenaient la forme du phénix et qui lui permettait de voler à grande vitesse sur de grandes distances. Bientôt, il serait au château de la Famine. Il le vaincrait, voilà tout. Un orgueil encore jamais vu.

 

Il se posa dans une avalanche de flammes et posa sa main sur le pommeau de son épée. En face de lui, un château médiévale avec un pont levis, des douves, une herse, des meurtrières et même des mâchicoulis, mais il ne rencontra aucune résistance. Lentement, il entra dans la forteresse porte ouverte. Soudain, il entendit :

« Nous avons un invité !

-Qui va là ?!

-C’est très impoli de demander un nom avant de décliner soi-même son identité !

-Je suis Rubis, fils du Seigneur-Croc. Je suis l’ange de feu !

-Très bien, ange de feu. Tu vas te brûler les ailes ! »

Un rire grotesque résonna dans le château.

« Je suis la Famine. Tu veux m’affronter ? Commence par me trouver. Attention aux pièges à loups, ils ne piègent pas que les loups !! »

A nouveau un rire résonna. Rubis dégaina et se mit en route pour la salle du trône, en imaginant que celle-ci était logiquement près des quartiers royaux, décorés de toute part. Mais ce bastion était un véritable labyrinthe aberrant et anarchique. Il montait, descendait, il se perdait sans cesse. Il tourna à un angle et fit face à une porte. Dessus, un parchemin était accroché :

« Boire une potion rouge et un bleue à midi, un vendredi 13 en faisant huit tour sur soi-même en récitant l’hymne national. »

Il défonça la porte d’un coup de pied et se retrouva dans la salle de torture. Elle était vide, mais il restait tout les instruments. Rubis les ignora et vit qu’il n’y avait pas de sortie et qu’il ne lui restait qu’à faire demi-tour.

« Et merde ! »

Il frappa du pied et le sol s’effondra. Il parvint à rester à son étage.

« C’est maintenant que tu me trouve ? Pas trop tôt !

-Drôle d’endroit pour une salle du trône.

-Ce n’en est pas une. »

Rubis sauta, puis lança :

« On devrait se battre dehors.

-Tu as raison. »

Ils sortirent d’un pas normal, comme s’ils n’étaient pas ennemis. Rubis dégaina son épée et l’enflamma. La famine sortit de son fourreau une épée longue et une dague.

« Je serais gentil, mon garçon.

-Je serai impitoyable !

-Frappe le premier. »

Le garçon commença le combat par un coup vertical. La Famine bloqua la lame de son épée, puis repoussa l’attaque. Sa parade se faisait en deux mouvements qui lui permettaient de déstabiliser son adversaire et de lui donner une opportunité de frapper.

« Continue, mon garçon. »

Rubis reprit le combat, mais fut paré et repoussé, encore et encore. Il déchaîna sa puissance et fut paré, repoussé, mais la Famine riposta avec sa dague en lui enfonçant dans les côtes. Rubis s’effondra.

« Rah, mes reins ! Gare à toi !

-Je savais que t’étais un ringard !

-… C’est sensé être drôle ? »

Rubis invoqua le phénix qui vint le doté d’une aura de flammes rougeoyante.

« J’vais te caraméliser la gueule !

-Restons calme, voyons. Tu es discourtois. »

La Famine para encore quelques attaques et désarma Rubis, pour s’emparer de son épée. Il la rangea dans son fourreau à la place de la sienne.

« Viens la chercher.

-… Tu n’attaques jamais toi-même, hein ?

-Jamais. »

Rubis hésita, puis tendit la main vers le fourreau pour reprendre son arme. Lentement, il s’approcha, prêt à esquiver une attaque. Il frôla son épée lorsque la Famine para son bras comme s’il s’agissait d’une épée, lui ouvrant les veines à deux reprises, pour finalement le repousser.

« Je ne te pensais pas si crétin, jeune homme.

-Enfoiré. Comment peux-tu être au service de la Lumière ?

-Je t’en prie, reste poli.

-Nan mais sérieux, t’as l’air d’avoir 80 balais, tu fais que contre-attaquer et en plus faut aller vers toi pour que tu te bouges. Elle est débile pour avoir choisi quelqu’un comme toi.

-Toi aussi, tu as de l’humour, je vais donc t’appeler « le comique ».

-T’as fin de déballé des âneries ?

-T’as quelques choses contre les ânes ? Tu n’aimes pas les sciences âne-acomiques ?

-Pitoyable… »

Rubis prit enfin un temps de réflexion. La Famine parait ses lames, et il renonça à percer sa garde. Il fallait trouver un moyen d’attaquer de façon détourné. Il frappa de son fourreau, fut paré, mais des flammes jaillirent de sa lame pour brûler la Famine de façon mineur, Rubis paya un lourd tribut pour cela en se faisant tranché au niveau du torse. Il s’effondra.

« C’est marrant, si t’es fils d’empereur tu devrais avoir le sang bleu, mais tu es couvert de rouge !

-Arrête, t’es tout sauf drôle. »

Rubis resta à terre. Son fourreau avait rendu l’âme.

« Si je m’enfuis, tu feras quoi ?

-Je le crierais au monde entier.

-Ah d’accord ça va pas l’faire… »

Il ferma les yeux. Il savait que la Famine n’attaquerait pas. S’il fuyait, sa couardise serait apprise par sa sœur, il ne pouvait pas faire ça. Mais sans arme, il ne pouvait rien faire. Une lueur apparut dans ses pensée.

« Rubis… Rubis… Oh Rubis, debout !

-Phénix ?

-Un oiseau n’utilise pas d’arme pour abattre ses proies, il utilise ses serres. Réfléchis…

-Il me désarme et…

-Rubis, comment peux-tu désarmé quelqu’un qui n’a pas d’arme ? On ne désarme pas un rapace.

-C’est pas clair ton baratin.

-Utilise les serres. »

Rubis ouvrit les yeux. Des flammes gigantesques lui parcouraient le corps. Il se releva.

« Famine, tu vas mourir. »

Les flammes s’intensifièrent sur ses bras. Rubis venait de découvrir une nouvelle catégorie d’arme, le pugilat. Le feu forma une lame le long de son bras, capable de changer à volonté. Il fondit sur la Famine. Surpris par cette faible allonge et surtout par son originalité, son adversaire para sans le repousser. Rubis enchaîna, se jetant dans la bataille à corps perdu. Il fut transpercé au niveau du cœur, frôlant son palpitant. Derrière ce rideau de lame impénétrable, la Famine possédait une armure rongée par le temps et un corps affaiblit. Il le jeta à terre en l’empalant. Il se releva néanmoins. Rubis sentait la force monter en lui, la Famine était essoufflé. L’enfant était plus rayonnant que le guerrier était déstabilisé.

« Suffit ! Cria le noir cavalier. Il est temps de sortir le grand jeu ! »

Les pierres sous ses pierres se fissurèrent, comme si des millénaires d’érosions venaient de les anéantir en quelques secondes.

« Flétris dans le néant ! »

Pour une fois, la Famine attaqua d’elle-même, Rubis ne put parer et fut tranché net aux abdominaux. Sa force le quitta et le sang gicla à flot. Il ne pouvait plus tenir debout, alors une tornade de flamme balaya le château. Il s’envola.

« Puisses-tu pourrir en enfer ! »

Il chargea dans un hurlement guerrier. Sa vision se troubla, il ne sentait plus la douleur intolérable sur son ventre. Il comprit :

« Merde… Le sceau… »

Il se couvrit de flammes petites et noires, nombreuses, qui ne faisaient de lui qu’une silhouette rougeoyante et noire. Ses ailes disparurent, il était propulsé par une trainée ardente maintenant.

 

La Famine se mit en garde, les décombres à ses pieds s’élevèrent pour former une autre barrière de protection. Rubis s’approchait, il attendit le dernier moment pour porter un coup fatal au garçon.

« Crève !! »

Une explosion prit la place des combattants.

 

Rubis ouvrit les yeux. Le soleil s’était couché et la lune étincelait dans le ciel. Il n’avait plus la force de se relever. Il se tourna, puis hurla de terreur. La Famine était à coté de lui, terrassé.

« Hé ! Hé ho ! T’es bien mort hein ? »

Il sourit  un instant, puis se plia de douleur. Il était mutilé, lacéré, écorché de toute part. Après plusieurs heures, il était assez rétabli pour marcher. Il s’aider de son épée, lança un regard exténué au cadavre à coté de lui, puis le mit sur son dos.

« Trachéom… C’est loin quand on y pense. »

 

 

 

Le retour de l’ange de feu

 

L’empereur faisait les cent pas dans sa chambre. Personne n’osait l’approcher. Il hurla soudain :

« Rubis t’es où putain ?! »

Il alla à la fenêtre.

« Je ne rêve que d’une chose, c’est de le voir à l’horizon. Mais il n’y a qu’un foutu soleil quelconque ! Rien à foutre de ce machin ! Je veux mon fils ! »

Il vit un point noir se distingué de l’illumination de l’aurore.

« C’quoi ça ? »

Sarasin alla à une autre fenêtre, par prudence, et déclara :

« J’ai bonne vue mais je peux me tromper… N’empêche on dirait… Rien, ça ressemble pas à grand-chose. Hum… On dirait quelqu’un qui porte un cadavre, quelqu’un de petite taille. »

Il vit soudain le Seigneur-Croc déjà loin.

« A quoi ça sert que je me décarcasse après tout ? Suffit d’aller voir. »

 

Rubis avançait en titubant. Il avait un peu reprit ses forces, mais plus que les blessures, la faim et la soif le rongeait. Il ne vivant encore que grâce à la formidable énergie du Phénix. Trachéom  était enfin en vue, lui donna une bouffée d’espoir. Trainant toujours la dépouille de la famine sur son dos, il vit de la fumée se dirigeait vers lui.

« Salut… Papa… »

Il s’effondra, enfin sauvé.

 

Il se réveilla, encore, à l’infirmerie. Au plutôt dans un lit d’infirmerie, mais dans sa chambre. La première chose qu’il perçu fut sa sœur à ses cotés, ensuite se fut la gifle qu’elle lui donna. Bien que ce coup soit juste risible après son combat, son âme était plus ensanglanté qu’après avoir frôlé la mort.

« S’pèce de malade ! »

Elle le gifla de nouveau.

« Pourquoi t’as fais ça hein ? Attaquer la famine !

-Tu ne me fais pas mal, mentit Rubis.

-Taré ! T’as faillit mourir !

-J’suis pas mort et j’ai gagné.

-Je te croyais moins borné que ton père ! Mais non ! Son sang coule bien dans tes veines ! Vous êtes pareil ! Toujours l’épée à la main !

-Je porte un glaive, lui une claymore. Mais une main tendre retient son bras. De loin, nous sommes pareilles, mais dans le détail, il est sauvage mais retenu, je suis civilisé mais seul.

-Qy’est-ce que t’essayes de me faire comprendre ?

-Un conquérant gagne au prix de son sang. Qu’il conquiert un pays… Ou un cœur.

-… Alors c’est pour ça ! T’es encore plus con que je le croyais ! Notre barbare de père, lui, il sait voir qu’il est aimé ! Je suis ta petite amie, il te faut quoi de plus ? »

Rubis tendit soudain le bras vers elle et l’étrangla d’une poigne de titan. Son regard était assassin, emplit de haine. Il serrait les dents de rage. Sa mains e refermait avec toujours plus de force. Améthyste suffoquait.

« Cesse de me mentir, hérétique. J’ai tes caresse, j’ai tes baisers, tu serais même prête à me donner ta sexualité. »

Il serra encore plus fort.

« Mais je n’ai pas ton âme ! Et tu n’as aucune valeur, tentatrice !

-J’avais peur… Que tu ne revienne pas, si peur…

-Au fond, que t’importe ma mort ? Tu me remplacerais sans état d’âme ! Espèce de… Monstre dénué de toute humanité ! »

Une main surpuissante le fit lâcher prise, Améthyste s’effondra, le souffle court.  C’était son père.

« Va falloir la lâcher là.

-Laisse-moi étrangler ce crève-cœur !

-Ben sûrement pas, c’est ma fille !

-Dégage ! Si elle n’est pas mienne, personne ne l’aura !

-Je t’en supplie, reprend ton calme, je ne veux pas avoir à m’énerver contre toi alors que j’ai faillit te perdre !

-Je tuerais cette succube par le feu purificateur ! »

L’empereur lui saisit le bras et lui brisa dans un horrible hurlement de douleur.

« Je fais ça pour ton bien, je ne te laisserais pas tuer celle que tu aimes. Et si je dois je casser tous les os, je le ferais. Tuer celle que tu aimes… J’peux pas te laisser faire une telle connerie. »

Il sortit, suivi par sa fille qui se tenait encore la gorge.

« C’est décidé, je le plaque !

-Si tu veux le tuer, y’a des moyens plus rapide et moins cruel pour ça.

-Il s’en remettra, ce barbare !

-Toi aussi je vais te casser quelque chose. Si t’avais un cœur, j’aurais put te le briser. Ce combat fut dur, et il est atteint de folie. Et ne me dis pas que tu l’aimes de toute ton âme, me prend pas pour plus con que je le suis.

-Qu’il aille se pendre !! Je l’emmerde !! »

Le Seigneur-croc la prit par les épaules et lui murmura à la limite de la broyer.

« S’il se suicide par ta faute, je te tuerais, sois-en sure !

-… A part tuer tout ce qui bouge et mourir d’amour, vous savez faire quoi ?

-D’un désert nous feront une nation, d’un guerrier un héro, d’un rebelle un révolutionnaire. Et de l’amour, un sanctuaire immuable.

-Tu…

-Vas-t-en maintenant, je ne veux plus te voir. Je ne ferais pas couleur le sang. Je veux garder espoir. »

Elle serra les poings de rage et alla dans sa chambre. Elle ferma sa porte à clé et s’assit à son bureau. Elle reprit le livre qu’elle lisait, intitulé :

« La maladie et la guérison par la destruction. »

Elle continua ses notes, quand soudain la porte explosa. Rubis entra, couvert de flammes comme lors de son combat. On le distinguait à peine derrière ce rideau ardent.

« Rubis ? »

Elle n’eut pas de réponse. Le garçon fit un geste de la main et une vague de flamme l’engloutit. Mais loin de la brûler, sa peau, ses cheveux, son corps fut épargné. Ses vêtements furent carbonisés.

« Qu’est-ce que tu fais ?! »

Un souffle d’air chaud la projeta sur le lit. Rubis s’approcha d’elle, toujours terrifiant. Il tendit sa main, et les flammes se dissipèrent lorsqu’elles s’approchèrent d’Améthyste. Elle remarqua alors que ce sort flamboyant avait aussi dénudé son frère. Elle comprit, soupira et écarta les jambes.

« Fais ce qu’il te plait… »

Rubis les rejeta sans force sur le coté, s’allongea près d’elle et les flammes disparurent en entier. Ses yeux étaient blancs, il était inconscient. Il posa sa tête contre le buste de sa sœur et l’enlaça. Puis il ne bougea plus.

« Qu… Dégage ! »

Elle le rejeta et se saisit de composants vaudou.

« Si tu m’approche encore, je t’incinère sur place ! »

Rubis se couvrit à nouveau de flammes rouges, puis noires. Un sourire se dessina sur son visage et les flammes semblèrent… Glacées.

« Salut, enfoirée !

-Hein ? »

Il tendit le bras et les flammes s’allongèrent pour la plaquer contre le mur au niveau de la gorge.

« Tout le monde y veut m’étrangler…

-Ah ? Rubis à déjà essayer de te buter ? Non, impossible !

