Seigneur-Croc



II – Le sang de la nuit
12 janvier 2012

Deuxième histoire. Elle présente comme particularité d’opposé au Seigneur-Croc un adversaire de son niveau, et non pas du niveau d’Aoeste qui reste loin derrière. l’assassin est inspiré de… Mon assassin sur World of warcraft. Mais l’histoire n’a rien à voir avec la série des warcraft. Le texte d’origine fait dix pages alors attention !!… Enfin voila, il faut la réécrire puisqu’elle introduit pas moins qu’un des personnages phare du récit, et mon personnage préféré.

La réécriture étant faite, place à l’histoire.

 

 

 

 

 

Aoeste alla dans la chambre d’Elisa pour lui annoncer sa fulgurante promotion et, il l’espérait, fêter ça entre amis. Mais il ne savait pas qu’il y avait deux personnes là où il se rendait.

 

Le Seigneur-Croc fit un grand moulinet avec son arme, et la posa lourdement sur son épaule. Il était complètement rétabli, reposé, e, somme, il était prêt. Prêt à quoi ? Il ne savait pas, il avait juste l’impression qu’il aurait à se battre. Bientôt, sa femme serait de retour. Il espérait juste que la menace qu’il ressentait s’abattrait sur lui avant que sa femme ne revienne.

 

Aoeste toqua.

« Elisa, c’est moi. Je peux entrer?

-Euh attend un instant, je… Je suis toute nue !

-Ah bon. »

Il attendit un instant, et elle ouvrit. Elle le dévisagea avec douceur, puis son regard fut attiré par une médaille sur son torse.

« Tien ? C’est quoi ?

-Je me présente, généralissime Aoeste Okrepin, pour vous servir !

-Hi hi, je ne suis pas si idiote, tu ne peux pas être généralissime. »

Aoeste ne s’énerva pas, lui-même avait du mal à le croire.

« Je t’assure. Par exemple, hep ! »

Il interpella un lieutenant.

« Oui ?

-Va nous chercher un… Euh une bouteille de boisson festive !

-… Vous n’avez pas plus précis, généralissime ? »

Aoeste se passa la main sur la figure devant la réputation qu’il se taillait. Mais Elisa, elle, le crut enfin.

« C’est trop génial !! T’es trop généralissime j’avoue ! »

Le lieutenant haussa les épaules et partit.

« Dis Aoeste ! Commença la fille avait des yeux doux.

-Toi, tu vas me demander quelque chose…

-Je peux avoir un bijou un placard une robe et un…

-Du calme, du calme ! Je te donnerai tout ce que tu veux, laisse-moi juste du temps.

-On se voit plus tard alors.

-Euh, je comptais passer du temps avec toi.

-Ah ?

-Tu me fais entrer ?

-Tu restes pas longtemps ? J’ai des choses à faire.

-Besoin d’aide ?

-Non non, c’est ça va. Balbutia-t-elle. »

Il entra et s’assit sur le lit. Avec son armure et ses armes, une latte cassa et il tomba de cinq centimètres.

« Oups. Désolé.

-C’est pas grave. »

Elle lui sourit.

« J’ai rien à d’offrir à boire, ou à manger.

-On peut sortir en ville, si tu veux.

-Je… »

Le Seigneur-Croc passa la tête par l’ouverture de porte.

« Aoeste, t’as du boulot. Suis-moi.

-Pas une minute de répit.

-T’as déserté ton poste ! J’dois dire quoi au roi d’Okeud ?

-Quoi ? J’y retourne ?

-Nan, t’as du taf ici. mais pense pas pouvoir te la couler douce ! Bon, comme tu rentres de voyage, et qu’il me reste quelques formalités, tu as quartier libre jusqu’à ce soir, 18h. »

Il sortit en jetant un regard menaçant à Elisa. Aoeste reprit :

« Bon, on va faire un tour ?

-D’accord. Abdiqua-t-elle.

-Génial ! »

Il la prit par la main avec délicatesse, et ils sortirent. Quelqu’un sortit de sous le lit.

« Tin il pèse lourd l’enfoiré. Mais qu’est-ce qu’il est con aussi. »

 

Le Seigneur-Croc reçu une lettre d’un messager. Il la lut.

« Je vais attaquer. Soyez prêt. »

Il resta interloqué un instant, puis la jeta. Il avait mieux à faire que s’occuper d’un canular. Il réunit les troupes qu’il avait choisi. Il dit :

« Merci messager. Bien, vous formerez l’Armée du Courroux. Ne posez pas de question, et ne vous posez pas de question. Je vous donne un ordre, vous l’exécutez. Tout ce que je vous ordonnerai aura été médité et discuter. Votre chef sera le généralissime Aoeste Okrepin. Général Legan, vous êtes habilité à relever votre chef de ses fonctions. Si vous le faites, ej veux un rapport immédiat, détaillé et justifié. Bon, rendez-vous à 18h à la caserne d’Uniphy. »

Ils saluèrent tous leur empereur et se dispersèrent.  Le Seigneur-Croc alla en ville et, ne faisant pas attention à ce qu’il faisait, bouscula une jeune femme. Il l’aida à se relever.

« Désolé. Ca va ?

-Oui, pas de problème, il en faut plus pour me faire mal. »

Elle inspira, et chercha autour d’elle.

« Vous… Cherchez quelque chose ?

-Oui, je cherche quelqu’un. Il s’appelle Sarasin. Si jamais vous le voyez, vous pouvez me demander de l’aide pour le tuer.

-Le tuer ?!

-C’est un assassin terrible, ayant une sinistre réputation d’où je viens.

-Bon. de toute façon, je ne pense pas que j’aurai besoin d’aide. »

Elle inspira à nouveau, puis partit. L’empereur s’étira, puis vit du coin de l’oeil Aoeste et Elisa.

 

Il faisait atrocement froid. Les doigts de la fille étaient engourdies et ses cheveux étaient ballottés par le vent glacé. Elle se blottit contre Aoeste, mais en vain. lui, après son voyage chez le givré, ne sentait absolument rien. Ils se réfugièrent, sous la volonté d’Elisa, dans une auberge. Le vent redoubla, et l’empereur décida de rentrer. Il était 17h.

 

L’heure du rendez-vous vint, et Aoeste fut contraint de partir. il embrassa Elisa sur la joue, hésita, puis tenta sur la bouche. Elle le repoussa.

« Désolé, je… Je ne suis pas encore prête.

-Alors je ne force pas. répondit-il avec un sourire. J’attendrai. »

Il se mit en chemin. Soudain, quelqu’un le faucha et il tomba fac contre terre. Il releva la tête, rien. Il voulut se remettre debout, se disant qu’il avait glissé, mais il sentit une vive douleur dans le dos. Un coup de dague, et elle y était encore. Cette fois, on cherchait à le tuer. Il s’interrompit. Son assaillant avait largement la force de lui ôter la vie.

« Qui va là ? »

une main lui agrippa les cheveux et le plaqua à terre.

« C’est ça le généralissime ? j’ai pas à m’en faire, visiblement. Dis-moi ce que tu sais sur le Seigneur-Croc, ou je te transforme en passoire.

-Je ne dirai rien. De toute façon, je ne sais rien !

-Le Seigneur-Croc a-t-il un rapport avec les loups-garous ?

-Hein ? Pas du tout ! »

Son assaillant le lâcha. Aoeste ne savait pas pourquoi on l’avait cru, mais il avait un rapport à faire.  Il allongea le pas.

 

Arrivé, l’empereur le poussa droit vers le podium.

« Voici votre chef, Aoeste Okrepin. Et voici votre première mission : Il y a un réseau illégal à Klasor. Voici l’adresse. Pas de survivants et pas de prisonnier. »

Tout les membres de l’Armé du Courroux levèrent leurs armes en poussa un cri de guerre. Telle est la politique du Seigneur-Croc, le mal contre le mal. le généralissime interrompit la montée d’agressivité et nquitta la scène avec son empereur.

« Seigneur-Croc, je me suis fais attaqué. Ou écrasé. Je ne sais pas par qui, mais à en juger par sa voix, c’était un homme. Il m’a mit à terre et m’a interrogé à votre sujet. Il m’a demandé si vous aviez un rapport avec des… Loups-garous.

-Oh la blague. Euh, excuse-moi, mais c’est ridicule. merci pour ton rapport, je prend la suite. Va accomplir ta mission.

-A vos ordres. »

On lui donna une nouvelle armure lourde dorée. Il garda ses armes, et mena sa troupe au combat. Tous le suivre en formant un rang rectiligne et uniforme. Les armures faisait un bruit assourdissant, mais les troupes ne réagissaient pas, au point de faire croire qu’elles sont sourdes.

 

Ils arrivèrent au pied dudit bâtiment. Aoeste s’empara d’un porte-voix.

« Je m’adresse aux résidants de cette immeuble. Vous êtes tous en état d’arrestation et êtes condamnés à mort. Rendez-vous et vous aurez une exécution public convenable et digne. Autrement, nous investirons le bâtiment et vous soumettrons à la sentance pas la force. »

On lui répondit pas une salve de flèches. Il se protégea de son bouclier.

« Soit. Chargez ! »

Les soldats défoncèrent les portes, bloquèrent les issues et prirent leur ennemi au piège.

« Organisez des barricades pour contrer un assaut ! Dit-il. Un commando avec moi, les autres, préparez-vous à couvrir notre éventuel repli. »

Il prit son bouclier et avança dans les couloirs. Il sentit une flèche s’y heurter. Il en déduisit que le tireur était à moins de 20 mètres, donc probablement dans une pièce adjacente. Il y entra et trouva l’archer.

« Vous êtes en état d’arrestation, vous soumettez-vous ?

-Va te f… »

Il le transperça de son épée, et reprit sa route.

 

Le Seigneur-Croc alla voir Okzim, l’archimage de la cour, et surtout érudit à son service. Ce dernier était dans un quartier à part dans son château, et il fallait passer par les jardins peu entretenus placés entre Trachéom et la falaise derrière. Il carressa une fleur sur son passage, cherchant à se rapeller de bons moments passés avec sa femme.

« Crystal… »

Il regarda sa main, un liquide rouge s’y était déposé. Il le sentit : Du sang. Aucune plante ici n’avait d’épines, et ce n’était pas un lieu d’entrenement. Il dégaina le Fendium et suivit la trace écarlate. Cela le mena à un homme blessé, endormit contre un muret.

« Eh, ça va ? Tu t’es coupé où ? T’as vu la quantité de sang que t’as perdu ? »

Il secoua l’homme, qui tomba à terre. De face, il semblait en bonne santé, avec un peu de sang franchissant ses lèvres. Mais de dos, sa colonne vertébrale avait été arraché, les cotes de même, et les organes réduits en lambeaux. Calme, il inspecta le corps. Les blessures ne semblait pas dues à la magie, mais aucune arme de pouvait faire de telle plaie, aussi nombreuses et sanglantes. Si, des dagues, maniées à très haute vitesse. L’homme mort était un officier. Il sentit comme un frisson dans son échine, se retourna en a grand balayage de son Fendium, et s’arrêta à temps pour ne pas décapité une jeune femme.

« Qu’est-ce que tu fais là ?

-La même chose que vous, j’imagine. Je cherche le meurtrier. Mais c’est une affaire personnelle qui me motive.

-Tu le connais ?

-Il m’a tout prit, alors on peut dire que oui. Son nom : Sarasin. C’est un assassin redoutable qui, contrairement à la norme, est d’une grande discrétion mais joue peu sur la guerre à l’embuscade. C’est un assassin de combat, ne croyez pas que vous avez l’avantage si l’effet de surprise a raté, il ne compte pas dessus. Il est agile, rapide, mais sa force n’est pas sa spécialité.

-… Pourquoi tu me dis tout ça ?