-C’est pas toi, Rubis ?

-Il est absent pour le moment. Tu te souviens pas de moi ? C’est vexant ! Je t’ai sauvé la vie, tu sais… Tu m’as plutôt mal remercié.

-T’es qui à la fin ?

-Je suis le Basilic ! C’est moi qui ai donné à Rubis la force de vaincre Rakkah ! Pour te sauver, toi ! Salope ! Et finalement, non, on me piège dans un sceau, sympa ! Je vais maintenant d’étriper par vengeance. C’est pas pour rien qu’on m’appelle « Le fourbe ».

De son autre bras, il lança une pointe tranchante pour empaler la fille, mais un autre être tout de flammes l’arrêta.

« Pas touche.

-Phénix, et toi ça va ? Pourquoi t’es jamais dans mon camp ?

-Tu veux tuer celle que Rubis aime, tu crois que je vais te laisser faire ?

-On la tue elle, on le tue lui, on est libre !

-Rien qu’à l’idée de partager le même corps que toi, j’ai la nausée. Laisse plutôt l’élu du cœur de Rubis tranquille.

-Ben on le saura, qu’il l’aime. Mais elle, elle l’aime pas, alors autant mettre fin à l’amour non ?

-c’est plus complexe que ça, car… »

Ils disparurent soudain, Rubis se tenait derrière eux.

« Vous êtes priés de garder les secrets de mon âme pour vous. »

D’un geste, il offrit à Amethyste une robe de flamme, et se fit de même.

« Désolé, je n’étais pas conscient. C’était pas moi. Le sceau… Le sceau a été gravement endommagé pendant le combat.

-Rubis…

-Ne me parle pas ! »

Il sortit. Améthyste resta seule, stupéfaite. Rubis n’était plus blessé, comme si la force libérée l’avait soigné à peu près. Malgré ses balafres, son bras était restauré, dessus le tatouage du Basilic était légèrement visible, comme brûlé. Elle soupira, puis sortit des ingrédients vaudou.

« Sur le conseil de papa. »

 

Le Seigneur-Croc était devant la chambre de Rubis. Il toqua, puis poussa la porte, mais quelque chose la bloqua.

« Eh Rubis, je peux entrer ? J’ai un message.

-Tu peux. »

Il poussa avec plus de force en vain.

« Bon, fit-il avec un rire jaune, dégage ce qui bloque la porte ou je la défonce.

-J’ai dis que tu pouvais entrer.

-Y parait. »

Il poussa encore plus fort et entendit un bruit de métal brisé. En effet dans la pièce, des épées étaient plantées sur les murs, les meubles, et la porte n’était pas épargnée.

« … Pourquoi tu…

-Pour me défouler.

-… Eh, c’est la fête, t’as vaincu la Famine tu sais !

-Pourquoi je l’ai fais d’après toi ?

-Comme si je le savais.

-Pour épater Améthyste. A pas marché.

-… Justement en parlant d’elle, elle veut te voir.

-Mensonges.

-Eh m’agresse pas. Elle m’a filé un papier à te donner. »

Il lui lança.

« Sur ce, j’y vais. »

Il partit. Rubis prit le papier. C’était un message :

Rubis, Retrouve-moi à la fontaine d’Enacy à midi, demain. Si tu n’y es pas, je vais vraiment me fâcher.

Améthyste

Il soupira. Y aller ? Pour le même résultat qu’avant ? Une déclaration futile, une guerre fraternelle, une démonstration de force du phénix et un sort de torture vaudou. Inutile d’y aller. Pourtant, il irait.

« Je suis pathétique. »

 

Améthyste attendait assise sur la fontaine, il était seulement 11h. Elle semblait inquiète, presque terrifiée. Elle regardait à droite et à gauche.

« Tu cherches quelqu’un ? Demanda un de ses amis.

-Oui, Rubis.

-Tu sors avec… »

Elle fit un geste montrant qu’elle retenait sa colère.

« Fiche le camp.

-Attends, t’as pas d’ordre à me donner ! »

Il fut empoigné par un homme de grande taille et à la carrure démentielle. Le maréchal.

« On n’importune pas la princesse. »

Il le jeta dans une basse-cour, pour reprendre sa place près de la fille.

« Rappelez-moi pourquoi vous me suivez ?

-J’ai ordre de surveiller Rubis au cas où le Basilic referait surface. Dimention travaille sur un sceau de type démoniaque pour rétablir le sceau dragon, mais il serait plus faible.

-Je vous interdis de nous suivre.

-Ces ordres émanent de votre père, je ne peux les ignorer.

-Foutez le camp ou je vous atomise ! Je compte passer l’une des plus belles journées de ma vie et…

-Votre bonheur ne doit pas m’empêcher d’accomplir mon devoir, jeune fille. »

Une main se posa sur son épaule.

« Depuis combien de temps on s’est plus entrainé ensemble, maréchal ? Demanda Rubis.

-Hum… Depuis 2 mois avant votre voyage, messire.

-C’était une question rhétorique. »

Il l’écarta.

« Pour une fois t’es en avance, Améthyste. Bon, qu’est-ce tu me veux ? »

Elle se jeta dans ses bras et le serra de toutes ses maigres forces. L’expression de Rubis passa de la résignation blasée à la surprise.

« Qu’est-ce que…

-Je veux passer la journée avec toi, c’est tout. Jusqu’au coucher du soleil !

-T’as de la fièvre, ou autre ?

-Une poussée de bonne humeur on va dire.

-… Et on va où ?

-J’ai tout prévu ! »

Elle le saisit par le bras et l’entraina dans la foule, suivit par le maréchal, toujours aussi droit.

 

Elle l’emmena dans un restaurant et le jeta presque sur une chaise.

« Garçon ! Cria-t-elle. Ma commande !

-Tout dé suite, prwincesse. Répondit-il avec un accent. Voulez-vous hun peu dé chamtagne ?

-Oui ! »

Elle se blottit contre son frère. Rubis, gêné, finit par se dégager, alors sa sœur s’éloigna un peu et baissa la tête, l’air triste.

« Y’a pas une semaine tu m’aurais tué pour me refuser un câlin, et la t’es suspendu à mon cou et dès que je me dégage c’est les grandes eux ? Tu te moques de qui ?

-De… De personne.

-T’as plus de répartie d’habitude.

-Rubis, écoute… Faisons table basse du passé. Je veux juste passer une bonne journée.

-Tab… Table basse ? C’est bien toi qui a dit ça ? »

Le serveur apporta une farandole de victuaille.

« Tout ça ?! »

Il n’eut pas de réponse. Au menu, viande rouge saignante de bœuf et côte de porc, aucun légume.

« Mon plat préféré… »

Il sourit enfin.

« Tu es bien attentionnée aujourd’hui. »

Elle esquissa un sourire, puis lui prit la main. Bien que ce soit peu commode pour manger, les enfants se débrouillèrent pour finir leur assiette. A la fin du repas, Améthyste se leva et lança au maréchal :

« Arrêtez de nous zieuter comme ça !

-Les ordres sont les ordres. »

Rubis saisit sa sœur et la prit dans ses bras avant de s’envoler dans un tourbillon de flammes.

« Hé ! Cria le vieil homme ? Attends !

-Vous pawer la commande ?

-Hein ? Oui, oui… »

 

Ils étaient au bord d’un lac. Améthyste était allongée sur le ventre de Rubis, occupée à compter les motifs de son sceau. Le garçon, lui, passaient sa main dans ses cheveux.

« Qu’est-ce qui t’arrive aujourd’hui ? Demanda-t-il.

-Rien…

-Menteuse, vilaine ! »

Elle échappa un léger rire.

« En fait je m’en tape complètement. Je suis juste heureux… »

Une silhouette droite comme la justice leur cacha le soleil.

« Je vous ai retrouvé.

-Maréchal, lança Rubis en se relevant. En tant que prince de Koljeizer, je vous ordonne de quitter ces lieux sur-le-champ !

-Le Seigneur-Croc m’a…

-Vous allez les répéter jusqu’à quand, vos ordres ? Foutez le camp ! »

Sarasin arriva en arrachant la terre dans son dérapage.

« Aomushni, tu rentres au bercail. C’est un ordre du Très-Très-Vachement-Haut !

-Le Seigneur-Croc ?

-Lui-même. »

Il fit un salut militaire.

« Je me retire donc. »

Il partit. Sarasin s’inclina sans grâce devant les deux enfants.

« J’ai pour ordre de vous surveiller moi-même, mais bon aucune envie de vous saouler alors que ça a enfin l’air de marcher entre vous. Vous êtes tombé sur la tête ? ‘Fin bref. On vous retire toute surveillance. »

Il disparut dans un nuage de poussière. Améthyste se jeta au cou de Rubis.

« Enfin tous les deux ! »

Elle refusa de relâcher son étreinte. Le garçon profita du moment lorsqu’un homme arriva en titubant avant de s’effondrer. Son visage était noyé de pus verdâtre et semblait avoir subit la plus terrible agonie silencieuse. Les personnes du village de la rive d’en face du lac commencèrent à tombés les uns après les autres. Améthyste activa soudain un bouclier de protection vaudou anti-poison alors que Rubis érigea une chrysalide de feu autour de lui. Une silhouette s’approcha d’eux.

« Qui se tient encore debout sous la puissance du poison que je dégage ?

-Qui… Qui ?

-Je suis la Peste. Je vais vous broyer de maladie ! »

Rubis tenta de résister, mais fut mis à terre rapidement.

« Fuis Amethyste, fuis !

-N… Non… Sa puissance est… Si grande… »

Elle se mit à genou.

« Prenez-moi comme disciple.

-Quoi ?! Répondirent en cœur Rubis et la Peste.

-Je ferais ce qu’il vous plait. Je serais votre esclave, votre serviteur, votre jouet sexuel s’il le faut.

-Amethyste non ! Hurlait la garçon de plus en plus fort.

-Silence ! »

La corruption le priva de sa voix dans une douleur aigue.

« Tu ne veux que me tuer dans le dos. Sache que je n’ai aucune faille. Je ne veux pas m’encombrer.

-Je ferais ce que vous voulez, je vous en supplie. Apprenez-moi tout ce que vous savez.

-Je vais t’éliminer… Non, je sais… »

Il eut un rictus sadique.

« Tue ton frère, ou c’est toi que je tue. Et fais-le souffrir.

-Bien !

-Hein ? »

Améthyste se releva en Rubis fut submergé par les sorts de vaudou. Ses os se brisèrent d’un coup, son cœur lâcha, la foudre le carbonisa. Rubis gémissait tant bien que mal, rampant, il articula :

« Am… Pitié… »

Elle l’acheva d’un regard de glace.

« J’ai fais ce que vous vouliez. »

Elle se remit à genou. Le Peste sembla stupéfaite, puis lança :

« Tu l’aimais ?

-Oui, mais je suis prêt à renoncer à l’amour pour la puissance !

-Je dois reconnaître ma surprise. Hum… Ton dévouement est prouvé je pense. Mais sache qu’aucune trahison ne pourra m’atteindre, aucune !

-Je ne suis pas traîtresse.

-Comment refuser ? Viens. »

Améthyste incinéra le cadavre de son frère et emporta les cendres dans une urne.

« La preuve de ma victoire, mon père sera surpris quand je la lui jetterais au visage.

-Absolument adorable. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les arts de la Peste

 

La Peste s’était installé dans une grotte où divers composants de nécromancie traînaient.

« Tu peux t’installer où tu le souhaite. Je vais t’apprendre des sorts, mais je choisirais lesquels.

-Bien. »

Elle s’approcha d’une paroi qui se transforma en plusieurs golems de terre.

« Tu fiche quoi ?

-Je creuse ma chambre. »

La roche devenant animé, elle n’eut qu’à fabriqué une porte et un lit. La Peste lui jeta un livre.

« Lis ça.

-Bien. »

Elle entra dans la chambre dans commença sa lecture. Au bout de plusieurs heures, la Peste l’appela :

« Disciple, viens !

-A vos ordres ! »

Elle arriva.

« Je vais t’apprendre 5 sorts extrêmement importants. Le premier est le ‘Cruxamdes’. Il consiste à détruire de façon direct l’âme de quelqu’un, ou du moins l’amocher. Prenons un animal quelconque. »

Il ouvrit une cage et un lapin en sortit.

« N’est-il pas mignon ? Lança le maître. Le petit lapinou… Cruxamdes !! »

Le lapin émis un gémissement de douleur bref et s’effondra. La Peste en libéra un autre.

« Visualise l’âme du lapin. Concentre-toi… Visualise une croix, comme des traits de fabrication. Ils deviennent tranchants. Ils tuent ! Relâche ton esprit. »

Améthyste se déconcentra et la puissance magique accumulée fut relâchée. Le lapin jappa, puis, tremblotant, tenta de s’enfuir.

« Un excellent début. Achève-le. »

Améthyste récidiva, le lapin mourut.

« Nous allons poursuivre l’entraînement. »

 

A la nuit tombée, Améthyste montra son livre à la Peste et lui demanda :

« Maître, en lisant cet ouvrage, j’ai lut le chapitre ‘Le summum du plaisir sexuel solitaire’. Aussi, j’aimerais l’expérimenté et je demande à ne pas être dérangée… A moins bien sur que vous ne vouliez participer.

-Pauvre idiote ! Je suis un mort-vivant, j’ai pas d’hormones ! Va t’amuser toute seule, imbécile, au lieu de t‘entraîner… »

Améthyste rentra dans sa chambre et jeta le livre à terre. Elle brisa l’urne et mit en tas les cendres de son frère, puis y mit le feu.

« Renais. »

Les flammes envahir la pièce, une silhouette se distingua dans le brasier.

« Tel le phénix, tu renais de tes cendres. »

Il la saisit par la gorge de toutes ses forces.

« Monstre ! Comment as-tu osé…

-Je suis la disciple de la Peste… Lâche moi… »

Il rechigna, puis cessa de l’étrangler.

« Je vais trouver une faille chez lui. Je sais que tu as soufferts…

-Sais-tu ce que j’ai dû endurer !?

-Ce que j’ai fait, je l’ai fait pour Ethariane. Ne fais pas tout échouer.

-Espèce d’enfoirée… »

Elle l’embrassa fermement.

« Je vais te cacher ici. N’ait crainte.

-Pardon ? N’ait crainte ? Je ne crains qu’une chose, que papa débarque pour me venger et te massacre. La Peste ne te défendra pas.

-Planque toi vite ! »

Il fut caché, emmuré dans les parois.

 

Les jours suivants, la Peste décida d’enseigner un nouveau sort à Améthyste.

« Je vais t’apprendre… L’invictum. Cela consiste à inspirer à ton âme une peur sans commune mesure pour qu’elle déploie par reflexe toute l’étendue de sa force, sans quoi rien ne sera possible. Visualise ton pire cauchemar. »

Elle le regarda d’un air niais.

« Tu n’as donc peur de rien ?

-Peur ? Si. Mais je n’ai pas de ‘pire cauchemar’.

-Veux-tu que je te l’insuffle ?

-Je m’en passerais bien… Laissez-moi y réfléchir.

-Accordé. Je te laisse quelques heures, j’ai des préparatifs à mettre en place… »

Elle se dirigea vers sa chambre et s’effondra sur le lit.

« As-tu trouvé la moindre faille ? Lui cracha presque son frère.

-Pas encore. Dis, c’est quoi ton pire cauchemar ?

-Tu l’as réalisé il y a peu en m’anéantissant.

-… Et pour moi, quel serait mon pire cauchemar ?

-Qu’un jour, je te rende tout le mal que tu m’as fais subir et tu t’en repentiras. Ca fera long.