-Je le haïs, mais pensez-vous qu’une femme comme moi a une chance de le vaincre ? SI vous le tuez, ma vengeance sera accomplie.

-Je ne compte venger personne, je vais juste tuer celui qui a tué un de mes soldats.

-Je sais, mais ça me va. Je ne trouverai jamais la paix tant qu’il respire.

-Très bien… »

La femme partit calmement. L’empereur prit le corps dans ses bras pour l’incinérer, comme il était de coutume, et alla voir Okzim.

 

Aoeste et sa troupe avait sécuriser les étages du bâtiment un à un. Il ne restait que le dernier, mais c’était une place forte. Et ceux d’en face avait des armes à feu.

« Il faut les déloger de là ! On a des mages capables de tout faire sauter ?

-Non, on a plus que des guerriers.

-On va les enfumer, préparer un feu.

-Inutile, ils ont une aération suffisante. »

Le généralissime prit son bouclier et fonça, se protégeant ainsi des balles. Il tenta de tuer quelques ennemis de son épée, mais ils se repliaient au moindre risques. Son bouclier se fissura, et une grenade tomba devant lui.

« On se replit ! »

Il recula et manqua d’être brûlé par l’explosion. Ils se concertèrent, pour trouver une solution. Un siège serait trop long, et ils ne pouvaient pas se permettent de rester passif en attendant des renforts. Aoeste eu une illumination.

« On descend d’un étage, aller ! Au pas de course ! »

Ils se placèrent à l’étage inférieur. Il ordonna de détruire les murs du coté Nord et quelques pilliers porteurs. La salle du haut commença à s’effondrer et à glisser vers l’exterieur.

« Poussez !! »

Tous les guerriers appliquèrent une pression contre le plafond qui venait de tomber devant eux. Lentement, la salle fortifiée tomba hors du bâtiment et s’écrasa douze étage plus bas. Ils redescendirent. Les terroristes qui n’étaient pas morts se rendirent.

« Il est trop tard pour se rendre. Achevez les survivants. »

Impitoyablement, l’Armée du Courroux procéda.

« Mission accomplie. »

 

 

Le Seigneur-Croc confia l’affaire du meurtre au maréchal Aomushni, et renforça légèrement la garde. Trouver un cadavre sur son chemin était hélas une chose bien banale, en ces temps troublés, mais que ce soit un officier qui soit mort était plus inquiétant. Aoeste lui fit son rapport.

« Les intrus ont été éliminés, aucun n’a survécu.

-Parfait. Tu es en permission jusqu’à nouvel ordre. Il faut trouver quelqu’un pour enquêter sur cette affaire, t’as pas une idée ?

-… Moi ?

-Non, tu es comme moi, un guerrier. Tu n’es pas calibré pour réfléchir à une traque, tu l’es pour frapper au bon endroit au bon moment.

-Kiérol ?

-Non, c’est une élémentaliste, c’est pareil. Enfin bref, si tu as des infos, je veux être le premier averti.

-Vous le serez ! »

Il fit un garde à vous, puis partit.

 

L’amirale Kiérol était dans sa chambre, face à son placard, à choisir une tenue. Comme toujours, ça prenait un temps impensable.

« La noire ? Ca mincit, le noir. Hum, je suis déjà assez mince, du rouge ? Non, trop voyant. Du vert ? C’est jolie le vert. Ah, tâché. »

Une voix surgit derrière elle.

« Ca dépend, vous allez où ? »

Elle se retourna, il s’agissait d’un homme aux cheveux roux et mi-long, avec un foulard rouge sur le visage. Sa tenue était en cuir épais, et complètement noire. Des dagues dépassaient à sa ceinture.

« Qui êtes-vous ?

-Ca importe peut. Ce qui compte, c’est ce que je vais vous faire. Ce serait une hérésie de tuer une si belle femme que vous, mais j’ai besoin de vous neutraliser. Vous ne voulez pas vous faire gentiment péter une jambe ou un bras ?

-Quelle idée !

-Ben quoi ? C’est mieux que vous enfermer, non ? »

Elle incanta un sort et, la seconde d’après, l’homme était derrière elle, lui mettant une dague sous la gorge, et une autre vers la nuque.

« Je n’hésiterai pas à te tuer, si c’est nécessaires.

-… D’accord, que… Que voulez-vous ?

-Je l‘ai dis, te neutraliser. »

Elle la saisit par les cheveux et la jeta à terre, puis lui prit le bras pour lui casser. Soudain, une voix résonna de derrière la porte. C’était le Seigneur-Croc.

« Kiérol, vous en avez encore pour longtemps ? »

L’homme masqué murmura à l’amirale :

« Fais-le partir, ou je devrais te tuer.

-Je… Au secours !! »

Immédiatement, la porte vola en éclat et le Fendium traversa la pièce avec force. L’assassin esquiva, mais relâcha sa prise.

« Qui va là ? Qu’est-ce que vous osez faire à Kiérol ?

-Un empereur me vouvoie, quelle classe.

-Alors tu es seul ? Tu es Sarasin ? »

L’assassin jura entre ses dents devant sa bêtise.

« Qui t’as parlé de moi ? C’est Khydal, hein ? Ne la crois pas, c’est…

-C’est toi qui a tué l’officier ? Quoi qu’il en soit, tu as attenté au jouer de mon amirale. A partir de là, tu es condamné. »

Il chargea, le Fendium en main, et donna un coup surpuissant en diagonal. Les murs volèrent en éclat, le plafond s’effondra à moitié, les meubles furent projetés tant la force de frappe était grande. Mais Sarasin esquiva le coup et tout les débris sans un rien. Mais il ne put pas en faire autant avec l’avalanche de flammes qu’avait lancé Kiérol. Il sauta par la fenêtre et n’eut pas de mal à se réceptionner, même depuis le 7e étage. Il prit la fuite à toute vitesse, pas une personne au château ne serait en mesure de le rattraper, même à cheval. L’empereur rengaina.

« Ca va, Kiérol ?

-Oui, merci. Je savais que je pouvais compter sur vous.

-Evidement, lui obéir était la pire chose à faire, à ne pas douter qu’il vous aurait tuer.

-Je ne pense pas, il avait largement le temps de le faire. Il voulait me ‘Neutraliser’.

-Neutraliser ? Pourquoi ça ? Et quel rapport avec les loups-garous ? Rah, cette histoire me rend dingue ! On a son signalement, il faut engager les recherches sans tarder ! Aller ! »

 

 

Les gardes allèrent patrouiller dans la ville et se livrèrent à de nombreuses recherches infructueuses. L’empereur, sur le toit d’une auberge, enrager en ronger l’ongle de son pouce.

« Vous ne le trouverez pas, c’est un professionnel.

-Encore toi ? Dit-il sans se retourner. Il parait que tu t’appelles Khydal.

-C’est exact.

-Il m’a dit de me méfier de toi.

-Et vous prêtez plus de foi aux paroles d’un assassin qu’à une femme au cœur brisé ? Inutile de répondre, je ne veux pas entendre vos commentaires cinglants et banals, c’est vrai que je suis une inconnue pour vous, mais je vais vous prouver ma bonne foi. Il cherche à réduire votre garde rapprochée pour s’en prendre à vous. Seul, vous n’avez probablement aucune chance. Mais avec une élémentaliste aussi puissant, et un maréchal si expérimenté…

-Il va s’en prendre à Aomushni !

-En effet, et sûrement à votre généralissime récemment promu. Même s’il n’a accomplit aucun fait d’arme, il ne prendra aucun risque.

-Alors pourquoi un officier ?

-Pour répandre la peur, la méfiance, et vous faire perdre votre image de protecteur. Il cherche à vous isoler par tout les moyens, ne le laissez pas faire. Pour finir, je dirai ceci : Il peut manœuvrer dans l’ombre très facilement, grâce à un pouvoir qu’il a acquis en tuant son propre maître. L’ombre, quelle qu’elle soit, est un refuge et un passage lui permettant de se ‘téléporter’. Il peut le faire de jour, mais l’ombre est omniprésente la nuit. C’est à ce moment qu’il frappera. »

Elle descendit du toit, gardant son air glacial et désabusé. Cet assassin lui avait visiblement tout prit, et elle ne voulait même plus vivre. Sa soif de vengeance est tout ce qui la motivait encore. Mais l’empereur n’était pas non plus au mieux de sa force mentale. Il était tout aussi démotivé, et était dégouté de lui-même. S’il avait été lui-même pour défendre Kiérol, jamais il ne l’aurait laissé s’échapper. Mais non, il était resté calme et lucide. Il ne s’était pas laisser aveugler par la fureur, il était resté maître de ses actes.

« Quelle erreur… »

La colère est mauvaise conseillère bien souvent, mais pas pour lui. Sans colère, il ne valait rien. Mais son âme était comme vidé de son essence. Le généralissime vint lui annoncer :

« Seigneur… J’ai une mauvaise nouvelle.

-Quoi ?

-Un autre officier a été retrouvé mort, décapité.

-Ah… »

Il ne parvenait pas à réagir, et dire que c’était un despote violent et actif. Il rentra, c’était au maréchal de s’occuper de ça.

 

 

Aoeste attendait Elisa dans un restaurant. Il avait revêtu son armure, et avait posé son arme contre le mur derrière lui. Il avait déjà bu deux sodas, et tapotait sur la table. Elisa était en retard, très en retard. Elle entra et s’assit devant lui.

« Une heure que j’attends.

-Je pourrais pas rester longtemps. »

Il soupira. Le serveur prirent leur commande et ils entamèrent la discussion.

« Alors, Aoeste, comment ça va ?

-Plutôt bien, je fais un travail correct.

-Généralissime… Ce titre fait rêver. L’argent, le pouvoir.

-La justice, les responsabilités. La stabilité de l’empire repose en partie sur moi.

-Le prestige… La claaaaasse. Quand je pense qu’avant, tu étais dans un orphelinat. Comme moi… Je te dois beaucoup. »

Aoeste se dit qu’en effet, il serait tant qu’elle le rembourse comme il l’attendait. Il lui prit la main.

« Elisa… En tant que généralissime, mais surtout en tant qu’ami… Me ferais-tu l’honneur de sortir avec moi ?

-Je… »

Elle réfléchit un instant.

« D’accord. »

Le généralissime bondit presque de joie. Il voulut l’embrasser, mais elle le retint.

« Ne va pas trop vite !

-Ah, pardon pardon. On ira à ton rythme, pas de soucis »

Il lui fit des yeux de faon malade.

« Quand j’aurai assez d’argent, je m’achèterai une maison. Je pourrais peut-être même en prendre une libéré après une attaque. L’empereur me l’offrira sûrement. Avec ma solde, je pourrais la meubler et… On habitera ensemble, avec un chien, et…

-Je ne crois pas que la solde d’un soldat soit suffisante.

-1300 pièces d’or par mois, ça va aller.

-1300 pièces d’or… »

Elle prit un instant pour réfléchir.

« Ca devrait être jouable. »

Le serveur apporta les plats. Ils commencèrent à manger, soudain Aoeste s’étouffa.

« Eh ben ? Fit Elisa. Tu as avalé de travers ?

-J… Ca va passer. Y’a quoi la dedans ?! »

Sarasin apparut derrière lui.

« Il fallait s’y attendre, le poison est trop faible pour toi. »

Il lui enfonça violement une dague dans le dos, qui ressortit devant. Aoeste prit son épée.

« Tu n…

-J’ai pas touché un point vital, j’sais pas. J’essaie de pas de tuer. Qu’est-ce que vous m’emmerdez ici à toujours lutter en vain. Tu feras pas grand-chose avec un poumon perforé. »

Le généralissime donna un grand coup d’épée devant lui, l’assassin le dévia de sa dague sans faire d’effort. Il n’avait même pas regardé. Non, il regardait Elisa.