-Tu ne m’aides pas, et tu n’aides pas l’humanité avec.

-Je refuse de t’entendre parler d’humanité alors que tu m’as froidement assassiné dans d’horrible souffrance !

-Bon… »

Elle se dénuda entièrement sous le regard d’acier de son frère et s’allongea sur le lit.

« Tu peux me faire tout ce que tu veux.

-Reçu. »

Il s’approcha d’elle et frappa de toutes ses forces dans les abdominaux de sa sœur qui cracha le contenu de son estomac. Marquée par la surprise et la douleur, elle se recroquevilla sur elle-même en lançant :

« Je ne m’attendais pas vraiment à ça…

-Si tu faisais preuve d’un minimum syndical d’empathie, tu comprendrais clairement. »

Elle versa une larme.

« Ne me fais pas le coup de la putain vierge ! Tu n’as que ce que tu mérites, non en fait tu mériterais largement pire ! »

La Peste toqua à la porte.

« J’ai entendu une voix qui n’était pas la tienne. Tu ne te fais pas plaisir toute seule cette fois ?

-Je… Euh je cherche à matérialiser mon pire cauchemar en créant un avatar que je modifie à tâtons !

-Tu me montreras le résultat. »

Il partit. Améthyste lança un regard plein de reproche à Rubis qui  le lui rendit en répondant :

« Tu ne mérites qu’une chose, te faire tuer par cette monstruosité anthropomorphique.

-Il y a des limites à ne pas franchir. »

Elle se tourna vers lui et se tint aussi droit qu’elle put malgré la douleur.

« Je peux faire preuve d’autant de cruauté, et plus encore. Ne me sous-estime pas. »

Un ouragan de flamme envahit la pièce. Rubis, rougeoyant comme une braise, lança d’une voix basse mais soutenue :

« N’oublie pas à qui tu parles… »

La porte de la chambre explosa sous un torrent de feu.

« J’ai récemment découvert une nouvelle strate de la puissance. Ne me provoque pas. »

Améthyste inspira l’air embrumé de puissance impie de la grotte et canalisa l’énergie des runes sur les murs.

« Tu te bats sur mon terrain, garde ça en mémoire.

-Dis bonjour à mon nouvel ami…

-Ankala thomubra mir kol raj gréhar !

-Plus chaud que l’enfer !

-Impact lunaire ! »

Le sort vaudou se heurta violement à Rubis, puis fut balayé en un instant par une vague ardente. Pensant l’orage fini, Améthyste composa d’autres incantations, lorsque Rubis s’approcha.

« L’explosion n’était qu’un précurseur. »

Il désigna sa main recouvert de flamme sous une forme presque solide. L’air entrait en fusion à son simple contact. Soudain, un homme vint se placer entre lui et sa sœur.

« C’est ‘ça’ ton pire cauchemar ? Ton frère furax ? A ta place, j’aurais prit ton père… Enfin, il semblerait qu’il ait échappé à ton contrôle, je vais le faire taire.

-Non ! Euh j’ai mit du temps à le créer, et le fait qu’il échappe à mon contrôle était pour m’insufflé la peur !

-c’est amusant comme il est réaliste, j’ai l’impression d’avoir le vrai en face.

-Je me suis beaucoup appliquée.

-Tu as même pourvu ton avatar de poils pubiens, d’un pénis, de poils sur le torse et autres signes de virilité ? Tu me fais marrer toi. Mais tu sais, je pense que c’est vraiment ton frère en face.

-C’est ridicule !

-Torture-le. »

Sans hésiter, Rubis se jeta sur lui et frappa de toutes ses forces un bouclier protecteur qui l’entourait. Une fissure apparut dans le vide.

« La force que tu lui as donné est stupéfiante ! Ta puissance semble avoir beaucoup augmenté. Enfin bref… »

Rubis s’enfuit par les airs et le feu se dissipa sous un geste de la main de la Peste.

« J’imagine qu’à plus de cent mètre de toi, il se dématérialise. »

 

Rubis s’était écrasé contre la roche, à la limite de la mort. Du feu noir le recouvrait peu à peu. Il entendait :

« Rubiiiiis… Laisssssse-moi faire… Tu veux la puisssssssancssssssse ? Je vais te donner la puissssssssancsssssse… 

-Va… Te faire voir… Merde ! »

Il frappa le sol du poing et les ténèbres disparurent.

 

« Et bien voila, tu dégages enfin la puissance que je t’avais demandé ! Et sans avatar nécessaire. Toutes mes félicitations. Nous allons pouvoir passer à la leçon suivante : Lier ton âme à une autre. Pour commencer, des animaux que tu pourras asservir. Enfin, dont tu pourras plutôt prendre le contrôle de son âme, tu ne pourras pas bouger toi-même. J’ai cette fois choisit un féroce tigre. »

Il ouvrit la cage.

« Il est pas mignon mon tigre ? Absolument pas. »

Il lui infligea une douleur psychique qui fit japper l’animal impuissant.

« Prend le contrôle de son âme. C’est comme le Cruxamdes, mais tu ne dois pas relâcher le sort de façon direct, mais peu à peu pour perforer l’âme de ta cible un peu. Quand tu relâche le sort, la cible reprend conscience d’elle-même et n’aura subit aucun dégât, attends-toi à des représailles. »

Améthyste lança le sort et le tigre regarda instinctivement autour de lui. Il fit un pas maladroit, grogna et Améthyste relâcha le sort, épuisée.

« Nulle, ridicule. Si je t’ai appris l’Invictum, c’est pour que tu l’utilises. »

Elle se concentra et dégagea ce qui lui semblait bien peu de puissance supplémentaire, mais le tigre ploya immédiatement sous sa volonté. Elle n’était plus elle-même, elle était le tigre. Dans cette peau de félin, elle trébucha, puis regarda autour d’elle, elle se voyait bien.

« Ah ah ! Lança la Peste. Tu vois ? »

Dans un élan de bonheur, elle se lécha l’entrejambe avec souplesse.

« Essaye plutôt d’utiliser des griffes, imbécile. »

Il infligea de nouveau une douleur psychique au tigre, mais Améthyste la ressentit bien dans toute sa splendeur, elle relâcha le sort. La Peste supprima le tigre d’un coup de Cruxamdes.

« Bon, pas mal. Nous allons passer au niveau suivant, partager l’âme d’un homme. »

Il fit sortir une femme d’une cage.

« Je te présente… Euh ?

-Laissez-moi partir ! Je vous en supplie !

-Ah oui, Jvouzensuply, c’est comme ça que je l’ai nommé. »

Améthyste lança les incantations, et prit le contrôle partiel de la femme, elle la sentait lutter dans son âme.

« Améthyste, lança la Peste sans ciller, tout ne doit pas la dominer, tu ne dois faire qu’un avec elle, pas l’écraser. »

La fille se concentra, puis se décontracta. La femme sentit soudain une force nouvelle en elle. Elle brisa ses chaînes, elle était plus forte, plus rapide, plus intelligente, plus courageuse. Améthyste relâcha le sort avant que la Peste n’exécute la femme en l’emportant dans une vague impie.

« Nous y sommes presque, enfin… Enfin !

-Mais, quoi ? Pouvez me dire, non ?

-Silence !! Aurais-tu oublié qui je suis ? »

Il lui jeta un livre avec force et lui ordonna de le lire.

‘L’art des boucliers’

 

Rubis récupérait de ses blessures dans la chambre d’Améthyste. Lorsqu’elle entra, il l’ignora. Elle commença à se changer, alors il détourna le regard.

« T’as trouvé une faille ? »

Elle lui jeta son soutien-gorge, en guise de réponse. Il l’incinéra en plein vol.

« Incapable. »

Ils restèrent muets. Dans la chambre, l’odeur des ingrédients vaudous et des matériaux brûlés rendaient l’air presque irrespirable. Améthyste rompit le silence :

« Je t’aime, tu sais. »

Elle n’eut en réponse qu’un vent imbibé de souffre.

« Comprend que ce que je fais, je le fais pour tout le monde. Je n’ai aucun plaisir à accroître ma puissance.

-Vaudrait mieux être sourd qu’entendre ça. »

Le silence retomba.

« Rubis.

-Fous-moi la paix.

-J’ai trouvé la faille. Il n’y en a qu’une et elle dépend de moi. Je peux perdre la vie en l’exploitant mal.

-J’ai déjà perdu la mienne une fois.

-Si je meurs, je ne veux pas mourir fâcher avec toi. »

Elle s’accrocha à son épaule, ignorant la chaleur. Rubis lui jeta d’un air funèbre, partagé entre l’amour et la haine.

« J’ai déjà regardé la mort de face. Le Basilic est une bombe à retardement dans mon âme. J’irais au paradis, je sillonnerais les plaines à la recherche d’intrus dans les champs Elysées. Je suis prêt à inaugurer le meurtre dans la mort. Je me vois ange, une aile de feu, une aile déchu. Une faux à la main.

-Un jour, tu iras au paradis. Et ce jour-ci, tu me regarderais, en enfer. Et tu regretteras amèrement de ne pas m’avoir sauvé des griffes du malin. Du haut de ta puissance, et d’encore plus haut, du haut de ton orgueil, tu donnerais n’importe quoi pour me rejoindre dans ces lieux damnés.

-Qu’ai-je fais pour mériter tous ces supplices ? Pourquoi moi ? Regarde moi, je suis noble de cœur ! Faites monter la chaleur ! »

Les flammes envahirent la pièce.

« Pourquoi ce blâme ? Dit-elle d’une voix tremblotante. Pourquoi ces flammes ?

-J’ai porté l’amour jusqu’à des strates jamais vues ! Je suis un guerrier envoyé en enfer pour une mission de sauvetage ! Cible : L’incarnation du mal ! Améthyste, ne vois-tu pas que mon amour est fort ? Regarde, je pleure et mes larmes éteignent mes flammes ! »

Rubis versait des larmes de sang.

« Je ne suis pas un héros ! Juste un mec fait d’os et d’eau ! Je ne suis qu’une âme à moitié brûlée dans les flammes d’une passion perdue… »

Il se laissa tomber sur les genoux d’Améthyste, en sanglots. La fille se courba sur lui, en larmes elle aussi.

« Rubis… J’ai toujours tenu tête à quiconque, tout ceux qui m’ont approché on mal tourné… Tout ceux qui m’ont entouré, je voulais voir leur chute inexorable… Mais pas toi. Si c’est toi, tiens-toi droit… »

Il le remit debout.

« Ne fais pas profil bas, prends-moi dans tes bras et aime-moi. »

Elle l’enlaça.

« Enflamme-toi. »

Rubis réagit enfin et la serra avec force. Il tremblait sous la force de ses muscles voulant la serrer toujours plus fort et ceux la force de la peur de la broyer pour de bon.

« Je regrette. Continua-t-elle. Je mériterais d’être fouettée. Excuse-moi pour tout ce que j’ai put de faire…

-Ce fut involontaire. J’ai moi-même était plus cœur de pierre que frère. A jouer les fiers, à me prendre pour un homme de fer. J’en oubliais parfois pourquoi je luttais. Je voulais juste qu’on me voit comme un héro… Mais je t’aime, et ça ne fait aucun doute. Et au fond de moi je sais que j’ai lutté pour une bonne cause.

-Je vais changer, je te le jure  Je vais faire mieux, beaucoup mieux ! Je ne serais plus la même, j’en fais le serment ! »

 

Améthyste avait parfaitement compris comment lier des âmes, et apprenait désormais le quatrième sort, le bouclier des âmes.

« Il consiste à user de la force même de ton âme sans pour autant la consumer, pour te créer un bouclier.

-Oui…

-Tu n’as pas l’air concentrée. Est-ce la même conquérante que j’ai pris comme disciple il y a deux semaines ?

-Pardonnez-moi, ce n’est rien. »

Elle incanta un bouclier, qui céda sans peine. Elle tentait de se concentrer sur le vaudou. La peur, la haine, la cruauté. Rien n’y faisait.

« Améthyste, tu dois utiliser l’Invictum. »

Le bouclier devint bien plus solide, mais toujours pas assez. Elle pensa à son pire cauchemar, Rubis en colère, mais la peur n’était pas assez grande. Puis elle regarda la Peste. Il était terrifiant, car il n’avait pas l’air fort, mais l’était immensément. Sa cruauté était sa manière de vivre, que ce passerait-il s’il venait à découvrir Rubis, s’il le tuait… Si cette fois, elle ne pouvait plus le ressusciter ? Si la Peste détruisait son âme, il ne pourrait jamais revenir. Elle comprit enfin pourquoi Rubis s’était montrer si demandeur sur ses recherches d’une faille chez la Peste, il avait peur, simplement. S’il mourrait, le seul homme capable de l’accepter…  Elle ne voulait pas. Elle pourrait tout perdre, mais pas Rubis. La peur l’envahit soudain. Le bouclier grandit d’un coup et renversa la pièce, repoussa les parois rocheuse sous la force. La Peste lança un sort foudroyant sur le bouclier qui tint bon.

« Enfin… Il est tant d’apprendre le dernier sort… Lie ton âme à la mienne. »

Elle s’exécuta.

« Imprègnes-toi de l’Invictum… Bien, invoque le bouclier. »

Le bouclier fut projeté sur la Peste.

« Enfin ! J’ai enfin le bouclier indestructible ! Rien, pas même un dieu, ne peut l’ébrécher ! La seule faille est cette fille vulnérable ! La fille du Seigneur-Croc, il ne lui fera aucun mal ! Je suis le meilleur ! Je suis invincible ! »

Emporté par sa joie, il passa sa journée à jouir de son nouveau bouclier.

« Bien ! Je suis immortel ! La Mort ne peut rien me faire ! Enfin, lui, si, il peut tuer Améthyste…  Mais pas un autre ! »

Il entama une sorte de danse de la joie qui serait ridicule s’il n’avait pas ajouté des sorts mortels qu’il jetait à tout va. Une voix tonitruante s’éleva, débordante de rage.

« Fais gaffe avec tes saloperies ! »

Le Seigneur-croc s’avança, le Fendium en main. Il fit craquer sa nuque d’en mouvement de tête haineux.

« Je vais te tuer.

-Ah ! Tu ne peux rien me faire !

-C’est pas à toi que je parle.

-Quoi ? Tu m’ignore ?

-Je suis venu pour tuer Améthyste… Fratricide ! Tu as tué ton frère ! Et tu mourras des mains de ton père !

-Non non non ! Tu ne touches pas à ma disciple !

-Ta disciple ? Améthyste, tu as franchis les bornes depuis longtemps, je ne peux plus fermer les yeux ! »

Améthyste réfléchit à toute allure, puis lança le bouclier. La Peste hurla :

« Viens te battre ! »

Aussitôt, Améthyste reprit de plus belle :

« Rubis, maintenant !

-Plus chaud que l’enfer !! »

Rubis surgit du plafond dans un phénix de flammes démentiel, plus grand que jamais. Le Seigneur-Croc fut stupéfait, puis se ressaisit. Améthyste retira le bouclier au dernier moment. L’ardente apocalypse s’abattit sur la Peste et il hurla de douleur. Il était faible sans son bouclier. Il en forma un nouveau.

« Traitresse ! »

Améthyste généra de nouveau le bouclier, qui prit la place de celui de la Peste, puis le retira pour laisser le cavalier démuni.

« Toi mon garçon, je vais te noyer de… »

Le Seigneur-Croc chargea en abaissant son arme :

« Crève ! »

La Peste s’effondra sous la blessure. Son cheval cadavérique surgit de nulle part pour emporter son maître. Marchant dans le vide, il prit la fuite par les airs. L’empereur jeta son arme, mais ne put l’atteindre.

« Maudit sois-tu !

-Laisse tomber, p’pa. »

Rubis prit son envol, saisit la monture et l’emporta. Atteignant une vitesse proche de match 5, il l’envoya se briser contre une montagne. Cette fois, la Peste était inerte. Une colonne de flammes chassa les nuages, la Peste était carbonisé.

« Victoire !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’émissaire de la Destruction

 

Le château de Trachéom festoyait la victoire contre la Peste. La Mort ne semblant pas hostile, la terreur était retombée. Au loin, niché dans des collines, Netal regardait le château qui brillait dans la nuit.

« J’ai absorbé l’âme de la Guerre… »

La foudre s’abattit sur la roche.

« J’ai absorbé l’âme de la Famine… »

Quelqu’un s’approcha de lui.

« J’ai absorbé l’âme de la Peste… »

Il se retourna vers la silhouette.

« Et je n’arrive pas au niveau de la Mort !

-C’est con, hein ? Lui répondit une femme.

-Qui que tu sois, ta puissance est impressionnante. Désolé, mais je dois te tuer pour m’en emparer… Toi qui possède une âme divine.

-Netal, n’est-il pas ? Le prototype…

-Et tu es ?

-Kiosen, émissaire de la destruction. »

Kiosen était une femme mince et élancée, deux épées à une main dépassaient de son dos. Sa beauté était relative, ses formes généreuses, et ses cheveux longs descendaient jusqu’en bas du dos.

« Quelle est la date de ta création ?

-A peu près la même que le Seigneur-Croc. La Lumière avait voulut doubler ses chances.

-Je vois… Même base ?

-Hum… Non. J’ai les mêmes bases que toi, mais un don différent.

-Un prototype basé sur le don comme moi et non pas le potentiel, comme le Seigneur-croc, ni sur le talent comme Kiérol ?

-En effet. Mon don est… L’expertisme. »

Un silence retomba.

« Quoi ? C’est tout ?

-Eh oh ça va bien ! C’est suffisant !

-Ouais… Pourquoi j’ai jamais entendu parler de toi ?

-Je ne suis pas vraiment comme vous… Je suis la fille de sang de la Lumière et de… Tu ne me croirais pas.

-Dis toujours.

-Du Seigneur-Croc. Un prélèvement de sperme, simplement.

-Quand tu ramperas agonisante, tu m’expliqueras comment on peut faire un prélèvement de sperme à un nourrisson, puisque ton père est né en même temps que toi !

-… Bonne question.

-Et ça change quoi ?

-La Lumière, alias môman, m’a bien protégé et entraîné, dans les Terres Oubliées.

-Je vois… Et tu viens m’éliminer ?

-En effet. »

Elle dégaina ses armes.

« Tu sais, Netal, on peut régler ça à l’amiable. Rends-toi, et tu auras une mort rapide.

-Je vais y réfléchir pendant que je te terrasse. »

Il bondit vers elle et fut paré par ses épées.

 

« C’est quoi ces épées ? Elles sont ridicules ! J’ai jamais vu des armes aussi moches !

-Mais… Mais…

-Franchement c’est irrégulier, c’est débile, c’est inefficace ! C’est nul ! Je suis mort de rire j’ai jamais vu un truc comme ça depuis longtemps ! »

Il explosa de rire sans pouvoir se retenir.

« Beuaaah je l’avais dit à maman ! Elle voulait pas me donner des Antiquités parce que c’était des objets Originels… Bouhouhou maman est nulle !!

-Euh, remets-toi…

-C’est moooche ! Je voulais l’Eclat du sang et la Fin du tourment ! Bouhouhou ! »

Netal soupira. Il se concentra un instant pour accumuler l’énergie dans ses paumes.

« La douleur ne durera qu’un instant. »

Il fondit sur elle, aussitôt elle esquiva avec habilité et le frappa de plein fouet de ses deux armes. Il fut projeté en arrière.

« Quelle précision… Et quelle force ! »

Elle fit un sourire gêné. Netal se redressa et lui jeta plusieurs sorts dévastateurs avant de reprendre le corps à corps. Chaque coup était esquivé.

« Cesse de bouger ! »

Il la frappa dans le ventre de toutes ses forces. Elle fut éjecté de quelques mètres, mais ne semblait nullement affectée.

« Quoi ? Comment peux-tu cumuler à la fois force, précision, vitesse et endurance ?

-L’expertisme. »

Elle continua de frapper sans s’arrêter. Malgré les efforts de Netal et ses diverses techniques, il tenait bon mais ne pouvait reprendre le dessus. Au bout d’un moment, elle s’arrêta, puis soupira.

« Aller, c’est fini. Rends-toi.

-Pardon ?

-Regarde-toi. Tu es couvert d’une rune. Mon prochain coup brisera chacun de tes os. J’ai gagné, rends-toi à l’évidence. »

Elle rengaina.

« Non ! Ca ne peut pas finir comme… »

Il inspira et les runes s’effacèrent. Comme s’il venait de reprendre force, il se jeta sur elle. Il la frappa en criant :

« Tourment : La peur ! »

Kiosen devint blême. Il esquiva un autre coup et relança le même sort :

« Tourment : Les regrets ! »

Kiosen commençait à trembler.

« Tourment : La tentation ! »

Kiosen avait le regard trouble. Netal avait trouvé la faille. Il murmura de rapide incantation, joignit les mains et envoya :

« Le traumatisme mental ! »

Kiosen vacilla, puis tomba. Elle tenta de se relever en prenant appui sur ses armes.

« Ton corps est fort, mais ton âme est faible. Face à moi, tu n’as aucune chance.

-Reste… à prouver… »

Elle poussa un hurlement guerrier et tenta de le frapper de ses épées.

« Crève !

-Cauchemar. »

La terreur étreignit Kiosen si fort que de la salive franchissait ses lèvres. Ses pupilles étaient totalement dilatées et son cœur approchait des 400 battements par minutes. Sa respiration était effrénée. Un rayon de lumière la baigna et elle retrouva courage.

« Il te faut l’appui d’un dieu pour rester debout ? »

Ses épées changèrent soudain, pour devenir de véritables monstres de combats. Le sol se fissura sous ses pieds.

L’appel à la Folie

L’appel à la Tuerie

« Ah ah ! Fit-elle d’un nouvel orgueil. Ma claymore pèse 7 tonnes, et mon tranchoir en pèse 8 !

-Et alors ? On te donne un gadget et tu te prends pour la reine du monde ?

-Tu vas mourir !

-Horreur psychique ! »

Kiosen vacilla à nouveau, étourdie, mais se reprit pour frapper avec lourdeur. Ses coups étaient destructeurs et sa vitesse restait respectable.

« Tourment : La paranoïa ! »

Les yeux de Kiosen tremblait dans leur orbites tant elle était destabilisée. Pourtant, elle restait droite avec un regard vicieux et un sourire fou. Du sang coulait de sa bouche.

« Tourment : La démence ! »

Kiosen entra dans une furie sanglante, devenant une tornade de lame dévastatrice.

« Tourment : Le désespoir ! »

La femme continuait sa toupie infernale. Netal rompit comme il l’avait fait les trois tourments pour ouvrir une faille à son nouveau sort :

« Rupture mentale !! »

Kiosen perdit l’équilibre un instant, brisée, et tenta un dernier coup.

« Ténèbres absolue… »

Il se renforça dans les ombres et frappa à pleine main la lame qui allait le décapiter et la repoussa. Il s’était brisé une phalange et avait éraflé la lame.

« Le chemin des damnés… »

Il esquiva, il venait de percer les failles de Kiosen :

« Anéantissement psychique !! »

Kiosen s’immobilisa. Pétrifiée dans son mouvement. Netal se retourna et s’éloigna.

« Technique satanique : La mort intérieure. »

La femme bougea un cil. Elle cligna des yeux, puis lâcha ses armes. Sa poitrine se souleva au rythme de sa respiration, ses yeux changèrent d’angle.

« Comment ? »

Elle reprit ses armes et des ailes d’archanges apparurent. Forte, plumées, de grande envergure.

« Tu… Tu… »

Commença-t-elle avec une expression reflétant sa folie extrême.

« Tu… Méchant… Maman va pas être contente… Si je te tue pas ! »

La Lumière apparut :

« Tu as commis une grave erreur, Netal. La faiblesse de ma fille est bel et bien son âme fragile. Mais son don est le même : L’hystérie. C’est pour ça que tu étais le meilleur adversaire pour elle. Tu éveillerais sa folie. Son… Berserk. »

Netal fut tranché au niveau du torse, il était coupé en deux. Redevenue saine d’esprit, elle s’approcha de lui et l’effleura.

« Adieu. »

La rune explosa dans une giclée de sang, Netal était vaincu.

« Non ! Plus fort… Que la Guerre… Plus précis que… La famine… Plus furieuse… Que le Seigneur-Croc.

-Non, faut pas déconner. Enfin, sache une chose… Je ne suis pas seule. Un renfort inespéré va me prêter main forte.

-… Arg… Et je peux savoir qui ?

-… Arch. »

 

 

Le Seigneur-Croc dormait à moitié sur son trône. La seule chose qui le tenait éveillé était les explosions régulières qui venaient du laboratoire de Dimention. Kiérol était installée à la place de Crystal, son enfant dans les bras, en tenant la main de l’empereur.

« Y’a de prévu aujourd’hui ?

-Pas de doléance, pas de diplomatie, pas d’entrainement, rien.

-Bon. »

Il soupira.

« Des nouvelles de mon fils ?

-Hum… On l’a pas vu de la journée.

-Et Améthyste ? »

Kiérol lui sourit.

« Bonne nouvelle. »

Un soldat entra en courant dans la salle. Aussitôt, les gardes pointèrent leur armes vers lui, il ne portait pas les couleurs de Koljeizer.

« Qui va là ?

-Je suis Eiekaodieuredo…

-Gné ?

-Je suis un soldat de l’empire Otrajyd !

-Ah.

-Des… Des fanatiques de la Lumière marchent sur notre empire !

-Vous l’avez pas volé, hein, que des paladins vous tapent dessus c’est normal. Mais sur l’empire Otrajyd ? Comment est-ce possible ? Vous êtes de loin l’empire le plus combattif au monde ! La résistance civile de votre pays est aussi grande que celle qu’opposerait mon armée régulière ! »

Il jeta un regard à ses champions.

« Je ne vous compte pas.

-Je sais, mais leur chef est… Un vrai monstre ! Il a écrasé l’empereur !

-Ça c’est pas neuf.

-Il a balayé les généraux ! Il a terrassé l’armée !

-Et vous voulez que je vienne vous aider ? Je dois le reconnaître, je n’en ai aucune envie. Non pas que je garde rancune que votre nation ait attaqué Koljeizer, mais votre peuple barbare n’est pas pour moi une importance capitale. Vous êtes la source du chaos… Non j’exagère, mais tout de même !

-L’empereur est prêt à se faire votre vassal, lui et sa descendance !

-Je n’en ai cure ! Mais je dois y réfléchir…

-Vous croyez vraiment que personne ne meurt pendant que vous cogitez ?!

-N’oublie pas à qui tu t’adresses.

-Je m’en moque ! Su je reviens les mains vite, je serais exécuté ! Et même, je veux sauver mon peuple ! Secouez-vous !

-Vous êtes soldat ?

-Oui !

-J’aurais dit au moins officier. Enfin, je vais aller voir votre empereur. Je ne promets rien.

-Merci ! Mille merci ! J’ai déjà louer un carrosse et…

-Restez ici, j’irais plus vite seul, et à pied. »

Il sortit et commença à sprinter. Peu après, il aperçut Kiérol qui le suivait en volant à l’aide de flamme, ou glissant sur de la glace.

« Vous me surprenez. »

 

Ils arrivèrent sans peine à l’empire Otrajyd. Au delà de la frontière, ils subirent six tentatives de vol, une tentative d’assassinat et trois d’agression gratuite.

« Quel pays, franchement !

-Vous avez encore salit les murs.

-C’est pas mon bled. On est loin ?

-On y est. »

Ils entrèrent dans le palais. Les tours étaient à moitié détruites, les remparts tombaient en ruine, et la grande place était remplit de cadavre. L’empereur sortit les accueillir. Il était grand et mince, avec une longue barbue bien entretenue et les yeux plissés. Il souriait.

« Mais s’amis ! Vous foila enfin !

-Tout à fait, tout à fait. Expliquez-nous plutôt ce qui se passe et pourquoi il y a des corps partout.

-Né fète pas attention, venez tans la falle du twône !

-Votre accent est ridicule.

-Je n’ai pâ t’actent ! Fous en avez un widicule !

-Bon… Racontez-nous tout ça. »

L’empereur Otrajyd s’assit sur le trône. A coté de lui, deux enfants, un garçon et une fille, se tenaient assis, enchaînés.

« C’est qui, eux ?

-Né fète pas attention. »

Le garçon jeta au Seigneur-Croc un regard suppliant. Kiérol manqua de s’effondrer.

« Seigneur…

-Ne vous forgez aucun à priori, Kiérol. »

Il soupira, puis lança :

« Alors ?

-Un croupe dé palatins sont vénus et ont détwuit mon hâteau sans rèsson.

-Je suis sur qu’ils en avaient.

-Ar, mais jé né si pas mon fère ! Mon frère !

-Abordaient-ils un drapeau ?

-Oui, il s’agissait t’un claive et t’une coix de wésurection cwoisé entre eux, et le tout zur un boutlier.

-Euh, une croix de résurrection et un glaive croisé sur un bouclier ? Jamais entendu parler d’un tel dwapeau. Drapeau, pardon.

-Ils étaient habités en blancs, et leur chef était un zertain « Thierry »

-Vous croyez que ça m’aide ?

-Il diwigeait un groupe de « croisés »

-Génial… Tous les noms de paladins se ressemblent, « le croisé » « le vertueux » « le béni »… »

Le Seigneur-Croc sentit soudain que quelqu’un s’agrippait à sa cape. Il se retourna et vis la fille qui était enchainée près du trône.

« Qué fè-tu ici ? Hurla l’empereur Otrajyd.

-Laissez, répliqua le guerrier.

-Reviens tout dé suite ou… »

Le regarde du Seigneur-Croc devint assassin.

« Laissez tomber. »

Le vieil homme eut un mouvement de recul sous la peur, puis il reprit :

« Les palatins…

-Vous les avez vu d’où ?

-Tu haut de ma chambre, tans la tour.

-Vous n’êtes pas allez vous battre contre eux hein ? Y’a-t-il dans cette salle un soldat qui ait défendu son pays ? »

Un officier s’approcha et fit un mouvement de salut et de soumission exagéré.

« Mes hommages, Prophète-Roi.

-Oubliez cette histoire de prophète à la con.

-J’ai combattu les paladins. Et je peux le certifier : Ils n’avaient rien de nobles. Ils ont pillé les maisons, ils ont exécutés les civils. Certains ont même violés les femmes, même si les autres paladins les en empêchaient parfois… Et… Oui, parmi les paladins, des femmes ont violés des hommes.

-Pas banal ça.

-Ils ont mit le feu aux villes, ils ont… »

L’empereur eut comme un flash.

« Non… Pas eux… Pourquoi reviennent-ils ? Ils n’ont pas de chef ! Ils auraient du se dissoudre ! Etaient-ils… Leurs mages ! Ils en avaient ?

-Oui.

-Des ailes d’anges étaient-elle dessinées dans leur dos ?

-Oui.

-Les paladins avaient des épées ou des masses ?

-Des épées.

-Avez-vous vu leur chef ?

-Oui. Il était très grand, et avait une grande carrure. Avec une cape.