« Ah, l’amour. Je viens d’avoir une idée géniale. »

Il prit son adversaire au poignet, le désarma, lui fit une clé de bras et le plaqua contre la table.

« Je ne veux plus te voir. Je t’interdis d’aller à Trachéom pendant un mois. Si tu désobéis, je la tue, elle. »

Il jeta le généralissime dans le restaurant, rengaina, puis disparut aussi vite qu’il était apparu. Elisa était figée par la peur.

« Un… Monstre… »

Aoeste se releva tant bien que mal.

« Mais non, il est juste entrainé. »

Il regarda la salle immobilisée par la surprise.

« Hé ho ? J’peux avoir des secours ? Je suis à l’agonie, bande d’enfoirés ! »

Comme s’il avait remit le monde en marche, les gens se reprirent et se précipitèrent pour l’aider. La garde fut prévenu et, c’était prévisible, il reçu de la visite. Mais alors qu’il s’attendait au Seigneur-Croc, ce fut le maréchal.

« Généralissime. Dit-il d’un ton respectueux. Je vous demande de me dire tout ce qu’il vous a dit.

-De rester loin du château pendant un mois, sinon il tuerai Elisa. Effectivement, il tend un piège à l’empereur et il éloigne la troupe d’élite. Vous… Vous êtes le suivant, je pense. Prenez garde.

-N’ayez crainte, mon expérience du combat et ma résistance sont ma force. De plus, je n’ai pas de proche qu’il peut prendre en otage.

-J’ai hâte de savoir ce qu’il va échafauder pour vous coincer. »

 

 

Pendant une semaine, l’élite ne fut pas menacée. Mais deux généraux et trois officiers moururent. Les recherches étaient vaines, la peur s’installait. Mais l’empereur ne cillait pas. Sa lugubre incapacité à réagir et à s’énerver lui pesait comme un fardeau. Aoeste s’était soumis à la menace, et Elisa ne lui parlait même plus. Cela le faisait enrager, il se sentait perdant de tous les cotés. De plus, avec la présence de l’assassin, il n’avait plus de mission. Il tournait en rond en ville, il dormait à l’auberge, et ne faisait rien de ses journées.

 

Il était à une terrasse, sans armure, avec son épée dans son fourreau. Une semaine qu’elle y était. Il regarda autour de lui, et il la vit : Elisa.

 

Dans la caserne, les soldats se préparaient rapidement à l’inspection. Ils se mirent au garde à vous. Puis, devant eux, passa l’imposant maréchal. Les mains dans le dos, en armure, une épée à deux mains. Il passa entre les rangs.

« Hum. Bien. »

Il s’arrêta.

« Nous faisons une nouvelle recherche. Notre cible n’a pas changé, il s’agit de l’assassin dénommé ‘Sarasin.

-Oui, chef !! »

Tous les soldats semblaient avoir une confiance aveugle en lui. Sa réputation le précédait. Peu importe ses blessures, il luttait toujours. Même estropié, il défendrait son empereur. Aucune menace ne pourrait l’arrêter.

« Ouais. Je vais être obligé de te tuer. »

Sarasin était juché sur un lit mezzanine.

« Ne perdez pas votre sang froid ! Fit le vétéran. Nous sommes en supériorité numérique, que l’un d’entre vous aille chercher des renforts, je reste lutter. Evitez de prendre des risques.

-Peu importe l’organisation des troupes, peu importe ta stratégie, tu n’es simplement pas à même de m’arrêter. »

Il disparut du champ de vision des hommes présents. Une attaque dans le dos, le maréchal se retourna assez vite pour parer de justesse. Mais le déluge de coups qui suivit était trop rapide pour être dévié. Il prit plusieurs coups violents en plein torse. L’assassin rengaina.

« Bonne hémorragie mortelle.

-Sous-estimer son ennemi est une erreur de débutant. »

Sans même perdre une once de force, le maréchal l’attaqua. Il fit basculer les lits pour limiter les mouvements de son ennemi. En échange de sa vitesse et sa liberté de mouvement, l’assassin n’avait pas une armure résistante, le moindre coup sera critique. Alors que lui, avec son armure lourde en plaque et son endurance phénoménale, ce n’était pas des dagues qui le ferait tomber. Mais restait qu’il était difficile de porter un coup avec succès. L’assassin bondit et se mit en grand écart entre deux lits.

« Les assassins sont de brillants tacticiens, tu ne pourras pas tourner le terrain à ton avantage, quoi que tu fasses.

-Les assassins ont toujours une vision trop réduite des choses. Tu es dans une caserne. »

Le plafond s’effondra, et de la poudre à canon tomba. Il n’y avait que très peu de canons à Tracheom, mais il y avait toujours de quoi les faire fonctionner. Le maréchal craqua une allumette.

« Brûle !! »

L’assassin s’enflamma, mais commença à tourner sur lui-même, devenant une toupie humaine. L’air était trop rare pour maintenir les flammes sur son corps, et il ne fut pas blesser. Il bondit hors de la fournaise avec agilité. Le maréchal sortit.

« Hep ! Reviens !! »

L’assassin le suivit, mais dehors, des centaines de soldats l’entouraient, avec l’empereur à leur tête.

« On va jouer selon les règles d’un château fort. Des soldats en garnison, des armes à foison. Pas de pitié. Chargez !! »

L’assassin slaloma entre les rangs avec dextérité, arriva jusqu’à l’empereur et tenta de porter un coup mortel. Le maréchal dévia le coup, mais l’assassin en profita pour lui planter une dague dans la gorge. L’homme s’effondra, et le Seigneur-Croc ne pouvait pas lutter, dans une mêlée aussi confuse, il tuerait ses propres troupes s’il maniait son arme gigantesque. Il s’était jeté dans la gueule du loup, quel idiot. Mais l’avantage du nombre fit son office, l’assassin ne pouvait pas rester et fut contraint de prendre la fuite.

« Engagez les poursuites ! Cria le maréchal si fort qu’il put. Tuez-le !! »

L’empereur s’approcha de son meilleur guerrier. De toute évidence, il allait survivre grâce à son endurance phénoménale, mais il serait immobiliser un bon moment. Et si on ne l’enfermait pas, il se releverait pour combattre au coté du Seigneur-Croc à peine serait-il de nouveau conscient.

« Seigneur ! Fit un officier, que faisons-nous ? Nous ne le rattraperons jamais !

-Je… Je sais pas… »

Il ne s’énervait toujours pas. Il restait blasé, morne, comme mort à l’intérieur. Des flammes éclairèrent un coin du château.

« Il s’en prend à l’amirale ! En conclut un général. Soldats, allez l’épauler ! Vite !! »

L’empereur partit comme une flèche. L’arme dégainée, il fonça à l’origine des flammes. Kiérol était à terre, dans une flaque écarlate, suffoquant. Pas d’ennemi.

« Kiérol ?! Vous allez bien ? Kiérol ?!

-J… J’ai mal… Aidez-moi ! J’ai peur !

-Kiérol… »

Il se releva d’un coup.

« Des renforts arrivent. Vous êtes en sécurité. Je reviens.

-Seigneur-Croc… Bon retour parmi nous… »

L’empereur sortit avec un regard noir sur le visage. Ses veines avaient gonflées sous la colère, ses mains tremblaient de rage, et il dégageait une aura oppressante. Il croisa le maréchal sur un brancard d’urgence, le vétéran était déjà réveillé.

« Non, seigneur… Fit-il. Vous ne devez pas accepter ce combat. Nous devons être en surnombre, avoir une stratégie. Vous… Le risque est trop grand.

-Trop tard. Répondit le désigné. Je refuse que ma garde d’élite soit menacée plus longtemps. Et je refuse de rester les bras ballants alors que Kiérol vient d’être grièvement blessée. J’accepte son défi, et même si pour cela je dois le payer de ma vie. Ne vous inquiétez pas, regardez plutôt : Me revoilà, c’est moi, l’empereur de Koljeizer, le Seigneur-Croc. Le sanguinaire, le barbare, le destructeur. Comment ai-je pu rester passif si longtemps ? »

Il posa son arme sous son épaule.

« Il est temps de faire couler le sang. »

 

 

Le Seigneur-Croc s’éloigna du château et alla dans la forêt. En tenue et combat, l’arme dégainée, il lança :

« Je sais que tu es là. Montre-toi. »

Pas moyen de le débusquer. L’invisible prédateur qui patrouillait autour de lui savait surement où lui se trouvait. C’était un assassin, et il le tourmentait pour gonfler son orgueil, il adorait voir ses proies s’enfuir pour les poignarder dans le dos. De tous les fauve ici présent, c’était lui le roi. Mais son adversaire était un tueur, un psychotique violent, friand de guerre et de combat. Camouflé dans un buisson, il sent le guerrier se déplacer. L’empereur était déjà prêt à l’étriper à la première occasion. Le conflit approchait inéluctablement. Ils ont tous les deux côtoyer la peur et la douleur, ils ont une expérience du combat et de la violence similaire. Qu’ils soient discrets ou intrépide, rapide ou violent, aucun ne reculera. Sarasin apparut dans les ténèbres et se jeta sur le Seigneur-Croc. Des coups d’épées spécialisées dans l’homicide partirent et entaillèrent le dos de l’empereur.

L’immense Fendium faucha trois arbres et le souffle fit s’envoler la poussière. L’assassin sauta pour l’éviter et, prenant appuie dessus, frôla le torse de son ennemi du bout de ses dagues. Ils prirent une distance de sécurité avant de charger. L’un emplit de fureur destructrice, l’autre d’un calme mortel, être fair play leur semblait impensable, ils étaient là pour tuer. Bombe fumigène et attaque dans le dos, tourbillon de deux mètres d’allonge, leurs manières d’assassin ou de guerrier impitoyables triomphaient de toute forme d’honneur.

Le Seigneur-Croc avait prit de nombreux coups, il était couvert de sang. Mais le frôler et l’entailler ne suffirait jamais. Avec son allonge, il y avait peu à craindre d’un ennemi possédant une dague. De plus, même si ses coups dévastateurs étaient imprécis et trop ample, un seul pourrait tuer son assaillant.

Sarasin esquiva un nouveau coup. De peu. S’il avait prit, il serait sûrement mort. Mais une arme de 250 kg est trop lente, et celui qui la maniait n’était pas une fine lame. Un assassin comme lui pourrait esquiver ça pendant des heures. Mais le Seigneur-Croc était un adversaire redoutable, pouvant se montrer imprévisible. De plus, difficile de porter un coup efficace en étant occupé à éviter cette épée surdimensionnée qu’était le Fendium.

Le combat se prolongea. Même si les blessures s’accumulaient, la rage de vaincre ne cessait de croître. A la moindre erreur, le fautif se ferait saigner. Il n’y avait pas de retraite possible, pas de reddition. Mais il s’arrêtèrent un instant.

« Pourquoi ? Dit le Seigneur-Croc. Pourquoi tu t’en prends à moi ?

-J’ai mes raisons. Il faut que tu meurs, de toutes façons.

-Khydal m’a dit beaucoup de mal de toi, alors je doute que ton motif soit valable. Dommage, on aurait formait un bon duo.

-Je pourrais te dire beaucoup de mal d’elle aussi. Mais quoi de plus chiant que deux types qui prétendent que l’autre ment ? La vérité importe peu, seule l’issue de ce combat aura un impact valable.

-Bien d’accord. »

L’empereur était à bout de souffle. A ce rythme, il perdrait le combat.

« Bon, dit-il. Je vais mourir ici si je ne me bouge pas. Il est temps de passer au niveau supérieur, et de te faire payer pour ce que tu as fait à Kiérol ! »

Khydal apparut soudain, son air blasé avait fait place à un regard haineux.

« Vous n’êtes décidément capable de rien ! Sarasin va encore gagner !