-Les arches ! Impossible ! Mon père est mort ! Il est au… Au paradis… Mince ! »

La fille prit peur en le voyait rougir et colère et se blottit contre Kiérol.

« Kiérol, lança le Seigneur-Croc, posez les questions que vous voulez.

-Empereur, demanda-t-elle, qui sont ces enfants ?

-Jé né répontrez pas à ceté question. »

Le Seigneur-Croc se calma tant qu’il put.

« Invités, lança l’empereur Otrajyd. Je vois que vous defais vous tétendre. Laiffez-moi vous accueillir pour la nuit. Mon harem est à vot dispos… »

Le Fendium siffla à coté de son oreille et fracassa le mur.

« Un harem ? Ça existe encore ?

-Evid… »

Kiérol détruisit la chaine du garçon, et vient se cacher derrière elle.

« Ce sont vos jouets sexuels, n’est-ce pas ?

-Ils sont nouveaux, et bien traités, en comparaison à ceux de mon frère. »

Le sang du Seigneur-Croc ne fit qu’un tour. Il reprit son Fendium grâce à la chaîne qu’il y avait accroché, et s’avança :

« J’ai toute les informations dont j’ai besoin. Vous êtes un homme mort.

-Mais qué… »

Il le décapita.

« Non mais dans ce pays, il y a du niveau !! »

Aucun soldat ne bougea.

« Pas un qui veut venger l’empereur ? »

Il eut en réponse des « bof », des « non », des « pourquoi ? » et autres commentaires.

« Bon. Reprit-il. On fa les twouver ! Mince je chope l’accent de l’autre vieux.

-Ca fait ressortir vos incisives quand vous parler comme ça. »

Elle prit dans ses bras les deux enfants.

« On en fait quoi ?

-Confie leur garde aux soldats du château. On va se farcir du paladin !! »

 

 

L’empereur et l’amirale avaient voyagé à travers les terres Otrajyd en vain pendant quatre jours. Aucune trace des Arches. Le Seigneur-Croc planta la tente à coté d’un arbre en un tour de main et installa les sacs de couchage.

« On va passer la nuit là. »

Il posa lourdement son Fendium à coté de sa place et s’allongea. Kiérol le rejoignit rapidement. Elle le prit dans ses bras et l’homme s’endormit aussitôt. Elle suivit bientôt.

 

 

La nuit était déjà à moitié passée. Les bêtes nocturnes rôdaient, la lune brillait à peine dans le ciel sans étoiles. Quelqu’un s’approcha de la tente. Suivit par une légion d’hommes et de femmes en armure. Il arracha la tente.

« Escé, si je ne te connaissais pas pour être pur d’esprit, je pourrais penser que tu ne vis que pour les femmes ! »

L’empereur se réveilla à peine. Kiérol, elle, sursauta.

« Ici, au milieu de nulle part, tu trouve le moyen de te blottir dans les bras d’une femme qui n’est pas la tienne ! »

Piqué au vif, l’empereur leva la tête vers la silhouette qui le dominait. Il la reconnut, elle l’avait traumatisé.

« Arch !! »

Le paladin lui mit un terrible coup de pied en plein plexus solaire et le Seigneur-Croc valsa contre l’arbre, emportant Kiérol au passage et la broyant presque. Elle hurla de douleur. L’empereur se leva et s’arma.

« Toi ! Comment ? Et surtout pourquoi ?

-Oui, moi, ton père. »

Il marqua un temps pour laisser le vent souffler.

« Comment : la Lumière m’a envoyé. Dire que tu as terrassé la Guerre, et que ton fils en a terrassé deux !

-La Peste fut vaincu par Améthyste comme Rubis, bien que j’y aie aussi contribué.

-Et a la question : Pourquoi ? Eh bien, je suis un paladin. Je sers la Lumière ! Car telle est ma foi !!

-Tu fais parti des personnes les plus intelligentes de ce monde, tu ne vois pas qu’elle est mauvaise ? Je tiens à dire que je te place dans les vingt plus gros connards du monde connu !

-C’est toi qui a provoqué le courroux divin. Tu es la cause indirecte de la mort de près de cent millions de personnes en quelques semaines ! Félicitations, tu as battus le record de Terreur en décimant à toi seul l’équivalant de ton pays ! Es-tu fier ?

-C’est elle qui a commencé !

-Même moi je ne te pensais pas assez crétin pour tenir pareil discours ! Mais toi qui est obsédé par les femmes…

-Quoi !

-… Tu ne t’occupe pas de la blessée ? »

En effet, Kiérol luttait pour retenir ses cris de douleur. Toutes ses cotés étaient cassées, ainsi qu’un bras et une épaule. Il se baissa à coté d’elle. Arch reprit :

« Si tu veux te battre, sache que j’y suis préparé. Mais si tu veux fuir, je ne t’en empêcherais pas. Mais je me dois de te prévenir, la Lumière m’a béni, et m’a incombé d’une puissance défiant l’imagination.

-Je n’ai pas… »

Arch lui mit un grand coup de poing dans l’estomac et recula. L’empereur n’avait pas eu le temps d’esquiver.

« Si tu t’étais mit en garde et que tu t’étais préparé comme je le suis, tu l’aurais évité. Toujours aussi inconscient. Deux choses font que tu tiens encore sur tes deux jambes : Tes sentiments et ta volonté.

-En quoi est-ce un mal ?

-Tu ne réfléchis pas. Tu es un… Un berserk. Un très puissant berserk. Mais tu restes plus sauvage et bourrin qu’un guerrier déjà éminemment sauvage et bourrin, si je puis m’exprimer dans ton dialecte.

-N’oublie pas que je suis plus fort que toi !

-Prouve-le. »

L’empereur se jeta sur lui et fut paré avec une technique parfaite, puis repoussé.

« Renonce à l’affrontement, tu as quelqu’un a sauvé, non ? »

Il tourna les talons, suivit par sa troupe.

 

Le Seigneur-Croc était déjà de retour au château pour faire soigner Kiérol. Il était paniqué.

« Elle est hors de danger.

-Vous m’enlever un poids du cœur. Merci. Mais je dois maintenant trouver le moyen de vaincre Arch. Il est moins fort que moi, mais il est très expérimenté. »

Il regardait les soldats otrajydiens défiler. Des enfants armés jusqu’aux dents, des animaux utilisés comme des esclaves.

« Je déteste votre pays.

-Vous le voulez ? »

Il se retourna et reçu un baiser sur la bouche. Il reconnut la silhouette du Ténébreux. Ce dernier pouffa de rire alors que Kiérol piquait une crise de nerf.

« Alors, ça fait un bail non ? T’as progressé.

-Tu pourrais éviter de m’embrasser sans mon consentement avant que je m’énerver ?

-Je vais y réfléchir. J’vous propose un marché, le trône contre la tête de votre père.

-J’ai pas besoin de motivation pour aller le faire la peau. Je le déteste, c’est tout.

-Oui, mais si on faisait de Koljeizer et de l’empire Otrajyd un pays commun ? Vous pourriez embellir ce pays.

-Mieux à faire.

-Hum… Dommage. Je peux vous embrasser ? Z’êtes trop mignon.

-Nan !

-Bon. »

Le ténébreux se figea. Les ombres l’enveloppèrent et il disparu.

« Emissaires de la destruction !

-Pardon ?

-Je suis Kiosen, quatrième émissaire de la destruction !

-Quatrième quoi ? »

Elle jeta devant eux la tête tranchée de Netal.

« Le Prototype est mort. »

L’instant suivant, elle fondit sur Kiérol avec la ferme intention de le tuer. L’empereur l’en empêcha de justesse.

« Quoi ?

-Salut p’pa. Je suis Kiosen, fille de la Lumière et de… Toi. Par prélèvement cellulaire. Je suis chargée de tuer les trois ‘Envoyés de la Lumière’ ou comme il faut les appelés, les trois émissaires de la Destruction. Netal, le Prototype. Etat : Mort. »

Kiérol commença à verser des larmes en voyant la tête.

« Kiérol, l’Elémentaliste. Etat : En vie. Cible suivante. Et enfin, le Seigneur-Croc, le… L’émissaire de la Destruction dans toute la profondeur de son titre. Etat : En vie. Cible non prioritaire. »

Kiérol poussa un hurlement de détresse et rasa le bâtiment dans un déluge de flamme. Le ténébreux réapparut.

« Oh ! T’as faillit me cramer !

-La ferme ! Le héros de mon enfance ! »

L’empereur soupira à la mention de ‘héros’, mais il avait pitié de Kiérol.

« Je vais te tailler en pièce !

-J’ai tué Netal, ça ne suffit pas comme preuve de force ? »

Elle dégaina ses épées ridicules. Mais personne de rit. Soudain, Arch apparut et barra la route à Kiosen.

« Je vais m’occuper de mon… Fils. Tue Kiérol.

-Fuyez ! Hurla le Seigneur-Croc à sa partenaire. Prévenez Trachéom ! »

Kiérol hésita, puis commença son repli. Le troisième Emissaire de la Destruction barra la route au quatrième, mais Arch ne fit rien pour l’arrêter. Finalement, Kiérol put prendre la fuite.

« Je suis donc face à deux adversaires. Mal parti, dites-moi.

-Kiosen, je m’occupe de lui. Va !

-Je dois le… »

L’Archempereur se tourna vers elle et lui dit d’un air hautain et tyrannique :

« Fais ce que je te dit. »

Elle s’exécuta.

« Ténébreux, fous-moi le camp. Lança Escé.

-Inutile de demander. »

Il disparut dans les ombres. Le Seigneur-Croc ne put s’empêcher de sourire.

« Depuis le temps que je rêve de te massacrer ! Lança l’empereur, cette fois, il n’y a personne que tu peux prendre en otage, il n’y a personne pour t’aider ! Enfin ! En duel entre toi et moi !

-… Non merci. Tu n’en vaux même pas la peine.

-Quoi ?!

-Profite de ton bon état de santé pour faire quelque chose, crétin ! Face à moi, tu n’as aucune chance. Je vais mener les arches à Koljeizer, prépare-toi au siège. Trois millions d’arches t’assiègeront.

-Tue-moi si tu le peux !

-Non. Cela contrarierait mes plans.

-Sale…

-Si tu y tiens. Inquisition ! »

Il frappa avec force son fils de son épée à deux mains.

« Croisade ! »

Le Seigneur-croc parvint à parer une pluie de coup.

« Règne de la loi ! »

Il repoussa son fils contre des ruines.

« Poursuite de la justice ! »

Il le chargea avec fluidité et le plaqua contre le mur du plat de sa lame.

« T’aurais put me tuer, pourquoi tu l’as pas fait ? Fit L’empereur.

-Que ce serait-il passer si je t’avais empalé ?

-J’t’aurais coupé en deux d’un coup avec force… »

Le Seigneur-Croc abattit son Fendium et Arch l’esquiva.

« Le verdict de lumière ! »

Il frappe son fils à la tête de son épée, et lui ouvrit le crâne.

« … Et la sentence est irrévocable. »

Il tourna les talons. L’empereur se relevant, dégoulinant de sang.

« Je vis encore.

-Plus je te frapperais, plus ta puissance sera grande. Je ne pourrais pas te contenir indéfiniment, je préfère m’arrêter là.

-Tu… M’énerves !! »

Les vents se déchainèrent. Sans raison apparente, l’empereur reprit force et se tint droit avec un regard furieux, mais d’acier.

« Toi, et tes techniques qui portent toutes un nom, je vais vous anéantir !

-… Faveur divine. »

Il fut baigné de lumière alors que les ombres s’amoncelaient autour du Seigneur-Croc.

« Escé, lança Arch. Tu ne sais rien faire de tes dix doigts. Tu sais faire deux choses : Aimer et tuer. C’est visiblement suffisant pour devenir un héros à l’échelle planétaire, mais pas assez pour me battre. Je me suis allié à un dieu, Escé ! Tu ne peux rien faire ! Je suis l’homme le plus proche de la Lumière.

-Raaaah !! »

Le Seigneur-Croc bondit vers son père qui para tous ses coups avec perfection, bien qu’il ploie sous la force de chacun. Il soignait ses blessures et ne prenait aucun risque en se battant. Il se dégagea d’un bond.

« Maintenant, tu me laisse partir ?

-Jamais !

-Hum… »

Il lui décrocha un immense coup de poing dans le ventre et l’empereur s’effondra sous la force.

« Comment… Comment peux-tu posséder une telle force ?

-Il y a des mystères que tu ne peux pas comprendre. »

Il s’évanoui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Paradis

 

Au paradis, l’Archempereur était en compagnie de la Lumière, dans ses appartements privés. Il contemplait une stèle qui était encastrée dans le mur. Elle était ronde et gravée, et semblait faire office de bouchon.

« Ca t’intrigue toujours ?

-Oui. Cet objet est phénoménal. »

La Lumière sourit d’une façon très humaine.

« Je ne comprend pas pourquoi elle est là. Toujours pas.

-Derrière cette stèle se trouve le Chaos. Cette stèle limite la force des hommes. Les animaux ont leur avantage, mais l’âme de l’homme est tellement puissante… Il faut la limiter, sans quoi l’homme détruirait tout ce qu’il touche sans le vouloir. Imagine un monde où un nouveau-né a la force de briser des montagnes d’un simple geste. Le simple morceau que je t’ai donné a augmenté la puissance humaine. Plus la stèle est brisée, plus la force et le potentiel de l’homme augmente.

-Elle est déjà ébréchée.

-C’est vrai. Avant, l’homme était bien plus faible. Le plus fort des hommes pouvait porter au mieux une masse de 100kg.

-Quoi ? C’est tout ?

-Oui… Ce monde s’appellait « La Terre ». La carte fut redessinée. Et Ethariane naquit.

-… Mon fragment retenait la puissance humaine ?

-Oui. Sans lui accroché à la stèle, la force et la potentiel des hommes ont augmenté de 1%.

-Avec 3 grammes ?

-Oui… bien que cela puisse passer inaperçu pour la plupart des hommes, les plus grands magiciens tels que Kiérol se pose des questions sur l’origine de l’acquisition de 1% de leur force.

-Si je pouvais en avoir plus… »

La Lumière passa ses bras autour de son coup et lui chuchota :

« La gourmandise est un vilain défaut.

-Mais savoir que 3 misérables grammes ont multipliés ma puissance physique et magique par 150 !

-Laisser plus de force aux hommes serait trop dangereux. Ils en ont déjà peut-être trop.

-Hum… Combien pèse cette stèle ?

-300 tonnes bien compté ! Dit-elle fièrement en tapotant sa main dessus.

-Multiplier ma force par 15 milliards…

-N’y pense pas. Sans cette stèle, la force des hommes serait multipliée par un million, ils provoqueraient des cataclysmes au moindre geste.

-Je comprends.

-Les hommes sont limités à un potentiel, je vais te montrer l’homme le plus fort au monde. »

Par la fenêtre, le paysage changea, et donna vue sur le toit de Trachéom où trônait Sarasin, avachi sur les murs.

« Voici l’homme le plus fort au monde, Sarasin. Tous ceux qui l’ont dépassé ne sont pas humains.

-Je vois. »

Il fit demi-tour.

« Je vais retourner auprès de mes arches.

-Attends un instant… »

Elle lui sourit.

« Tu n’aimais pas ta femme.

-Si, bien sur. Mais… Elle n’était pas une guerrière. J’aurais voulut une femme comme Kiérol, Kiosen… Une force de la nature m’égalant ou me surpassant. »

Elle le prit dans ses bras.

« Aimerais-tu te marier à une déesse ?

-Moi ? Vous aimer ?

-Tu as voué ta vie, 95 ans, à m’adorer. Moi, la Lumière. Un dieu… Tu as prié chaque jour, tu t’es battu en mon nom à de nombreuses reprises. Va plus loin encore, aime-moi et laisse-moi t’aimer. Epouse un dieu, tu en seras un à ton tour. Tu as éliminé le Seigneur-Croc, et j’estime que c’est une preuve de vaillance suffisante. Demain, nous écraserons Trachéom.

-Je ne sais… »

La Lumière se dégagea et son aura lumineuse la quitta.

« Voici donc votre vrai visage et votre vrai corps. Il est comme votre corps astral… Mais moins beau… Et plus doux.

-Un dieu n’est qu’un homme portant des pouvoirs divins. »

Elle se dénuda entièrement et s’assit sur le lit.

-Viens me rejoindre. »

 

De retour à lui, le Seigneur-Croc ne vit rien. Il sentit qu’il était entouré d’une boite de bois qu’il fracassa sans peine. Derrière ces murs, de la terre. Il leva le bras vers ce qui lui semblait être le haut et heurta son Fendium. Ravi, il l’empoigna et se dégagea. Une fois il l’air libre, il comprit. Il avait été enterré. Sur la pierre tombale :

« Ci-gît mon fils Escé, alias le Seigneur-Croc. Puisse-t-il aller en enfer et ne jamais en revenir. ».

Il hurla de fureur et ravagea la tombe. Il posa lourdement son Fendium sur son épaule et prit la route de Trachéom.

 

La Lumière s’allongea entièrement sur le lit et ferma les yeux.

« Je suis toute à toi. Fais de moi ce qu’il te plait. »

Arch s’approcha d’elle en vacillant et dit d’une voix tremblotante :

« Je ne sais… En suis-je digne ? »

La Lumière l’agrippa à la jambe, remonta jusqu’au torse et le tira vers elle en lui caressant la joue.

« Tu l’es. »

 

 

Sur la route, le Seigneur-Croc croisa Kiosen.

« Ah, toi ! Approche donc !

-Tu vas mourir. Répondit-elle.

-C’est ça, aller viens ! »

Six archanges apparurent.

« 7 contre un… »

L’empereur sourit.

« Montrez-moi c’que vous valez ! »

Il fendit l’air de sa lourde arme qui se heurta à celles de Kiosen.

« Des armes encore plus lourdes que la mienne ! Génial ce combat ! Mais la mienne renferme toujours Okzim ! »

Il repoussa les archanges en ciblant toujours Kiosen. La folie se peignit peu à peu sur le visage de la femme alors que les archanges brillaient toujours plus fort. Ce combat, le Seigneur-Croc ne le gagnerait pas. Mais il continuait de faire vibrer son arme en frappa tout ce qui l’approchait. Soudain, à l’horizon, un septième archange apparut.

« J’ai fait selon les ordres de la Lumière, dame Kiosen.

-Dépose-la. »

Alors, sous le regard de l’empereur, l’archange jeta à terre le cadavre inerte de Crystal, percé au niveau du cœur, le visage marqué par le peur et la douleur.

« Non… »

Il hurla.

« Non !! »

Il déploya sa force à son paroxysme, mais ne parvenait pas à gagner. Il lâcha son arme, vaincu. Il s’agenouilla près de Crystal.

« Je ne gagnerais pas. Envoyez-moi auprès d’elle. »

Kiosen brandit ses armes et les abattit, mais une faux vint la parer. C’était la Mort.

« Seigneur-Croc, j’ai observé les hommes. J’aimerais en être un, mais je suis mort. Toi, tu vis. Toi, tu défends la vie contre la Lumière… Toi, tu possèdes l’humanité réelle. Reste en vie, et devient la Mort. »

Il posa sa main sur la tête de l’empereur à terre, puis disparut, ne laissant derrière lui que son armure et la Faucheuse, désormais de retour. Le Seigneur-Croc voyait, tourner d’un air angoissée autour de son cadavre, l’âme de sa femme.

« Crystal… »

L’âme se retourna.

« Chéri, tu me vois ?

-Crystal ! Tu…

-Je suis morte. Ne t’inquiète pas, j’irais sûrement au paradis… »

La Faucheuse s’approcha d’elle et lui fit un signe affirmatif de la tête.

« Je ne peux pas errer dans ce monde, même si je peux rester avec toi. Rester ici me fais mal. Je dois monter là-haut.

-Je… Je t’aime ! Je ne veux pas que tu partes.

-Adieu. »

La Faucheuse la trancha et l’âme disparut avec un sourire.

« Crystal… »

Il se releva. Deux barres de flammes noires apparurent au dessus de ses épaules. Il tourna sur lui-même son arme en main et tous les archanges s’effondrèrent. Il devait garder son calme, contrôler son âme, bloquer les flammes, mais il ne put retenir ses larmes. Trop tard, la haine l’envahit, il n’est plus la même. Il cibla Kiosen, toujours hystérique. Au première coup d’épée, il désarme son bras. Deuxième coup de portée, ses armes volent en éclats.

« Crève !!! »

Il la décapita et écrasa sa tête du plat de sa lame.

« Lumière, je te tuerais ! »

 

 

La Lumière, les yeux fermés, caressait les joues de l’Archempereur. Il s’éloigna et continua de sa voix hésitante :

« Je suis perdu… Je n’ose pas. »

Il s’approcha de la stèle et y posa sa main.

« Viens m’embrasser, dit la Lumière.

-Je… »

Malgré sa voix apeurée, son regard restait droit et déterminé. Il murmura :

« Le sceau des arches. »

Des runes apparurent sur la stèle. Il en plaça d’autres.

« Viens à moi. Dit la Lumière langoureusement, toujours les yeux fermés. Viens en moi… »

Il couvrit la stèle de sceau des arches, puis s’approcha d’elle.

« Comme il vous plaira.

-Sors ton engin. »

L’Archempereur dégaina son épée.

« Bien. »

Il inspira.

« INQUISITION !! »

Il frappa la Lumière qui versa une giclée de sang. Elle rappela à elle son aura divine pour regagner ses forces, mais Arch continua.

« Tempête divine !

-Je suis ton… »

Il la blessa mortellement en lui tranchant le cœur. La Lumière retrouva sa force et la blessure disparut. Elle se releva et l’étrangla avec force.

« De tous les hommes qui peuplent Ethariane, tu es le seul que je n’aurais jamais crut me trahir !

-Tu ne peux pas me tuer. Les sceaux des arches exploseraient. »

Il désigna d’un air vainqueur la stèle. La Lumière plongea sa main dans les entrailles de l’homme et en extirpa le fragment de la stèle.

« Je vais la remettre à sa place. Tu n’es plus un danger. Archanges ! »

Personne de vint.

« Archanges !! Au rapport ! »

Toujours rien. La fenêtre changea et donna vue sur la plaine de Koljeizer. Le Seigneur-croc hurlait de rage, les sept archanges étaient morts. Et Kiosen n’avait plus que son corps et une mélasse de sang en guise de tête.

« Non… Même ma fille ?… Arch !

-Que peux-tu me faire ? »

Il sourit.

« J’enverrais les anges raser Trachéom ! »

 

En un instant, le Seigneur-Croc était dans Trachéom. Il entra dans le laboratoire de Dimention. Son acolyte d’accosta.

« Misérable ! Tu… »

L’empereur le tua impitoyablement.

« Dimention ! Je dois aller au Paradis et tu as intérêt à savoir comme je dois m’y prendre !

-Quoi ? »

Il le saisit par le col.

« Je sens en vous… La… Mort…

-La Lumière a fait assassiner Crystal ! Je vais la tuer ! »

Dimention réalisa soudain la gravité sans précédent de la situation.

« Je vais le faire ! J’aurais besoin de Kiérol ! »

L’amirale fut conviée en extrême urgence.

« Kiérol, tu vas canaliser avec ta puissance le sort que je t’enverrais, d’accord ? Seule toi en a la force.

-J’espère que c’est sans risque pour elle ! Lança l’empereur.

-Elle n’en court aucun. »

Il lui jeta un sort violet.

« Canalise-le ! »

Elle s’exécuta. Un portail s’ouvrit peu à peu dans le laboratoire de Dimention.

« Franchissez le seuil !

-Seigneur-Croc, fit Kiérol en tenant le portail ouvert. Si vous y allez, vous ne reviendrez peut-être pas. Je sais que vous êtes peiné par la perte de votre femme, mais je suis encore là. Que deviendrais-je sans vous ?

-Je reviendrais. »

Il passa le portail.

 

Il arriva dans un décor de ciel bleu nuageux. Un puissant trompe-œil donnait l’impression de marcher sur des nuages, mais le Seigneur-Croc sentait le sol de pierre sous ses pieds.

« Lumière !! »

Satan apparut.

« Pas toi !

-Je me vois dans l’obligation de lutter contre toi.

-Laisse-moi passer !

-… La Lumière est au fond du couloir derrière la porte sur ta droite. »

Le Seigneur-Croc défonça la porte d’un coup de pied en l’emprunta. Il tomba face à une gamine de huit ans tout au plus. Cheveux blonds et bouclés, l’air tenace, en armure d’argent, portant une épée et un bouclier.

« Dégage, gamine, ou je te tue.

-Je suis la Lumière. »

Il esquiva de peu un coup d’épée.

« J’ai choisit cette incarnation pour user d’une taille petite et agile, qui révulse la violence et qui ne m’encombre pas de sein.

-Tu ne peux pas révulser ma haine. Tu aurais du prendre un garçon à ce compte là.

-Je peux pas.

-Et on dit que les dieux sont tout-puissants. »

Il désigna de deux doigts le sol.

« Altération gravitationnelle. Ampleur 5. »

Il multiplia par cinq le poids de toute chose sur un rayon de 50m autour de lui.

« Lévitation. »

La Lumière se libéra de la gravité. L’empereur soupesa son Fendium de 25 tonnes.

« Pas assez lourd. Altération gravitationnelle. Ampleur 20. »

La gravité devint 20 fois plus forte. L’empereur pesait 1.6 tonnes et son armes en pesait 40.

« Je vais te broyer ! »

La Lumière pointa son épée vers son ennemi et un rayon lumineux d’une puissance incroyable fut lancé. L’empereur le dévia d’un coup de Fendium.

« C’est tout ? »

Elle passa au corps à corps. Sa force était grande, mais l’immense pouvoir de la Mort rendait le combat presque équilibré.

« Pourquoi tu es si fort ? Demanda-t-elle. Tu n’es qu’un homme ! Je suis un dieu !

-Je ne suis pas un homme ! »

Il frappa sur son bouclier qui résonna sous la force.

« Je suis un monstre !! Et c’est toi qui m’as créé ! »

La Lumière esquiva un nouveau coup et prit une distance de sécurité avant de charger. L’empereur para de justesse et fut éjecté par l’incroyable puissance physique que cette gamine de huit ans qui avait plusieurs millénaires d’existence. Avec une vitesse de frappe plus grande que celle de Sarasin et avec plus de force que les coups titanesque du Seigneur-Croc, la Lumière frappa au bras l’homme qui récolta une immense entaille. Il posa à moitié son arme à terre, il ne pouvait plus la tenir correctement.

« Bordel. Comment peux-tu avoir autant de qualité à la fois ? »

Il frappa avec force sur le plastron de l’armure de la gamine et le fendit sans peine, mais il ne put la blesser.

« Comment c’est possible ça ? »

La Lumière tendit la main vers lui et lui jeta d’immenses boules de foudre, enchaîna avec une pluie de feu et enfin elle jeta son arme avec une telle force que l’empereur crut qu’un météore venait de s’écraser sur lui à une vitesse hypersonique.

« Comment c’est possible ? Tu ne peux pas maîtriser aussi bien la magie et la force physique ! Tu ne peux pas avoir une telle résistance et une telle vitesse ! »

Il saignait de partout et mit un genou à terre. Les flammes noires au-dessus de ses épaules grandirent d’un coup.

« Frappe d’insoumission ! »

La Lumière n’eut qu’à mettre son épée sur le chemin du Fendium pour le bloquer sans même ployer sous sa force.

« C’est…

-C’est impossible, en effet. C’est bien pour ça que c’est un miracle, non ? »

Le Seigneur-Croc réalisa seulement qu’il faisait face à un dieu. Le feu à ses cotés lui murmura quelque chose, comme une voix presque humaine. Il reconnut la voix de la mort.

« Répression… Frappe de répression…

-Ok, Frappe de répression !! »

L’énergie dégagé courba jusqu’à la trajectoire des photons autour de lui et la Lumière para. L’épée de celle-ci vacilla et elle tomba à terre sous la force. Il entendit alors un bruit derrière lui. Les portes de la salle s’étaient scellées.

« Tu as peur que je recule ?

-Evidement. »

Les yeux du Seigneur-Croc virèrent au blanc sous l’emprise de la folie.

 

 

Dans le laboratoire de Dimention, Kiérol faisait les cents pas.

« J’ai peur pour lui.

-C’est sur que le combat n’est pas gagné d’avance. Mais Que pouvons-nous y faire ?

-Envoie-moi là-haut ! Ouvre-moi un portail !

-Tu ne ferais que le gêner. Nous sommes trop faibles pour lui. Après sa fusion avec la Mort… Il est bien au-dessus de nous.

-Ouvre-moi un portail ! Ordonna-t-elle.

-Je ne vous mettrez pas en danger. »

Kiérol le pointa de sa paume.

« Exécute l’ordre que je viens de te donner ! »

Dimention fut stupéfait puis pouffa de rire.

« Désolé, désolé, mais toi, avoir de la force de caractère ! Tu n’oseras rien me faire, même si je suis plus faible que toi. »

Un javelot de glace lui donna tort en lui empalant le fémur dans une atroce douleur.

« Fais-le !!

-B… Bordel… Mais ça va pas ?

-La prochaine fois je te tue ! »

Kiérol avait un regard d’acier à faire frémir.

« Ok, ok, calme ! Calme ! »

Dimention ouvrit de nouveau le portail tant bien que mal. Kiérol s’y dirigea et entra. L’instant d ‘après, Sarasin apparut :

« Si elle meurt, le boss nous bute tous. J’vais y aller, j’ai toujours rêver de me frotter à un dieu. »

Il franchit le portail avant que Dimention ne puisse le refermer.

« Tous des malades… »

Il se remit sur ses jambes.

« Et moi le premier ! »

Il quitta la pièce.

 

 

Le combat entre la Lumière et le Seigneur-Croc faisait rage. L’empereur entrait dans un berserk sanglante. Il frappait sans précision, mais avec une force terrifiante. Il parvint à atteindre la Lumière en plein buste, mais son armure ne fit que le fendre. La Lumière hurla :

« Mort ! Tu m’entends ? Je suis la mère de celle que tu aimais ! Pourquoi me fais-tu cela ? »

Une image de la Mort apparut un instant.

« J’ai préféré oublier. »

Il disparut. Le Seigneur-croc remarqua soudain que la Lumière se tenait le ventre, alors qu’il ne l’avait pas frappé à cet endroit.

« J’ai fais un ricochet ?

-Fous-toi de moi tiens ! Si ton père ne m’avait pas trahit et frappé lorsque j’étais vulnérable, tu ne serais déjà plus qu’un tas de cendre ! Ce salaud…

-M… Mon père ? Arch ?

-Tu n’étais pas au courant ? »

La Lumière s’essouffla enfin, mais l’empereur l’était déjà depuis longtemps.

« Satan ! Viens m’assister ! Vite ! »

Le diable apparut. Il lança un regard plein de sympathie envers le Seigneur-Croc.

« T’as vraiment besoin de moi ?