-Mais non ! j’allais sortir ma botte secrète !

-Il faut tout faire soi-même ici ! On y va tout les deux, et on le démonte !! »

Le Seigneur-Croc semblait dubitatif, cette aide était assez inattendue, autant qu’inutile. Mais Khydal poussa un hurlement, et se recouvrit de poil. Elle grandit, et se transforma en loup garou.

« Gruaaaaaaaaah !! »

Elle bondit sur Sarasin, mais l’emepreur la repoussa d’un violent coup de Fendium.

« Je veux bien aider une femme en détresse, mais t’en es pas une. Et j’ai le sentiment de m’être fait manipuler. »

Il tourna son arme vers elle.

« Je vais te tuer en première, puis pour l’autre, j’aviserai. Me mentir, cacher sa force pour me pousser à prendre parti, c’est être contre moi, et contre mon pays. »

Il jeta un regard à l’assassin.

« T’as eu chaud, à peu de chose je te démembrai.

-J’aimerais bien voir ça, mais pas maintenant. »

Khydal hurla furieusement :

« Pourquoi ?! Pourquoi tu ne veux plus tuer Sarasin ! Il a attaqué Kiérol et lui a mit les tripes à l’air ! Il…

-Comment tu sais quelles blessures elle a subit ? »

L’expression de l’empereur reflétait sa fureur. Il sentait qu’en combattant Sarasin, il n’affrontait pas un tueur fou aimant faire souffrir autrui.

« C’est toi qui a attaqué Kiérol… Fais ta prière, monstre ! »

Khydal esquiva un violent coup ascendant, et les assauts éclairs de Sarasin.

« Non !! Sarasin ! Je vais te tuer ! Te violer, t’épouser, te tuer et t’enterrer vivant !!

-Ca va être difficile si tu es morte. »

L’immense bête prit la fuite en hurlant des jurons. Alors que le guerrier rengainait d’un air vaincu, Sarasin se tourna vers lui en garde.

« Je dois toujours te tuer. Et je compte bien le faire.

-T’attends quoi pour attaquer, une carte d’invitation ?

-Quoi ?

-Je vois bien que tu ne veux plus me tuer, sinon tu l’auras déjà fait.

-Je d’accord que je ne suis pas très motivé, mais cette… Bête, je ne veux pas la tuer. Donc pour la délibrer de sa folie, je dois te tuer. Je ne prendrai aucun plaisir à le faire si tu ne dégaines pas, mais… Tu t’es montré très énergique tout à l’heure. Pourquoi plus maintenant ?

-Je suis furieux car Kiérol a été blessé. C’est une femme super, elle n’a pas à subir ça. Je ne cherche que la vengeance, et tu n’es pas son agresseur. Rien à foutre de toi. Je pense qu’on peut arriver à un accord, je suis pas lié aux loups garous ni à tout ce qui y ressemble.

-T’as quoi derrière la tête ?

-Je ne peux pas t’accorder ma confiance, tu le comprends certainement. Je vais t’arrêter, t’emmener au château et nous trouverons un accord concernant Khydal.

-Tu crois que je vais me laisser arrêter ? Tu n’es pas capable de me vaincre, c’est tout ! Je ne vais pas me faire piéger si facilement !

-Je te laisse partir pour cette fois, je réglerai mes problèmes moi-même. La traque continue, seule la cible change.

-… La prochaine fois, on se reverra sûrement en tant qu’ennemi.

-Tiens ? Tu ne cherches pas à m’attaquer, alors que tu es si fort si parfait si puissant de la mort ?

-J’ai aussi une enquête à mener… Les infos qu’on m’a donné sont peut-être fausses. C’est le phénix qui me les a filé, donc j’en doute. Mais… »

 

 

Contamination

 

 

L’empereur était de retour au château. Il expliqua à ses serviteurs ce qu’il avait découvert, et quels étaient les nouveaux ordres : Trouver Khydal. Mais elle était hors de la portée de Sarasin, alors aucun militaire ne pourrait jamais la capturer. Il irait lui-même, il voulait juste des informations. Il était de retour pour un moment, il fallait en profiter. Sans sa lassitude et sa passivité, sa violence naturelle et son agressivité lui permettait de se battre au maximum de ses capacités. Mais elle lui manquait toujours.

« Crystal… »

Un messager vint l’informer que l’amirale Kiérol était en voie de guérison et que le maréchal se débattait déjà dans sa cellule pour en sortir malgré les conseils de ses médecins. Quant à Aoeste, on restait sans nouvelle. Le Seigneur-Croc acquiesça. Lentement. Il redevenait ankylosé par la tristesse. Soudain, Sarasin apparut devant lui.

« Yo. »

L’homme bondit et dégaina.

« Calme, j’ai fait des recherches. J’ai été manipulé, un peu comme toi. Y’a pas de chef des loups-garous, ça tient de la malédiction ou de l’alchimie. On vaut pas mieux l’un que l’autre.

-… Explique-moi.

-Eh bien, c’est pas vraiment une bonne nouvelle. Être un loup-garou est une malédiction, à la base. Cela fait de nous des bêtes sauvages assoiffées de sang et incontrôlable. On se transformerait la pleine lune, et… Si vous en étiez un, vous tueriez votre propre femme sous cette forme bestiale.

-Quelle horreur…

-En effet, donc on a trouvé un remède : C’est une potion créée par l’alchimie, qui adoucit la malédiction. Rien ne change, la pleine lune est nécessaire, la forme est maintenue, mais on reste maître de ses gestes. Enfin, on a quand même envie de castagner tout ce qui bouge, mais on se contrôle. On est plus agressif, c’est tout. Et la troisième option, c’est…

-Celle qu’a prit Khydal, hein ? Hier, c’était pas la pleine lune. C’était même pas la nuit.

-Oui. C’est fait à base d’alchimie, et ça consiste à imiter la malédiction. Plus besoin de pleine lune. Quand on veut, et où on veut, on se transforme en loup-garou. La montée de l’agressivité de change pas.

-Hmn je vois. Tu n’en as plus après moi, alors ?

-Oui, ça s’arrête peut-être ici, cette histoire. Je vais partir, et Khydal va continuer de me traquer inlassablement.

-Je vois. Alors adieu, j’imagine.

-En effet.

-Tu sais, je peux t’aider à la tuer si tu veux…

-Non ! Khydal est… Etait trop importante pour moi, je ne peux pas lui faire de mal.

-Je peux m’en charger, si tu es trop lâche.

-Ca ne change rien, je t’interdis de la toucher !

-Tu veux la sauvée, hein ? Il reste qui à sauver ? Elle a sombré dans la folie, ce n’est plus que l’ombre d’elle-même. Inutile de te bercer d’illusions.

-Tu tuerais ta femme, toi ?!

-Alors c’était ta femme ? Moi, non, je ne la tuerais pas. Mais je me laisserai tuer, pour elle. Le fait que tu respires encore est la preuve que tu as compris qu’elle était foutue.

-Ta gueule ! Hurla Sarasin en ultime argument. Tu ne sais rien ! »

Il disparut subitement.

 

Pendant une journée, la tension retomba. L’empereur décida d’aller en ville, rassurer le peuple contre cet assassin et l’usurpatrice. Il fut fuit, évidement, mais ça se comprenait.

« Tout est calme. La sécurité est revenue. »

Il leva la tête, le soleil se couchait. Les étoiles commencèrent à apparaître dans le ciel. Un enfant accourut vers l’empereur avec une épée en bois.

« Yaaaaaah ! »

Il l’attaqua avec en grand sourire. Le Seigneur-Croc esquiva lentement. L’enfant n’insista pas.

« Vous êtes fort !

-Euh, ben oui.

-Quand je serai grand, je serai comme vous !

-Je te souhaite bien du courage… »

La lune apparut dans le ciel. La pleine lune, étincelant dans la nuit. L’empereur la contempla.

« Sympa, la vue. »

Il entendit un rugissement bestial en direction de l’enfant.

« Hum ? »

Il se retourna vers lui, mais l’enfant n’était plus là. Il y avait à sa place une mini loup-garou, avec des crocs relativement petits, des griffes fines et fragile, et de la bave qui coulait de sa gueule. La bête chargea. Cette fois, l’empereur allait se défendre. Il lui mit un grand coup de pied en plein torse et lui explosa la cage thoracique. Avec la vitalité de ces hommes-bêtes, l’enfant resterait inconscient jusqu’à son retour à l’humanité et serait guérit de sa blessure.

« Qu’est-ce qui lui arrive ? Un petit… Monstre. Enfin, pas de quoi paniqué. »

Des rugissements retentirent dans tout le village, et une horde de loups-garous lui fit face.

« Ah ouais quand même. »

Les bêtes portaient des vêtements déchirés, des amulettes ou des bagues, héritage de leur humanité momentanément perdue. Le Seigneur-Croc jura : Il ne pouvait pas les tuer. Pas question de tout trancher dans la masse et de gagner dans un bain de sang. Il jeta son Fendium.

« Je suis mal parti. »

Ils chargèrent. Il riposta d’un grand coup de poing dans la mâchoire, puis un coup de pied dans le bras d’un autre, un coup de boule sur un troisième, et une prise d’art martial pour briser le bras d’un dernier.

« Mais je n’ai pas encore perdu. »

Il retourna en château à vive allure.

 

« Amirale Kiérol ? Z’êtes là ?

-Oui, quoi ? J’suis blessée je vous rappelle.

-La population a été transformée en loups-garous, je veux une explication !

-La pop… Hm. Pas vous ? Ni moi ? Pourquoi ? Y’en a au château ?

-Non, j’ai déjà fait lever la garde pour qu’elle le défende, mais la forteresse n’est pas infectée.

-Toute la population ?

-Oui, la preuve, c’est qu’on m’a ciblé rien que moi. Si y’avait d’autres exception, ils auraient été victime de ce saccage. »

Il regarda par la fenêtre.

« Ils vont tout mettre à feu et à sang.

-Rassurez-vous, ils n’ont pas de feu. Répondit Sarasin.

-T’es là, toi ?

-De toute évidence. Bon, nous sommes confrontés à un problème… De taille. D’où vient l’infection ?

-De l’eau. Déclara Kiérol. Le château à une source à part. Votre fameuse Khydal a dû l’empoisonnée. Tout le pays va devenir loups-garous… Sauvage, de toute évidence. »

La panique allait vite se répandre.

« Sarasin… Commença l’empereur. Depuis combien de temps cette fille te haït ?

-… Pas mal de temps.

-C’est un danger public. Il est temps… De la tuer.

-Non ! Je ne pourrais jamais ! C’était mon premier amour ! Je l’aimais tellement et… C’est ma faute si elle en est là…

-Explique-toi.

-Elle s’est faite attaquée par une assassine de haut niveau, une machine à tuer. Je la croyais morte, et je suis tombé dans les bras d’une autre. Davestyne. Je l’aimais tellement… Mais Khydal était vivante. La jalousie l’a fait sombré dans la folie, et elle l’a tué. Ma petite vampirounette… »

Il soupira.

« Depuis, elle me traque. Et je fuis.

-Depuis ?

-Pff… 20 ans ? Un peu moins peut-être ?

-Tu l’aimes encore ?

-Non c’est… Juste des souvenirs. Des souvenirs douloureux. Non, je ne suis plus amoureux. Et par sa faute, je ne le serai sûrement plus jamais. Elle m’a prit ma compagne et celle que je considérais comme ma fille, Altey.

-Alors il est temps qu’elle paye. Même le souvenir le plus noir disparait quand on le regarde en face.

-Arrête ! Tu ne sais pas ce que je ressens ! Tu n’as pas perdu ta femme, sans quoi tu aurais mit le pays à feu et à sang.

-Chacun sa misère. Mes parents ont été tué quand j’avais 10 ans. Un paladin, l’Archempereur, m’a adopté pour faire de moi une arme humaine. Il ne m’a jamais aimé. Si je n’avais pas rencontré Crystal, je serai un fanatique décérébré qui obéit aux ordres les plus inhumains sans poser de question. Il faut vraiment être égoïste pour croire qu’on est le seul à souffrir. »

L’empereur posa lourdement son arme sur son épaule.

« Même si tu cherches à m’en empêcher, j’irai la tuer.

-Ca ne m’aidera pas ! Tu…

-Je m’en fous. Elle menace mon pays, s’en prend à mon amirale, mon maréchal, mes soldats et mon peuple. Quitte à te tuer toi aussi, je la trouverai. Et je l’anéantirai. Libre à toi de t’interposer, je ne pense pas que cela changera quelque chose. »

Il sortit. Sarasin resta debout, mine basse. Kiérol lui dit :

« Je sais ce que ça fait de vouloir du bien à celui qui nous a fait du mal. Netal… Il m’a sauvé, quelque part, sans lui je serai morte. Mais il ne m’a pas sauvé de mes bourreaux pour autant. Je suis resté emprisonnée 15 ans à être… Tu devines… S’il recroise ma route, je lui donnerai tout. Mais le Seigneur-Croc ferait tout pour le tuer par vengeance. Et je pense que ce serai juste. Ne te laisse pas aveugler par ton abnégation. Tu es bon dans le fond, tu lui a pardonné de t’avoir tout prit… Moi aussi, je suis comme ça. Heureusement qu’il y a des gens comme le Seigneur-Croc. Des sanguinaires prêt à renier leur humanité pour que la justice triomphe, délaissant nos sentiments et méprisants notre avis. Crois-moi, un jour, tu lui serai reconnaissant. »

Elle se remit sous sa couette. Sarasin leva les yeux au ciel, soupira, puis partit.

« Il a raison. Il faut que cette folie s’arrête. »

 

Les loups-garous se bousculaient dans la rue à la recherche d’une proie malheureuse. Sur le toit, Khydal, en forme bestiale. Elle hurla à la lune. L’empereur frappa le bâtiment qui s’effondra, la jetant à terre.

« Pour avoir menacé mon peuple, pour m’avoir manipulé, pour t’en être prie à des innocents et à mon armée, je devrais te tuer. Mais je ne vais pas le faire pour ça… Si je te tue, c’est pour t’en être prit à une figure emblématique de mon pays, une grande stratège et qui plus est, mon amie, je vais te réduire en cendre. S’en prendre à Kiérol relève de l’inconscience, voire du suicide. »

En réponse, il eut un hurlement. Khydal chargea à quatre pattes. Sa rage était à son apogée, ses seuls désirs étaient de tuer et de détruire. Prédatrice déchainée, n’éprouvant plus de pitié, tueuse violente et sanguinaire, buvant le sang et mangeant la chair de leurs semblables. Elle hurla :

« Subit ma fureur !!!

-Tu ne sais rien de la fureur ! »

Il poussa un grand cri de guerre. Ses iris étaient blancs, son visage déformé par la colère, les mains crispées par la rage, il frappa. Le tourbillon de métal faucha les bâtiments et les loups-garous trop stupides pour l’éloigner. Khydal évita de peu l’immense arme. Ses griffes n’avaient pas assez d’allonge pour l’effleurer avant le prochain coup. Celui-ci partit en faisant craquer le sol sous les pieds de l’empereur. Vaincre un assassin, ça lui était difficile. Il était imprécis et trop lent. Mais si le combat était un concours de force brute, rien ne pourrait l’arrêter.

« Raaaaaaaaaaah !! »

Il frappa verticalement. Khydal évita le coup de peu, un cratère se forma au point d’impact du Fendium. Soudain, une ombre apparut derrière elle. Les lames de métal empoisonnées perforèrent sa peau, prochaine étape la jugulaire, l’attaque fut sanglante. En un instant, l’ombre disparut.

« Eh ben Sarasin, t’as tardé. »

Khydal prit la fuite. L’empereur rengaina pour partir à sa poursuite, mais Sarasin l’arrêta.

« Inutile, je suis la seul ici à pouvoir la rattraper. Occupons-nous plutôt de ces pauvres gens, et fais attention à ceux qui te sont chers : Elle adorerait les tuer.

-Kiérol… Ok. »

Ils retournèrent vers le village.

« Bon, on peut supposer que ça s’arrêtera à l’aube. En attendant, il faut mettre au point un antidote. »

Ils contemplèrent la sauvagerie qui régnait au village. Peu de morts humaines, mais les animaux n’étaient pas épargné. Les cadavres de bétails étaient répandus partout, même sur les toits.

« Inutile de penser les arrêter… Quel spectacle morbide. »

 

Au levé du jour, presque toute l’armée fut mobilisée pour purifié l’eau, faire le bilan des dégâts et compter les morts. C’était désastreux. On comptait un peu plus de 500 morts humaines. Mais les pertes matériels faisaient beaucoup de sans abri, le bétail mort entrainerait une famine, et les cadavres en putréfaction porterait des maladies. Les soldats étaient chargés de les brûler, mais il y en avait tant. Tout le territoire était consumé par la peur de son voisin. Des proches des victimes accusaient tous ceux qui les entouraient sans même se demander si ce n’était pas eux les responsables.

 

Sarasin et l’empereur était dans la bibliothèque de Okzim, accompagnés de celui-ci.

« Contrer la malédiction… Je dois forcément l’avoir, ça fait presque un millénaire que la formule alchimique contre ça a été mise au point.

-Et on peut pas en trouver sur le marché ? Demanda le Seigneur-Croc

-Non, la maladie du loup-garou sauvage a complètement disparue. Si on en trouve, ce sera en faible quantité. Soigner un pays entier ! C’est presque infaisable !

-Pas plus que l’empoisonné d’un bout à l’autre. Répliqua Sarasin. Tu crois qu’une fiole jetée dans l’eau suffit ? Ou que verser des milliers de litres d’un coup dans le courant aura un effet ? Il faudrait tout écouler au compte-goutte pour que chaque mètre cube d’eau soit empoisonné. Et même, ça ne suffirait pas. Je suis sur qu’il y a des personnes non-atteintes, dans les régions éloignés ou sur les cotes. Là-bas, il n’est pas rare d’y trouvé des sources d’eau indépendantes des sources principales. Mais même on ne peut pas dépister tout le monde, de toute façon l’antidote n’a aucun effet nocif.

-Ca nous aide beaucoup, merci ! Crache l’empereur. Trouve une solution au lieu de déblatérer des trucs si inutiles.

-Pff… Laissez faire l’assassin. »

Il chercha dans les livres à toutes vitesses, et en trouva rapidement un. Il le lut à une vitesse incroyable, le reposa, en prit un autre, puis déclara :

« Les ingrédients nécessaires se trouvent trop loin, ou ne sont pas de saison. Ca va mettre trop de temps, mais il y a une solution miracle. Dans un coin paumé dans les montagnes, il y aurait un vieux capable de soigner par la magie. Il est très puissant et devrait pouvoir soigner une foule entière. On peut compter sur ce type !

-Il est où, que j’aille le chercher ?

-Voyons ! Dit l’archimage Okzim. Ce n’est pas le rôle d’un empereur ! Laissez faire vos fidèles sujets, nous le ramèneront pour vous !

-C’est ça, j’vais rester sur le trône à voir les gens se ronger les ongles. J’y vais, et puis c’est tout. Alors ? Il est où ?!

-Il est… Ah tien, dans notre pays. Dans le Sud, pas loin de la frontière avec l’empire Otrajyd.

-Et il est pas contaminé ?

-Euh, un mec capable de faire disparaître la malédiction doit bien y résister, non ? Et puis je te l’ai dit, il est loin. Le poison n’a pas put aller aussi bas dans le Sud.

-Et y s’appelle comment ?

-Mmmh… Valef.

-Bon, je colle le maréchal aux commandes jusqu’à mon retour. Sarasin, avec moi. Kiérol, elle reste, et Aoeste… Ben il a qu’à venir, ça va le promener. »

 

 

L’empereur fit irruption dans la chambre du généralissime.

« T’es là ? Aller en selle, on a du chemin à faire.

-Quoi ? Vous avez besoin de moi ?

-Nan, mais j’ai pas non plus besoin que tu restes ici. Alors autant bouger. »

Aoeste semblait dépité.

« Quoi ? Fit le Seigneur-Croc.

-Je… Je désespère avec Elisa. J’ai l’impression que même mon titre, ça suffit pas.

-Je ne te mentirai pas sur tes chances de succès… Mais tu as toute ma sympathie.

-C’est encourageant…

-Bon, je vais te parler franchement, et ça va te faire mal. Elle ne t’aime pas, et ne t’aimerai jamais. C’est insupportable de me retenir de lui arracher la colonne vertébrale à mains nues ! »

Il serra les poings. Aoeste frémit.

« Elle se sert de toi, elle t’exploite et te jette comme une vieille chaussette. Ce genre de personne ne devrait même pas avoir le droit de respirer. Abandonne-la, elle ne te mérite pas.

-Elle a ses défauts, mais vous exagérez. Elle est juste un peu… Voila…

-Elle est juste un peu casée avec un mec. Je peux pas laisser mes hommes souffrir de la sorte, alors je te le dis. C’est pas le mieux à faire, mais…

-Quoi… ? Elle a déjà un… Un copain ?

-… Oui. Désolé de te l’apprendre.

-Comment a-t-elle pu… La… Qu’est-ce que je dois faire ?

-… Tu as le choix. Tu es généralissime, je ne te punirai pas si tu te venges. Tu peux tuer son copain, c’est ce que je ferai. Tu peux la tuer, mais c’est un peu rude quand même, tuer celle qu’on aime. Tu peux te la jouer magnanime et pardonner, en gros te laisser piétiner. Tu peux l’ignorer jusqu’à la fin de tes jours, elle n’a pas de revenus et ça va la calmer. Il n’y a pas de meilleur choix. Ne choisis pas selon les conséquences, choisis selon tes convictions.

-Pourquoi ? En tant qu’homme, je me dois de prévoir et de…

-Tu perds ton temps. Tout ce monde qui t’oblige à calculer l’amour et les sentiments, ce monde à émotions prémédités… A mon avis c’est toi qu’on chercher à calculer. Laisse faire tes instincts, ta colère. Sinon, elle continuera de faire ce qu’elle fait car personne n’aurait une logique capable de la tuer. Puisqu’il serait illogique de tuer quelqu’un qu’on aime. Réagis en tant qu’homme, pas en tant que machine. On part dans deux heures, sois là.

-… J’y serai. Deux heures, c’est bien assez. »

L’empereur sortit et tomba sur Sarasin.

« … Franchement, si le gamin fait rien, tu feras quoi ?

-Moi ? Je la tuerai, évidement. Ce genre de crève-cœur n’a pas sa place dans mon pays. Peu importe ce qu’il fait, d’ailleurs.

-… T’as rien dans la poitrine.

-Une main de fer dans un gant de fer.

-Petite question : Tu comptes agir par vengeance ou par principe ?

-Principe. Peu importe qui c’est, même un général, quelqu’un comme ça n’a pas le droit de vivre. C’est tout.

-T’es complètement borné. Je commence à comprendre le taux de mortalité dans ton pays.

-Et moi je comprends que dans le monde, un mariage sur deux finit en divorce et dans mon pays, à peine un sur dix. Je comprends aussi qu’il y a beaucoup moins d’enfants non désirés, de MST qui circulent, moins de violence conjugale que partout ailleurs dans le monde.