-Je le tuerais, c’est sur, mais si je force trop… Prête moi assistance, ne m’oblige pas à te tuer toi aussi !

-Bien, bien… »

Il dégaina sa fourche et s’avança. Il chargea, puis trébucha sans raison avant d’être poignardé dans le dos. Sarasin se tenait derrière lui.

« Ton adversaire, ce sera moi !

-Ne fais pas ton malin, tu n’es pas au niveau. Je suis un dieu !

-Tue-le vite, ordonna la Lumière. »

Sarasin lança un regard fier au Seigneur-Croc, puis bondit en arrière, Satan le suivit.

« On se retrouve encore à deux. »

Les flammes sur les épaules du Seigneur-Croc grossirent et explosèrent, pour redevenir normal. Mais des flammes noires jonchaient le sol. Elles se regroupèrent.

« Une manœuvre désespéré ?

-Je ne sais même pas pourquoi ça s’est fait. »

Il fit un mouvement avec son arme, et remarqua qu’étrangement, les runes incrustées sur le Fendium laissaient des trainées rouge environs 10 secondes depuis lui. Il était à même de les traverser, mais lorsque la Lumière les frappa, elle fut arrêtée.

« Fendium le Protecteur, l’arme de défense absolu ! Pourquoi tu sais t’en servir jusque dans ses arcanes les plus profonds ?

-Ca, répondirent les flammes en chœur, c’est de moi. Observe, contemple, et admire les immenses pouvoirs que tu m’as toi-même conférés. »

Ils reconnurent la voix de Netal.

« Seigneur-Croc, débrouillez-vous pour me protégé juste un instant.

-Ca le fait. »

Il apparut, entièrement noir, comme une silhouette ténébreuse dans la lumière du palais.

« Retour des enfers !! »

 

Sarasin et Satan se faisaient face.

« T’as une botte secrète ? Demanda le diable.

-Ouais, j’en ai une. Mais faut de la place. »

Ils furent téléportés dans une autre dimension.

« Et là on est où ?

-En enfer, mais dans le néant. Dans l’enfer y’a mon purgatoire, une baraque bien cossue, et le néant. C’est ici que la Vie perdit la raison et devint la Mort. J’ignore ce que c’est que ce plan du monde, mais si tu veux de la place, j’ai pas mieux à t’offrir. »

Sarasin entama un sprint, mais en direction inverse de vers Satan.

« Qu’est-ce qu’il fout ? Hé ! Cette dimension est infinie ! Enfin je crois ! Peut-être ! »

Sarasin déchira l’ombre et s’y engouffra, pour réapparaître quelques mètres plus loin. Il répéta son opération, passant d’une dimension à une autre à toute vitesse. Il saignait à flot, comme entaillés de toute part, mais il gagnait en vitesse. A proximité de 30 000km/h, il devint comme transparent et disparut définitivement. Soudain, il surgit sur Satan plus vite que la lumière et lui plongea ses armes dans le torse et le plaqua à terre avec fureur.

« Comment t’as fais ça ?!

-Le changement dimensionnelle m’a permis d’accumuler de l’énergie, et quand j’ai passé la barre mythique des 30 000 km/h, j’ai put passer dans la dimension astrale, là où aucune loi de la physique n’existe. Je peux atteindre la vitesse que je souhaite si j’en ai la force, sans subir le légendaire E=0.5MC². »

Satan était paralysé par cet assaut, mais Sarasin était terriblement affaiblit après cette seule attaque.

« On fait une pause ?

-Ok on fait ça. »

 

« Retour des enfers ! »

Comme si sa force était sans limite, il frappa la Lumière au ventre et l’armure vola en éclats. Il recula immédiatement.

« Eh Netal, pourquoi t’as pas utilisé ça contre Kiosen ?

-Ma force est multipliée par deux. Ma fragilité par cinq. Faut faire gaffe avec ça. »

La déesse se jeta sur Netal, mais le Seigneur-Croc fit un mouvement défensif et les runes tracèrent une défense parfaite. Elle prit un nouveau coup surpuissant.

« Finalement, j’ai peut-être une chance contre un dieu !

-Non, tu n’en n’as aucune. Ni ici, ni en bas.

-Quoi en bas ? »

La Lumière l’éblouit d’un grand flash et frappa Netal de son épée.

« Adieu, échec.

-Va… Te faire… »

L’ombre de Netal disparut. L’empereur ne sembla pas être affecté de sa 3e mort.

« On le reverra en enfer.

-C’est sa place. Répondit le Seigneur-Croc.

-Sans lui, je vais pouvoir te… »

Un immense jet de magie élémentaire l’inonda et la repoussa avec une puissance démentielle. Kiérol apparut.

« D’où tires-tu une telle force ? »

La déesse aperçut la bague à son doigt.

« Arch t’en as passé une ? Il doit vraiment être désespéré ! »

Kiérol ne répondit pas. Profitant de ce chaos momentané, l’empereur frappa la déesse et parvint à lui ébréché les épaulières. Celle-ci se dégagea du jet élémentaire et chargea Kiérol en l’empalant. Sans même ressentir la douleur, l’élémentaliste enlaça la déesse et un flot de magie ascendant encore plus grand enveloppa la Lumière et Kiérol.

« Kiérol !! »

 

Sarasin se releva et jeta un regard neutre au diable.

« On remet ça ?

-Ca sert vraiment à quelque chose ? Va aider le Seigneur-Croc, m’en fout si Athéna m’en veut derrière.

-Athéna ?

-Tu ne sais donc pas ? Je vais te raconter. Le jour où les dieux universels passèrent le flambeau, il y avait moi comme successeur, et mon amie, Nyopuls. Je sais, drôle de nom. Bref, j’ai reçu les pouvoirs d’Hadès, et elle, les pouvoirs de Zeus. Mais il restait Poséidon. Mon amie, qui veut toujours tout posséder, l’a réclamé. Et elle nous a fait un vélo pour ça… Si bien que Zeus jugea qu’en réalité, elle n’était pas digne de son pouvoir, et il voulut lui reprendre. Je n’ai pas osé bouger, franchement, c’est vrai. Mais Zeus, à ce moment-la, était un humain puisqu’il avait céder son pouvoir. Il fut brûlé vif en un instant par… Athéna, la mère de Nyopuls. Deux camps se formèrent, les dieux olympiens, ou plutôt universels, contre moi, Nyopuls et Athéna. Voulant faire justice plus que riposte, les dieux firent appel aux quatre cavaliers de la Vérité. La Vie, La Guérison, La Paix et la Justice. Mais leur chef, la Vie, était le petit ami de Nyopuls, et les cavaliers se sont joints à notre cause. La bataille éclata. Moi, je restais modeste avec mes pouvoirs, car je ne savais pas les manier. Mais Nyopuls, étant une demi-déesse, les employa un peu trop, et en perdit le contrôle. Devenant vulnérable un court instant, un coup de trident, c’était fini, Poséidon avait tué Nyopuls. Le pouvoir de Zeus s’échappa lentement de son corps. J’aurais put le prendre, mais je jugeais qu’avoir le pouvoir d’Hadès et de Zeus, ça faisait trop. C’est Athéna qui s’en ait emparé. Tu imagines ? Une déesse normale recevant le pouvoir d’un dieu majeur. Sa puissance fut sans égale, et sa maîtrise dans le domaine du divin était déjà grande. Elle a alors écrasé les autres. Mais sans Nyopuls, la Vie perdit goût à la… A la vie. Il s’exila en enfer, mais derrière ses murs. Là où nous sommes actuellement. Nul ne sait ce qu’il y trouva. Mais en son absence, sa troupe perdit ses repères. La Paix, notamment, cessa de faire son travail et des guerres éclatèrent. On le lui reprocha, mais il s’en moquait. Il ne voulait plus réfléchir, alors il entreprit, pour rétablir la paix, d’anéantir un camp. Et il se rendit compte que… C’était bien plus amusant. Il tomba dans la folie et devint la Guerre premier cavalier de l’apocalypse. Voulant le sauver de ce mal terrible, la Guérison s’intéressa aux arts noirs, voire occultes, pour trouver l’origine de cette folie. Mais il découvrit des arts plus noirs encore que les miens. Il devint fort. Voulant toujours plus de puissance, il s’accapara les pouvoirs les plus terribles qui puissent exister. Il devint la Peste. Puis la Vie revint. La Justice vint immédiatement à sa rencontre et le supplia de venir en aide aux autres. Mais la Vie avait change, la Vie était la Mort. Il lui a juste dit ‘Je suis vide’. La Justice, dernier cavalier de la Vérité, voulut se convaincre que tout ceci n’était qu’une bévue. Ce n’était pas juste, mais pas grave. Il en riait à gorge déployée. Il devint juste passif. Il ne rendit plus la justice et les bandits reprirent leurs affaires, ce qui répandit la disette. On nomma alors la Justice… La Famine, les gens avait faim de justice, il n’avait rien.

-Y’a pas moyen de faire machine arrière ?

-La folie ne se retourne jamais. De plus, tous sont enfin morts. Ils ont était utilisé lors de la conquête des terres Oubliées par les Terres Supérieurs. La Lumière les a envoyé épauler les Terres Supérieurs, mais à eux quatre, ils ont tout massacré, ami et ennemi. On les a changés en pierre, qu’ils nous foutent la paix. Maintenant, va. »

Sarasin partit.

« Pourquoi je dois me battre du coté des méchants sous prétexte que je suis le diable ? »

 

 

« Kiérol ! »

L’élémentaliste se dégagea. L’empereur se mit devant elle en position défensive. Sarasin apparut, avec un sourire jusqu’aux oreilles. La Lumière les regarda avec une haine infinie dans le regard.

« J’en ai assez. Assez ! Il est temps de vous montrer ce qu’un dieu peut vraiment faire ! »

Le palais s’effrita, puis s’effondra, ne laissant qu’un paysage désertique, avec un sol fait de dalle de pierre. La Lumière ressemblait désormais à une déesse grecque.

« Tout le monde va savoir que tu es Athéna.

-Qu’importe, vous emporterez le secret dans votre tombe. »

Elle fit apparaître une lance dans sa main et la lança avec une force impressionante. L’arme fila droit, passa à coté du Seigneur-Croc et empala Kiérol.

« Non !

-La quatrième fois fut la bonne. Que penses-tu faire contre un dieu ?

-Je ne sais pas…

-Tu ne sais pas ! Merveilleux ! Eh bien je vais te le dire, il ne te reste plus qu’à mourir.

-Tu as tué Kiérol ! Tu as tué Crystal ! Tu es fini ! »

Une sorte d’aura rougeâtre entoura le Seigneur-Croc, comme si sa rage et sa fureur étaient matérialisées. Les flammes au-dessus de ses épaules, qui signifiait qu’il usait du pouvoir de la Mort, grandir et semblèrent plus menaçante.

« Altération gravitationnelle ! Fois 100 ! »

Le Fendium pesait désormais 500 tonnes. Il le tenait d’une seule main.

« Tu as encore repoussé tes limites. C’est à se demander si c’est bien moi qui t’ait créé… Ai-je bien créé un être humain en te faisant ? »

Il chargea furieusement et brisa la lance de la Lumière, elle en fit apparaître une autre, et s’arma d’un bouclier. Le Seigneur-Croc était comme imbattable, il esquivait chaque attaque et plaçait toujours les siennes. La Lumière, alias Athéna, peinait presque à suivre. Mais plus le combat durait, plus l’empereur s’essoufflait. Comme si la déesse ne mettait pas toutes ses forces dans la bataille.

« Frappe de répression ! »

Il parvint à fissurer le bouclier d’Athéna.

« La frappe de répression ? L’attaque qui a remplacé ta frappe d’insoumission. C’est marrant comme les deux termes d’inversent… »

La lance devint un trident. Le Seigneur-Croc abattit son arme sur les pointes qui cédèrent. La déesse en était pétrifiée de surprise. Etait-il invincible ? Elle se souvint comme elle l’avait aidé à devenir ce qu’il est. Comme une expérience, comme si elle dressait un animal. Même Netal avait été bien plus soumis à elle. Mais en lutant contre un dieu, le Seigneur-Croc était devenu légendaire et le monde en parlerait. La Lumière risquait de perdre son influence et voir sa religion anéantit. Il fallait le tuer, le faire taire, et tuer ses amis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La collision

 

 

Dans les Terres Oubliées, une tribu. Il y en avait des centaines. Une vieille femme trônait au milieu du campement, calme et sereine.

« Grande chamane ! Grande chamane ! Demanda un enfant. Que disent les esprits ?

-Les esprit sont calmes. Il ne se passe rien dans le monde invisible. »

Elle tira sur son calumet. Soudain, elle s’effondra et se secoua de spasme. Toute la tribu accourut.

« Grande chamane ? Grande chamane !!

-Les hommes et les femmes venus du ciel. Ils vont attaqué notre monde et l’ensevelir. La fin du monde est proche. Aujourd’hui, les dieux ont condamné « Ceux qui savent »…

-La fin du monde ?

-Que tous les guerriers se préparent ! Reprit-elle d’un air hystérique.

-Mais… Où allons-nous ?

-Nous allons dans les Terres Maudites, par delà l’océan. Nous devons aider nos ennemis à combattre nos pires ennemis !

-Ils nous ont attaqué ! Ils nous ont anéantit !

-Nous devons lutter pour ceux qui nous ont offensés, car ils nous pardonneront alors. Mais si nous luttons pour ceux qui veulent nous offenser, nous mourrons… »

 

 

Ailleurs, dans les Terres Oubliées, dans un havre de paix et de nature, un homme se tenait sur des ruines d’un temple. Il était calme, on le croirait endormit. Le sourire aux lèvres.

« Nature, guide mes pas. »

Il respira profondément. Ce temple, abattu il y a longtemps, était un sanctuaire sacré. Les arbres verdoyants avaient reprit le dessus. Une fillette accourut vers l’homme.

« Papa ! Papa !

-Ma fille ? »

Il lui caressa les cheveux comme on caresserait un chien. Ce genre de tendresse naturelle que les hommes ont oublié.

« Je sais que la nature est troublée.

-Moi aussi, mais je ne sais pas pourquoi. Les animaux ont peur. C’est… Etrange.

-Tu sais pas ? Mais tu es druide !

-Et alors ? Ca ne fait pas de moi un être immortel. »

Soudain, une immense panthère avec des dents grandes comme des épées, surgit des fougères en rugissait. Le druide se releva brusquement.

« Sabre du ciel ! Qu’est-ce que tu fais là ? Un animal indomptable comme toi… Tu n’es pourtant jamais agressif. »

Il baissa la tête en signe de soumission.

« Que t’arrive-t-il, mon bon ? »

Il rugit.

« Notre aide ? Pourquoi ? »

Un aigle royal fendit les airs et jeta le druide sur le dos du félin. Il réalisa alors que tous les animaux qui l’entouraient le regardaient fixement.

« Emmène-moi là où on a besoin de moi ! »

Il se retourna.

« Chien, je te confie ma fille. »

Le désigné aboya en remuant la queue.

« Va ! »

 

 

« J’adore la technologie ! »

Du haut de son building, un homme but son café en contemplant l’armé de sa nation défiler en fanfare. C’était avec joie qu’il voyait certains soldats quitter les rangs pour embrasser leur famille, puis y retourner. Sa secrétaire entra.

« Monsieur.

-Fany ! Venez donc voir votre beau pays ! Quelle splendeur ! »

Un avion supersonique passa devant la tour, puis au dessus du festival en laissant une trainé coloré représentant les couleurs du pays. Puis, les haut-parleurs hurlèrent la devise nationale :

« Liberté, égalité, humanité ! »

Puis ils enchainèrent avec l’hymne nationale. Soudain, un son strident sortit de l’ordinateur.