-Ces résultats sont tangibles. Tu vas peut-être me convertir. On finira cette conversation plus tard, allons nous préparer. »

 

 

Aoeste entra violement dans la chambre d’Elisa. C’était vide. Mais il y avait des fioles vides sur le bureau. Visiblement, des antidotes contre la contamination des loups-garous. C’était rassurant, Elisa était maitresse de son corps. Mais il y avait là assez pour deux personnes. Il regarda par terre, sous le lit, et trouva les vêtements qu’elle avait enlevés avant la transformation pour ne pas les déchirer. Il y en avait des masculins.

« … Elisa. Tu me le payeras. »

Il frappa le mur de rage et versa les larmes silencieuses. Il regarda par la fenêtre, le bord était orné de griffures. Elisa était partie par la fenêtre. Et aux vues du nombre d’empreintes, pas seule. Il regarda le ciel sans plus rien espérer. Il partit.

 

 

 

L’île de Netsen

 

Le Seigneur-Croc, Sarasin et le généralissime Aoeste arrivèrent aux montagnes du Sud. L’empereur demanda à l’assassin :

« Alors, il est où ?

-Bah… Là. »

Il désigna le flanc de la montagne.

« La carte en mousse, franchement… On va patrouiller jusqu’à trouvé ?

-Ben, si t’as une meilleure idée, je t’écoute.

-C’est toi l’assassin, ici ! Un assassin doit savoir faire face à toutes les situations !

-C’toi l’empereur, à toi de choisir ! »

Aoeste soupira :

« Et si on demandait aux gens du coin ?

-Ah, euh… Oui…

-J’ai vu de la fumée par là, doit y avoir quelque chose. Et par là, y’avait une route. On a qu’à la suivre. »

Il soupira de nouveau. Son armure lourde n’était pas adaptée aux voyages, quelle idée de l’emporter. Le Seigneur-Croc se limitait à une armure du torse, des épaules, du bassin et du haut des cuisses. Il ne portait rien de lourd, sinon son épée surdimensionnée. Quant à Sarasin, avec sa tenue de combat en cuir très légère, il n’était pas entravé. Il se sentait ridicule, à peiner pour suivre à l’arrière du groupe. Le Seigneur-Croc le poussa soudain en posant sa main sur l’épaule.

« Aller, avance !

-Eh ! J’suis…

-Avance ! »

Il le jeta en avant et Aoeste tomba dans un fossé caché sous un buisson juste devant. Sarasin ricana, et s’approcha pour aider le garçon à se relever. Dans le feuillage, il vit des crocs aiguisé et des griffes. Il se figea.

« Restez calme… Murmura-t-il. Il y a un loup-garou dans ce…

-Banzaï ! »

L’empereur chargea à grand coup d’épée et la bête sortit des fourrés. Mais elle n’était pas seule, d’autres apparurent. Le généralissime se releva, l’épée dans la main, le bouclier dans l’autre.

« Ils tombent mal, ceux-là. On va leur faire la peau ! »

Une personne fusa au-dessus de son épaule et donna un puissant coup de pied en plein torse du loup-garou. Celui-ci fut jeté à terre et reprit forme humaine.

« Ne craignez rien, je suis là. »

Il s’agissait d’un homme d’un âge avancé. Celui-ci ne regardait pas ses cibles. L’empereur fit un pas, l’arrivant lui donna un grand de pied en plein visage.

« Tiens ? J’ai touché quoi ?

-Ma gueule, espèce d’autiste !

-Vos pas était très lourd, je vous ai prit pour un loup-garou. Vous n’avez pas fait de bruit en tombant, c’est votre arme peut-être ? Vous ne l’avez pas lâché, je suppose. Ca fait de vous un bon guerrier.

-J’suis juste le Seigneur-Croc, et je suis pas aussi poilu que ces bestioles, alors utilise tes yeux pour castagner les bons, vu ?

-Ah ah, mais mes yeux sont hors d’usage. »

Il désigna ses yeux blancs, orné d’une cicatrice.

« … Un aveugle. »

Une homme-bête bondit, le non-voyant le frappa du poing et annula sa transformation.

« Quel est cette sorcellerie ?

-En frappant, j’insère de ma propre énergie dans le corps de mes cibles, ce qui provoque l’annulation de la transformation. Pour quelqu’un de normal, c’est juste un coup normal. »

Il frappa les dernier avec précision, qui reprirent forme humaine.

« Je me présente, je me nomme Valef. »

Sarasin se plaça devant lui avec grande vitesse.

« On te cherchait, justement.

-Vous n’êtes pas n’importe qui. Quelle vitesse.

-Oui, oui, le pays est en proie…

-Aux loups-garous sauvages. Je ne suis pas idiot. »

L’empereur reprit :

« La nation a besoin de vous. Je vous demande donc de nous venir en aide.

-Je refuse. Je ne vous dois rien, pas question que j’entame un tel voyage.

-La capitale est à 200 bornes d’ici, c’est pas si loin ! Fais-moi confiance.

-Je ne crois que ce que je vois.

-On est pas couché.

-Je vous donne une chance de prouver votre valeur, mais avant tout, je souhaiterai vous inviter chez moi. Je vous offre gîte et couverts.

-Très aimable de votre part, répondit Sarasin avec un air à la fois pompeux et modeste. Ce serait un honneur de nous joindre au souper d’un homme tel que vous.

-J’accueille l’empereur, tout l’honneur est pour moi.

-Le plaisir est partagé. Montrez-nous le chemin.

-Bien sûr, suivez-moi. »

Valef prit un sentier battu. Le Seigneur-Croc était atterré devant Sarasin.

« Moi qui te pensais idiot… Tu sais vraiment tout faire. T’as un sacré numéro.

-Ouais, c’est le sept. »

L’assassin s’étira vulgairement et suivit son hôte.

 

 

Ils arrivèrent dans une coquette petite maison de bois. Devant, un jeune homme attendait. Le Seigneur-Croc sursauta :

« Le moine barbant de la dernière fois !

-Mon ami le fou furieux. »

Valef lui donna un taquet.

« Sois poli envers nos invités.

-Excusez-moi, maître.

-Bien. L’important est que tu ais retenu la leçon. »

L’empereur soupira.

« Alors, et cette épreuve ?

-Patience, je vous prie. D’abord, le thé.

-Maître, dit le disciple, notre suzerain possède beaucoup de qualité, mais la patience n’en fait pas partit. Il est doté de courage, de persévérance, de justice, mais ni patience ni réflexion. On ne peut tout avoir. »

Il servit les tasses et fit s’assoir le groupe autour d’une table. Le généralissime demanda :

« Bon, dis-nous où, quand et comment on doit obtenir vos faveurs, il faut sauver le pays. Pendant que vous autres, vous méditez tranquillement sans bouger, des gens meurent chaque jour ! »

Il frappa du poing sur la table.

« Si vous trainez trop, je vous arracherai vos secrets à n’importe quel prix !

-La violence n’est pas une solution. Répliqua Valef.

-Je vous montrerai que si. Alors expliquez-nous vos attentes ou attendez-vous à finir embroché sur une pointe en haut d’une colline ! »

Aoeste jeta un regard au Seigneur-Croc, qui lui fit un signe affirmatif. Il adhérait à cette pensée.

« Vous partez pour l’île de Netsen. Là-bas, un tyran s’est installé et possède une armée entière. Moi-même je ne peux m’y opposer.

-Je vois.

-Vous avez bien de la chance. Vous êtes l’empereur, non ? Faites quelque chose. N’importe quoi. »

L’empereur se leva et partit vers la plage. Le généralissime remercia brièvement pour la thé et le suivit. Sarasin fit de même.

« Il nous faut un bateau. Trouvez-moi ça ! »

Valef les rejoignit et son disciple leur indiqua une grande barque. L’île n’étant pas loin, c’était suffisant.

« Y’a quelque chose à savoir, avant de partir ? Demanda le Seigneur-Croc.

-Oui. Dans cette île, tout le monde rentre, mais personne ne sort. Et ils possèdent des armes à feu. Soyez prudent.

-Des armes à feu ? C’est eux qui vont devoir l’être. Je vais aller tuer ce tyran en marchant sur les cadavres de ses sbires, je vais briser son château et anéantir son régime, il n’en restera plus rien. Soyez sans crainte. »

 

 

Lorsqu’ils approchèrent la côte, un bateau à moteur vint les chercher.

« Déclinez votre identité ou nous ouvrons le feu !

-On vient en visite ! Répondit Sarasin en faisant signe de se taire aux deux autres.

-En visite ? Très bien, suivez-nous.

-On rame, nous !

-On va vous remorquer. »

Aoeste jeta les rames à terres. Il n’était pas fatigué, de toute façon, il n’allait pas laisser un empereur ramer. Mais il était toujours frustré à cause d’Elisa. Ils atteignirent la berge. Ils furent encadrés le temps qu’ils se présentent, inscrits sur des registres, puis libérés. Ils ne demandèrent pas l’emplacement du tyran pour plus de discrétion.

« Dispersons nous, proposa Sarasin. C’est pas comme si on était en danger. On se retrouve devant l’horloge, là, d’ici deux heures. Ca vous va ?

-Bien. Répondit Aoeste. Dénichons qui est ce despote.

-Le seul despote ici, c’est moi. Clama le Seigneur-Croc. Je vais lui montrer. »

Ils se séparèrent. Le généralissime Aoeste, habitué à la population et au petit peuple, n’eut pas de mal à s’intégrer à la foule.

 

Sarasin, en parfait assassin, se fondit dans la masse pour ressurgir là où on l’attendrait le moins, dans le quartier des gardes. Caché dans l’ombre, il attendait son heure. Dans la salle, trois hommes. Il patienta un peu, l’en s’endormit. Aussitôt, il bondit sur un homme et lui cassa les deux bras en lui obstruant la bouche d’un fouloir. Il frappa le second en plein visage pour l’assommer, puis étrangla à moitié le dernier.

« Où est ton chef ? Parle, ou je t’arrache la tête ! »

Il resserra son étreinte, son otage vira au rouge. L’homme aux deux bras cassés se releva pour fit, Sarasin le fit trébucher et lui cassa un genou. La porte s’ouvrit et deux hommes armés entèrent, en criant :

« Vive la rébellion !

- … Vous arrivez trop tard. Répondit Sarasin sans relâcher sa prise. Vous permettez que je finisse ?

-Euh, certainement. Faites donc. »

Le garde ne dit rien. Il résista jusqu’à son évanouissement. L’assassin le lâcha.

« Celui-la ne manque pas de courage. Bon, z’êtes qui, vous ? »

 

 

Le Seigneur-Croc ne faisait pas dans la finesse. Il attaqua le quartier général de la police locale à grands coups d’épées pour attirer l’attention, et se fit enfermer aussi sec. Derrière les barreaux de sa prison, barreaux qu’il briserait sans mal, il demanda à ses codétenus.

« Pourquoi vous êtes là ?

-Pas payés mes impôts. Pas les moyens. Dit un homme.

-J’ai refusé ses avances. Répondit une femme.

-J’ai volé de l’argent à l’état. Répondit un troisième.

-Rien de bien méchant. C’est pas ici que je vais avancer.

-Vous voulez du méchant ? »

Une voix d’outre tombe venait du fond de sa cellule.

« J’ai tenté de tué Hyrt. Le tyran. J’ai échoué. J’aurai dû mourir, mais ils m’ont infligé un châtiment bien pire… Ils ont capturé ma femme et mon fils. Ils leur ont arrachés les tripes en me forçant à regarder. Puis ils m’ont enfermé ici pour que j’y pense jusqu’à ce que la gangrène m’achève. »

Il montra sa jambe coupée infectée.

« Voila. Vous avez du méchant. Et vous ?

-J’ai foncé dans le QG de la police et j’ai tout démoli à grands coups d’épée dans le but d’être jeté en taule. Ici, je cherche des infos sur ce Hyrt pour lui faire la peau.

-Ah ? Ah ah ! Ah ah ah ! »

Le vieillard fut prit d’un four ire.

« Vous avez choisi la prison ? Ah ah ! Tout  cassé avec une épée ? Ah ah ah ! Vous êtes un sacré comique, vous ! »

L’empereur brisa d’une main les barreaux de sa cellule. Immédiatement, un garde vint et lui tira dessus avec son pistolet bas de gamme. L’empereur arracha un autre barreau qu’il jeta tel une lance. Le projectile perça le cœur du geôlier et celui-ci s’effondra lamentablement.

« Je suis le Seigneur-Croc, empereur de Koljeizer ! Et je vais faire les choses à ma manière, ici ! Tous le monde sort ! »

Il abattit les murs de la prison ainsi que les cellules restantes.

« Je vais faire tellement de remue-ménage que ce Hyrt sera obligé de sortir ! »

 

 

Aoeste était à la place de l’horloge. Encore une demi-heure avant le rendez-vous. La météo était calme, le ciel clément. Le généralissime respira profondément, puis regarda son armure. Généralissime Aoeste Okrepin. Il était généralissime. Quelle fierté. Autour de lui, des marchands criaient en vantant leurs produits. Les soldats avaient des armes à feu. Il avait déjà connu ça. Une source d’ennui. Un fourgon blindé, certainement remplit d’or et d’argent, passa. Soudain, une roquette fendit le ciel et heurta le fourgon, le mettant sur le coté et l’immobilisant ainsi. Des rebelles se jetèrent à son assaut.

« Mais… Ils sont fous ! Il y a des civils ici ! »

Les attaquants poussèrent les tables au sol pour se mettre à couvert. Elles étaient en métal résistant, tout était calculé. Mais pas les passants, certains se faisaient touché par une balle perdue pendant qu’ils fuyaient. Une grenade arriva à ses pieds.

« Quelle mer… »

Elle explosa et lui incrusta le visage de morceau de métal.

« Aïe ! Ca pique ! Quelle invention à la con, ce truc ! »

Il regarda le champ de bataille. Désormais, c’en était un. En face de lui, les forces de l’ordre, du moins du régime, possédaient quatre mitrailleuses lourdes posées sur trépied. Les opposants n’avaient que des fusils mitrailleurs. Même pas une roquette de réserve. Leur manœuvre était clairement désespérée. Mais au milieu des tirs croisés, il y avait un civil prit au piège. Un enfant de huit à dix ans, caché derrière un poteau en ruine. Il voulut y aller lorsqu’une main le retint. Sarasin.

« N’y va pas, tu vas te faire tuer ! Leur armement est très lourd, on ne peut pas risquer de te perdre !

-Mais il faut l’aider !

-Si tu meurs en le sauvant, tu condamnes toutes les vies que tu sauveras pour le reste de ta vie ! Et quelqu’un de ton calibre sauvera beaucoup de personnes ! Tu ne peux rien pour lui, tant pis, ne meurs pas pour rien !

-Tu… Tu as raison… »

L’assassin soupira.

« Mais je ne suis pas raisonnable ! »

Le généralissime prit son bouclier et se jeta dans le feu ennemi. D’abord, les impacts contre son bouclier le fit reculer tant ils étaient puissants et nombreux, mais il parvint à avancer et même à couvrir. Alors que les quatre mitrailleuses le visaient, faisant de lourds dommages à sa protection, il se rapprochait de l’enfant. Un bout du bouclier se détacha, puis un autre. Il était fissuré et Aoeste voyait à travers les trous. A force de balle, les armes à feu eurent raison du bouclier qui tomba en lambeaux. Le généralissime continua en se protégea la tête de ses bras et arriva au niveau de l’enfant. Il se prit dans ses bras et fit demi-tour. Les balles trouaient son armure et il s’échinait à continuer. Il en prit dans les jambes, sa mobilité chuta mais il continua. Puis encore dans la mollet, puis la cuisse, la cheville. Il tomba à genou en protégea précieusement l’enfant dans ses bras. La ligne de front était encore loin. Il fit un autre pas et trébucha. Il allait mourir, ici. Soudain, l’immense Fendium se planta entre lui et ses ennemis. Le Seigneur-Croc était venu à son secours, il se tenait debout, au-dessus de lui.

« Va le mettre à l’abri… »

Il semblait fou de rage. Aoeste continua en boitant alors que l’empereur le protégea de son arme tel un rempart mobile. Un fois qu’il fut en sécurité, le Seigneur-Croc demi-tour et enfonça puissamment les lignes ennemis, faisant volé ses adversaires de ses coups surpuissants. Rien ne peut l’arrêter, et certainement pas ses gilets pare-balle. Un tank se dressa face à lui. Il saisit le canon et l’arracha à mains nues, lui frappa avec les soldats à l’intérieur. Un véritable festival de la sauvagerie. Un hélicoptère apparut dans le ciel, puis deux, plus trois. Hors de sa portée. Sarasin rebondit entre les immeubles et les atteignit d’un saut spectaculaire. Il vira le pilote et les artilleurs puis se mit aux commandes.

« Alors, ça doit pas être sorcier… Ca ! »

Il tira des missiles sur un autre hélicoptère.

« Gagné. Alors pour bouger, le levier… Maintenant ! »

Il esquiva une salve venu du troisième.

« Feu ! »

Plus de missiles. Qui avait rechargé cet appareil ? Tant pis, il fonça sur l’autre qui paniqua face à cette manœuvre inattendue. Sarasin bondit de son véhicule qui se fit abattre et s’agrippa à l’autre. Il monta à bord et éjecta tout le monde à grands coups de pieds. Au sol, Aoeste reprenait son souffle.

« Sarasin avait raison. Maintenant, je suis inutile. Combien de vies aurais-je pu sauver au prix de celle là ? »

Il regardait les civils impuissants se faire battre par erreur, malgré les tentatives vaines de l’empereur pour les sauver. S’il avait pu se lever. Un véhicule de guerre immense arriva en cassant les bâtiments. Dessus, marqué HYRT, souligné, en rouge, en gras. C’était une sorte de destroyer mais pour le terrestre. Il y avait un grand nombre de canons pointés dans toutes les directions et le véhicule pouvait se mouvoir en avait, en arrière, et tourner sur lui-même. L’empereur chargea en poussa un grand cri de rage. D’un coup de son arme démesurée, il secoua l’immense carcasse du véhicule qui perdit le contrôle un court instant. Il devait peser un poids hallucinant. Mais la puissance du berserk est celle-là. Le Seigneur-Croc trancha un canon de se faire tirer dessus par un autre. Sarasin fit s’écraser son engin sur celui de l’ennemi, puis s’approcha d’un canon tranché. Il pouvait ramper dedans. Soit, il s’y engouffra. L’empereur tenta de distraire le monstre de fer mais les salves dont HYRT disposait étaient surpuissantes. Le Seigneur-Croc était couvert blessures. Il lui en faudrait plus, mais c’était déjà dur à supporter. Aoeste jeta son marteau de toutes ses forces et atteignit une sorte de capteur que personne n’avait vu. Le véhicule de guerre était désormais aveugle. L’empereur put alors le trancher canon par canon, détruisit les chaînes pour l’immobiliser, sans que celui-ci réagisse efficacement. Sarasin atteignit l’interieur.

« Personne ne bouge, ou j’te découpe ! »

Hyrt était un homme grand avec une forte pilosité au visage, et assez vieux. Il mit le doigt sur un bouton.

« Si tu approches, je ais tirer tous mes canons en même temps à la puissance maximum. On pourra tout les deux, et les civils autour avec nous.

-Vas-y.

-Tu penses que je bluffe ?

-J’arriverai à ce bouton avant toi.

-Es-tu prêt à prendre le risque… ? »

Sarasin parut immobile, telle une statue. Puis se déplaça comme une fusée et trancha la main de Hyrt. Il lui prit le visage et le cogna contre les murs en prenant soin de lui casser son bras valide.

« Bon, comment on sort ? »

Hyrt appuya sur le bouton avec son moignon.

« Crève ! Crevez tous !! »

Il ne se passa rien.

« Quoi ? »

Le Seigneur-Croc perça les murs en métal à grands coups d’épées ;

« Y reste plus de canons.

-Ils… Ils sont en titane ! C’est impossible de les détruire !

-C’est ça, c’est ça. »

Il prit le tyran par le col et le traina dehors. Il le posa au milieu de la place publique, et pointa son Fendium vers le cœur du despote. Rapidement, une foule se réunit autour de lui pour ne rien rater. Il dit :

« Je déclare cette île… Mienne ! »

Il tua le tyran. Tout le monde applaudit. Un groupe de rebelles vint vers lui.

« Nous sommes les rebelles Yrration, merci de nous avoir sauver ! Ce serait un honneur de servir sous vos ordres pour vous remercier de ce que vous avez fait !

-… Mouais. Plus d’arme à feu, hein ?

-Non, plus jamais.

-Et vous foncer pas dans le tas tant y’a des civils, d’accord.

-Oui, nous sommes désolés d’avoir mit ces vies en danger. »

Un enfant vint s’accrocher à la jambe du chef des rebelles.

« Papa ! J’ai eu peur . Y’avait des boums, et des pans, et des… Et des…

-Tiens, fit Aoeste, le gosse que j’ai sauvé.

-… Mon fils ?  Vous avez sauver mon fils ?

-A force de tirer dans la mêlée, il a faillit y passer. Je sais que j’aurai été bien plus utile sans être blessé, mais je ne regrette pas.

-Je suis fier de t’avoir, lui dit le Seigneur-Croc. Un enfant est en danger, on ne réfléchit pas. On fonce. De la folie, du courage, peu importe. J’aurai fait pareil. »

Sarasin vint manifester son désaccord, mais l’ambiance n’était plus à la discorde. Ils repartirent avant d’être noyé par une foule reconnaissante et envahissante.

 

 

Ils rejoignirent Valef. L’empereur dit :

« C’est bon, Hyrt est mort. Et l’île est sauvée.

-… Queaw ?! En douze heures ?!

-Voila un médaillon qu’on nous a refilé en gage de… de j’sais plus quoi.

-Le médaillon de l’héroïsme… C’est donc vrai. Vous avez accomplit en une demi-journée ce que personne n’aurait pu faire en une vie. Je vous suivrai jusqu’au bout du monde s’il le fallait. Je viens avec vous.

-Parfait. Répondit Aoeste. Mettons-nous en route. Je vais vous expliquer  comment Khydal a procédé pour empoisonné le pays. »

 

 

Fontaine de poison

et de sang

 

 

Une fois arrivé à Trachéom, après le trajet de plusieurs heures, Valef se dirigea vers la cote. Il toucha l’eau de la mer.

« Elle est froide.

-Un rapport avec le fait qu’il est bientôt minuit ?

-Il fallait qu’elle soit froide. Donnez-moi un instant. »

Il fit un geste en avant des bras et l’eau suivit le mouvement, comme s’il dégageait assez de vent pour la courber. Pourtant, ce n’était pas le cas. Il fit revenir ses bras derrière lui, la marrée monta. Il les remit devant, repoussant les eaux, la marrée descendit.

« Que les sphères de douceur entre dans la mer. Libérez les hommes et les femmes corrompus malgré eux ! Que le sort noie la malédiction, les justes resteront en l’air. »

La mer fit de l’écume.

« Les sphères de douceur, c’est très mou. Ca éclabousse. Que le bain de pureté fasse son œuvre, je laisse, laisse, la douceur aller dans la mer. »

L’eau devint rose, avec des reflets verts. Ce n’était pas vraiment l’eau, c’était plutôt comme si une lumière était en dessous. Valef reprit son souffle.

« Voila. La source principale va être infectée grâce aux voies maritimes. Pour ceux qui n’en boivent pas, de toute façon, la mer va s’évaporer et il va pleuvoir. Le sort est actif pour un mois, le sort va pleuvoir sur tout le monde. Considéré que votre pays est sauf.