« Hum ? Fany, c’est quoi ?

-Un scientifique. »

Il daigna se retourner et s’assit à son fauteuil.

« Oui ?

-Monsieur le président ! Nous avons détecté des ondes électromagnétiques d’une grande ampleur !

-Et alors ?

-Et alors ? Elles viennent du ciel ! C’est dans les Terres Incertaine, de l’autre coté de l’océan.

-Les Terres Incertaines ? Celles qui se prétendent ‘Les Terres supérieurs’ ? Pourquoi on irait les aider s’ils ont des problèmes.

-Si ils sont pas en mesure de l’arrêter, il y a de forte chance pour qu’on en pâtisse !

-Et… »

Une autre image apparut.

« Monsieur le président ! Ici le Pape !

-Votre sainteté ?!

-Nos hommes de foi et nos sœurs ont sentit comme un mauvais présage. Tous. En même temps !

-Quoi ? »

Une nouvelle image apparut.

« Président ! Ici le généralissime !

-D’où sortez-vous ce titre, vous êtes maréchal !

-Je me donne les pleins pouvoirs en connaissance de cause ! Des informations inquiétantes… »

Une autre image apparut.

« Monsieur le président ! Ici l’armé de l’air ! »

Nouvelle image.

« Monsieur le président ! Nos satellites ont repéré… »

 

Des mouvements de troupes étaient signalés dans le Sud de Koljeizer. Le maréchal s’y dirigeait en chevauchant à toute allure. Le jour allait bientôt se lever et il espérait surprendre son adversaire. Il grimpa sur une colline qui donnait sur une vaste plaines. Calme, il s’avança, toujours à cheval, sur le rebord de la falaise. Son air serrein fit place à une terreur sans limite. Il écarquilla les yeux de surprise. Rêvait-il ? Depuis lui se tenait des centaines de milliers d’arches dans un campement. Les soldats s’entrainaient, priaient, se reposaient, tous en armure de paladins. La tente de commandement était immense et il y avait de très nombreux stratège. Le camp était organisé et avec une telle coordination, il devina que les chefs pouvaient commander sans peine un millions d’arches, voire plus. Les épées d’entrainement s’entrechoquaient dans un claquement de métal. Les généraux débattaient devant une carte du pays Le soleil se leva dans le dos du maréchal, étalant son ombre sur le campement. Tous les regards se tournèrent vers lui comme un seul. Des regards féroces de guerriers entrainés et prêt au combat. Les rayons de lumière se reflétèrent sur les armures et aveuglèrent le maréchal. Lorsqu’il recouvra la vu, la plaine était déserte. Il n’y avait pas la moindre trace d’une armée. Pas un feu, pas une empreinte. Il descendit effrayée dans la vaste prairie. Rien. Il céda soudain à la panique et se dirigea à toute allure vers Trachéom. La Lumière allait envoyé l’armé des anges, c’était sur. L’armé de Trachéom, avec ses 50 000 soldats, se ferait piétiner.

« Je… Je deviens fou ? »

Il leva la tête, un tourbillon de lumière se formait devant Trachéom. L’armé du ciel allait envahir le pays. Il bondit sur son cheval, les anges n’étaient plus les seuls ennemis. Non seulement ils devraient lutter contre 6 millions d’anges, mais aussi contre 3 millions d’arches.

 

 

L’armé de Trachéom était déjà réuni. Le tourbillon de lumière s’épaississait, prêt à déverser sa légion. Le maréchal en prit la tête, dégaina son épée et la brandit en criant :

« Préparez la charge ! »

Les troupes se mirent en position. Un faisceau de lumière jaillit, des formes apparurent. Des guerriers ailés, l’armé des anges.

« Chargez ! »

Les combattants de Trachéom hurlèrent leur rage avant de se jeter dans ce combat perdu d’avance. Tel un écho à leur cri, des hurlements similaires retentirent. D’autres armés chargèrent. Les drapeaux défilaient, l’empire Otrajyd, le royaume d’Okeud, la république de Jyz, la fédération d’Ondu, le royaume de Léhi et l’empire d’Enacy. Tous chargèrent.

« Pour l’humanité ! »

Un bourdonnement se fit entendre. Soudain, une armada d’avion sortit des nuages et bombardèrent les anges. Des tanks apparurent à l’horizon, des soldats équipés d’armes à feu. Un guépard sortit de la forêt, puis un lion, et nombre d’animaux se joignirent à la bataille. Un aigle déposa un druide au milieu des animaux, d’autres suivirent sur des tréants millénaires. Un totem tomba sans raison apparente, puis des milliers. Des chamans surgirent, invoquant les esprits des Anciens. La technologie, les magies oubliées, les combattants d’aujourd’hui. 8 millions d’hommes, militaires comme civils. Au loin, une lumière aveuglante apparut. Des paladins, les arches, foncèrent vers l’armé de Trachéom.

« Mouvez le front pour accueillir le soutien des paladins ! »

Les anges se placèrent de façon à rendre efficace la charge des arches. Mais à leur tête, l’Archempereur menait l’assaut.

« Pour la gloire ! »

Ils changèrent de cap pour enfoncer lourdement l’armé ange, dépassée. Jamais une telle force de frappe n’avait vu le jour.

 

Au milieu des anges, des tornades de flammes balayaient les généraux sans peine. Rubis, changé en phénix ardent, répandait la mort pour venger sa mère, avec autant de rage que son père l’aurait fait. Tous voyaient le Seigneur-Croc dans ses gestes. Aussi furieux, aussi rageur, aussi inhumain. Les anges battirent en retraite.

« Poursuivez-les et exterminez-les ! »

Aucun n’était épargné, les anges se ruaient en débande totale vers le portail menant au paradis, lieu sur. L’armé du ciel avait été défait par l’armé des hommes.

 

« Non ! C’est impossible ! Mon armé ! »

Le Seigneur-Croc ne put retenir un rictus méprisant.

« Voila le courroux des hommes !

-Silence ! »

Elle l’empala sur sa lance.

« Tu as fais assez de grabuge pour les millénaires à venir ! »

Il se débattit en vain. Cette fois, il ne pouvait plus gagner. Combattre un dieu, il poussait trop. Athéna était désormais vêtue d’une robe noire.

« Voila ta vraie nature… Tu es une destructrice… Exactement comme moi, mais tyrano-despotique.

-La ferme ! »

Elle l’éjecta.

« Accepte la mort qui va s’emparer de toi.

-Va te faire… Foutre… »

Athéna s’apprêtait à l’achever quand un fantôme apparut.

« Chéri…

-Crystal !

-Tu n’as pas a avoir peur… La mort n’existe pas. »

D’un geste de la main, elle dévia la lance de la déesse.

« Comment ?

-Tu n’es pas digne de prendre sa vie. »

La Faucheuse fit son entrée.

« Ah… Fit l’empereur. C’est mon heure, hein ? Je ne pourrais jamais sortir vivant de ce combat… Crystal, Kiérol, je veux les revoir… »

La Faucheuse acquiesça. Elle leva son arme et la planta dans le cœur du Seigneur-Croc.

« Je sens… La mort… Elle m’appelle… »

Il s’effondra. La Faucheuse et Crystal disparurent.

« Peuh ! Fit la déesse. Une fin minable, tu n’en méritais pas d’autre. Une mort de perdant. »

Elle se rematérialisa dans son palais.

« Bien, il est temps de mater la révolution. »

Elle jeta le cadavre par la fenêtre.

« Non ! »

Elle se tourna vers la source de ce bruit. Sarasin.

« Non… Il a perdu…

-Evidement. »

Elle reprit sa lance.

« Pourquoi tu es en vie, toi ? Satan s’est fait battre ? Je pari qu’il t’a plutôt laissé filer. Ce crétin. Il est trop gentil, et c’est le diable. »

Elle jeta sa lance. Sarasin tenta de l’esquiver, mais malgré qu’il soit le plus puissant être vivant à ce jour après les dieux, il reçu l’arme dans le tibia, ce qui lui arracha la moitié de la jambe.

« Ah ! Ma jambe… Ma vitesse… Ma puissance…

-Tu n’es plus une menace. »

Athéna reprit son apparence de ‘Lumière’.

« Je vais t’achever. »

Il s’enfuit.

« Tuez-le ! »

Il ne se passa rien.

« Et bien ? Tous m’abandonnent à mon triste sort de déesse ? Garde ! »

Elle sortit de la salle sans se presser, et tomba sur une hécatombe. Tous ses soldats étaient morts, près d’un millier d’anges.

« Ma garde d’élite ! Vaincue par un seul ! Et un homme, même pas un envoyé… Quelle rage ! »

Elle se tourna vers la sortie, Sarasin n’était plus là. Elle s’assit. Son combat l’avait beaucoup affaiblit.

« Je possèdais 783 unités Théocratique. Il m’en reste… A peine 233. Quelle perte, ça représente des millénaires ! »

Elle hurla de rage.

« Bon, calmons-nous. Je ne m’en servais pas. Ce sera une leçon. »

Elle soupira.

« Avec cette histoire, on arrêtera de me prier. Hum… Créer une autre religion ? Non, trop long. Comment assoir ma supériorité sans leur foutre une raclée ? Stupide humanité. »

Elle caressa sa lance.

« Cela fait longtemps que… Non, jamais je ne me suis battu avec autant de force. Même Poséidon n’avait pas opposé autant de résistance, quoique… Si, mais je n’étais pas seule… »

Elle regarda par sa fenêtre qui donna vue sur le champ de bataille.

« Le chaos des religions instables et sans fondement va s’instaurer. Une nouvelle page de l’histoire. Un défi à ma hauteur. »

Elle se servit un café.

« Pourrais-je seulement compter sur l’aide de Satan ? Tout d’abord, il me faut une garde d’élite… Puis des croisades, des conversions forcées… Une armée de fanatiques, qui prieraient tous les jours pour me renforcer… Je créerais tout ça dans les Terres Oubliées. Bon. »

Elle s’assit à moitié sur la fenêtre.

« La bague de Kiérol, je ne l’ai pas récupérer. Je paris que c’est Sarasin qui l’a… Il me la faut, je dois reconstituer la stèle pour affaiblir les hommes. »

 

 

Rubis était rentré au château. Assit à coté du trône de son père, l’attendant. Il ne pouvait pas perdre, il n’avait pas le droit. Dehors, les soldats fêtaient l’évènement. On décompter comme morts dans cette guerre Oxymor, Aoeste, Dimention. Auxquels il faudrait bientôt ajouté Kiérol, Netal, et… Un sifflement, le Fendium tomba lourdement à terre, du haut de ses 5 tonnes.

« Quoi ? Fit Inquisatus. Mais… Le Seigneur-Croc ne s’en sépare jamais ! »

Puis un autre sifflement, le corps sans vie de l’empereur de Koljeizer tomba droit devant lui.

« Ce n’est pas… C’est un leurre ! »

Un portail de lumière apparut, et Sarasin en sortit.

« J’aimerais… »

 

Dans la salle du trône, Rubis attendait toujours. Un bruit de fit entendre, un ‘toc’ régulier. Sarasin entra dans la salle avec des béquilles.

« Sarasin ! Par l’enfer, que t’arrive-t-il ? »

Il ne répondit pas.

« Où… Où est mon père ? »

Le maréchal se dressa devant lui.

« Où est le Seigneur… »

L’assassin lui donna un gigantesque coup de béquille dans l’estomac, puis passa pour s’engouffrer dans l’escalier. Un silence oppressant régna. Un doute incertain. Inacceptable. Après un instant qui sembla éternel, Sarasin revint. Il se mit à genou devant Rubis aussi bien qu’on peut le faire avec une jambe en moins. Puis il lui présenta la couronne de Koljeizer.

« Votre père ne l’a jamais porté. Mais son rôle vous incombe. »

L’enfant prit délicatement la couronne, en tremblant.

« Mon père… Est mort ? »

Sarasin acquiesça.

« La Lumière l’a vaincu. »

L’assassin s’effondra en sanglots. Rubis baissa la tête, puis laissa tomber la couronne à terre.

« Je n’en veux pas. Quelqu’un en veut ? »

Après un instant d’hésitation, le maréchal avança vers la couronne et la saisit.

« Si votre altesse veut bien me léguer son fardeau…

-Faites donc. Vous êtes le mieux placer pour ça. »

Il quitta la pièce pour fondre en larmes à peine sortit. Le maréchal dit d’une voix forte, mais tremblant légèrement de chagrin, ce qui ne lui été encore jamais arrivé :

« Mes frères, mes sœurs. Nous portons aujourd’hui le deuil de notre bien-aimé empereur. Je déclare que l’empire de Koljeizer n’existe plus. En tant que souverain de ce pays, je déclare qu’il est maintenant une république… Une démocratie… Je déclare également… »

Il posa la couronne sur sa tête.

« Que le peuple élira le Président. Et Qu’au dessus du Président, il y aura, comme l’aurait souhaité mon empereur… Il y aurait un gouverneur, rôle que j’assurerais. »

Il s’assit sur le trône.

« Retirez-vous tous… »

 

Rubis entra dans sa chambre, où Améthyste attendait.

« Rubis ! »

Aucune réponse.

« Alors, comment va papa ? »

Il lui jeta un regard remplit de larmes, puis tomba dans ses bras.

« Il est mort ! »

Sa voix était déchirante.

« M… Mort ? Il a… Perdu ? »

L’enfant continua de pleurer. Soudain, une gerbe de flamme apparut dans la chambre, faisant apparaître l’image du Seigneur-Croc.

« Papa !

-Rubis… Je te parle depuis les enfers. Je ne purge aucune peine, mais tu me vois aller au Paradis ? »

Il fit un sourire forcé.

« Ici, il y a tout le monde. Ta mère, Kiérol, Dimention, Netal… Aoeste aussi, Oxymor…. »

Il étouffa un sanglot.

« On est ensemble, et on est tous très heureux. »

Il retint ses larmes avec une peine infinie.

« Et on espère tous… Que tu vivras très heureux là où tu es… »

Il tomba à genou, et dit en larmes :

« Tu vas beaucoup me manquer ! Sois très gentil avec tes sœurs ! Prend bien soin d’Emeraude… »

Satan apparut.

« Escé… Désolé de te l’apprendre… »

Emeraude apparut aussi.

« Elle est morte. »

Rubis et le Seigneur-Croc manquèrent de s’effondrer.

« Rubis a dégagé une trop grande puissance, et sans s’en rendre compte le Basilic a pousser sa force à son paroxysme, et a fait jaillir d’innombrable lance de feu… L’une a tué Emeraude. Elle n’a pas souffert.

-Je ne t’en veux pas, petit frère. Dit-elle. C’est pas… Grave du tout. »

L’image se floua.

« Rubis, dit l’empereur, je serais toujours avec toi. Si tu as besoin de mon aide, tu peux encore compter sur moi. Même ici, je garde une grande parti de ma puissance. Si tu veux me voir… Rêve de moi la nuit. Je serais toujours là… Un diable gardien, si tu veux… »

Il disparut.

« On t’aime tous très fort ! »

Plus rien. Rubis s’allongea sur le lit. Trop de choc pour une seule journée. Améthyste, dans un état mental guère mieux, le prit dans ses bras.

« Je ne veux pas rester ici. On va partir. On va voyager… »

Ils s’embrassèrent.

 

 

 

 

La Légende du Seigneur-Croc prend fin ici. Sa vie s’arrête, mais sa mort continue. Et son fils est encore là. Et lui aussi est destiné à de très grande chose.

 

La mort est un changement de monde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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