-… Quel talent. Un sort aussi puissant, en quelques minutes ? Bravo, il n’y a rien d’autre à dire.

-Merci. Mais toutefois, seuls les maudits seront sauvés. Les loups-garous normaux et les worgens ne seront pas touchés. Ils ne représentent pas de danger, mais Khydal aura toujours da forme bestiale.

-… Et l’autre conasse d’Elisa aussi…

-Quoi ?

-Non, rien. Je… Complotais à voix haute. Restez au château quelques jours, il me reste un combat et vous pourriez m’être d’un grand secours. »

 

 

De grands hurlements de rage déchirèrent la nuit. Khydal fulminait si fort que tout le pays devait l’entendre. Le Seigneur-croc et Sarasin partirent à sa rencontre. Elle hurlait :

« Nooon ! Sarasin !! Je te maudis sur un milliard de génération ! Je te tuerai !! »

L’empereur fit une grimace.

« Elle gueule trop fort, elle. Bon, tu es décidé à lui régler son compte ?

-Oui… La Khydal que j’aimais est morte… Ce n’est plus qu’une coquille vide. Je suis prêt à la tuer… »

Khydal leur fit face.

« Prends-là à revers. Je fonce. Et cette fois, pas de chichi. Destruction du deuxième sceau ! »

Il bondit à une vitesse qu’on n’avait encore jamais vu chez lui. Il effleura sa cible de peu, mais cela suffit à lui faire perdre l’équilibre. Sarasin la prit de dos et lui bloqua les bras. L’empereur acheva de l’immobiliser.

« Maintenant ! »

Valef sortit des fourrés et donna un violent coup de en plein plexus solaire à Khydal. Celle-ci poussa un gémissement de douleur et tomba à genou. Sa transformation s’annula et elle reprit forme humaine. Sa force était trop diminuée pour qu’elle puisse se libérer, et Sarasin la ficela.

« J’la tiens !

-… On avait pas dit que… Tu réglais le problème de façon définitive ?

-En forme de bête, oui. Mais là… »

Khydal se mit à pleurer.

« Pourquoi tu me fais ça ? Dit-elle en sanglot. Je t’aime, Sarasin ! Je veux pas que tu me fasses du mal ! »

L’assassin hésita. Mais pas l’empereur.

« Elle joue la comédie ! Te fais pas avoir !

-J’ai mal ! Pourquoi tu es si méchant ? »

Sarasin lui prit la tête et la plaqua violement au sol.

« Assez de ton venin, vipère ! Tu as tué Altey ! Tu as tué Davestyne ! Tu as anéantis ma seule famille ! C’est parce que je t’aime que je te tuerai sans souffrance !

-J’étais juste jalouse ! Je voulais pas… »

Sarasin explosa :

« Me fais pas le coup de la putain vierge ! Je vais t’arracher le cœur ! »

Le Seigneur-Croc le prit par l’épaule pour le calmer.

« Oh ! Pour moi, la colère me rend plus fort, mais toi c’est inverse. Tu perds ton jugement, tu trembles, tu es perdu. La colère, c’est bon pour les berserkers, pas pour les assassins. Achève-la, qu’on n’en reparle plus.

-Tu ne sais pas ce que j’ai pu endurer !

-Tu ne sais pas ce que moi, j’ai enduré. Faut vraiment être égoïste pour croire qu’on est le seul à souffrir.

-J…

-On est pas là pour jouer à la surenchère de la souffrance. Tue-la, et laisse le passé derrière toi.  Si tu ne la tues pas toi-même… C’est moi qui le ferais. »

Le visage de Sarasin était empourpré de colère. Peu à peu, il reprit son calme. Il desserra les dents, arrêta de froncer les sourcils, recommença à cligner des yeux et cessa de trembler. Il prit une dague et la pointa vers la nuque de Khydal.

« Cette fois, c’est fini. C’est l’heure de mourir. Repose en paix…

-Non ! Je veux pas mourir ! Je veux pas mourir ! »

Il hésita encore. Le Seigneur-Croc le repoussa d’une charge d’épaule et leva son Fendium.

« Va en enfer ! »

Il la trancha verticalement, frappant si fort que son arme s’enfonça dans le sol. Il la reprit et essuya le sol sur les vêtements en lambeaux de Khydal.

« Voila qui est fini.

-… Oui. Merci, je ne sias pas si j’en aurai eu la force.

-Où est Valef ? Dit l’empereur pour détourner la conversation.

-Ben il est… Plus là. Et ben ? »

 

 

Valef esquiva un coup de griffe et mit Elisa au tapis. Son petit ami subit rapidement le même destin. Aoeste le regarda de haut.

« Je te retrouve enfin… »

Le moine aveugle mit un coup de poing à ses ennemis, et ils reprirent forme humaine.

« Merci Valef.

-A ton service.

-Je sais que ça ne t’enthousiasme pas, mais elle…

-Je te sais bon et juste. Pas la peine de te justifier. »

Aoeste dégaina son épée. Il hésita un instant, pour l’enfonça dans l’épaule de l’homme à terre.

« Disparais ! »

Il prit la fuite, laissant Elisa seule.

« Arrêtes ton char. Dit-elle. T’es infoutu de me faire du mal. Aide-moi plutôt à me relever au lieu d’encourager un infirme à tabasser les gens. »

Valef la plaqua à terre en lui donna un coup de pied sur la tête.

« Aïe ! Ca va pas ? J’suis sonné ! J’vois double !

-Oui ben, ça va, pas la peine de frimer. »

Le généralissime reprit :

« Khydal… Tu es bannis de ce pays. Je te laisse trois jours pour faire tes bagages et partir.

-Quoi ? Tu rigoles ?!

-J’ai une tête à rigoler ?! Hors de ma vue ! »

Elle se releva, lui fit un beau doigt d’honneur et partit en dépoussiérant ses vêtements.

« Merci, Valef. J’imagine que tu vas rentrer.

-Oui. Et je vais aller aide l’île de Netsen à se reconstruire. Vu la force du Seigneur-Croc, il doit y avoir de la casse.

-Ah, ça, je ne vous le cache pas. »

Il lui tendit la main.

« Je vous souhaite un bon retour.

-Moi de même. Répondit le moine aveugle qui ne voyait pas cette main amicale.

-Passer le bonjour à votre disciple.

-Je n’y manquerais pas. Par contre, vous pouvez me raccompagner ?

-Ah, mais bien sur ! Je n’y pensé plus ! »

Ils partirent vers le Sud

 

 

Le Seigneur-Croc venait de trancher le petit ami d’Elisa, et s’apprêter à faire de même avec elle. Elle marchait en jurant.

« Aoeste, sale enfoiré ! Ingrat ! Egoïste !! »

Les pas lourds de l’empereur le trahirent.

« Qui va là ? »

Il ne répondit pas.

« Vous ? Mais quoi ? Vous venez vous assurer que je quitte bien le pays ? J’vais le faire, je reste pas sur le même sol que cet enfoiré d’généralissime de mes deux ! Vous pouvez repartir d’où vous venez ! Dès que j’aurai récupéré ma forme bestiale, je fiche le camp à toute allure. En attendant, c’est trop fatiguant. Donc… »

Elle réalisa qu’elle monologuait. Le Seigneur-Croc ne répondait toujours pas. Au contraire, il dégaina.

« Vous… Vous n’allez pas me laisser partir… C’est ça ? Aoeste s’est déjà vengé ! Pas besoin de plus !

-Qu’Aoeste aille au diable. Je vais te tuer pour l’unique raison que je méprise ton comportement, ta vision de l’amour, tes mœurs, bref, toi. Je te haïs, toi et tout ce que tu représentes. C’est la raison pour laquelle je vais prendre ta vie.

-Non… Je suis trop jeune pour mourir !

-Y’a pas d’âge pour crever. »

Elle s’enfuit, mais elle ne pourrait jamais le distancer. Même en forme de loup-garou, elle ne pourrait pas fuir. Ce n’était pas une combattante. L’empereur la rattrapa en un instant et la trancha au niveau du torse. La fille tomba en deux morceaux, incapable de crier, du sang jaillissant des lèvres.

« Et surtout bonne agonie. »

Il rengaina et partit. Tel était le Seigneur-Croc. Seuls les coupables doivent le craindre. Pas un n’en réchappe. Ni justicier, ni sauveur, il n’en demeure pas moi un homme bon. Ni dominateur, ni oppresseur, il n’en demeure pas moi un homme mauvais. Le Seigneur-Croc, châtiment divin ou fléau démoniaque. Sa venue annonce la mort et engendre le carnage, mais il rétablit la paix et fait renaître l’espoir. Sarasin surgit derrière lui.

« Eh.

-Tu n’es pas parti ? Je croyais que tu étais retourné vagabonder, maintenant que tu n’es plus traqué.

-… J’aime bien ce pays. J’aimerais rester. Je vais être franc, je veux être ton compagnon d’arme.

-C’est non.

-Qu… Quoi ? Je suis un assassin très réputé, tu as bien vu ma puissance au combat ! Tu…

-Rien à voir avec ça. C’est ton caractère, le problème. Au mieux, je te colle général, pour que tu glandes. Mais un général ne se bats pas à mes cotés. Seuls le maréchal Aomushni, l’amirale Kiérol ou le généralissime Aoeste Okrepin y sont autorisé.

-… Je ne te suis plus. Je suis meilleur qu’eux.

-Un général anonyme, je m’en fous. Si, dans les batailles, je suis toujours en première ligne, il y a une raison. Je m’appuie sur mes alliés, ou je les ignore quitte à les tuer. Et je ne veux aucune faille. En clair, si mon coéquipier n’est pas prêt à mourir pour moi, il n’a qu’à reculer avant de prendre un coup de Fendium par erreur. Unité de combat dont le chef, moi, a perdu sa confiance absolu en ces troupes, est une unité condamnée.

-Abrège.

-Je sais qu’Aoeste, Kiérol et Aomushni mourrait pour moi, autant que je mourrai pour eux. Ils ont une confiance aveugle en moi. Mais toi ? Tu n’es jamais sérieux, toujours à tout prendre à la légère. Sauf pour ton amour aliéné envers une bête sauvage assoiffée de sang. Qui me dit que tu ne me laisseras pas mourir pour sauver ta vie ? La plupart… Non, la totalité de mes soldats, et jusqu’au général, son susceptibles de déserter. Même dans un combat où la seule issue possible est la mort, mes compagnons d’armes ne fuient pas, ils meurent avec moi.

-Je ne suis pas quelqu’un comme ça. Je n’ai aucune loyauté. Je n’hésiterai pas à poignarder mon supérieur si ça peut me sauver la mise. Je suis un assassin. Mais il y a une limite à cela. Tu m’as sauvé de Khydal, contre mon gré, et au péril de ta vie. Tu ne seras jamais mon empereur, tu es mon ami. Et en vertu de cette amitié, je suis prêt à mourir pour toi, quel qu’en soit la raison. Je te confie ma vie, car je sais que tu en feras bon usage.

-Ce n’est pas de la loyauté… Mais ça me va. »

Ils emportèrent le cadavre et le jetèrent dans un fossé.

« Je te préviens, dit l’empereur, tu risques de vite déchanter. Je ne suis pas quelqu’un de facile à vivre.

-Je relève le défi. Mais je te préviens également. Si un jour, je juge que tu n’es plus digne de ma confiance… Je ne dirai rien. Je ne ferai rien. Mais je ne serai plus là. Si tu es un mauvais chef, je disparaîtrai.

-Alors nous avons un accord. Je vais m’occuper d’enterrer ces deux cadavres, retourne au château.

-T’es plus consciencieux que je l’aurai crû. Mais t’inquiète, je vais t’aider à virer les corps. Ca me changera pas de t’habitude. »

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